‹ Observations de la fièvre pernicieuseChapitre 4 sur 6 · PREMIÈRE SÉRIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE SÉRIE

. Accès pernicieux caractérisés par un trouble fonctionnel du système nerveux.

Observation I. — Sujet jeune cl Jort ; sia; heures Je coma. Guérison prompte et complète.

Garliier, soldat au 10® d’artillerie, d’une constitution assez forte, âgé de vingtsix ans, est entré à l’bôpital le 17 septembre 1817. Venu de France, au mois de mai de l’année précédente, il était Fort et rosé, il eut quelques accès légers pendant l’été ; on lui donnait du sulfate de quinine à la caserne, et cela passait; enfin on l’envoya à Constantine où il se rétablit complètement. Cette année, il était malade depuis sept ou huit jours; il avait eu deux ou trois fois des frissons, mais sans régularité, la céphalalgie était continuelle; on lui donnait, depuis quatre jours une dose de sulfate de quinine chaque matin, dose qu’il ne peut estimer.

Le 17 septembre, il vient à pied à l’hôpital, mais chancelant, soutenu par ses camarades; il se plaint beaucoup de la céphalalgie (limonade tartr., sulfate de quinine, 0,8). Arrivé dans la salle, il se couche et s’endort; à quatre heures du soir, on le trouve dans l’état suivant: sommeil profond, décubitus dorsal, face pâle, pupilles contractiles, haleine fétide, langue sèche, peau chaude et sèche, pouls fort et dur, à 94 puis.; respiration sifflante nasale, parfois stertoreuse, 26 inspirations, légère résistance des avant-bras à l’extension et à la flexion ; quand on excite le malade, H ouvre les yeux, regarde et ne prononce pas une parole; on parvient cependant à lui faire tirer la langue et à lui faire faire des signes de tête affirmatifs ou négatifs.—4 ven(. scar. à la base de la poitrine, suif, quin., 1,0.

A six heures du soir, le malade a uriné sous lui; sueur à la face ; même état, du reste. — Sinap. aux pieds, suif, quin., 1.0.

A dix heures du soir, sueurs générales, coma moins j)'rofond; le malade regarde avec des yeux étonnés, il répond avec peine par oui et par non; 107 puis., 30 inspir., langue humide. — SulP. quin., 0,8; le précédenta été incoropléteraenl pris.

Le 18. Le malade a toute sa connaissance, il dit que la tête lui tourne quand il veut se lever, mais qu’il n’a plus de céphalalgie; peau moite, chaleur naturelle, pouls dur, assez Port, 92 puis.; respiration calme, langue humide, pas d’appétit, pas de selles.— D., lira, cit., 3, suif, quin., 1,0.

Le 19. Mieux parfait ; on trouve le malade lisant dans son lit; chaleur naturelle; pouls à 75 puis.; langue humide, pas de selles^ pas de céphalalgie. — Bouillon, demie p. de raisin, lim. cit. 3, sulP. quin., 0,8.

Le 20. Même état. — Sinap., demie p. de raisin, lim. cit., s. q., 0,8.

A partir de ce jour, le malade est en conyalescenee. Le 22, il mange le quart. Le 23, la demie; il prend 0,8 de s. q. chaque matin, jusqu’au 26 inclusivement. Le 30, il est mis aux trois quarts et au vin de cannelle.

Coliques le 2 octobre, — Demi-lavement huileux.

Sorti le 24 octobre.

Obs. il— Sujet affaibli: coma et délire. Guérison lente et incomplète-, mort deux mois après.

Fonscèbes, journalier employé aux carrières de la Grande-Halte, âgé de quarante-trois ans, d’une constitution détériorée, ayant la teinte jaune, de la cachexie paludéenne, entre à l’hôpital le 7 octobre 1847. Il dit qu’il a eu la fièvre pendant trois jours, qu’elle s’est passée sans qu’il ait rien fait; que depuis deux jours , il ne l’a plus, mais qu’il est si faible, qu'il ne peut travailler; il ajoute qu’il est en Afrique depuis dix-huit mois; qu’il a eu souvent la fièvre l’année derrière , que c’est pour la quatrième fois qu’elle le prend cette année, et pour la troisième qu’il entre à l'hôpital.

A l’entrée, s. q., 0,8.

Le lendemain, 8 octobre, peu de changement — Lim. tart., s. q., 0,8.

Le 9 octobre, à la visite du matin ( huit heures), on trouve le malade dans un état d’agitation insolite; on apprend qu’il a eu toute la nuit un délire loquace, mais sans grande agitatation. — L. t., s. q. 1,0 ; lav. s. q., 1,0; sinap. aux jambes, be sulfate de quinine est incomplètement pris.

A dix heures, on constate l’état suivant : décubitus dorsal, air hébété, préoccupé, yeux ouverts, pupilles contractiles; peau chaude; pouls petit, à 60 puis. ; respiration naturelle à 23 inspirations; battements des jugulaires, pas de cépha-

lalgie, pas de douleur à la pression de l’hypochondre gauelie, ti es-legere resislance’des avant-bras à la flexion, à l’extension; l’intelligence est obtuse, bien qu’il n’y ait pas de sommeil, le malade semble ou ne pas comprendre ce qu’on lui dit, ou avoir perdu la faculté d’exécuter ce qu’on lui ordonne ; ainsi, si on lui demande de tirer la langue, il l’avance entre les arcades dentaires, et ne peut la porter plus loin ; tantôt il fait des réponses justes et courtes ; tantôt il commence une réponse à demi-voix, et il la termine par un murmure incompréhensible.

A quatre heures du soir, l’état est meilleur; le malade répond mieux, il prend intégralemsnt l gramme de sulfate de quinine; sommeil depuis le matin; peau chaude et moite; sueur abondante à la face; pouls dur, assez développé, à 58 puis.; 22 inspir. ; toux, râle muqueux à distance; expectoration muqueuse ; langue très-blanche, humide ; pas de selles; pas de céphalalgie; le malade accuse manifestement un peu de douleur à la région splénique. Lorsqu’on presse également les deux hypochondres, il dit que c’est le gauche qui lui fait mal; il fait des réponses nettes quand on l’éveille, mais on voit qu’elles lui sont pénibles.

Le 10 (visite). Chaleur normale, pouls peu développé, à 70 puis.; langue blanche et humide, soif; pas de selles ; surdité, pas de céphalalgie, pas de douleur splénique, intelligence nette. — Bouillon, lim. tart., s. q. 0,8.

A quatre heures du soir, peau chaude et sèche; pouls à 86 puis. ; respiration suspirieuse de temps à autre, à 20 ; pas de céphalalgie, pas de sommeil ; intelligence nette ; un peu d’abattement ; langue blanche et humide ; pas de selles. Malgré le changement survenu dans son état, le malade ne croit pas avoir la fièvre ;

il dit n’avoir éprouvé ni frissons, ni malaise dans la journée.

Le 11. Mieux, chaleur normale, pouls à75 puis.; un peu d’appétit; surdité. Vg. lim. tart., suif. quin., 0,6.

Au soir, même état; le malade se lève une partie de la journée.

Les 12, 13,14, même état ; même prescription.

Le 15 , diarrhée , spm. p. op.

Les 16,17,18, même prescription.

Les jours suivants, spm., eau de riz gommée, p. op.jusqu’àla fin d’octobre. S. q., 0,4, les 22 et 23 ; s. q., 0,2 le 24.

Q. r. g., œuf jusqu’au 26 novembre.

Rechute’de diarrhée le 27 novembre. Eau albumineuse, pii. de fer, pot. cachou op. Mort le 26 décembre.

Obs. III. Sujet fort ; trois jours de coma. Guérison lente et incomplète.

Dans la soirée du 8 novembre 1847, des agents de police amenèrent à l’hôpital un homme de trente-cinq à quarante ans, trouvé |sans connaissance dans une

des rues de Philippeville. Il est froid et roide; on le couche tout habillé, on le couvre de couvertures de laine, on lui donne une infusion chaude, et on le laisse ainsi jusqu’à onze heures. A ce moment, la chaleur étant revenue, le malade est déshabillé; il est toujours dans le coma, complètement sans connaissance; cependant il boit assez facilement ce qu’on lui donne. Ce n’est que le 10 à cinq heures du soir que nous pouvons examiner ce malade. Nous constatons l’état suivant: sujet robuste, décubitus dorsal, résolution des membres, tête renversée en arrière, teinte jaune pâle et chaleur sèche de toute la peau ; pouls dur, fort, développé, à 88, respiration slerloreuse à 18-20; face pâle ét amaigrie, occlusion des paupières; les pupilles ne peuvent être exàminéès, faute d’une lumière assez vive; lèvres et dents un peu encroûtées; sensibilité dè tous les membres au pincement de la peau. Lorsqu’on adresse la parole au malade, il ouvre un instant les yeux, puis les referme aussitôt sans’répondre.

Le malade est dans cet état depuis son entrée; on n’a pas aperçu de ehangement, et particulièrement ni froid ni frisson. 11 va sous lui en diarrhée, et il a sué beaucoup la nuit de son arrivée; il a sué aussi aujourd’hui, et on a été obligé de le changer de linge. On lui a donné hier 1 gramme de sulfate de quinine, ce matin de même, et on a appliqué des vésicatoires aux jambes. Il a bien pris le sulfate de quinine prescrit jusqu’ici.

A dix heures du soir, même état; chaleur et sécheresse de la peau; pouls à 100; pas de selle.

Le 11 novembre. Décubitus dorsal, sommeil; face couvéfté d’une sueur visqueuse; bouche entr’ouverle, yeux fermés, pupilles non contractiles, peau chaude, sèche; pouls moins développé à 90, respiration nasale à 18; pas de selle, miction dans le lit, sueur la nuit. Le malade a été changé Une fois de chemise; même état de l’entendement; résistance des avant-bras à l’extension et à la flexion: sensibilité très-vive de tout l’abdomen, surtout aux hypochondres, aussi bien le droit que le gauche; lorsqu’on exerce une très légère pression même du bout du doigt, le malade grimace, écarte machinalement la main qui le touche; il n’eu est pas de même aux membres. — Lim. t., pot. gom., sulfate de ((uinine opiacé, 1,2.

A une heure, même état, toujours sueur visqueuse à la face; pouls à 96.

A six heures, même état ; peau chaude, sèche; pouls à 96; 18 inspirations nasales; pas de sueur depuis le dernier examen. Même sensibilité de l’abdomen.

