‹ Observations critiques et archéologiques sur l'objet des représentations zodiacales, qui nous restent de l'antiquitéChapitre 12 sur 14 · CHAPITRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME

Application des recherches précédentes à l’âge des Zodiaques connus. — Ceux d’Egypte. — Planisphère de Bianchini. — Zodiaque de Palmyre. • — I.a hissectiou des signes dans les zodiaques égyptiens tient à des idées astrologiques.

Ce fait capital, particulier à l’Egypte, suffirait pour nous révéler toute l’influence que l’astrologie exerçait alors dans ce pays : il se lie avec l’exislencc d’un thème natal dans deux momies des temps de Trajan et d’Adrien, et il nous ramène ainsi naturellement au point d’où nous étions partis , pour embrasser tous les faits qui pouvaient se rattacher à cette discussion.

On le voit maintenant : c’est l’essor qu’ont pris les idées astrologiques sous les premiers empereurs qui nous explique pourquoi des momies du règne de Trajan et d’Adrien sont les seules, entre toutes celles qu’on a jusqu’à présent découvertes, qui nous offrent un thème natal, au moyen delà représentation d’un zodiaque. Ce zodiaque, par la disposition des signes, et par leur configuration, est identique avec les deux zodiaques du temple de Dendéra : d’où nous avions conclu (1) , par analogie, que ces zodiaques et les autres monumens du même genre n’ont probablement eu aucun autre objet que d’exprimer quelque combinaison astrologique , telle que le thème natal , soit d’un prince, soit de la construction du temple, ou Supra , p. 54 , 55 .

d’une de ses parties, ou bien tout autre thème à la fois astrologique et religieux. Cette induction se renforce maintenant de tous les rapprochemens qui précèdent, en sorte que nous serions amenés, par ces rapprochemens seuls, à l’idée que ces zodiaques ont tous été exécutés lors de l’époque romaine.

Il est bien remarquable que ce soit là précisément la conséquence à laquelle on ait été conduit dans ces derniers temps par la triple considération des inscriptions grecques, des cartouches hiéroglyphiques, et de la différence des styles (1> . Et d’abord, observons qu’on ne trouve de ces zodiaques dans aucun des temples dont l’époque, antérieure à celle des Romains, ne saurait être la matière d’un doute. Les temples de la JNubie, d’ancien style, et ceux de Thèbes, dont quelques-uns remontent à une époque très reculée, n’en offrent nulle trace : il en est de même de ceux de Psclcis, dcParembolé, d’Ombos et d’Apollonopolis Magna qui appartiennent au temps des Ptolémées. Quels sont donc les édifices où l’on a trouvé des zodiaques? c’est le temple de Dendéra, dont le zodiaque rectangulaire appartient au temps de Tibère sous le règne duquel le pronaos a été construit ; et le circulaire au temps d’un autre empereur, probablement Néron (3> j c’est le propylon d’Ack-

(1> V. mes Recherches pour servir « l’histoire de l’Egypte etc. Introd . , p. xxj-xl.

ü) V. les mêmes, p. 186 et suiv.

® Cbninpollion le jeune , Lettre à \t. Dncier , etc. p. a 5 .

mirn, qui est de la douzième année de Trajan, 109 de notre ère (1> ; c’est le grand temple d’Esné, dont les sculptures sont du règne de Claude Germanicus, ce qui résulte des cartouches hiéroglyphiques -, enfin , c’est le petit temple d’Esné, dont les sculptures, au lieu de dater, comme on l’avait cru, de trois mille ans avant J. C. (,) , ont été exécutées du temps d’Adrien et d’Antonin, ainsi que le prouvent des indices certains , principalement une inscription grecque tracée en gros caractères sur une des colonnes de ce temple l3> . Nous pouvons donc regarder comme un peint de fait , que tous les zodiaques d’Egypte ■ ont clé exécutés à l’époque romaine : et , d’après l’ensemble des considérations qui viennent d’èlre coordonnées, on ne peut nier qu’il n’en résulte la présomption la plus forte, quel-

tl) V. mes Recherches, etc. , p. 226-218.

