‹ Observations de l'Hon. D.B. Viger contre la proposition faite dans le Conseil législatif le 4 de mars, 1835 [microforme]Chapitre 3 sur 10 · PRET · texte numérisé non relu

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lance pour la province; quelques-uns d’eux se rapportaient au revenu public, c’est-à-dire à ceux qui se trouvaient plus directement sous la juridiction de l’Assemblée, dans ses attributions spéciales. Ces particuliers avaient pu suivre ici ces négociations auprès de l’administration. Appuyés par elle, ils avaient pu faire la même chose en Angletere auprès des ministres, sans que pendant tout ce temps les Communes de la province eussent pu, même après des demandes réitérées, obtenir ici du gouvernement exécutif aucune communication sur ce quise passait à ce sujet. Elles avaient par là mème été privées de tous moyens de former des réclamations efficaces contre ces particuliers, de soutenir les intérêts du gouvernement lui-même comme du pays, que l’on pouvait sacrifier, que l’on avait réellement sacrifiées parce qu’elles avaient été privées des moyens d'éclairer leurs démarches. Telie était la manière dont on instruisait le gouvernement de sa majesté ! Il était pourtant, dans ces occasions, question d'objets qui,de leur nature,devaient acquérir le plus grand degré de publicité possible, comme la nécessité s’en trouvait établie par les lois, était d’un usage constant, dans les règles de tout gouvernement bien constitué. C'était ici des démarches que l’on couvraii d'un voile impénétrable !

Quelles matières d'état ! C'était en effet les termes dont on s'était ici servi comme d’un prétexte pour soustraire des objets analogues à la connaissanee de la branche populaire, c’est-à-dire à celle à laquelle il était le plus essentiel de la donner toute entière et sans réserve dans les intérêts du gouvernement et du :“ays, qui sur cet article plus que sur tout autre, s’il était possible, se trou vaient absolument inséparables.

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C'était, pourtant, dans un gouvernement dont la publicité était le plus puissant ressort, dont il était l’âme, comme c'était le moyen le plus sûr de forcer les fonctionnaires à respecter leurs devoirs. Justiciables de l'opinion publique, la crainte des arrèts de ce tribunal suffisait ordinairement pour les mettre en garde contre les tentatives de prévariquer, puisque leur conduite, pouvant d’un jour à l’autre être mise à découvert, cette crainte, inseparable de celle de la punition, devenait, en Angleterre, la sauvegarde de la morale publique, tandis que les gouvernemens secrets offraient une prime à la corruption en assurant à la fois au délinquant l'espoir d'échapper à la honte avec celui de l'impunité.

IL(M. V.) croyait devoir ajouter un autre terme de comparaison à celui qu’il venait de signaler, en demandant s’il avait dû se trouver bien de l’exactitude dans les renseignemens que l‘on avait fait parvenir au gouvernement d'Angleterre, pendant trente années de dilapidation de nos finances.

Ce n’était pas assez d’avoir employé constamment le revenu public sans aucune autorité légale : aux plaintes du pays sur l’augmentation des dépenses du gouvernement, comme aux craintes que ces desordres fesaient naître, on avait opposé, tout aussi constarument, un étalage pompeux de notre opulence. A chaque session du parlement provincial, l’administration produisait des comptes, présentait des tableaux de nos ressources, dont le gouvernement de sa majesté, comme l’Assemblée, devait conciure que les coffres publics regorgeaient de trésors accumulés, tandis qu’en effet les dépositaires de ces richesses chimériques avaient été successivement dans un état de banqueroute ct que le déficit avait fini par excéder de

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