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nom de sarcome alvéolaire. La charpente conjonctive
qui circonscrit les amas cellulaires sert toujours de support aux vaisseaux nourriciers de la tumeur. Elle est tantôt fablement développée, tantôt très épaissie ».
Quel est le point de départ de ces sarcomes? Nous touchons ici au point le plus délicat de la question et nous avons besoin de rappeler d’un peu loin les opi-
ï mons et les discussions nées à ce sujet.
= Comme il est impossible de saisir la néoformation au à Re moment précis où elle apparaît, on a dû étudier le mode
d’accroissement de la tumeur, et chercher quelle part
prend le tissu musculaire à l'augmentation de volume de
celle-ci.
La prolifération des noyaux dans les muscles envahis . | $
par les tumeurs fut signalée par Schrœder van der Kolk, : Kolliker, Bœttcher, Neumann, Weber, Popper, Forster, | Billroth, Cornil et Ranvier ; elle fut niée au contraire par
Sick, Henle, Welker. Plus tard, elle fut reconnue par la
plupart des auteurs, mais les opinions étaient différentes pour savoir Ce que oiennent ces noyaux.
Wittich, Rineck, Rindfleisch, Sick, Cornil et Ranvier,
Després, Gross, Feltz, toute l’école de Robin ont conclu
que le sarcome n’envabhit que le tissu cellulaire, la subs-
Re
- tance musculaire étant simplement atrophiée ou. présen-
tant des altérations passives, telle qu’une multiplication des noyaux précédant latrophie, mais sans que les nou-
veaux éléments puissent se transformer en cellules de la
tumeur. Wirchow a la même ‘opinion; sans pourtaut nier
la participation possible du tissu musculaire à la tumeur, il se réserve, carilne considère pas cette opinion com- ose Morin 2 23
me démontrée, Au contraire Forster, Waldeyer, Weber,
Popper, Bœttc her admettent la participation des noyaux
du sarcolemme. Nous trouvons enfin une opinion inter-
médiaire, mais qui ne nous paraît guère soutenable, sui-
. vant laquelle les éléments musculaires subissent des altérations actives et passives, les noyaux du sarcolemme
pouvant devenir cellules du sarcome ounoyaux musculaires.
Billroth, dans une observation de sarcome médullaire.
du sein récidivé, a vu des fibres musculaires simplement atrophiées, tandis que d’autres présentaient une multiplication des noyaux. Aussi, d’après lui, personne n’a jamais démontré la transformation des cellules du muscle en tissu spécifique.
Jusqu'à Sokolow, on s’est contenté de mettre en évidence le fait que les fibres musculaires, aux prises avec
un sarcome, peuvent présenter une prolifération de leurs
noyaux. La théorie de la transformation en tissu sarco-
mateux n’était appuyée sur aucun fait.
Sokolow chercha à démontrer la participation du tissu
musculaire ;il veut prouver que la multiplication des cellules musculaires est le véritable mode de développement du sarcome par la transformation de ces cellules nouvel
les en cellules sarcomateuses. Lorsqu'il Y a, dit-il, une
irritation quelconque d’un muscle, inflammation, suppu-
ration, développement carcinomateux, il se produit une
prolifération des cellules, qui constitue un stade intermé -
diaire, duquel sortira, dans le tas de néoplasme, le tissu.
de la tumeur. Ge stade est caractérisé par la formation de cellules embryonnaires.
Mais d’où viennent ces éléments? Pour se mettre à
; Le 08 l’abri de lobjection que les cellules contenues dans le sarcolemme n'étaient que le résultat d’une myosite parenchymateuse, il a étudié des sarcomes, dont les éléments n'étaient pas des cellules rondes ou presque rondes comme toutes les cellules embryonnaires, mais des cellules fusiformes. Dans trois sarcomes fuso-cellulaires, il a pu constater dans le muscle envahi quelques fibres à Tintérieur desquelles se trouvaient des cellules fusiformes ; cependant la plupart des fibres étaient atrophiées et ne présentaient pas d’altération bien remarquable dans leurs noyaux. Ce fait semble être une preuve en faveur de la transformation des noyaux en cellules sarcomateuses.
Sans leur donner toute importance, Sokolow admet donc que les cellules du sarcolemme et les cellules du muscle contribuent au développement du sarcome. Il y aurait d'abord multiplication, puis aspect fusiforme des cellules; celles-ci, séparées plus ou moins lesunes des autres par du protoplasma nouveau, viendraient remplir la gaîne du sarcolemme. Le sarcolemme ne prend aucune part à la formation du tissu néoplasique, et formerait ainsi de véritables vaisseaux sarcomateux. Quant à la substance musculaire elle s’atrophie simplement d’ordinaire, ou disparaît après dégénérescence granuleuse.
