BIBL. IMP
Cun Donatus ponat gerundia esse verba et Priscianus ponat esse nomina, questio est de solutione huius contrarietatis, quia constat, cum uterque actor sit actenticus, quod uter-
que suo modo intelligendi
veritatern dixit,
veritatem dicat.
Des différences de cette espèce qui se reproduisent presque à chaque ligne, du commencement à [ἃ fin de l'ouvrage, et qui se multiplient avec les manuscrits, ne peuvent provenir du fait de l'auteur : elles viennent de ce que l’ouvrage ἃ été copié librement, comme de mémoire, par des maîtres ou des étudiants, qui ne s’attachaient pas à reproduire machinalement le texte qu’ils avaient sous [68 veux, mais qui le copiaient en le modifiant. De même, à mon avis, les rédactions différentes que l’on rencontre de certaines parties d’Aristote proviennent de copies faites non par des Zibraru esclaves, mais par des hommes qui s’intéressaient au fond des choses et traitaient librement la forme sous laquelle ils les trouvaient exprimées.
M. Torstrik, auteur d’une très-bonne édition critique du de Anima (2), qui ἃ fait une attention toute particulière à ces différentes rédactions et qui a vu le parti qu’on en pouvait tirer pour la cri-
(4) Je crois qu'il faut lire τοῦτο... τοῦ ἤθους τῷ ζῴῳ τοῦ... Voir ci-dessous. (2) Aristotelis de Anima libri 111, recensuit Ad, Torstrik. Berolini, 1862.
tique du texte d’Aristote, les attribue à Aristote lui-même. Il conjecture qu’Aristote avait d’abord exprimé sa pensée sous une forme un peu fruste et hâtive, et qu’il avait ensuite revu ce qu’il avait écrit pour y mettre plus de régularité et de netteté. Je ne sais si cette hypothèse est applicable à la double rédaction du VEL° livre de Ha Physique; elle est peut-être vraie du X° livre de la Métaphysique comparée aux livres Il, ΠῚ, IV, V; mais elle ne me semble pas convenir au de Anima ni au de Partibus. M. Torstrik ne me parail pas avoir réussi à montrer pourquoi Aristote aurait préféré la seconde rédaction à la première. Je ne prends pour exemple que le début du de Anima (1, 1. 402 a 1-4) :