® Jollois et Devilliers , Recherches sur les bas-reliefs astronomiques, p. 6 1 . fin.

W V, mes Recherches , etc. , p. 1^56 et suiv. — Dans une de* pièces intérieures du petit temple d’Herraonthis, on voit un plafond représentant une scène composée de plusieurs symboles , entre lesquels se trouvent la figure d’un taureau et celle d’un scorpion ( Descript . de [Egypte, Antiq. vol. I, pl. 90, fig. a.), analogue, par conséquent, aux plafonds des tombes royales à Tbèbes , et radicalement différente des représentations zodiacales qui existent dans les autres temples.

On ne doit pas négliger de remarquer que le temple d’Herraonthis n’a jamais été achevé au quart : cette circonstance , jointe au caractère de son architecture , donne lieu de présumer qu’il doit être d’une époque assez récente.

ques-uns diront peut-être une certitude presque complète, que ces monumens sont tous entièrement ou principalement astrologiques, dressés d’après les principes d’une prétendue science que V Egypte avait vu naître, d’après le système de représentatiou dont les Egyptiens avaient l’habitude, et par les procédés d’un art qui n’avait pas sensiblement varié.

C’est donc dans cette voie d’interprétation qu’il faudrait désormais entrer, si l’on voulait essayer de pénétrer le sens de tous les emblèmes dont ces zodiaques sont surchargés, et surtout le zodiaque circulaire de Dendéra, le seul où l’on trouve des traces de proportions, où l’on aperçoive l’intention d’observer des rapports de distances, où l’on puisse espérer enfui de reconnaître de vrais caractères astronomiques (1) , bien que subordonnés, dans leur emploi, au but astrologique qu’on s’y est évidemment proposé. Ce zodiaque circulaire doit être analogue, dans son objet, au planisphère dit de Bianchini, publié dans le recueil de l’Académie des Sciences (2) , et maintenant déposé dans le Musée royal &) . On s’est trompé beaucoup sur l’ancienneté de ce monument. MM. Jollois et Devilliers se contentent de dire : « Nous croyons qu’il n’est pas antérieur à

Voyez l’ouvrage que vientde publier tout récemment M.Biot sous le litre de Recherches sur plusieurs points d’astronomie égyptienne , appliquées aux monumens astronomiques trouvés en Egypte.

^ Acad, des Sciences ; Histoire , Ann. 1 708.

Sous le n°. 27 1 .

« Alexandre ll> . On peut sans risque affirmer qu’il est postérieur au second siècle de notre ère. 11 se compose, comme on sait, de quatre -zones concentriques divisées en douze parties ; les ■ deux zones moyennes contiennent les signes du zodiaque répétés deux fois, la zone intérieure contient douze figures d’animaux ;' et la quatrième , ou l’extérieure , est occupée par trente-six figures de Décans , trois pour chaque signe ; ces figures sont de style égyptien gré ciséj mais, en dehors des quatre zones, on voit les têtes des planètes, de style grec, dont la série est répétée cinq fois dans l’ordre de distance , à raison de trois planètes par signe , moyennant la répétition d’uqe d’elles. Elles sont distribuées, chacune sur un des décans, de cette manière : bélier, mars , soleil, vénus; taureau, mercure , luné , saturne; * gémeaux , * jupiter, * mars, * soleil ; cancer, * venus , * mercure, * lune ;

* lion , * saturne , * jupiter, * mars; * vierge, * soleil, * vénus , * mercure; balance, lune, saturne, jnpiter; scorpion, * mars, * soleil, * vénus; sagittaire', * mercure, * lune, * saturne; * capricorne ,

* jupiter, * mars, * soleil; * verseau, * venus, mercure , * lune; * poissons, * saturne , * jupiter ,

* mars w> . Cette disposition est précisément celle 1 . ■ ' • • •

è Recherches sur les bas-reliefs astronomiques , p. 18.