Le 12. Retour à la connaissance ; décubilus dorsal, un peu d’abattement, demi sommeil, parole embarrassée; peau sèche et peu chaude, pouls peu développé à 86, respiration régulière à 18; langue tremblottante, humide, couverte au centre surtout d’ùn enduit blanc grisâtre; miction dans le lit; pas de selles, pas

de sueur la nuit, pas de céphalalgie, pas de douleur dans l’abdomen ni dans les hypochondres. Déjà hier soir, au dire des voisins, le malade a semblé vouloir parler, mais ce n’est que ce matin qu’il s’est fait comprendre. On essaye de lui faire rassembler ses souvenirs, on ne peut y parvenir; il dit seulement qu’il s’appelle Antoine Jennie, et qu’il est ouvrier maçon. — Bouil., inf. pect. éd., sq. 0,8.

A cinq heures du soir, grand abattement, décubitus dorsal, tête renversée en arrière, respiration calme; peau sèche, peu chaude; pouls assez développé,à 86; langue blanche et humide, grisâtre au centre; ni selles ni sueur dans la journée; même état de l’intelligence; pupilles contractiles; pas de céphalalgie.

Le 13. Décubitus dorsal, respiration régulière et calme, chaleur normale; pouls à 72, un peu d’hébétude, parole embarrassée; langue humide, cliargée d’un enduit blanchâtre ; soif, pas d’appétit, pas de selles, pas de céphalalgie. Le malade a assez bien dormi la nuit; il s’est levé une fois pour uriner; cependant il a répandu en assez grande abondance une urine qui teint les draps en rouge orangé. — Bouil, inf. pect. sq. 0,8.

Le 14. Décubitus dorsal, physionomie meilleure, sentiment de mieux et de faiblesse; pas de céphalalgie; peau peu chaude; pouls dur, assez développé, à 72; la langue humide, blanche, encore tremblotante, se nettoie. Appétit, plus de soif; 3 selles diarrhéiques depuis hier, .lennie a assez bien dormi la nuit, il n’a pas sué, il a failli tomber en se levant. On essaye encore vainement de lui faire rassembler ses souvenirs relativement aux faits antérieurs à son entrée. — Vg. inf. pect., suif, quin., 0,6.

Le 15, vg. inf. pect., sq., 0,4.

Le 16. Le malade, quoique maigre et faible encore, est tout à fait bien; il s’est levé un peu hier; chaleur normale, pouls un peu lent, sommeil la nuit; pas de selles. Voici ce qu’il nous rapporte de ses antécédents : 11 est en Afrique depuis un an - il a eu souvent la fièvre intermittente depuis le commencement du printemps; il la coupait avec du sulfate de quinine. 11 n’est pas encore venu à l'hôpital. Cinq ou six jours avant son entrée, la fièvre l’avait repris, et elle commençait chaque matin par du frisson et se terminait par de la chaleur. Le 7 octobre, il avait encore eu du frisson, des vomissements, de la céphalalgie, puis de la chaleur et de la sueur ; cependant, ayant bien dormi la nuit suivante, et se sentant mieux portant le lendemain matin, il crut pouvoir aller au travail. Il y fut en effet jusqu’à cinq heures du soir, n’éprouva d’autre indisposition qu’une céphalalgie continuelle. 11 avait mangé moins que d’ordinaire; il n’avait pris aucune liqueur alcoolique, il u’avait pas bu plus que d’habitudeé ; nanmoins c’est en se rendant à son domicile qu’il perdit tout à fait connaissance ; du reste, il ne 1B51. — PeUbon. ?

se rappelle aucune circoustance de cet évéuement, sinon qu’il u’en a été averti par aucun malaise et particulièrement par aucun frisson. — Sp. vg. oc. inf. pect., sq. 0,2.

Les jours suivants, on cesse le sulfate de quinine, on augmente le régime avec précaution, et on donne un peu de vin.

Le 20. Le malade se trouve très-bien, les couleurs lui sont revenues ; mais il est encore très-maigre, et il y a un peu de rhume; chaleur anormale, pouls un peu fréquent, sommeil ; une selle chaque jour, sans diarrhée — Demie'; poisson, q. de vin.

Le 25, Jennie a un accès de fièvre peu inteuse; il est remis à un régime plus sévère, et on lui donne du sulfate de quinine pendant une huitaine de jours.

Au commencement de décembre, il y a un peu d’infiltration à la face et aux jambes, il y a toujours de la toux et des crachats muqueux ; néanmoins les battements du cœur sont normaux. Le bruit respiratoire, sauf quelques râles muqueux et sibilants, l’est également ; le pouls, assez fort, esta 76 ; il y a du sommeil, beaucoup d’appétit, pas de diarrhée. Le régime est encore graduellement augmenté; mais les forces se rétablissant lentement, et Jennie désirant sortir, on pense que l’éloignement de l’hôpital, le grand air, et un peu d’exercice, ne pouvant qne lui être favorable, Vexeat lui est accordé le 14 décembre.

Ors. IV.— Sujet affaibli ; 3 accès comateux consécutifs. Guérison lente et incomplète ; accès de fièvre simple, le il octobre et le D’’ novembre, à deux heures du soir. 1®'' accès pernicieux, le 2 novembre, commencé entre trois et quatre heures ; 2® accès pernicieux dans la nuit du 3 an 4 novembre ; 3® accès pernicieux, commencé le 5 novembre au soir.

Geffroy, domestique, âgé de vingt-huit à trente ans, grand, maigre, jaune, d’une constitution détériorée, était entré à l’hôpital le 12 octobre, pour la dysenterie. Il fut assez promptement guéri. Pendant cinq jours, il fut tenu à la diète ou aux potages, et on lui donna quelques opiacés et des pilules deSegond.

Le 17.11 fut mis au quart, et le 22, à la demie. Les jours suivants, même régime, et quelques toniques.

Le 30.11 eut un peu de diarrhée; il fut remis au quart, et potion avec teinture de scille et digitale.

Le 1®® novembre, quart, vin, orge nitréo, pot. teint, de scille et digitale. A ccès de fièvre.

Le 2. Soupe. sulf.Zquin., 0,8 gr. Entre trois èt quatre heures,accès de fièvre avec tremblement; à cinq heures et demie, le chirurgien de garde étant allé dans

la salle, on le prévint que ce malade était très-mal; et en effet il put constater l’état suivant : décuhitus dorsal, chaleur très-forte, pouls développé, irrégulier, à 120;, 25 inspirations, râle muqueux trachéal, profonds soupirs de temps à autre; perte complète de connaissance, résistance des avant-bras à l’extention et à la flexion. Le malade n’entend rien de ce que l’on dit ; cependant il grimace quand on le pince; on ne peut lui faire tirer la langue; il ne paraît pas avoir été à la selle depuis le commencement de l’accès, car les draps ne sont pas salis par des matières récentes. Yeux à demi fermés, résistance des paupières, pupilles non contractiles, teinte jaune de la cachexie paludéenne, amaigrissement, chairs molles, un peu d’infiltration, surtout aux membres inférieurs, râle très-développée, indolore à la pression; à l’auscultation pratiquée en avant, et à droite seulement, aucun bruit anormal.

Un malade qui voyait Geffroy d’ordinaire plusieurs fois dans la journée nous dit qu’hier, vers une ou deux heures, il s’est plaint de froid , s’est couché, s’est couvert beaucoup. 11 ne s’est pas levé depuis ; aujourd’hui, entre onze heures et midi, il lui a donné du feu pour allwner sa pipe. A quatre heures et demie, nous dit l'infirmier, lui ai offert du bouillon , qu’il a refusé; mais alors il ne m’a pas paru plus mal que d’habitude. — Sinap. aux mollets, une ventouse scar. à l’épigastre; 1,0 de suif, quin,, qui est bien pris.

A sept heures et demie, nouveau gramme de suif, de quin.

A neuf heures et demie, agonie, décubitus dorsal, résolution des membres, tête renversée eu arrière, face pâle, hippocratique , sans expression; yeux fermés, bouche entr’ouverte, peau chaude, couverte d’une sueur générale et visqueuse; pouls moins fort, à 88, respiration rare, profonde, saccadée, diaphragmatique.

On porte, le pronostic le plus funeste; Geffroy paraît anâvé à sa dernière heure.

Le 3. Nous apprenons que le malade a passé la nuit, et qu'il est mieux; en effet, nous constatons l’état suivant; décubitus dorsal, abattement, surdité, demi-sommeil, respiration calme, un peu nasale, Î6 inspirations; peau chaude, un-peu moite; pouls assez fort, à 78; un peu de toux, pas de céphalalgie, pas de selle; langue humide, mais dont on ne peut voir la couleur, le malade ayant mangé de l’extrait de réglisse. La nuit, une sueur abondante a commencé hier soir, vers onze heures, et a duré jusqu’à deux heures du matin; on a dû changer une fois la chemise. Geffroy, cependant, n’a repris connaissance qu’au commencement du jour, c’est-à-dire vers sept heures du matin. 11 nous fournit les renseignements ■ suivants sur son état de sauté antérieur : il a eu hier deux selles diarrhéiques; c’était son troisième jour de fièvre; quand son accès a pris, il a tremblé, et a eu

mal à la tête, mais il a perdu presque immédiatement connaissance, et il ne se rappelle rien autre chose; il était enrhumé depuis plusieurs jours.

Il est depuis deux ans en Afrique ; il a eu la fièvre l’année dernière pendant quatre ou cinq jours. Cette année, il est entré dans la division des blessés, au mois de juillet, pour des ulcères aux jambes. Il y est resté vingt-six jours; il y a eu la fièvre deux jours-, deux jours aussi on lui a fait prendre du sulfate de quinine, puis on l’a fait passer aux fiévreux, à cause de son anasarque.

Le 6 octobre. Il est sorti de l’hôpital ayant encore les jambes enflées. Trois jours après, il fut pris de dysenterie au village Vallée : il allait si souvent, dit-il, qu’il était obligé de garder le pot sous lui.

Le 12. Enfin, comme nous l’avons dit, il entra de nouveau à rhôpital.—D. rg., pot. antispasm., suif, quin., 1,2.

^ huit heures et demie du soir. Décubitus dorsal, sommeil, chaleur normale, pouls assez fort, à 76,langue blanche et humide, soif, pas de selles; sueurs dans la journée (la chemise a été changée une fois), céphalalgie, surdité très-grande, intelligence peu nette. Geffroy dit avoir sommeillé une partie de la journée; il se trouve bien, et ne se plaint que de ses sinapismes.

