‹ Observations critiques et archéologiques sur l'objet des représentations zodiacales, qui nous restent de l'antiquitéChapitre 5 sur 14 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Restitution de l’inscription grecque. — Le personnage est Ammonius , fils de Sôter. — Époque de sa mort. — Durée de sa vie.

L’inscription , composée d’environ cent quarante lettres, occupe une bande étroite qui tient toute la longueur de la caisse.

Le commencement est assez lisible ; et, au premier aperçu , il est facile d’y distinguer le nom du personnage dont la caisse avait contenu le corps ; savoir : neT€M€Nû?N o kai ammoînioc, Pétéménon,dit Ammonius. Cette première indication toute seule prouve, ce qui était encore un objet de doute pour quelques personnes, que la momie appartient bien réellement à cette caisse et n’y a pas été placée après coup. Leurs scrupules me semblaient déjà d’autant moins fondés , que la grandeur de la caisse est dans un rapport évident avec le volume de la momie. Le double nom de Pétéménon dit Ammonius décide la question ; car on lit dans un papyrus égyptien, trouvé sous une des enveloppes de la momie.

le nom îieTeweN&ÎN en grec; et une belle écharpe, qui faisait partie des langes de la momie, porte les lettres grecques am qui sont les initiales du nom du personnage.

Mais la lecture du reste de l’inscription n’était pas aussi facile que le commencement. L’auteur de la notice, déjà citée, ne désigne cette inscription que par les mots : petite inscription presque effacée , qui lui conviennent fort bien en effet, mais qui donnaient peu d’espoir d’en découvrir le sens. Là, des lettres entières j ici, des portions considérables et presque toujours la partie supérieure et le milieu des lettres ontdisparu entièrement. Néanmoins, en suivant exactement les plus faibles de ces traces , je crois en avoir fait une restitution qui n’offre rien de conjectural sur aucun point important ; on peut en juger en comparant l’analyse suivante avec le fac siniile (A) où j’ai marqué en traits pleins toutes les traces conservées, et en traits déliés tout ce qu’il m’a fallu ajouter pour compléter les lettres ou remplir les lacunes.

Après les deux noms rieTeMeNeÎN o kai ammcSnioc , je lis sans nul doute cahupoc; c’est le nom du père d’Ammonius: on distingue ensuite un K, puis un omicron, un trait vertical, légèrement marqué; et, un peu au-dessus, un trait arrondi qui ressemble à la partie supérieure d’un r, lettre qui est elle-même à peu près sûre. Vient ensuite une lacune d’environ trente-six lettres, dont on n’aperçoit de loin en loin

( al )

que des traces fort imparfaites, insuffisantes le plus souvent pour faire deviner à quelle lettre elles appartiennent. Cette lacune est suivie de plusieurs lettres légèrement érasées qui forment clairement le mot AMMûÎNior. Je dirai tout-à-l’heure comment on peut remplir cette grande lacune : il faut continuer de lire le reste , qui est le plus important et peut être restitué avec toute certitude.

On lit d’abord distinctement le mot eroSs; viennent ensuite dix lettres, dont la partie supérieure seule est conservée, mais qu’il est impossible de Ure autrement que eiKOCi gnoc : ce commencement nous annonce la formule tumulaire Servant à indiquer lage auquel une personne est morte, comme : Mêvav-

Èyevvjjô» «ri à tpxovroç Zua lyévovç, sre^eûr/jdsv

stcüv N b (1) . Ici le verbe éreXeuryide a dù être placé après l’indication de l’année. Voyons si l’analyse vérifiera cette conjecture.

Après le nombre d’années, doit venir celui des mois; et en effet, on distingue les restes des trois lettres m h n, puis les deux courbes inférieures d’un oS, et enfin une lacune d’une lettre; on a donc sans nul doute le mot MHNOÎx. Immédiatement après, ou aperçoit les rudimens imparfaits, mais distincts, d un à surmonté d’une barre transversale, ce qui nous indique la lettre numérique de t ezzdpw, quatre. Ainsi le personnage avait vécu vingt-un ans quatre mois. Il est facile ensuite de reconnaître un k et

Gruter, MXXVII, 2. — Corsini, Fnst. Att. IV, 76.

l’abréviation des deux lettres ai, ce qui nous donne kai. Cette conjonction appelle tout naturellement le mot HMeptfN, qu’on reconnaît en effet dans les restes des six lettres qui suivent -, enfin , les deux mots etxoffi S\io, très reconnaissables, nous donnent la durée précise de la vie de Pétéménon ; savoir : èxün/ efxoffi èvoç , fiy]V( 3 v A , xai Âpepwv eïy.oat oûo ; vingt-un ans, quatre mois et vingt-deux jours.