(2) Ce planisphère est mutilé; mais, en tout ce qui concerne l'es signes du zodiaque et les planètes , on peut en faire une restitution certaine. l’ai marque' dans le texte, par un astérisque , les noms des signes et des planètes qui sont maintenant détruites

mie donne Julius Firmicus Maternus dans son chapitre intitulé signorum decani eorumque domini <l) ; ainsi le planisphère de Bianchini a cela de curieux, qu’il est l’expression exacte d’une combinaison astrologique à laquelle les anciens attachaient une grande importance. Une autre remarque à faire, c’est qu’en prenant les noms des planètes qui commencent chaque signe, on a l’ordre des jours de la .semaine, mardi, mercredi, jeudi, vendredi., samedi, dimanche , lundi, mardi , etc. etc. D’où l’on peut conclure que cet ordre dérive, non pas des deux causes indiquées par Dion Gassius W) , qui ne sont très vraisemblables ni l’une ni l’autre, mais de la correspondance établie entre les planètes et les décans du zodiaque. La période de sept jours est d’une date fort ancienne ; mais l’application qu’on y a faite des noms des sept planètes, dans l’ordre adopté, me paraît assez récente et toute astrologique : c’est aussi par l’astrologie que l’ordre des jours de la semaine s’est introduit chez les Romains, et dans les calendriers du moyen âge. Mais ce sujet me mènerait ici trop loin : revenons au planisphère de Bianchini. La description précédente ne permet pas de douter qu’il ne soit astrologique : j’ajoute que les caractères grecs et latins, où je ne vois ni suite ni liaison, qui séparent la zone des signes de celle des

sur ce planisphère , mais qui résultent nécessairemeût de l’ordre adopté.

(1) Jal. Firm. Mat. II , 4 , p. r8. Basil. i53a.

w Dio Cass. XXXVII. 18.

( ioo )

Décans, me donne lieu de soupçonner que ce monument rentre dans le genre des Abraxas, et tient aux superstitions répandues dans les 2 «. ou 3 e . siècles de notre ère.

Il est impossible de ne pas reconnaître que ce zodiaque offre la plus grande ressemblance avec la représentation zodiacale quePococke a vue sur une des faces de l’architrave d’un propylon à Ackmim en Egypte, et qui malheureusement était trop mutilée, à l’époque de l’expédition française , pour qu’on essayât d’en prendre copie C1) . Pococke C2> y a reconnu quatre cercles concentriques, dont deux sont divisés en douze parties; il trouva, dans le premier, douze figures d’oiseaux; dans le second, les douze figures, presque effacées, des signes du zodiaque (parmi lesquels M.Hamilton (3> a encore facilement distingué le sagittaire ) : le cercle extérieur, qui n’était pas divisé, était occupé par des figures humaines , probablement les planètes dans leurs domiciles ancien et nouveau, selon la doctrine des astrologues (4) . Enfin, dans chaque angle formé par l’encadrement carré de ce zodiaque,

^ « MM. Fourier et T ancret ont retrouvé le monument qui » parait avoir induit Pococke en erreur, et n’y ont reconnu » aucun des signes du zodiaque ( Joli, et Devill. , Rech. sur les » bas-reliefs astron., p. 18). » Pococke n’a pas été' induit en erreur ; il décrit ce qu’il a vu en 1739, et n’avait aucun système b détendre. Sa description est un fait.

® Pocock. , Descript. of lhe East. I., p. 77.

w Ægyptiaca , p. a 63 .

<4) Barthélemy , Acad, des Inscr. XI.I , p. 5 o 4 , 5 o 5 .