Le 4. Décubitus dorsal, abattement, demi-sommeil, surdité, très-grande, chaleurs et sueurs générales, comme au déclin d’un accès ; pouls développé, à 88, pupilles contractées non mobiles, langue blanche et humide. Le malade est beaucoup moins bien qu’hier; il a uriné sous lui; il parle avec difficulté; il a l’intelligence un peu obtuse; il dit qu’il a eu froid toute la nuit, et qu’il a dormi par la force de la fièvre; il accuse peu de céphalalgie. 11 est évident qu’il y a eu un accès de fièvre pendant la nuit. — D. 1. cit., pot. antispasmod., s. q. 1,0 à prendre de suite, 1,0 à prendre à quatre heures.

Une heure après midi. Décubitus dorsal, face pâle, surdité, hébétude, sommeil depuis le matin , peau un peu chaude et moite, pouls assez fort, à 74, respiration nasale , 14 inspirations , avec intervalles irréguliers; langue humide, pâle, un peu ridée, sans enduit ni rougeur; pas de selles, un peu de céphalalgie, pupilles contractées non mobiles, toux assez fréquente, sans expectoration ; l’auscultation donne râle sibilant à gauche, en avant et en arrière ; à droite, respiration sèche et puérile en avant; râle muqueux peu nombreux en arrière.

A cinq heures. Le malade est à peu près dans le même état, cependant il est un peu plus éveillé.

Le 5. Décubitus dorsal, face jaune, pâle, chaleur normale, pouls fort, large et dur, à 70, Le poalade est dans un sommeil profond, mais calme ( c’est celui d’un homme fatigué); il n’a que 10 inspirations, et avec des intervalles très-irréguliers; quelquefois il reste 10 ou 15 secondes sans en faire, puis il en fait 2 ou 3

de suite, larges et profondes, mais ni pénibles, ni bruyantes, ni saccadées. Quand on l’éveille, il dit qu’il n’a pas de mal de tête, qu’il se trouve bien, et qu’il prendrait volontiers un peu de bouillon; il ajoute qu’il n’a presque pas dormi la nuit dernière (à cause d’un voisin bruyant). Même surdité, pupilles contractées langue humide et nette ; pas de selle; grande quantité d'urine qui tache les draps et la chemise en jaune orangé. — B. 1-. cit., pot. antispasmod., suif, quin., 1,0.

A cinq heures du soir. Le sommeil a duré toute la nuit, et il est devenu progressivement profond; maintenant on a beaucoup de peine à en faire sortir le malade, qui ne répond alors que par oui et par non; on ne peut même lui faire montrer la langue. Résistance des avant-bras à l’extension et à la flexion, serrement des mâchoires et des paupières, pupilles immobiles et contractées, peau chaude et un peu moite, pouls assez fort, à 74; mêmeétat de la respiration, 8à 10 inspirations , pas de selle; urine répandue dans le lit, encore en assez grande quantité, et avec le même caractère que le matin. — 1,0 suif, quin.; 15 sangsues derrière les oreilles; cat. sinapisés aux jambes.

^ dix heures du soir. Sommeil plus profond, peau chaude et sudorale, pouls fort, à 84 , respiration avec le même caractère d’irrégularité, mais plus pénible, et accompagnée de râle trachéal, à 16 inspirations ; pas de douleur à la pression de l’épigastre et de la région splénique.

Le 6 Coma, décubiius dorsal, peau chaude et sudorale, face pâle, yeux fermés, pupilles contractées, respiration nasale régulière, à 28 inspirations; pouls fort’ large et dur, à 88 puis. ; on ne peut obtenir aucune réponse, aucun signe d’entendement; on ne peut faire tirer la langue. Le malade a été dans cet état toute la nuit; il n’a pas sué; il n’a pas eu de selles, mais il a uriné sous lui. L’auscultation pratiquée en avant donne : battements du cœur réguliers, bruit respiratoire normal des deux côtés, excepté en bas et à droite, où on entend du râle sibilant. — L. cit., pot. antispasm., s. q., 1,2, et 1,0 à quatre heures.

A une heure. Sueurs générales, urine abondante; même état du pouls et de l’entendement.

A huit heures du soir. Continuation du sommeil; sueurs générales, urine abondante, pouls à 80; respiration à 24 ; langue blanche et humide ; pas de selle. On parvient à faire dire au malade qu’il va mieux ; il montre sa langue, c’est-adire qu’il la place avec peine entre les arcades dentaires.

Le 7. Décubitus latéral, yeux ouverts, chaleur douce de la peau, pouls assez fort, à 76. Le malade dit qu’il est mieux ; il a dormi toute la nuit; il a sue et urine beaucoup. On a été obligé de le changer de chemise ; du reste, disent les in6rmiers,ilesttoujours en sueur. Céphalalgie assez forte, pupilles contractée»,

langue blanche et humide; pas de selles. — B. 1. cît., pot. antispasm.; suif, quin., 0,8.

A cinq heures du soir. Decubitus latéral; sommeil, chaleur et respiration normales; pouls petit et dur, à 60; pas de sueur; grande soif; pas de selle. Céphalalgie , pupilles toujours contractées , réponses justes ; surdité moins grande qu avant le dernier accès. Le malade s’endort en prenant son bouillon , comme ferait un homme narcotisé.

Le 8. Décubitus latéral droit, sommeil chaleur sèche de la peau, pouls peu fort, à f50; respiration calme,à 18, moins de surdité; langue blanche et humide, toux sans expeetoration. Le malade se trouve assez bien; il a faim; il a dormi la nuit; il a eu une selle demi-solide. — V. g., I. cit., pot. antisp., s. q., 0,6

A quatre heures du soir. Même état; le malade ne fait plus sous lui; l’urine est très-foncée, et avec dépôt très-abondant.

Le 9. Décubitus latéral droit, peau un peu chaude el sèche, pouls peu développé, à 70; respiration fréquente, à 31 ; langue blanche el humide, soif, appétit, toux assez fréquente, sans expectoration. La nuit, peu de sommeil, un peu de céphalalgie, une selle demi-solide. — V. g., 1. cit., p. gom., s. q. 0,4.

Le 10. Le malade est absolument dans le même état; il y a toujours de la toux sans expectoration. L’examen de la poitrine fournit le résultat suivant ; résonnance assez bonne des deux côtés, en avant et en arrière; en avant, la respiration est puérile à gauche, obscure à droite, avec râle ronflant dans l’expiration; e/i sa rrréVc, râle sibilant et sous-crépilant dans toute l’étendue des deux côtés. — V. g., I.gom., p. gom., pot. t. scil. et dig.

Les jours suivants, même prescription, et régime graduellement augmenté.

Le 13. Le malade est encore très-faible; il ne peut même se tenir assis dans son lit. 11 se plaint de peu dormir; il dit qu’il a la respiration très-gênée, el qu’il ne peut sans suffoquer rester couché sur le côté gauche; du reste, appétit; une selle toutes les vingt-quatre heures; chaleur normale, pouls assez fort, à 72; surdité du côté droit, 36 insp.; l’examen de la poitrine en arrière fournit le résultat suivant : bonne résonnance des deux côtés, moindre en haut; râle sibilant et sous-erépitant peu nombreux, dans toute l’étendue du côté gauche; râle sibilant et râle crépitant sec, à grosses bulles, en grand nombre, dans toute l’étendue du côté droit. — Q. v. g., 0; vin 1. g., p. t. sciL et digit. Même prescription les jours suivants.

Le 18. La bouffissure de la face a beaucoup augmenté ; les chairs des membres, d’une maigreur et d’une flaccidité extrême, gardent l’empreinte du doigt. Le malade dit qu’il dort bien, iqu’il a appétit, et qu’il n’a ni céphalalgie, ni diarrhée, mais qu’il est toujours sourd du côté droit, et qu’il ne se lève pas parce que ses jambes ne peuvent le porter, et que la droite surtout

lui fait mal; en effet, cette partie conserve encore la trace des sinapismes; du reste, la chaleur est normale, le pouls peu développé et peu fréquent, mais il y a toujours de la toux sans expectoration , et la respiration très-gênée s’accompagne de râle muqueux, entendu à distance; l’auscultation donne les mêmes résultats qu’au dernier examen. Le malade mange la demie. —Org. nit., pot. t. scil. et dig.

Dans les quinze ou vingt jours suivants , il ne survient pas de nouveaux accidents , mais l’amélioration est peu sensible; il y a toujours une grande faiblesse , de la pâleur, et de l’anasarque. On continue le même régime , et on ajoute à sa potion, avec scille et digitale, un vin de quiquina et des pilules de fer.

J’ai suivi cet homme pendant deux ou trois mois, à l’hôpital ; je l’ai toujours vu à peu près dans le même état, très-faible , anasarqué , et ayant continuellement des alternatives de diarrhée, de fièvre et de mieux-être. J’ai fini par le perdre de vue ; mais je présume qu’il aura succombé.

Les huit observations qui suivent sont des exemples de fièvre comateuse, terminée par la mort chez des individus d’âge et de constitution divers; par conséquent elles peuvent, jusqu’à un certain point, montrer quel est l’état anatomo-pathologique des organes dans cette maladie, et les variations que cet état subit selon les conditions individuelles.

Obs. V. — Sujet fort, accès comateux. Note d'autopsie.

Schérer, soldat au 43® de ligne, entré le 5 octobre, pour une fièvre rémittente simple; cet homme est fort, il accuse vivement le malaise qu’il ressent, mais rien n’annonce que la fièvre doive prendre un caractère pernicieux. — S. q. 0,8.

Le 6. D. lim. tart., pot. vomitive, s. q. 0,5, à midi.

Le 7. D. s. q. 1, en deux fois, péd. sinap.

Le 8. Coma ; diarrhée.—D. riz gom., lavement amylacé opiacé, s. q. 1,», sinap.

Mort le 9 à cinq heures du matin.

Autopsie, cinq heures après la mort. — Sujet robuste, roideur cadavérique.

Poitrine. Poumons rouges, crépitants, gorgés de sang, surtout à leur partie postérieure, surnageants ; trachée rosée, bronches d’autant plus rouges qu’elles s’enfoncent davantage dans le parenchyme pulmonaire. Cœur droit plein de sang fluide, un peu chaud; quelques caillots gélatiniforroes dans le cœur gauche.