On ne saurait méconnaître non plus les lettres eTEGAeïTH qui viennent ensuite , et qui nous annoncent clairement le verbe èzeleùzriüe ( il mourut ), ou èrslevzriGïv , selon l’orthographe très souvent employée dans les anciens manuscrits et dans les inscriptions. La fin de ce mot, à en juger par l’espace, a dû être écrite d’une manière abrégée, comme le xai devant tfiepüv : après le mot il mourut, vient nécessairement l’époque de la mort, qui doit être exprimée en années du prince régnant. En effet, on voit immédiatement après, un trait vertical, commencement d’un iota , puis deux traits circulaires qui ne peuvent appartenir qu’à un omicron ou à un thêta -, le choix ne saurait être douteux, puisqu’ils sont suivis d’un autre trait vertical terminé par une queue arrondie , qui est la s i «le du mot eiouç ou Xitxaêavtoç {de l’année ); on doit donc lire 10 h, l'an xix. La dernière lettre est suivie des mots tpaianoy toykypioy iiayni h , qu’il est impossible de méconnaître d’après les traces des lettres : l’inscription se termine donc par : èzele-jznze 10 l Tpatavoü toü xupiou , Ttaüvi h , il mourut l an XIX de Trajan le Seigneur, le 8 du mois payai’, ce qui

répond au 2 juin de l’an 1 16 de notre ère. Ainsi nous connaissons d’une manière certaine la durée de la vie du personnage, l’époque de sa mort, et conse'-. quemment celle de la caisse de la momie et de toutes ses peintures.

Il faut maintenant revenir sur la lacune que nous avons laissée au commencement. Il serait assez naturel de présumer qu’elle contenait l’époque de la naissance du personnage ; mais cette conjecture est repoussée par une difficulté décisive ,• c’est le mot AMMftfNior qui termine cette lacune : ce nom propre, au génitif, annonce qu’il y avait auparavant le nom d’un personnage dont cet Ammonius était le père : or, on ne pourrait lier cette circonstance avec l’énoncé de la date de la naissance de Pétéménon.

fl I .

Je trouve des secours pour résoudre ces difficultés dans deux inscriptions presque semblables, qui sont venues l'une après l’autre confirmer d’une manière très heureuse les restitutions exposées cidessus. L’une est tracée sur une caisse de momie trouvée à Thèbes par M. Grey : elle a été lithographiée par la Société égyptienne de Londres, ainsi que le profil de la caisse sur laquelle on la trouve ; et c est M. Champollion le jeune qui m’en à donné connaissance. J’en reproduis ci-après l'efac simileŒ), que je lis de cette manière:

T TyoÜToç ÉpaxWow îmrjpoç, pnxpèç Zap a zoïw eyeviidri (sic) tû ei Àd'piavoü toû xvpîov , àdvp ib" -

STtleinriaev , tw IA L prjvt ruêi K , éTtûv ç , fxYivüv rîüo [zat] wpspwv il c0 , xal hdfn tw IIÏL py/vi à9vp ib .