( to1 )

il y avait une figure humaine, disposition tout-à-fail analogue à celle du zodiaque circulaire de Dende'rah. La ressemblance entre ce monument et les deux autres est évidente , et son but astrologique et mystique résulte de la description seule. Or, il faut se rappeler que le propylon d’Ackmin a été achevé l’an xn de ïrajan , 109 de notre ère W) , c’est-à-dire, qu’il est d’une époque intermédiaire entre celle des zodiaques de Dcndéra et d’Emé.

On doit encore reconnaître le même caractère dans le zodiaque circulaire sculpté au plafond du pronaos du temple du Soleil à Palmyre , qui , par le caractère de son architecture, ne peut être antérieur auxAntonins. Le milieu de ce zodiaque est occupé par sept compartimens, dont un au centre, où sont les figures des planètes : on voit clairement, dans le dessin de Wood W) , que vénus répond aux gémeaux, le soleil au lion, la lune à la balance, et mercure au sagittaire j les trois autres compartimens sont occupés par trois figures à tête barbue, qui ne peuvent être que mars, jupiter et Saturne j mais le défaut de précision dans le dt ssin empêche de les distinguer , et principalement la figure barbue du milieu qui, répondant à tous les signes à la fois, peut avoir été la planète dominante. Il est remarquable qu’on trouve sur des Abraxas un zodiaque dont les signes sont disposés de même, autour d’une planète (3) : sur

ll) Supra, p. 96.

w Wood , Ruines de Palmyre. pl. XIX. A.

*** Monlfaucon, Antiq. expliq . II, pl. 170.

d’autres , on voit d’un côté les douze signes , et au revers les sept planètes Cn . ce qui donne lieu de croire que tous ces monumens sont lie's entr’eux par quelque superstition qui leur est commune. Quoiqu’il en soit, c’est la présence des planètes qui donne à ce monument un caractère incontestable d’astrologie; sans ces figures , il ne serait que symbolique ou emblématique de la course du soleil , divinité du temple. Nous avons déjà cité d’autres monumens, où la série des douze signes n’a pu avoir d’autre objet w> . Tel est encore un marbre tumulaire, où le médaillon circulaire qui contient la figure de l’homme et de la femme, est environné par les douze signes du zodiaque, et accompagné des figures des quatre saisons (3) : le zodiaque figuré sur le marbre contenant le calendrier Farnèse (4) , qui paraît avoir servi de base à un cadran solaire, doit avoir eu le même objet : enfin, toutes les représentations de ce genre, soit partielles, soit totales , qui existent sur des médailles, des pierres gravées, des marbres, quand elles ne sont pas symboliques ou mystiques, sont relatives à l’astrologie.

Observons que , sur aucun des monumens qui viennent d’être passés en revue , on n’a marqué le point initial du zodiaque ; ce qui prouve surabondamment que cette circonstance était tout-à-fait

® Montfaucon, Anliq. expliq. II, pl. 170.

(J) Suprà , p. 71.

® Monfauc., Antiq. expi. Suppl., T. I, fig. III.

W Ap. Gruter. CXXXVII.— CXXXIX.

indifférente, et que le caractère chronologique , quand on a voulu l’exprimer, existe dans d’autres indications. Appliquons cette remarque aux zodiaques égyptiens.

Dans le zodiaque rectangulaire de Dendéra et dans ceux d’Esné, qui présentent les signes rangés sur deux bandes, leur bissection n’a pas été faite au même point : dans le premier , elle est placée entre le cancer et le lion, ce qui a lieu également pour le circulaire; dans les autres, elle se trouve entre le lion et la vierge. Visconti essaya de rendre compte du commencement du zodiaque à tel ou tel signe , en supposant qu’on avait choisi le signe que parcourait le soleil au I er thot vague pour l’époque qu’on voulait indiquer. Dans cette hypothèse , le I er thot vague aurait correspondu, au signe du lion, en dernier lieu, entre l’an 9 avant notre ère et l’an x io après; c’est dans cet intervalle que se placerait l’époque des deux zodiaques de Dendéra : cette hypothèse ne serait point détruite par le zodiaque de la momie, puisque l’année de la naissance de Pétéménon , en g 5 de notre ère, se trouve encore comprise dans cet intervalle ; mais elle est en opposition avec les zodiaques d’Esné qui paraissent commencer par la vierge, ce qui en placerait la date antérieurement à l’an 9 avant l’ère chrétienne; tandis qu’ils sont, par le fait, un peu plus récens que ceux de Dendéra : et comme, dans toutes ces discussions, nous uous laissons conduire principalement parles données archéologiques, cette difficulté suffit pour nous empêcher