Abdomen. Intestins rosés, extérieurement quelques taches d un rouge pointillé sur la muqueuse gastrique, vers le grand cul-de-sac; muqueuse intestinale

saine, les follicules disséminés de la lin de l’intestin grêle saillants ; rate de de long, 0,12 de large, 0,04 d’épaisseur, ramollie, diffluente ; foie peut-êlre un peu plus friable qu’à l’ordinaire, laissant écouler un sang noir, épais,à la pression surtout ; vessie contenant un demi-verre d’urine.

Crâne. Veines de l’arachnoïde noires, saillantes, gorgées de sang; substance cérébrale ferme , peu pointillée de rouge.

Colonne vertébrale. La moelle et les membranes à l’état normal.

Les ganglions de la portion cervicale du grand sympathique durs et violacés à la coupe.

Obs. VL — Sujet hjrdrémique ; accès comateux. Note d'autopsie.

Blondot, civil, âgé de vingt-cinq à trente ans, était entré à l’hôpital, le 19 septembre, pour une fièvre tierce; on lui avait donné du sulfate de quinine, et il était en convalescence ; encore très-affaibli, il mangeait la demi-portion, quand, le 7 octobre, il fut pris de diarrhée.—D. pot. opiacée, lavement amylacé opiacé.

Le 8. Coma et diarrhée.—D. riz gom., s. q. 1, sinap., s. q. 0,5 op. à cinq heures du soir.

Le 9 , riz gom., sinap., s. q. 1.

Mort à quatre heures du soir.

Autopsie, quinze heures après la mort. —Sujet pâle, jambes infiltrées^ chairs molles.

Poitrine. Poumons sains, infiltrés de sérosité sanguinolente à leur partie posrieure seulement; péricarde contenant un verre de sérosité citrine, sang liquide dans les deux cavités du cœur.

Abdomen. Cavité du péritoine contenant 2 litres de sérosité transparente ; tube digestif pâle; rate, ramollie.de 0,12 de long, 0,05 de large, 0,03 d’épaisseur; foie vert-olive, laissant écouler du sang à la pression ; vessie très-distendue par l’urine.

Crâne. Vaisseaux de l’arachnoïde pleins de sang fluide, ressortants sur la pâleur extreme du cerveau, celui-ci peu ferme: un peu de sérosité transparente dans chaque ventricule.

Ganglions de la portion cervicale du grand sympathique, d’un blanc mat, d’une dureté remarquable.

Obs. Vil. — Vieillard, accès comateux. Note d’autopsie.

Le nommé Mizzi, âgé de cinquante-cinq à soixante ans, encore robuste, «st

apporté le 21 novembre 1846, à dix heures du matin, par deux Maltais, qui, nïntenciant ni ne parlant le français, ne peuvent donner aucun renseignement; le malade est lui-même sans connaissance; cependant, quand on l’excile , d paraît comprendre, mais on ne peut lui faire prononcer une parole : la face est jaune pâle, l’œil terne; les lèvres et la langue, pâles et sèches; la peau chaude et sèche, le pouls petit, presque imperceptible, à 93 ; la respiration bruyante, plaintive, embarrassée; 23 inspirations. La poitrine a sa résonnance normale partout en avant, le malade est si mal qu’on ne l’examine pas davantage ; .l paraît y avoir de la diarrhée; la rate est volumineuse.-20 sangsues aux jugulaires; 3 ventouses à la région splénique; sinapismes aux pieds; riz gom., s. q. 1,».

Mort à midi.

Autopsie, vingt-huit heures après la mort. - Sujet assez robuste; cependant on s’aperçoit que le tissu cellulaire sous-cutané des membres de la partie postérieure du tronc est infiltré, et que les muscles sont pâles et flasques.

Poitrine. Rien dans le péricarde ; cœur à l’état normal, ses cavités contenant un peu de sang épais noirâtre et de petits caillots fibrineux, pales, friabks, paraissant de formation non récente ; poumons sains et roses; le droit adhèrent dans toute sa surface à la plèvre pariétale par des fausses membranes celluleuses anciennes faciles à déchirer ; la partie postérieure de ces organes est infiltrée de sérosité spumeuse, le droit surtout dans les deux tiers postérieurs au

“Tâlmen. Péritoine sain; en divisant l’intestin grêle à la fin du duodénum pour l’enlever, il s’en échappe une masse de lombrics (22), et on en trouve encore deux ou trois autres à la partie supérieure de la cavité du meme intestin; là muqueuse gastrique est pâle, présentant de gros plis ardoises en certains points, sans changement de consistance; le duodénum est jauni par la bile, Im- Ltin grêle est pâle et sain; le gros intestin présente quelques rougeurs superficielles uniformes, à peine appréciables ; foie

friable, à veines contenant peu de sang; rate volumineuse de 0 ,2 de hau 0 1 de large, 0,04 d’épaisseur, elle est tellement ramollie qu on ne peut 1 enlever sans la rompre, sa membrane se détache comme le brou d’une noix mure, et les doigts rLtent couverts d’une bouillie lie devin; les rems et le pancréas sont pâles, la vessie est saine et contient un demi-verre d’urine.

Crâne; colonne vertébrale. L’arachnoïde cérébrale est pale et mate et parait épaissie, le cerveau est très-ferme, chaque ventricule contient une cuiller^ de sLosité transparente; la substance blanche est pointillée. La substance de la moelle est pâle et ferme dans toute son étendue.

1851. — Pet Aon.

Portion cervicale du grand sympathique. Le ganglion supérieur est pâle et peu ternie, l’inférieur est ferme et offre une légère teinte rouge sale.

Obs. VIII. — Sujet de cinquante ans, vingt-quatre heures de coma environ. Mort.

Autopsie.

Le nommé Lissé (Jean), âgé de quarante-cinq à cinquante ans, habitant la Grande-Halte, village situé à deux lieues de Philippeville, entre à l’hôpital le 15 septembre 1847 ; il est amené en voiture à deux heures de l'après-midi, conduit par un homme qui ne peut donner aucun renseignement, si ce n’est que Lissé avait la lièvre depuis plusieurs jours, et que c’est depuis hier soir seulement qu il ne parle pas. Maintenant il est dans un coma profond ; cependant l’excitation paraît le réveiller un peu, et alors sans donner signe d’intelligence, il exécute jusqu à un certain point ce qu'on lui prescrit; la respiration est embarrassée, la déglutition des liquides produit de l’engoiiement; la peau est chaude et couverte dune sueur froide; la face jaune yiàle; les membres dans la résolution, sans résistenee, des avant-bras à la flexion; le pouls très-fréquent et assez fort: il paraît y avoir eu des selles diarrhéiques pendant la route. — Infusion de tilleul, et feuilles d oranger chaude, potion éthérée, 25 sangsues aux jugulaires , sinapismes aux pieds, sulfate de quin. 1, lavera, avec s. qiiin. 1,50.

Les sangsues ne sont pas mises, le sulfate de quinine est pris intégralement, et le lavement gardé. Mort à 6 h. du soir.

Autopsie , vingt heures après la mort.

Aspect général. Sujet maigre, teinte jaune pâle de tout le corps; saillies musculaires assez fortement accusées ; roidenr cadavérique.

Poitrine. Deux cuillerées de sérosité rougeâtre dans le péricarde ; caillots gelée de groseille dans les oreilletteset les ventricules, plus consistants et un peu fibrineux à droite; l’un d’eux se prolonge dans l’artère pulmonaire; volume du cœur normal, tissu mou, se déchirant facilement; teinte rouge très-prononcée delà membrane interne des deux ventricules des deux oreillettes et de l’artère pulmonaire; rien aux valvules; poumons adhérents partout par de fausses membranes molles et anciennes; rate marbrée de noir en avant; hyperémie hypostatique considérable en arrière, plus à droite qu’à gauche; une portion très-engouée, mise dans l’eau, surnage incomplètement ; bronches pâles; celles qui vont aux lobes inférieurs contenant une mousse rosée.

Abdomen. Foie de volume normal, vert-olive, très-ferme, à vaisseaux remplis de sang noir poisseux; rate molle, diffluente, à coque friable; elle se déchire en la retirant, q^uoique avec ménagement; elle pèse 500 gr.; reins pâles et mous;

vessie rétractée contenant à peine une cuillerée d’urine sanguinolente. Intestins pâles extérieurement; la muqueuse de l’estomac et de la moitié supérieure de mtestin grêle est d’un rouge violacé uniforme, sans changement de consistance ; cette coloration est plus intense à la face postérieure et sur le bord convexe de l’estomac. Dans la moitié inférieure de l’intestin, la membrane muqueuse est seulement jaunie par la bile; les plaques de Peyer et les follicules disséminés sont a

peine visibles. , , , ,

6V4,ié. Les tissus épicràniens sont exaugues; à gauche, la dure-mere est unie à l’arachnoïde dans l’étendue d’une pièce de 2 francs, par une plaque pseudomembraneuse sèche, dure, jaune pâle, ancienne; l’arachnoïde, distendue par une grande quantité de sérosité transparente , est opaque en certains points ; mais elle est exsangue aussi, et peut être très-facilement detachee de la Lasse encéphalique : celle-ci est remarquablement ferme, la substance grise est un peu plus foncée que d’habitude; la blanche légèrement pointillee; un peu de sérosité transparente dans les ventricules

Les ganglions de la portion cervicale du grand lymphatique sont fermes et egèrement pointillés de rouge.

La moelle n’est pas examinée.

Eu résumé: vaisseaux de tous les organes remplis de sang noir et poisseux; teinte rouge de certains liquides , urines, sérosité du péricarde; rougeur de certaines membranes, muqueuse , intestinale , membrane interne du cœur e

gros vaisseaux; ramollissement et diffluence delà raie; hyperémie hyposlatique des poumons ; fermeté de la subtance cérébrale.

Obs. IX. - Sujet de constitution détériorée, quaranterdeux ans; dix heures de coma. Mort. Mutopsie.

René, journalier, âgé de quarante-deux ans, est apporté à l’hôpital le 4 octobre 1847 à deux heures de l’après-midi. Constitution assez forte, mais deterioree; mem’bres petits, mais bien musclés; face pâle, amaigrie et ridée ; teinte jaune pâle de la cachexie paludéenne. A son entrée, bien que paraissant tres-affaibli, cet homme étant à la salle de garde, avait répondu d’une manière très- u ci de a toutes les questions qui lui avaient été adressées ; .1 dit alors qu il avait la fievre depuis le 30 septembre; qu'il y avait eu rémission la nuit précédente, et qu elle avait repris le matin même. —D. lim. tart. s. q. 0,8.