« Cercueil de Tphout, fille m d’Héraclius Sôter et » de Sarapout. Née la v e année d’Adrien le » Seigneur, le 12 d’atliyr, elle est morte la xi p » année le 20 tybi, à l’âge de six ans, deux mois » et dix-huit jours, et a reçu la sépulture en l’an » xxi, le 12 d’athyr. »

Avant d aller plus loin , je dois remarquer que la lettre numérique, qui indique l’année de l’empereur, est suivie de la siglc du mot éxca; ou iWéavroç , figurée comme dans notre inscription , ce qui confirme encore la manière dont j’ai restitué le trait vertical qui suit le 0 dans l’énoncé de la date (3) . En

10 11 est facile de voir que le fac simile n’est point exact dans le figuré de deux chiffres: en lisant ko'xjp iF au lieu de F et t oêi F, je crois m’éloigner le moins possible de ce fac simile ; d’athyr à tybi, il y a deux mois, et du 12 au 20 , il y a huit jours. La sépulture a donc eu lieu le jour même de la naissance ; ce qui n est peut-être pas un effet du hasard , et rentre dans les idées astrologiques dominantes à cette époque.

01 Je dis fille, parce que les noms en oùr paraissent avoir été propres aux femmes.

(5) Depuis que ces diverses observations ont été lues à l’Académie , elles ont reçu une autre confirmation. Mon savant confrère, M. Raoul-Rochette alu, dans la séance du 3o janvier, une note sur une inscription grecque , publiée dans un journal allemand , et qui a beaucoup d’analogie avec les précédentes; la copie est ainsi conçue : ceNXûfNcic H k.ai caiiataic nrecBrrepA niK6Jroc rcNNnecicA Tari a 7 ©eor tpaianot iiaxcJn iFet6A€Tthcex t «ri ef antcjmnov kâicapoc kvpiov «amenii;© lé" oTcie eBiarcex €TH ma" mhnac AEK.A • 0APCEI. « Senchonsis , dite Sapaulis , fdl e

second lieu , nous trouvons ici la même irrégularité que dans l’autre inscription, où le nombre des années et des jours est donné en toutes lettres, et celui des mois exprimé par un chiffre; l’on voit deux chiffres après [xyvcôv et wpepwv, et le mot < 3 vo, en toutes lettres, après p.yjvâiv (1) . Ces deux observations lèvent toute difficulté sur la restitution que j’ai faite des endroits semblables.

Cette seconde inscription nous intéresse à d’autres égards j d’abord, la formule en est conçue de la même manière , et sert à confirmer la restitution de

» aînée de Picôt, née la iv e année du divin Trajan , le xm de » pachôn ( 12 mai ioi de J. C.) ; elle est morte la xie année » d’Antonin-le-Seigneur , le xv de phaménoth ( 1 1 mars 1 46 » de J. C. ) , en sorte que la durée de sa vie a été de quarante « ans et dix mois. Prends courage. » M. Raoul-Rochette a fait ressortir les circonstances curieuses de cette inscription , et surtout l’accord qui existe entre l’intervalle ici marqué , et la durée connue des règnes de Trajan et d’Adrien; ce qui confirme le calcul adopté par les chronologistes. J’ai lu l’an iv et l’an îx , et non pas l’an xiv et l’an xix ; i° parce que, sur aucun monument relatif à l’Egypte , les nombres ne sont exprimés dans l’ordre inverse; 2» parce qu’avec les chiffres indiquant les aunées du règne, se trouve toujours, soit le mot îroç, soit la sigle L, placée avant ou après; de manière que, sans aucun doute, dans Tan aT et Tan ©T, le jambage qu’on a pris pour l’expression de la dixaine, n’est autre chose que cette sigle , mal figurée , qui se voit dans les deux inscriptions des momies de Pétéinénon et de Tplioût : c’est ce que prouvera certainement le fac simile , quand nous le connaîtrons.

la même remarque s’applique à l’inscription , rapportée dans la note précédente, et qui m’a été connue depuis.

l’autre ; ensuite , elle est placée sur une caisse de momie de forme carrée, comme celle qu’a rapportée M. Cailliaud, et couverte également d’hiéroglyphes qui paraissent assez grossièrement faits, ce qui est une analogie de plus : en outre, la date est très peu éloignée de celle de l’autre; car la jeune fille dont cette caisse a contenu le corps, était née le 12 d’athyr de la v e année d’Adrien, ou le 8 novembre de l’an 120 de notre ère : elle mourut le 20 tybi de la xi e année, ouïe 16 janvier de l’an 127; et elle fut ensevelie le 1 2 d’alhyr , ou le 8 novembre de cette même année 127; ainsi l’époque de sa mort n’est postérieure que de dix ans , sept mois et quelques jours à celle de la mort de Pétéménon. On voit, de plus, qu’il s’est écoulé entre le moment de sa mort et celui de sa sépulture , près de dix mois ; cet espace de temps paraîtra bien considérable; mais ce long intervalle tient sans doute au temps qu’exigeaient encore à cette époque les procédés de l’embaumement des morts, et peut-être aussi à quelque idée superstitieuse qui voulait qu’on attendît l’anniversaire de la naissance pour placer le corps dans le tombeau.