( io4 )

d’adopter l’hypothèse de ce célèbre antiquaire. D’un autre côté, plusieurs savans ont tout-à-fait négligé cette circonstance; M. Biot, tout récemment, n’en a tenu aucun compte dans son explication des zodiaques de Dendéra et d’Esné, et il montre, d’après un examen très approfondi et de longs calculs (1) , ,que le système de M. Fourier, qui repose sur le rapport du signe initial de ces zodiaques avec le lever liéliaque de Sinus., est fondé sur une base mathématiquement fausse, puisque le lever héliaque de cette étoile, pendant les trente siècles qui ont précédé l’ère vulgaire , n’a pas eu lieu successivement dans les coiustillations du lion et du cancer , comme le prétend l’habile géomètre auteur de ce système <a) , mais, qu’il s’est toujours effectué dans celle du lion {3) ; ce qui détruirait radicalement l’explication deM.Eourier.et de ceux des membres de la Commission d’Egypte qui se sont liés à ses calculs , explication d’ailleurs toute hypothétique, et historiquement impossible. (4)

ll> Biot, ouvrage cité, p.

Fourier , Recherches sur les sciences et le gouvernement de l'Egypte; dans la Grande Descript. Antiq. Mém. T. I, p. 816 .

455 Biot, ouvrage cité, p. a36-a4 0,

W Supra , p. 63. — Nous regardons comme prouvée , jusqu’il présent, l’opinion d’un aussi habile géomètre que M. Biot, qui ne craint pas de s’avancer au point d’assurer « Que M. Fourier » s’est fait une illusion complète dans un calcul fort simple »

( lntrod . p. xxxj ). Depuis uu an que l’ouvrage de M.Biot a paru, aucune des personnes intéressées à prouver qu’il a tort , n’a encore pris la parole pour le réfuter sur un point aussi important > ee qui est une grande présomption en sa faveur. On peut voir,

Mais la certitude où nous sommes maintenant que l’astrologie joue ici le principal rôle, peut simplifier beaucoup la question; or, cette certitude résulté pour nous : i° de ce qu’aucun des zodiaques égyptiens n’est antérieur à Tibère ; 2 ° de la présence des De'cans sur le principal d’entre eux ; 3° de la nature astrologique du zodiaque peint dans la caisse de momie ; 4° de la liaison de ces faits positifs avec les superstitions en vigueur àl’époque où ces monumens ont été exécutés. Dès lors, la bissection des douze signes à tel ou tel point n’offre plus rien d’intéressant; et nous comprenons pourquoi tous ceux qui ont voulu y clierclier une raison astronomique ont à peu près perdu leur temps.

Nous savons en effet que les astrologues anciens attachaientl’idée d’une influence différenteaux signes du zodiaque, selon la manière dont on en commençait ou dont on en distribuait la série : nous connaissons leurs idées sur l’importance de l’astre dominateur ( otxoOEcrTTtÎTr]; ) de l’année qui avait vu naître le personnage dont ils voulaient représenter le thème généthliaque, sur celle du signe zodiacal où cet astre dominateur s’était trouvé au moment de la naissance (l) , et sur mille autres combinaisons dont ils prétendaient tirer des pronostics , combinaisons si capricieuses que Scaliger a pu proposer huit

au reste, que notre opinion sur les zodiaques est tout à fait indépendante du résultat de cette discussion mathématique.