A cinq heures du soir, on vint prévenir le chirurgien de garde que cet homme était très-malade, et il fut en effet trouvé dans l’état suivant : Décubitus dorsal, résolution des membres, peau chaude, sueur générale;• pouls dui, assez eve

loppé, à 145; respiration bruyante un peu stertoreuse, à 30; bouche demi-ouverte, langue sèche; pupiles un peu dilatées non contractiles. On ne peut faire donner signe d’intelligence; la sensibilité est intacte partout, car le malade murmure légèrement quand on le pince assez fort en quelque point du corps que ce soit; les avant-bras retombent mollement, point de résistance à la flexion ou à l’extension. Les voisins de lit de ce malade disent que lorsqu’on l’a apporté dans la salle, il a parlé, mais faiblement; qu’on a élé obligé de le porter à son lit, et qu’une fois couché il est tombé peu à peu dans l’éfat présent. Il est très-probable que le transport à un troisième étage d’une succursale de l’hôpital, aura beaucoup fatigué ce malade. — Sinap. aux jambes , s. q. I. *

A dix heures du soir. Résolution plus grande encore, peau très-chaude pouls à 100 , respiration profonde et saccadée.

Mort à trois heures du matin.

Autopsie, dix heures après la mort. Sujet maigre, roideur cadavérique, teinte jaune de tout le corps.

Tête. Les tissus épicraniens laissent écouler peu de sang; arachrioïde normale , peu injectée, s’enlevant facilement par grands lambeaux ; substance cérébrale assez ferme, couche corticale superbcielle sans ramollissement aucun; substance blanche peu pointillée; voûte à trois piliers et septum lucidum intacts; une cuillerée de .sérosité transparente dans chaque ventricule.

Colonne vertébrale. Dure-mère et arachnoïde à l’état tain ; le feuillet viscéral de cette dernière membrane un peu distendu par de la sérosité transparente Les ganglions delà portion cervicale du grand sympathique, et les deux ou trois premiers thoraciques droits, sont très-fermes et pointillés de rouge.S

Poitrine. Un demi-verre de sérosité cilrine, tr&nsparente, dans le péricarde; cœur d’un volume normal; rien aux valvules; caillots demi-gélatiniformes et demi-cruôriques dans les oreillettes, se prolongeant dans les vaisseaux et un peu dans les ventricules, plus volumineux à droite qu’à gauche. Poumons grisâtres, marbrés de noir, un peu adhérents à leur face externe par des pseudomembranes anciennes, fortement engoués dans toute leur partie postérieure, la pression en exprimant eu abondance du sang et de la sérosité spumeuse.

Abdomen. Péritoine sain ; muqueuse gastrique peut-être un peu épaissie, jaunie par la bile; même coloration de la moitié supérieure de l’intestin grêle; la moitié inférieure présente des intervalles pâles et d’autres couverts d’injections arborisées, ce qui est dû, sans aucun doute, à la déclivité des parties sur lesquelles on les rencontre ; de même du gros intestin. Foie ferme, vert olive à vaisseaux gorgés d’un sang noir et épais; reins fermes, un peu pâle, également à vaisseaux remplis de sang ; rate de 670, ramollie, lie de vin, à coque friable,

et présentant sur sa face convexe une plaque blanche cartilagineuse, épaisse de t à 3 millimètres, de la largeur d’une pièce de 2 francs environ; vessie exsangue, à muqueuse pâle, contenant un demi-verre d’urine.

Obs. X. — Sujet jeune, de conslilation détériorée; coma ; mort dix-sept heures après l’entrée. Autopsie.

Le nommé Winfz, soldat à la 3' compagnie de discipline, est apporté à l’hôpital dans un coma profond, le 18 septembre 1848, à onze heures du matin. Voici les renseignements qui nous sont fournis par le chirurgien du corps :

a Vingt-sept ans, constitution moyenne. Entré au service, au 51® de ligne, le 29 juillet 1844; envoyé aux compagnies de discipline le 23 mai 1845, et en Afrique du 24 octobre 1845 au 12 février 1847 ; revenu en Afrique le 8 juin dernier, il est aussitôt envoyé à Robertville, puis, le 17 août, au,Fendeck.

«Le 14 septembre, il s’est présenté pour la première fois au chirurgien du corps, souffrant de diarrhée, mais on a su depuis, par ses camarades, qu’il y avait plusieurs jours qu’il se plaignait de fièvre et dé diarrhée. — Potion ; pii. d’opium de 0,05.

«Le 15. Diarrhée un peu augmentée (op. 0,03). A trois heures dn soir, accès de fièvre avec somnolence et agitation; face très-pâle, langue humide, pouls développé et fréquent; cessation de la diarrhée.

«Le 16. Légère amélioration (suif.’ q., 1,0); à deux heures, on veut évacuer le malade, sur Philipeville, mais on est obligé d’y renoncer, vu sa faiblesse. Dans la soirée, retour de la fièvre eide la diarrhée, accès semblable à celui de la veille; le malade faisait et urinait sous lui. — 8. q. 1,«, avec opium 0,05.

«Le 17, l’accès est à peu près terminé. La peau est moite, le pouls sans fréquence, la connaissance parfaite, il répond juste. Wintz dit qu’il a surtout souffert des lombes, et peu de la tête ; il se lève plusieurs fois. On profite de ce mieux, et on le fait partir du Fendeck à midi; il vient coucher à Saint-Charles (village situé à mi-route entre Philippeville et le Fendeck), aussi bien qu’il était à son départ du Fendeck, au dire des gens chargés de le conduire; à leur tour, les gens qui le prirent le 18 au matin, à Saint-Charles, dirent qu’il était auss^ mal qu’au moment de son entrée à l’hôpital.»

D’après ces renseignements, qui laissent à désirer, on doit croire que Wintz avait la fièvre depuis quelque temps; que cette fièvre avait le type quotidien, avec retard; que, le 15, elle avait pris pour la première fois un caractère pernicieux , et qu’au moment de son entrée â l’hôpital le malade était dans le troisième accès , ainsi caractérisé. Quoij qu’il en soit, voici ce que nous constatons une

lieure aprps l’entrée: décuhitus dorsal, sommeil profond, feinte générale.jaune pâle, pain d’épice; pétéchies nombreuses sur l’abdtmen, le thorax et les bras, confluentes sur les côtés du col, violacées , petites pour la plupart, assez semblables-à des piqûres de puces , mais sans point rouge vif au centre; siidaminasur le col et la poitrine; peau sèche, médiocrement chaude; pouls à 100, peu développé, respiration nasale à 21 ; face amaigrie, jaune pâle; langue et dents blanches et humides ; yeux clos, pupilles dilatées, se contractant et se dilatant alternativeméut à la lumière; pas d’entendement, pas de résistance à la flexion et à l’extension des avant-bras; aucun mouvement pour chasser les mouches qui viennent eu grand nombre sur le visage, cependant sensibilité au pincement partout; ventre rétracté , non sensible; pas de signe de douleur à une pression même assez forte de la région splénique; rate ne dépassant pas les fausses côtes, un peu de gargouillement dans la fosse iliaque. Le cœur et le poumon, auscultés en avant seulenient, ne donnent aucun bruit anormal. —On a administré à l’entrée : lim. tart., suif. quin. 1,0; 4 sinap. mollets et cuisses.

A deux heurès, on parvient à faire prendre environ 0,4 de suif, de quin,

A quatre heures du soir, même état; pouls à 110, respiration à 28, devenue plaintive quand on excite le malade. ^

A dix heures, résolution, chaleur, sueur profuse; pouls petit, fréquent; respiration irès-fréquente, embarrassée, ralentie.

Mort, à quatre heures du matin.

Autopsie, cinq heures après la mort.

Sujet assez bien musclé, d’une teinte jaune pâle; pétéchies; roideur cadavérique.

Poitrine. Un demi-verre de'sérosité transparente dans le péricarde; sang liquide dans les quatre cavités du cœur, en plus grande quantité à droite qu’à gauche; caillots gélatiuiformes dans les oreillettes, s’étendàntun peu dans les ventritricules . plus volumineux à droite qu’à gauche ; rien aux valvules; tissu du cœur peu ferme , 250 grammes L’aorte est pâle dans toute son étendue, et contient beaucoup de sang à demi coagulé; il en est de même de la veine cave inférieure. Rien aux plèvres, si ce n’est quelques adhérences anciennes à la partie supérieure du poumon droit; les lobes supérieurs de chaque poumon sont sains, gri.sbleu, parfaitement crépitants, si ce n’est à leur bord postérieur, qui est un peu engoué de sérosité spumeuse, mais les deux tiers postérieur et inférieur des lobes inférieurs sont carniliés, le tissu en est rouge-bruu.se rapprochant de celui du foie, il glisse sous l’eau, la pression du doigt le déchire aisément , et en exprime une grande quantité de liquide séro-sanguiriolent, mais il ne présente pas de granulations ; les bronches sont remplies d’une écume sangiiino-

lente, rosée; la trachée est vide et très-pâle; le lobe gauche de la glande thyroïde est beaucoup plus développé que le droit; il contient 4 ou 5 petits kystes remplis d’un liquide verdâtre , épais , comme gommeux, semblable à de la bile ; l’oesophage est très-pâle dans toute son étendue.

yWomen. Rien au péritoine : masse intestinale peu distendue, grisâtre extérieurement; l’estomac est fortement rétracté, il contient un demi-verre de liquide gris sale; la muqueuse présente de gros plis longitudinaux disposes en /igxag, elle est gris pâle dans toute son étendue, et sans ramollissement; on remarque seulement à la partie moyenne de la grande courbure, deux petites plaques d’un rouge vif uniforme, situées au sommet des plis. Tout l’intestm grêle est fortement teint en jaune , en haut par la hile, eu bas par des matières fécales liquides : des matières fécales solides remplissent le quart inferieur du gros intestin : celni-ci est partout d’un gris pâle. Les plaques de Peyer sont saines, à peine visibles; les follicules isolés , peu développés, dans l’intest.n grêle; dans le gros intestin , ils sont environnés d’une petite aréole d’un rouge vif, de la largeur de 1 à 2 millimètres, mais ils sont également sans saillie ; tout le pourtour de la valvule iléo-cœcale est tuméfié, et d’un gris ardoisé mêle de rouge; les ganglions mésentériques sont à l’état normal ; la rate est tres-goolle , et pèse 550 grammes, son tissu est semblable à du raisiné ; le foie est d’un rouge brun, homogène, ses vaisseaux sont très-gorgés, il pèse 1850 grammes; la vésicule est remplie d’une bile verdâtre, grumuleuse, et tellement épaisse, qu’elle ne s’écoule qu’en partie à l’incision de l’organe, celui-ci du reste ne piesente rien d’anormal ; les reins sont pâles, cependant les vaisseaux qui circulent dans leur tissu sont gorgés de'sang noir et épais; la vessie est distendue par un demi-litre d’urine jaune foncé , limpide, très-odorante.