Voici d’ailleurs les conclusions qui terminent le travail de Sokolow : s
r° Le processus actif de formation d'éléments nouveaux se passe exclusivement dans les fibres musculaires (substance musculaire et sarcolemme) £
> Les éléments des fibres musculaires se transforment
en cellules spéciales;
3 Cette transformation commence dans les faisceaux musculaires par une multiplication des noyaux avec accumulation de protoplasma autour d’eux;
4° Les éléments nouveaux remplissent la gaine du sarcolemme et prennentle caractè e de cellules. C’est le début
du sarcome.
5° Les cellules rondes ou ovales se transforment en
cellules fusiformes, ornées de prolongements et entourées de protoplasma.
6° Pendant ces transformations, le tissu musculaire, ou mieux la substance striée ne subit que des modifications passives. C’est l’atrophie simple ou avec dégénérescence granuleuse ou graisseuse précédant la destruction.
‘7° Pendant le développement du sarcome, une faible partie des fibres musculaires subit la transformation indiquée. La plus grande partie du muscle s’atrophie. De plus, les fibres musculaires transformées en sarcome ne sont jamais prises que secondairement.
Weil, dans une étude sur les rapports des fibres musculaires avec le cancer, arrive aux mêmes conclusions, c’est-à-dire que, au début, il y a prolifération et hypertrophie des noyaux musculaires placés en dedans du sarcolemme, puis enveloppement de ces noyaux par du protoplasma qui refoule la substance contractile, puis enfin segmentation irrégulière de la fibre elle-même.
Mais toutes les lésions indiquées plus haut par Sokolow et par Weil ne sont nullement caractéristiques de la transformation du tissu musculaire en tissu sarcomateux.
Les altérations de la fibre musculaire ne sont pas en
eflet spéciales aux néoplasmes ; on observe des phénomènes analogues dans la tuberculose musculaire. Dans une communication toute récente à la société anatomique (Juin 1896), M. le professeur Cornil a décrit des altéraions absolument semblables, dans des cas de kystes hématiques intra-musculaires datant de deux ans. Sur les préparations qu'il a bien voulu nous montrer, on constate en effet une grande prolifération nucléaire ; la substance musculaire dégénère, se fragmente en blocs irréguliers, plus ou moins volumineux, qui vont s’atrophier et entourer les noyaux situés dans l'intérieur du sarcolemme. On croirait alors être en présence d’une cellule volumineuse, renfermant des noyaux multiples, quelquefois très nombreux. Dans ces cas, le sarcolemme lui aussi est irrité, et cela se traduit par un épaississement. Toutes ces altérations se rencontrent dans la pièce que nous avons examinée.
Dans leurs thèses, Lemaréchal et Combet, cherchent à prouver par leurs observations que c’est bien dans le tissu conjonctif que prend naissance le sarcome et non ‘dans le tissu musculaire.
Cristiani, dans un travail inspiré par M. Cornil, reprend l'étude de cette question, et repousse tous les arguments donnés auparavant par Sokolow. Quand il s’agit d’épithélioma, dit-il, il y a véritablement pénétration des cellules dans l’intérieur même de la gaîne du sarcolemme, mais il en est tout autrement lorsqu'on examine un sarcome.
Lorsqu'on a affaire à des sarcomes ayant la marche de
tumeurs bénignes, on ne trouve aucune altération parti-
culière des fibres musculaires ; celles-ci sont pâles, pe-
ttes, parfois rubaniformes ; dans les noyaux musculai-
res il n’ÿ a pas de traces de réaction, Mais, dans des sar-
comes ayant une allure différente, l’aspéct change beau- Coup. Etudiant les lésions musculaires du grand pectora envahi secondairement, à la suite d’un sarcome du sein,
Cristiani décrit les lésions suivantes :
Dans la zone intermédiaire, très étendue, les fibres |
musculaires étaient entourées de cellules sarcomateuses, les fibres avaient perdu leur striation, leur diamètre paraissait diminué, les noyaux dans l’intérieur du sarcolemme étaient nombreux et volumineux, la substance musculaire souvent granuleuse.
Sur des coupes pratiquées dans le muscle sain en ap-
parence, situé dans le voisinage des parties €nvahies, on
consiate que là plupart des faisceaux musculaires ont une apparence normale: pourtant, autour des vaisseaux situés dans le tissu conjonctif qui sépare les faisceaux secondaires, on voit une grande quantité de cellules em bryonnaires formant Comme ün véritable manchon. Lorsque ces cellules sont peu nombreuses, on ne trouve pas d’altérations musculaires, mais lorsqu'elles augmentent, les fibres sont atteintes. On voit alors une quantité très abondante de cellules embryonnaires autour d’un vais-
seau ; ces cellules s’avancent vers le tissu musculaire,
qui présente des altérations interstitielles et parenchy-
mateuses. Dans Île tissu conjonctif qui sépare les fibres musculaires, et qui les dissè que en quelque sorte, il ya accumulation de cellules embryonnaires. La fibre muscu-
laire elle-même présente une prolifération etune hyper=