Vett. Valent. , Anlhol. Cod. Beg. n° q 4, f° i5.

thèmes différens d’une même nativité, fondés sur six divers systèmes astrologiques. (1)

Par exemple, une des divisions du zodiaque était fondée sur l’attribution qu’ils faisaient du signe du lion au soleil, et du cancer à la lune : ce qui leur avait fait imaginer de diviser le zodiaque en deux parties, l’une s’étendant du lion au capricorne, consacrée au soleil, et qu’ils appelaient la grande moitié ; l’autre comprenant depuis le cancer jusqu’au verseau, consacrée à la lune, et qu’ils appelaient la petite moitié™. C’est-là précisément la division adoptée dans les deux zodiaques de Dendéra ; et l’on en retrouve le principe dans celui de la momie, dont les deux bandes commencent, l’une par le lion et l’autre par le cancer. Il est remarquable que cette bissection astrologique se retrouve dans des monumens du moyen âge; tel est le zodiaque qu’on voit sculpté sur deux bandes placées dans les deux montans de la porte du nord à la façade de Notre-Dame de Paris: la bande à gauche contient, à partir d’en-haut,le lion, les gémeaux, le taureau, le bélier, les poissons, le verseau; à droite , le cancer, la case de la vierge C3) , la balance, le scorpion, le sagittaire, le capricorne. On peut en voir la description

(1) Scalig., ad Manilium , p. 209 , sq. ed. i655.

® Dupuis , Origine de tous les Cultes , T. VI, part. 2 , p. 58.

(5) La case de la vierge est occupée par un homme taillant la pierre. Dupuis en donne cette raison : a La vierge , étant celle à » qui le temple est consacré , on l’a retirée du nombre des » signes et placée au centre de la porte, tenant entre ses bras . l’enfant Jésus ( Origine de tous les Cultes , T. V, p. 1 45. ). »

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détaillée dans Dupuis qui ne laisse aucun doute sur l’objet astrologique de cette représentation a> . La place du cancer a été donnée au lion et réciproquement, par quelque motif que nous ignorons ; mais le fait capital , qui est le commencement des deux bandes au lion et au cancer , est incontestable : or , cette identité dans le choix des signes initiaux , sur des monumen6 d’une époque si différente , est ce qu’on peut voir de plus frappant; et, quand on songe que l’astrologie judiciaire du moyen âge, soit dans l’Orient, soit dans l’Occident, était fondée sur les memes principes que celle des anciens, on ne peut s’empêcher de reconnaître que cette identité explique très bien une circonstance sur laquelle on a fait tant de conjectures inutiles.

Quant à la bissection , à partir du bon et de la vierge, dans les zodiaques d’Esné, on ne peut douter qu’elle ne tienne également à quelque vision astrologique. Le zodiaque indien trouvé dans une pagode par John Cal! tt) , présente les douze signes du zodiaque disposés sur les quatre côtés d’un quadrilatère, de manière qu’aux quatre angles se trouvent la vierge, le sagittaire, les poissons et les gémeaux : ce qui donne une division tout-à-fait analogue à celle des zodiaques d’Esné. Dupuis en a conclu que ce zodiaque se rapporte à l’â'ge où le solstice d’été avait lieu dans la vierge l3) : et cette conclusion a

£l> Dupuis, Origine de tous les Cultes, T. V , p. 1 4 1 - 1 46 *

t!) Philosoph. transact . , ann. 1772 , p. 633 .

(3) Dupuis, ouvrage cité , T. VI, 1™ part. p. 472.

été ensuite appliquée également à ceux d’Esné, mais avec tout aussi peu de fondement; car on regardera sans doute comme bien plus que probable, que cette particularité tient à quelque combinaison d’astrologie qui ne mérite guère la peine qu’on prendrait pour îa découvrir.

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