Il est donc impossible de n’être point frappé des nombreux rapports de forme, de style et d’époque qui existent entre ces deux monumens ; mais ce qui y ajoute encore, c’est qu’il est question , dans tous les deux, d’un personnage nommé Sôter : j’en avais tiré la conjecture qu’ils appartenaient peut-être à des individus d’une même famille. Lorsque je Comrnuni-

quai ma conjecture à M. Cailliaud, il m’assura qu’en effet la momie de Pétéménon , et celle que M. Grey a rapportée, ont été trouvées à Thèbes, dans le même caveau , ainsi qu’une troisième momie qui fut brisée sur le lieu , et dont la caisse portait l’inscription suivante , qu’il a heureusement recueillie : coJtiip KOPNHAIOÏ UOAAIOr MHTPOC «MAOÏTOC APXOÎN ©HBoffN , « Sôter, fils de Cornélius Pollius Sôter ll> et a de Pliilout , archonte de Thèbes. >1 Par archonte de Thèbes, il faut entendre, sans doute, le chef politique, le magistrat principal de cette ville, ici désigné analogiquement par un terme tout grec. Cette troisième inscription appartenant à une caisse trouvée, comme les deux autres, dans le même caveau sépulcral, se rapporte aussi à un personnage nommé Sôter l2) . Otj ne peut douter, en conséquence,

Les deux mots Cornélius Pollius se composent d’un prénom et d’un nom romain, ce qui ferait croire que ce personnage était romain, et non pas égyptien ou grec; mais il serait assez singulier que ce Romain , qui aurait eu pour femme une Egyptienne , eût donné à son fils le nom de Sôter qui n’est ni romain ni égyptien. Il y a donc ici un nouvel exemple de l’usage des inscriptions latines , que j’ai montré ailleurs appliqué à des inscriptions grecques , et qui consistait en ce que l’on n’exprimait souvent que le prœnomen et le nomen d’un personnage , quand son cognomen était celui de son fils nommé avant ou après. Ainsi le père s’appelait Cornélius Pollius Sôter; on voit par cette inscription , et par celle de la momie de Pétèmènon , que ce Sôter , fils de Cornélius Pollius , n’avait pas pris de prénom romain , non plus que Péténiénon son fils.

M. Cailliaud m’a appris depuis que la collection de

que ce caveau ne fût celui d’une même famille. Cherchons maintenant à remplir la lacune.

Ces deux inscriptions nous montrent que le nom de la mère était mentionné dans de semblables monumensj et en effet, nous savons, par le papyrus de Schow , qu’en pareil cas on omettait plutôt le nom du père que celui de la mère. Il est donc certain que le nom de la mère de Pétéménon doit se trouver dans l’intervalle de la lacune : nous avons vu que cette lacune se termine par le génitif Àfx/xwvi 'ou : ce génitif dépend sans nul doute d’un nom qui le précédait , et ce nom ne saurait être que celui de la mère de Pétéménon , dont cet Ammonius aurait été l’aïeul maternel. Quel est ce nom? Si l’on fait attention aux traces conservées, on verra qu’elles ne peuvent convenir qu’au mot KïzoKcHipa.i ; car le K , le n, le t et le sigma final sont reconnaissables et placés juste aux distances relatives exigées par la composition du mot. M. Champollion le jeune, consulté par moi sur ce point , m’a montré que dans les hiéroglyphes de la caisse, l’expression fils de Cléopâtre est répétée plusieurs fois; coïncidence qui met le fait hors de doute, et peut être regardé comme une nouvelle confirmation de l’alphabet que ce savant a découvert : d’ailleurs , le nom de Pétéménon lui en avait déjà fourni une autre, puisque le papy-

M. Drovetti contient deux caisses de momie semblables, tirées du même caveau.

rus trouvé dans l’intérieur de la momie, contient le nom exprimé à la fois en grec et en caractères hiéroglyphiques qui se retrouvent avec la même valeur , dans l’alphabet dont il a présenté le tableau U) .

