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dévait en outre les cômmuiquer aux ministres ; il pouvait appuyer auprès d‘eux leurs objections, qui restaient en même temps inconnues de I‘Assemblée qui dès lors ne pouvait-elle même les discuter,, C‘était sur ces données, trop souvent illusoires, que, dans un autre hémisphère, on avait repoussé des mesures reclamées par le pays pour subvenir à des besoins pressans, pour prévenir de graves abus, pour guérir des maux profondément sentis, pour aplanir les obstacles qui nuisaient au développement de ses ressources,
Pourait-on se persuader que les progrès des habitans de plusieurs des provinces des Etats-Unis n‘eussent pas été beaucoup moins rapides, si leur marche avait été hérissée des mêmes difficultés ? Etions nous bien, dès lors, dans la situation où les ministres de Sa Majesté, dans le parlement, avaient si hautement témoigné le désir de voir ce pays, en disant qu'il fallait que les Canadiens ne pussent rien voir Cans le sort de leurs voisins des Etats-Unis
qui dût leur paraître digne d'envie ? Après les traits qu'il
(M, V.) venait de signaler, les Canadiens, en donnant leur attention à ce qui se passait au de-là de la ligne qui les en séparait, pouvaient-ils ne pas se sentir blessés par la comparaison ? En supposant mème qu'ils pussent se faire quelque illusion à ce sujet, qui devrait-on raisonnablement en accuser ?
H (M. V.) n'était pas sur cet article égaré par une -prévention aveugle relativement à la position du pays plus que par une admiration exclusive de celle de nos voisins Quant à la nôtre, si c'était le moment de l‘envisager sous ce rapport, il lui serait facile de faire voir qu'elle aurait pu nous laisser à peine quelque chose à désirer, si ceux, dont c‘était le devoir de seconder nos vœux, ne les avaient
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pas trompés. S'ils n‘eussent pas perdu de vue cette obligation essenticlle, notre sort aurait pu devenir tout autre chose que l‘objet des dédains de nos voisins.
IL( M. V.) avait même entendu quelques uns d‘eux faire à ce sujet des observations dignes de la plus sérieuse attention. Ïls sentaient tout le parti que l‘on aurait pu tirer de cette situation, si quelque chose de plus que des erreurs de notre gouvernement local, et celles ans lesquelles il avait trop souvent entrainé celui d‘Angleterre, n‘avait fait beaucoup plus que la dureté de notre climat pour désècher le germe de notre prospérité. Par un sentiment d‘égoisme, auquel les peuples étaient trop souvent en proie, comme les individus, cet état de choses était, pour eux, un sujet de satisfaction, parce qu‘outre que la comparaison flattait leur vanité nationnale, ils y croyaient voir de l‘avattage pour leur pays dans la même proportion qu'il était préjudiciable aux intérèts de la métropole, comme des colonies.
Quant à nos voisins, il ( M. V.) devait dire qu'en exäminant quelques uns des changemens qui s'étaient opérés dans les constitutions d‘une partie des Etats de la fédération, il avait pensé qu'il serait possible de leur appliquer avec vérité ‘observation d‘un des ambassadeurs de cette république, relativement aux Français pendant les premières années de la révolution, quand il disait qu'ils avaient traversé la liberté, c‘est-a-dire que les moyens qu'ils avaient adoptés pour en étendre les avantages, pouvaient avoir le malheureux effet de l‘affaiblir, de la mettre graduellement dans le plus grand danger, au lieu de renforcer les institutions qui pouvaient la soutenir.
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Ce n'était pas non plus le moment d’examiner ce sujet, c'était seulement d'après l'expérience commune à tous les peuples, sur des résultats généraux quant à celui-ci, que nous devions former nos opinions, relativement, à l'objet de la discussion actuelle. Personne ne pourrait nier qu’ils ne fussent contre le pays. Ses habitans pouvaient-ils ne pas élever la voix contre le système qui les avait produits, surtout quand la considération des maux qu'il enfantait, la rapidité de leur développement dans ces dernières années, était de nature à fermer les cœurs à l'espérance ?
Il (M. V.) devait à cet égard faire choix de quelques uns des traits qu’il avait mis sous les yeux mème du gouvernement, relativement aux griefs de la pravince. Par exemple, ce n’était pas assez d‘avoir ici pendant un grand nombre d’années rejeté toutes les mesures proposées par l'Assemblée qui pouvaient réellement contribuer à l'avancement de l‘éducation ; les partisans de l‘administration avaient en même temps fait retentir la province de reproches exagérés autant que durs aux Canadiens sur leur ignorance, souvent de plaisanteries grossières.
Les feuilles périodiques, les écrits des voyageurs, avaient été les échos de ces sarcasmes. Ils avaient frappé ses oreilles (de M. V ) jusque dans les communes d‘Angleterre et provaqué chez lui le sentiment d‘une trop juste indignation contre leurs auteurs. |
Quels devaient étre les sentimens des habitans de la province en voyant en même temps les biens des Jésuites, consacrés à l'éducation du pays pour des fondations qui même après la destruction de cet ordre avaient été respectées par les gouvernemens les plus despotiques de PEurope, rester entre les mains de l’administration
narration
comme un objet d‘agiotage pour ses partisans ? Aux demandes de l'Assemblée de mettre sous ses yeux des états de ses revenus comme de l'emploi qu’on en fesait, on avait opposé des refus réilérés. On avait converti Île superbe collége, établi par ces religieux sur une des places les plus élevées comme les plus fréquentées de Ja
capitale, én logement pour des troupes. On en avait
fait des casernes ! Ds sentinelles, placées & chaque porte
de ce temple de la science, pouvaient alors, devaient cucore aujourd'ui fermer à la jeunesse l‘entrée du lien où ses pères allaient jadis recevoir à la fois les leçons de la science ct des mœurs !
Pouvait-on laceuser ( M. V. ) d‘exagération 2? Les faits étaient la pour le justifier, que serait-ce s4l en venait à l‘emploi qu'on avait fait des revenus ?
Comme pendant à cette esquisse, il devait dire un mot des projets d’envahissement dans lesquels on s'était efforec d'entrainer le gouvernement de sa majesté, relativement aux biens du sérainiirede Montréal On avait cherché jusqu'a des motifs de contester lfexistence d'une maison dont l'établissement, ouvrage de la puissance souveraine, alors exercée dans toute £a plénitude par les rois de France, remontait à près de deux siècles, se rattachait à celui du pays. On avait surtout agi sur ifesprit d'un vieillard de cette maison, affaibli par l'âge ec les infirmités ; depuis, sur quelques autres également étrangers aux pays Comme à nos loix, à notre gouvernement, élevés comme lui dans les doctrines de l'obéissance passive, pour leur persuader de souscrire à l'abandon de biens dont ils n‘avaient que le dépôt, fondés pour Iéducation du pays, aux termes mêmes de l‘acts de législation qui les attachait à cet établissemett, dont enfin ils n‘étaient que fidéi-commissaires
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