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« Hé bien, non ! c'est la théologie ancienne, « mais toujours nouvelle pour ceux qui ne l'ont «jamais sue.» Je me permettrai de le demander, à quoi bon cette tirade? A qui s'adresse-t-elle? Personne que je sache, personne au pays n’a sur la tolérance civile des idées autres que celles émises par M.
l'abbé Pâquet dans son opuscule. Cette question de la tolérance civile n'est en définitive qu'une question de thélogie fort élé. mentaire, que tous ceux qui se sont un peu oceupés Ge théologie connaissent parfaitement. M. l’abbé Pâquet, dans son opuscule, nous la conne, il est vrai, traitée en partie per Mgr. Audisio, professeur à l'Université e la Sapience, à Rome.
C'est fort bien ; mais parceque M. Pâquet a eu la bonne fortune de suivre les leçons de Mgr. Audisio, il a tort, il me semble, d’en conclure que ceux qui n’ont pas été aussi favorisés que lui sous ce rapport, crouissent dans l’ignorance des principes de a saine théologie. Ce qu'on appelle {héologie des compromis n'est pas la question de toléran0e civile traitée par Mgr. Audisio ; «c'est tout autre chose. Nous aurons occasion d’en parler plus tard.
Une dernière remarque sur les belles pages que j'ai analysées. En plusieurs endroits de ces pages, M. Pâquet insiste à dire qu’il a étudié à Rome, que son enseignement est celui de Rome même. Je le crois. Mais ici encore, qu'il me permette de le lui demander : à quoi bon dire et répéter ces choses-là ? Est.ce pour donner à entendre que ceux qui ont étudié à Rome ont le monopole de la pure doctrine ? Si c'est là l'intention de M. l'abbé Pâquet, il n’atteindra pas le but qu'il se propose.
Tout le monde sait qu'on peut, sans avoir étudié à Rome, connaître parfaitement les doctrines romaines ; et, de fait, nous avons en Canada bon nombre d'hommes, des laïque même, qui n’ont jamais vu Rome, qui ne le verront probablerment jamais et qui cependant possèdent une science philosophique et théologique, voir même canonique, très-étendue et très-sûre. Tout le monde sait de même qu'on peut avoir étudié à Rome sans avoir bien appris ou tout appris ce qui s’y enseigne.
On puise à Rome, comme partout: ailleurs, avec des vases de plus ou moins dc capacité, qui ontété plus ou moins bien purifiés préalablement : cela fait que ce que chacun en rapporte varie beaucoup et pour la quantité et pour la qualité.
Si dans l’opuscule, intitulé ‘ Le Libéralisme,'' j'ai trouvé une foule d'excellentes choses, très bien cordonnées et fort substantielles, j'ai aussi constaté qu'il yen a d’autres, et je le dis avec regret, qui ne brillent pas d'un aussi vif éclat et qui ne sont pas d'aussi bon aloi. J'avais tout d’abord ét6 incliné à croire qu'une simple
er était le défaut capital de cet opuscule.
En effet, je n’y découvrais pas un mot dirigé contre le libéralisme catholique, la grande, la très grande plaie de notre époque, plaie qui, au dire de Pie IX lui-même, fait un bien plus grand mal à la religion que l'impiété déclarée. Avec ses allures bénignes et pieuses, le libéralisme qu’on affuble du titre de catholique, fascine une foule d'âmes sans défiance, les mène jusqu'aux bords de l’abîme de l’hérésie, les y précipite même au moment quelles croient tenir encore à l'Eglise par tout ce qu'il y a de plus intime et de plus vivace en elles.
Ne rien dire à l'adresse de ce funeste libéralisme catholique, qui, condamné lui aussi par l'Egli e, a fait du P. Hyacinthe et de l'abbé Dollinger deux apostats, qui a failli perdre le P. Gratry, qui a inspiré tant décrits où la vérité religieuse est défigurée avec autant de perfidie que d'astuce, notamment dans le fameux Manifeste du Correspondant, qui enfin a poussé Montalembert, lui jadis le grand catholique français, à jeter en mourant l'injure à la face auguste de Pie IX et à l’appeler l'idole du Vatican, me paraissait chose tout à fait inexplicable, surtout dans un écrit où l’on traite spécialement du Libéralisme.
Une lecture plus attentive de J’opuscule m'a permis de découvrir que ce n’est pas par distraction que l’auteur, fixant les limites de la grande erreur mo ierne, a omis de comprendre ie libéralisme catholique dans la ligne de circonscription qu’il trace. L'omission, qu'il laisse à regretter, est volontaire et intentionnelle. Il a voulu par là exonérer le libéralisme catholique de tout blâme ; dans ce but, il a même faussé le sens de la dernière proposition du Syllabus.
Ce travail effectué, il nous le montre avec complaisance comme le fruit de la prudence, de la sagesse et de la charité chrétiennes, et allant glorieusement prendre place dans les rangs de l’orthodoxie. Il ne le nomme pas ; mais il s’évertie à en faire miroiter les charmes trompeurs: il le prêche avec toutes les précautions possibles afin dene pas trop chatouiller les oreilles. IL y a là assurément de quoi causer une affliction profonde.