Quoiqu’il en soit, nous voyons qu’avant le nom Appwvi'ou , on doit lire, sans nul doute, les mots ptrjTpôî RXeouafepa; : il ne reste plus à remplir qu’une lacune de seize à dix-huit lettres; pour y réussir, faisons deux remarques : i° Puisqu’on a joint au nom d# la mère de Pétéménon, celui du père de cette femme, il devient très probable, ou, pour mieux dire, presque certain, qu’on a joint au nom de son père celui de son aïeul paternel. 2° Quel devait être ce nom? on peut le présumer. Pétéménon était le fils d’un Sôter , et nous avons vu mentionné, dans l’autre inscription de M. Cailliaud, un Sôter, fils de Cornélius Pollius Sôter : on peut conjecturer que ce Sôter est le père de Pétéménon; conséquemment que son aïeul paternel était Cornélius Pollius , et qu’il y avait dans celte lacune les mots KopvrjXïov IloXXtov , lesquels réellement en remplissent l’espace; mais eu qui change cette conjecture en certitude, c’est qu’à la suite du nom ^wxïjpos, on distingue clairement les deux lettres ko, puis un trait vertical qui convient à un r,et la partie supérieure des deux jambages du n. Ainsi nous ne pouvons hésiter sur la leçon , et nous

ll) V. à la fin do ccs Obseivalious , la lettre de M. Chanqiolliou le jeune sur ce sujet.

avons ainsi toute l’inscription , sans qu’il y manque une lettre :

Il£T£pevwv 6 xat Appàwo; Imrjpoç Ko pvn Ai ou ïloAAi'ou , p-rizpoç Kïsondzpocç Ap.p.o>vîov, ixùtv etxoat évàç, p.r,vcLv A xai Ÿ>p.spQv er/oci duo, £TeXetJT»îae itfi. TpaVavoù toû xvptov, naüvt H .

« Pétéménon , dit Àmmonius , ayant pour père » Sôter , fils de Cornélius Pollius Sôter , et pour »> mère Cléopâtre, fille d’ Ammonius, est mort, » après avoir vécu vingt-un ans , quatre mois et » vingt-deux jours, la xix e année de Trajan-le- » Seigneur, le 8 de payni. »

Ce texte précieux, qui est maintenant un document historique , nous explique bien des particularités. Pétéménon est mort à vingt-un ans : or, il est facile de discerner , à travers les traits défigurés de la momie , des caractères de jeunesse. D’un autre côté , puisque son père était archonte de Thèbes, on voit qu’il appartenait à une famille distinguée, et probablement riche -, ce qui explique la dépense qu’a dû coûter sa sépulture. On doit regretter que l’inscription ne nous apprenne pas quelle fonction il exerçait lui-même. Mais peut-être l’examen des hiéroglyphes de la caisse donnera-t-il quelque lumière à ce sujet.

En combinant les époques, on voit qu’Héraclius Sôter, le père de la jeune fille nommée Tphout,

dont la momie a été rapportée par M. Grey , était , selon toute apparence, frère de Pétéménon. La série des personnages de cette famille peut donc être marquée de cette manière :

Sôter , f Hêraclius Sôter, ] marié l mari de Sarapout, [ Tpkout.

à Cléopâtre ) père de !

fille

d’Ammonius, /

et père de ! Péte'ménon dit Ammonius.

Si l’on admet, par une hypothèse vraisemblable, que Sôter avait vingt-cinq ans à la naissance de Pétéménon, et Cornélius Pollius Sôter également vingt-cinq ans à la naissance de Sôter , il s’ensuivra que Cornélius Pollius était né vers l’an 45 de notre ère, et Sôter, vers l’an 70 . Ce dernier aurait été archonte de Thèbes, sous le règne de Trajan.

Cornélius Pollius Sôter ,

marié à Philout, et père de

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