/'«a. Tissus épicrâniens exsangues ; peu de sang dans le sinus longitudinal, rien dans la grande cavité arachnoïdienne; il y a peu de liquide sous l’arachnoïde , mais on remarque sous cette membrane, entre quelques circonvolutions antérieures et supérieures, de nombreuses petites bulles d’air, que le doigt deplace, ou en remarque aussi dans les vaisseaux; ceux-ci, surtout ceux du premier et du deuxième ordre, sont remplis de sang, sans cependant etre tresgorgés, la rougeur est plus prononcée sur les côtés; l’arachnoïde peut etre facilement détachée de la substance cérébrale. A 3 ou 4 centimètres de extrémité antérieure de l’hémisphère droit , auprès de la grande scissure, on trouve dans l’épaisseur d’une circonvolution, et faisant un peu saillie au dehors, un kyste du volume et de la forme d’un pois. Ce kyste, parfaitement organise, peut être détaché par une légère traction avec-la pince à artères; il laisse une petite cavité, sans changement de consistance ni de coloration dans la substance ce

rébrale eavironnante ; ii se compose d’iiue membrane d’enveloppe très ferme, quoique très-mince, paraissant de nature fibreuse à l’extérieur et séreuse à l’intérieur, laquelle laisse échapper à la déchirure un peu de liquide transparent, et un produit dont, faute d instrument grossissant, nous n’avons pu déterminer la nature ; long de 1 centimètre environ, il présente une extrémité renflée, parfaitemènt transparente, arrondie, du v.olume d’une bonne tête d’épingle; un petit rétrécissement, puis un appendice, qui étendu ressemble assez à la membrane d’envelo|)pe, mais plus mince encore et plus petite. La substance cérébrale grise est un peu foncée, la blanche est à peine pointillée, plus en arrière qu’en avant cependant ; la voûte et le septum sont intacts, il y a à peine une cuillerée à café de liquide transparent dnns chaque ventricule; les plexus choroïdes ne sont ni rouges ni gorgés ; les corps striés, les couches optiques, la protubérance, la moelle allongée, et le cervele! , ne présentent rien à noter.

O Canal rachidien (examiné onze heures après la mort). Masse musculaire du dos contenant peu de sang ; vaisseaux spinaux gorgés de sang noir, de même des vaisseaux qui rampent sur la membrane propre de la moelle, principalement à la face postérieure ; la substance de la moelle est ferme et pâle partout. Quelques ganglions du grand sympathique, du col, de l’abdomen, examinés, sont trouvés pâles et fermes. ^

Obs. XI. — Enfant de sept ans ; onze heures de coma; mort. Autopsie.

Pietro Bergester, enfant de sept ans, est apporté à l’hôpital, à neuf heures du matin, le 29 août 1848. Pâleur générale, chaleur, pouls à 162, respiration à 32, nasale, sifflante , somnolence, un peu d’hébétude, entendement sain cependant; langue blanche, humide au centre, un peu rouge à la-pointe. Cet enfant est d’origine allemande, il est en Afrique depuis deux ans ; il a eu souvent la fièvre l’année dernière, aussi est-il très-pâle. Ses chairs sont molles; il y a un peu d’anasarque autour des malléoles, l'abdomen est large et mou; on sent le bord de la rate sous le rebord des fausses côtes , mais la matité splénique est perçue en arrière surtout; pas de douleur à la pression de l’hypochondre gauche. Cette année, Pietro était malade depuis neuf jours; il avait la fièvre chaque jour, maïs tantôt à une heure et tantôt à une autre; il n’a jamais vomi. La diarrhée l’a pris hier, il a eu 4 selles ; aujourd’hui, il en a eu.2. Hier, pour la première fois, on lui a donné du sulfate de quinine, mais on ne peut savoir quelle quantité. — Lijn. cit,., suif. quin. 0,3.

A onze heures, suif. qnin. 0,6.

A deux heures, ideni.

A quatre heures du soir, sommeil profond, plus d’entendement; face pâle, yeux clos, pupilles contractées et non contractiles; sueur générale, chaleur augmentée; potils plus petit, irrégulier, à 146; respiration plus silflante et plus prolongée à 26. Taches rouge-brique sur les draps, formées probablement par de l’urine.

A six heures du soir, vésicatoires aux cuisses ; une ventouse scarifiée à l’épigastre ; sinapismes aux avant-bras, sulfate de quinine 1,0, en lavement.

A neuf heures du soir, résolution complète, sommeil profond, pâleur extrême, chaleur; sueur, pouls à 152; respiration profonde et bruyante, non sifflante, à .lO. Les draps sont mouillés au niveau du siège, mais il est difficile de dire si ce sont des matières fécales ou de l’urine.

Mort le 30 août, à trois heures du matin.

Autopsie , six heures après la mort.

Roideur cadavérique, pâleur extrême; un peu d’infiltration aux pieds.

Poitrine. Quelques cuillerées de sérosité citrine, transparente, dans le péricarde; cœur pâle, pelure d’oignon , assez ferme, surtout le ventricule gauche ; les deux ventricules contiennent un peu de sang liquide; un caillot gélatiuiforme remplit chaque oreillette, se prolonge un peu dans le ventricule correspondant et dans les vaisseaux. Le cœur pèse 100 grammes.

Le poumon gauche présente des adhérences blanches, molles, amincies à la partie inférieure de la face externe; il est fortement engoué de sérosité et de sang, à la partie postérieure surtout. Le poumon droit, adhérent dans les deux tiers inférieurs, présente dans le lobe moyeu, qui en est à peu près rempli, une masse tuberculeuse, de la consistance du plâtre et du volume d’une grosse noix ; ce poumon est moins engoué que le gauche. Les bronches et la trachée sont pâles, mais remplis d’un liquide spumeux; les ganglions bronchiques sont tubei culeux : il n’y a pas d’autres tubercules.

Abdomen. Masse intestiûale pâle, un peu de sérosité; rate située très en arrière, présentant quelques adhérences, à coque friable se déchirant à l’extraction de l’organe; â tissû noir, dense et friable, pesant 250 grammes; foie vertbronze, pesant 1,150 grammes; reins assez volumineux, à l’état normal; vessie fortement distendue par de l’urine transparente , d’un jaune foncé; muqueuse gastrique rosée uniformément, sans raraollissemeut. L’intestin grêle contient dans son tiers inférieur une matière liquide, épaisse, jaune d’ocre, et des matières fécales liquides ; inférieurement il est teint en jaune, supérieurement en rose pâle dans toute son étendue. Les plaques de Peyer sont saines, la muqueuse du gros intestin est pâle à sa partie inférieure ; le tissu cellulaire sous-muqueux est légèrement infiltré.

1851. — Petibon.

Télc. Les tissus épicràaiens sont exsangues. A l’incision de la dure-mère, i! s’écoule Une certaine quantité de liquide transparent ; il n’y a éien dans la grande cavité arachnoïdienne; les membranes pie-mère èt arachnoïde sont d’un rosehortensia assez prononcé ; les gros vaisseaux des faces supérieure et latérale sont fortement gorgés; à la partie .inférieure des faces latérales, il existe des plaques rouges, qui paraissent produites par la transudalion du sang à travers les parois vasculaires, cependant ces membranes se détachent assez facilement. La substance cérébrale est molle, la grise est très-foncée, la blanche assez fortement pointillée ; la cloison transparente est tout à fait en bouillie, Il y a deux cuillerées de sérosité transparente dans chaque ventricule ; la substance du cervelet présente la même particularité. Il n’y a rien d’anormal du reste.

Colonne vertébrale (examinée douze heures après la mort). Le tissu cellulaire et les muscles de la partie inférieure du dos sont infiltrés de sérosité; le tissu adipeux qui se trouve sur la face antérieure des lames est comme gélatineux. Les quelques vaisseaux qui rampent sous l’arachnoïde viscérale sont à peine injectés ; la substance de la moelle, pâle et ferme, ne présente rien à noter.

Obs. XIl. — Enfant de treize ans, trenie heures de coma. Mort, autopsie.

Weber, âgé de treize ans, pâle, amaigri, ayant la teinte jaune que donnent les fièvres intermittentes prolongées, est apporté à l’hôpital le 16 octobre 1847, à neuf heures du soir. Il paraît très-faible, il parle avec peine; la peau est chaude, et le pouls fréquent. On parvient à faire expliquer à sa mère qu’il était malade depuis quatre jours, et qu’ïl avait déjà été à l’hôpital deux fois. — Eau gommeuse; suif, de quinine, 0,6 gr.

Le 17, au matin. Décubitus dorsal; résolution des membres, qui retombent comme des masses inertes; perte de connaissance, insensibilité complète, face pâle, yeux fermés, globes oculaires un peu convulsés, pupilles contractiles, un peu d’écume à la bouche, peau chaude et sudoràle, pouls fort et fréquent, à 145 pulsations; la respiration semble par moment s'arrêter, puis elle reprend tout à coup avec vivacité ; alors elle est profonde, saccadée, nasale, sifflante, plaintive par moment.—Tilleul, potion antispasmodique; sinapismes; potion suif, de quinine, 1,0 gr. ; lin. suif, de quinine, 1,5 gr.

Les ventouses ne sont pas senties.

A quatre heures, le malade est à peu près dans le même état, peut-être.un peu mieux. On parvient à lui faire prendre 1 gr. de sulfaïe de quinine.

Mort le 18, à six heures du matin.

Autopsie, huit heures après la mort. - Sujet pâte et amaigri, roideur^adavérique, ventre tendu, muscles des parois contractés.

- Crâne. Les tissus épicrâniens ne contiennent pas de sang, la dure-mere est a l’état normal; l’arachnoïde présente de chaque côté , à 0,03 de la grande scissure , une plaque d’un blanc laiteux de la grandeur d’une pièce de 1 franc; les vaisseaux de la pie-mère sont gorgés de sang noir; le tissu cellulaire sous-arachnoïdien est infiltré de sérosité gélatiniforme en certains points; le cerveau est peu ferme, la substance blanche est fortement sablée, la grise est très-foncée, avec une légère teinte rosée. De même du cervelet : les ventricules latéraux con-, tiennent chacun un cuillerée de sérosité rougeâtre, les plexus choroïdes sont d’un rouge violacé ; les voûtes, le septum, sont assez consistants.

