‹ Observations Cliniques Et Anatomo-Pathologiques Sur Le Sarcome Primitif Intra-MusculaireChapitre 17 sur 25 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

ÉTIOLOGIE. SYMPTOM ES.

Le sarcome des muscles est considéré par quelques auteurs comme une affection rare, tandis que d’autres, comme Billroth et Pitha, trouvent que c’est l'affection qui atteint le plus fréquemment les muscles. Parmi ces derniers, Heurteaux dit qu'a priorti, lorsqu'on a affaire à une tumeur intra-musculaire, on doit faire le diagnostic de sarcome.

Nous n’avons encore jusqu’à présent rien qui nous renseigne sur les causes de développement du sarcome.

L'’hérédité, si souvent invoquée pour l’épithélioma, l'est beaucoup moins pour le sarcome. Seuls, quelques cas en font mention. D

Le sarcome atteint toutes les périodes de la vie ; il semble cependant qu'il y ait un maximum de fréquence entre 25 et 50 ans.

Le sexe paraît à peu près indifférent; il y aurait pourtant un peu plus d'hommes que de femmes atteints par cette affection.

Souvent le sarcome se développe dans des endroits où il ya déjà eu des altérations, soit des cicatrices, soit

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re d'autres tumeurs. De même les malades invoquent qénéralement un traumatisme précédent, Mais peut-être s’ayit-il là d’une affection latente, durant déjà depuis quelque temps, ct qui aurait reçu une nouvelle impulsion par suite du trauma. :

En somme, la cause déterminante elle-même nous échappe complètement, Les microbes, décrits par Francke et plusieurs autres auteurs pour le sarcome en général, ne semblent pas spécifiques, non plus que les corps ronds ou ovales décrits par Pawlosky dans les noyaux de cellules sarcomateuses. Et pourtant, comme le fait remarquer M. Quénu, la généralisation rapide et diffuse de certains sarcomes éveille l'idée d’une maladie infectieuse.

C’est au niveau de la cuisse qu'est le siège de prédilection du sarcome, principalement du sarcome encéphaloïde, et ce sont les adducteurs qu’on voit le plus souvent atteints par l'affection. Mais on peut dire qu'aucun muscle n’est exempt de cette tumeur.

Symptômes. — On peut considérer dans l’évolution du sarcome des muscles trois périodes :

Dans une première période, période de début, Ia tumeur est absolument ignorée, ne cause aucun trouble. Cependant, dans quelques cas, lorsqu'un nerf important, situé au voisinage, est irrité, il peut y avoir des fourmillements, de la gêne, ou même des douleurs, parfois très violentes.

Ge n’est, le plus souvent, que par hasard que le malade s'aperçoit qu'il porte en un point quelconque du corps une pelite grosseur. La tumeur est dure, indolente,

: Cr très petite, mobile sous la peau, et le malade ne s'inquiète

pas, croyant à l’existence en ce point d’un ganglion. Il existe seulement quelques douleurs, d’abord après un exercice ou une fatigue, puis bientôt spontanément, Elles sont duës seulement à l'irritation ou la compression des nerfs par la tumeur.

Dans la seconde période, que l’on constate le plus souvent, car c’est seulement alors que le malade vient consulter, la tumeur a acquis un volume plus considérable. La peau, quelquefois d’aspect normal, peut présenter une vascularisation exagérée : elle est alors sillonnée par des veines qui se dessinent très nettement à sa surface et qui sont turgescentes. Souvent le téqument présente une coloration rose ou même rouge, surtout lorsque la tumeur a subi plusieurs examens. La peau est soulevée par le néoplasme, qui forme un relief plus ou moins appréciable suivant les régions.

À la palpation, on constate que la peau glisse parfaitement sur la tumeur; elle est donc saine, non envahie par le néoplasme et cela même à une époque avancée de la maladie.

La consistance de la tumeur varie suivant la forme du

sarcome. Dure dans certains cas, elle peut présenter au contraire une mollesse très grande, avec des points fluc-

tuants, ou même donner une sensation de fluctuation générale. Mais le plus souvent, il y a des différences de consistance suivant les points, signe important au point de vue du diagnostic.

Mais, dans quelle partie des couches profondes siège la tumeur? Est-ce dans l’aponévrose, dans le muscle, ou

. même au-dessous du muscle, dans le périoste ou l'os?

norte

Telle est la question que l’on doit se poser en face d’une affection semblable. Voyons comment nous pourrons reconnaître le siège exact.

Si on recherche la mobilité de la tumeur, on constate qu’on peut lui imprimer des mouvements de latéralité, même assez étendus, ce qui permet d’éliminer la participation de l’os et du périoste. Les mouvements verticaux sont beaucoup moins étendus, la tumeur étant contenue dans le muscle. Pour s'assurer que l’affection est bien intra-musculaire, il faut rechercher la mobilité de la tumeur, lorsque le muscle est en contraction. On verra que, dès le commencement de la contraction, la tumeur s’immobilise, bridée qu’elle est par les fibres musculaires, et qu'aucun mouvement n’est plus possible. Lorsque le sarcome siège au milieu même du muscle, et qu’il est recouvert de tous côtés par les fibres musculaires, il semble durcir et son exploration devient souvent des plus difficiles

C’est à cette période qu’on trouve déjà un symptôme singulier, signalé en 1877 par Estlander ; c’est l’élévation de latempérature au niveau de la tumeur. Il peut y avoir une différence de température d’un demi deyré à un degré et plus. Estlander faisait remarquer en cutre la possibilité qu'a la fièvre de monter très vite dans les cas où la tumeur offre rapidement une augmentation de volume, et cela même sila tumeur à été laissée dans un repos absolu.

En outre, l'examen du sang peut donner des renseignements. En effet, dans le cas -de sarcome, le nombre de

globules blancs est considérablement augmenté. M. Hayem

a vu le chiffre s’élever de 6000 par millimètre carré, à

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