Colonne vertébrale. La dure-mère est normale, les vaisseaux sous-arachnoidiens légèrement injectés; la consistance de la moelle est celle do cerveau , la substance blanche est pâle, la grise foncée, un peu rosée.

Poitrine. Un demi-verre de sérosité citrine dans le péricarde ; tissu du cœur un peu mou, se déchirant assez facilement; caillots mi-partie gélatiniformes, raipartie cruoriques dans l’aorte, l’artère pulmonaire, les deux veines caves, et surtout l’oreillette droite, qui en est remplie; ils sont petits, de même nature, dans les ventricules de l’oreillette gauche.

Les plèvres ne présentent rien à noter; il n’existe pas d’adhérence.

La trachée est rosée et contient un peu d’écume ; la rougeur va en augmentant de haut en bas; les grosses bronches sont elles-mêmes très-rouges.

Les poumons sont ardoisés ; ils ne s’affaissent pas à l’ouverture de la poitrine ; ils sont fermes, peu crépitants, comme à demi carnifiés, surtout à la base et dans les deux tiers postérieurs ; ils surnagent incomplètement ; à la coupe , ils laissent échapper beaucoup de sérosité spumeuse; un morceau pris au centre du lobe inférieur du poumon gauche coule au fond de l’eau, un autre, pris plus antérieurement, surnage incomplètement; le sommet du même poumon surnage parfaitement; quelques ganglions bronchiques contiennent des tubercules crétacés; il n’en existe d’aucune espèce dans le poumon.

Abdomen. Péritoine sain.

Le foie a son volume normal; sa substance est fesme, exsangue, d’une couleur olive; ses gros vaisseaux laissent écouler un sang noir et épais; les reins sont pâles, leurs vaisseaux contiennent aussi du sang noir; la rate est volumineuse, ramollie; elle pèse 400 grammes ; la vessie est distendue, elle contient un verre

d’urine limpide; la muqueuse est très-pâle.

L’estomac est partout recouvert d’une couche d’un mucus épais, blanchâtre, filant, demi-transparent, ressemblant au mucus nasal ; le grand cul-de-sac pré-

senle de gros plis; là aussi la muqueuse est finement et vivement injectée , elle paraît ramollie ; cette altération a l’étendue de la paume de la main ; le reste de l’intestin est pâle ; cinq ou six ulcérations ardoisées, marchant à la cicatrisation , sont disséminées sur la fin du gros intestin.

Obs. XIII. — Accès avec hémiplégie; guérison.

Charrier, soldat au 19' léger, âgé de vingt-sept ans, d’une constitution assez forte, est apporté à l’hôpital, le 4 octobre, à deux heures du soir. Dès son arrivée, on le fait coucher, et on constate l’état suivant : décubitus dorsal, face colorée, paralysie du mouvement aux deux membres gauches; ils retombent comme des masses inertes quand on les soulève, et le malade se défend avec la main ou la jambe droite quand on le pince. La tête peut être tournée également bien à droite ou à gauche. Pas de déviation de la face. Les joues ne sont pas distendues par l’expiration, l’action du souffle s’exécute avec peine, et les lèvres sont mal rapprochées ; la parole s’exécute en bredouillant, et le sens des paroles est difficilement compris. Sur la demande qu’on fait au malade de tirer sa langue, il l’amène jusqu’aux arcades dentaires, l’y laisse quelques secondes pour la retirer comme avec effort; elle ne paraît pas déviée. Les globes oculaires sont parfois comme convulsés; les pupilles, un peu dilatées, sont très-contractiles. La déglutition des liquides s’exécute avec difficulté, et il survient de l’engouement. Il y a une demi érection du pénis. L’intelligence est demi-intacte, mais il y a un air d’imbécillité très-remarquable; c’est l’air chagrin d’un enfant pleureur. Les coins de la bouche sont abaissés , et le parler larmoyant. Parfois de grosses larmes coulent sur ses joues. Sensibilité intacte partout, pas de céphalalgie, pas de douleur à la pression de la région cervicale postérieure; respiration tantôt calme, tantôt un peu stertoreuse, par moment suspirieuse ; pouls assez fort, à 96; langue humide. Charrier fait comprendre avec ses doigts qu’il y a cinq jours qu’il n’a été à la selle. Il dit être tombé tout d’un coup dans cet état, ce malin, à onze heures et demie. — Limonade tart.; sinapismes aux jambes, saignée de 300 grammes; cathétérisme.

Le sang, épais et noir, coulait avec peine; on n’a pu eu tirer que 250 grammes. 11 s’est pris en masse, sans trace de couenne. Un demi-verre d’urine dans la vessie.

A quatre heures du soir, décubitus dorsal, yeux largement ouverts, air hébété , chaleur générale , sueur abondante, pouls à 88; même paralysie du bras gauche, roideur tétanique du membre inférieur du même côté; la jambe ne ])eut être fléchie sur la cuisse; mâchoires serrées. L’entendement parait beaucoup

moins net ; le malade ne peut ou ne veut pas montrer sa langue; il ne répond à aucune question , il n’exécute rien de ce qu’on lui ordonne ; pour toute réponse, il fait entendre une sorte de gémissement.

A dix heures du soir, il y a un changement complet : décubitus latéral dioit, chaleur normale, respiration calme, pouls à 76, un peu faible; le malade comprend toutes les questions qu’on lui fait, et il y répond avec justesse ; il a encore la parole un peu embarrassée; cependant on entend très-bien ce qu il dit, il remue parfaitement le bras, la jambe gauche, mais il dit y ressentir encore une sorte d’engourdissement

Charrier fournit alors le renseignement suivant sur son état de santé antérieur : En garnison à Djidjelli pendant trois mois environ, il y a fait trente-sept jours d’hôpital pour la fièvre tierce, mais il n’y a jamais rien éprouvé, non plus qü’avant, de semblable à sa maladie d’aujourd’hui. De retour depuis une quinzaine de jours à Philippeville, il avait une céphalalgie continuelle, mais qu’il n’a pas remarqué être plus forte à une époque de la journée qu’à une autre. Hier matin, au commencement du jour, il a été pris d’un accès semblable à celui d’aujourd’hui , lequel n’a pas duré plus d’une heure et s’est passé tout seul. Comme aujourd’hui, dit-il, il ne pouvait se servir du côté gauche; il n’a éprouvé ni froid ni frisson, mais la céphalalgie a beaucoup diminué, et aujourd’hui elle a tout à fait disparu. Avant son entrée, le chirurgien de,son régiment lui a donné deux fois du sulfate de quinine, 0,20 chaque fois.

Le 5. Chaleur normale, pouls régulier à 68, entendement et parler très-nets, physionomie naturelle, et si différente de ce qu’elle était hier pendant l’accès , qu’elle rend le malade presque méconnaissable ; sommeil la nuit, pas de selle, un peu d’appétit. — Bouillon, lim. cit.; suif, de quinine, 1,0.

A deux heures, l’infirmier, s’apercevant que le malade ne parlait plus, vient chercher le chirurgien de garde , et on constate l’état suivant : décubilus dorsal, sommeil, respiration un peu soufflante, 1-1 inspirations, pouls fort, développe à 80 pulsations, peau moite, sueur abondante à la face, pieds et mains froids, yeux à demi ouverts; pupilles un peu dilatées , à peine contractiles; langue humide , sensibilité générale intacte ; le malade remue bien tous les membres, et aussi bien à gauche qu’à droite ; il comprend les questions qu’on lui fait, il exécute ce qu'on lui ordonne, mais on ne peut lui faire prononcer une parole. — Sinapismes aux jambes et aux cuisses; sulfate de quinine, I gramme, à prendre de suite, 1,0 à quatre heures, et 1,0 à sept heures ; promener les sinapismes sur les membres jusqu’à ce que l’amélioration se prononce.

A cinq heures du soir. Chaleur, sueur générale; face rouge, animée, vultueuse; pupilles très-dilatées, à peine contractiles; pouls à 74, assez développé ; respijation lente, pas de paralysie, intelligence plus obtuse qu’à deux heures ; le-ma-

lade n’exécute rien de ce qü’ob'lui demande; ou ne peut, par exemple, lui faire montrer sa langue.'

Le <5. Décubilus dorsal, abattement, expression de fatigue, yeux à demi fermés, pupilles contractile#; l’inteiligence est intacte, cependant on comprend difficilement ce que dit le malade, parce qu'il parle comme avec effort et à regret; peau chaude, pouls faible à 80, respiration calme, 19 inspirations ; pas de céphalalgie, pas de paralysie, langue sèche, pas de selle depuis l’entrée.—Bouillon, lim. cit. ; suif, de quinine, 1,0.

A midi, même état.

A cinq heures du soir. Air un peu étonné et fatigué, sentiment de mieux, réponses brèves, peau sèche et chaude, pouls à 76 , pas de céphalalgie , pas de Selles, langue humide. malade assure, à plusieurs reprises, avoir remarqué que, dans son acéès d’hièr, le bras gauche était engourdi.

Le 7. Peau moite, sudorale, chaleur normale, pouls petit à 60, respiration calme; l'7 inspirations , pas de céphalalgie , langue humide, pas de selles, un peu d’appétit. — Même prescription.

A six heures du soir, même état, sifflement dans les oreilles, surdité.

Le 8, même état. — Même prescription.

Le 9. Le malade se trouve bien; il s’est levé hier un peu, pour aller uriner; chaleur normale, pouls peu fort à 58 , pas de selles. — Soupe , demi-ration , lim. cit.; suif, de quinine, 0,8.

Le 10 et le 11. Amélioration graduelle, vivres augmentés. — Lim. cit. ; suif, de quinine, 0,8.

Le 12. Le malade est tout à fait en convalescence, il se promène ; pouls plein, fort, régulier, 42 pulsations. On supprime tout médicament; on lui donne la demie, quelques jours après , les trois quarts, et il sort le 22 octobre pour être évacué sur France.

Obs. XIV. — Fingi-qualre heures de délire ; vingt-quatre heures de collapsus, hémiplégie incomplète. Guérison.

Batlenga, soldat au 38® de ligne, âgé de vingt-quatre à vingt-cinq ans, d’une constitution robuste, est apporté à l’hôpital le 13 novembre., à six heures du soir. Cet homme étant dans un état d’agitation extrême, on est obligé de lui mettre immédiatement la camisole; alors il fait continuellemenl avec le siège un mouvement de va-et-vient, et de temps à autre il pousse des cris plaintifs La peau est chaude et moite, mais les pieds sont un peu froids. Le pouls, fréquent, petit, dur et serré, est impossible à compter, à cause de l’agitation; la respiration, fréquente, devient par moments stertoreuse. La face est injectée, et les pu-

•pilles énormément dilatées; l’iris n’a pas plus de 2 millimètres de largeur, et ne se contracte nullement à l’approche d’une lumière. Du reste, le malade parait tout à fait sans cannaissauce ; il ne parle pas, n’entend rien, -et ne semble même pas voir, car dans ses mouvements désordonnés, il se jette avec indifférence sur la lumière.. L’baleine n’a pas d’odeur alcoolique; on nous dit, pour tout renseignement , que cet état dure depuis une heure et demie environ; mais on se rappelle, et les cahiers attestent, que cet homme.est sorti depuis dix jours seulement de l’hôpital, où il est resté trois semaines pour une fièvre intermittente quotidienne.-Lim. tart. gom., sinap. aux jambes; 20 sangsues aux jugulaires. Donner du sulfate de quinine par cuillerée chaque fois que l’occasion paraîtra favorable.

A dix heures du soir, il n’y a qu’une denil-douzaine de sangsues qui aient pris. On a employé 2 à 3 grammes de sulfate de quinine, dont le malade n’a pris qu’une très-petite quantité, car chaque fois qu’on essaie de lui en donner, il s’engoue, tousse et crache; du reste, il est toujours dans le même état. Au mo ment de l’examen, dans une nouvelle tentative pour faire avaler le sulfate de quinine, un plus fort engouement détermine des vomissements abondants de matières grisâtres ressemblant assez à une bouillie chymeuse, mais qui n’ont aucune odeur acide ou alcoolique. Après ces vomissements, l’agitation ayant diminué un peu, on peut compter le pouls, qui est à 110, la respiration, qui est à 20. Les pupilles semblent un peu moins dilatées, il y a toujours le meme mouvement du siège, et en outre un mouvement continuel de la tête sur l’oreilher.

Le 14 novembre. Le malade a :été dans l,e mêflie état d’agitation toute la nuit ; il ne s’est calmé qu’au commencement du jour, et on en^ profité pour lui faire prendre 1 gramme de sulfate de quinine; il a un peu sué, mais il u’a pas eu de selles. Maintenant sommeil profond, décubitus dorsal, respiration calme, naturelle; 20 inspirations; peau peu chaude, jiieds chauds, pouls développé à 90; yeux fermés , pupilles moins dilatées, résistanee des avant-bras à l’extension, à la flexion; sensibilité au pincement à tous les mernbrès, yuaud on éveille le malade, il se plaint et grince des dents de temps à autre, et s’il regarde, ses pupilles se dilatent davantage; du reste, aucun signe d’entendement. - Ü., 1. cit. gom., sinap., 1,0 de suif, de quin. toutes les quatre heures, s’il est possible.

A deux heures après-midi, le malade est dans un état difficile à décrire; il .présente des alternatives de sommeil, d’agitation; par moments il crie et semble * né pouvoir s’agiter autant qu’il le voudrait; dans d’autres, il crie et s’agite cou- (inuellement comme un enfant qui se dispute.et ne sait ce qu’d veut, puis il retombe dans le sommeil, couché sur le côté droit vers lequel il semble avoir une propension particulière à se porter. Enfin, courbé eu avant, il semble eu proie à une sorte d’emprosthotonos. Dans les mouvements divers quil exécute , Battenga ne paraît pas pouvoir se servir des deux membres du cô,lé drpit; si .un

le pince, il grimace et crie, mais il ne le retire pas. Le bras de ce côté est incomplètement soutenu quand on le soulève; il retire les membres gauches soumis à la même épreuve. La bouche paraît légèrement déviée à gauche; peau peu chaude, pouls à 96 ; même état de l’intelligence. La pression sur la colonne vertébrale ne détermine pas de signe de sensibilité. — 1,0 de suif, de qnin. à huit heures du matin ; 1,0 id. à midi.

A dix heures du soir, décubitus dorsal, tranquillité, sommeil, respiration calme à 22 insp.; peau sèche et peu chaude, surtout aux pieds et aux mains; pouls assez fort à 94; yeux fermés, pupilles dilatées, non contractiles; sensibilité, mobilité intactes; aucun signe d’entendement. Quand on l’excite, le malade pousse des cris plaintifs; on parvient à lui faire prendre, par cuillerée, environ 1 gramme de sulfate de quininine. Une seule fois il s’engoue, et alors il serre les mâchoires, grince les dents; dans ces mouvements, on peut voir la langue, qui est blanche et humide. Après cette légère agitation, Bettinga semble tomber dans un sommeil plus profond.

Le 1.5. Le malade est dans le sommeil; quand on l’éveille, ce qui est assez facile, il regarde d’un air hébété et sans parler. Si on l’interroge, il ne fait que cette réponse oui à toutes les questions qu’on lui adresse ; il comprend cependant, car on parvient à lui faire montrer sa langue. Décuhitus dorsal; peau sèche, peu chaude; respiration calme à 18-20, suspicieuse de temps à autre; pouls peu développé à 82-84 ; langue humide, chargée d’un enduit blanchâtre. Les pupilles, très-dilatées, le deviennent bien davantage quand le malade regarde ; la rate est développée ; la presssion sur cette région fait grimacer le malade. Sommeil la nuit; pas de sueur, pas de selles ; miction dans le lit. — D.,lim. cit. gom., 3 s. q. 1,0, sinap.

A quatre heures du soir, décubitus dorsal, tranquillité, yeux ouverts, regard étonné. Bettinga a dormi une partie de la journée ; il répond juste, quoique lentement; il accuse de la céphalalgie; il est un peu sourd et hébété. Du reste, peau sèche et peu chaude, respiration calme à 18; langue humide, couverte d’un enduit blanchâtre; soif, miction dans le lit ; pas de selles, pas de sueur; pupilles dilatées, peu ou point contractiles. — S. q. 0,8.

Le 16. Décubitus latéral gauche; peau peu chaude; pouls assez fort, à 90. La langue, blanche et humide, porte, à 1 centimètre de son extrémité antérieure, plusieurs traces de morsure; miction dans le lit, pas de selles; pupilles dilatées, contractiles; pas de céphalalgie. Le malade a l’air encore un peu hébété, cependant il nous fournit sur son état de santé antérieure les renseignements suivants : il a vingt-six ans; il est depuis cinq ans au service, et depuis quatre ans et demi en Afrique. 11 a été en garnison à Constantine, à Philippeville, à Alger, deux ans, et depuis deux mois seulement il est de retour à Philippeville.

Depuis qu’il est en Afrique, il a eu la fièvre chaque année 3 ou 4 fois dans la saison, fièvre qui s’eu allait sous l’influence du sulfate de quinine. Celle aunee, sorti de l’hôpital le 3 novembre, comme nous l’avons dit, il fut repris de fievre le 12, vers quatre heures du soir, avec frissons pendant une heure, vomissements, céphalalgie, chaleur, sueur consécutive. La nuit, le mal de tête continua; cependant il dormit bien. Le lendemain 13, il resta couché et ne prit aucun aliment; il n’éprouva ni froid ni frisson, mais la céphalalgie augmenta encore et acquit bientôt une telle intensité, que jamais, dit-il, il n’eu avait éprouve de semblable. En outre il ne voyait pas clair, et il était comme s’il eût été ivre; du reste il conserva toute sa connaissance, et lors même qu’il était a 1 hôpital, il l’avait encore ; c était son mal de tête qui le rend ah fou. Quelque surprenante que soit cette assertion, le malade l’affirme à plusieurs reprises. — Lim. cit. gom., 2, s. q., 1.

Le 17. Continuation du mieux; pas de selles, pouls à 88. Le malade demande une permission de sortir pour affaires, mais elle lui est refusée, car il est évident qu’il s’abuse sur l’état de ses forces. — Bouill., hm. cit, 3, s. q. 0,8.

Le 18. Même état, un peu de bronchite. — SpL; même prescription.

Les jours suivants, la bronchite augmente, devient assez intense, et paraît prendre les caractères de la grippe qui régnait alors à Philippeville ; mais enfin le 27 il ne tousse plus, il dort bien, il a appétit; il se lève toute la journée. Le pouls est à 60; on donne la demi-portion. 11 sort le 6 décembre.

Obs. XV. -- Accès avec attaques épileptiformes ; guérison.

Riel, infirmier militaire, attaché à l’hôpital de Philippeville, depuis 1843. Agé de trente-sept ans, d'une constitution assez forte, adonné aux boissons alcooliques, est admis comme malade, le 28 octobre 1847, un peu avant la visite du matin; ses camarades disent, car il rend lui-même assez mal compte de son état, que depuis trois jours, il est pris, chaque matin, de fièvre avec frisson, vomissements, sueur consécutive, et qu’en outre il fait depuis quelques jours des excès de boisson. — D. lim. citr , gr. s. q. 0,1.

Ce n’est qu’à dix heures que nous voyous ce malade, et nous constatons l’état suivant ; Décubitus dorsal, tendance au sommeil, peau peu chaude et un peu moite, céphalalgie; 24 inspirations, pouls petit, s’accélérant par intervalles à 110. Cet homme est d’une intelligence assez bornée; en outre, il répond avec répugnance aux questions qu’on lui adresse ; toutefois voici les renseignements que nous pûmes recueillir tant de lui-même que de ses camarades. Riel est au 18-1.— Pelihon. ®

service depuis 1831 ; il est veau en Afrique en 1837, il y est resté deux ans , puis est retourné en France.

En 1843, il revint en Afrique comme remplaçant, et il y est resté jusqu’à présent; il a toujours été dans la province de Goustaptiue; en 18,37, /7 fil une maladie, lï éprouvait des crampes violentes dans la cuisse gauche; depuis lors, quand il prend du café ou des alcooliques, ces crampes reviennent ; en 1844 , il eut une espèce de fièvre chaude, il entra dix-huit jours à l’hôpital , on fut obligé de le saigner, et ou lui fil prendre du sulfate de quinine; depuis, il n’avait pas été malade ; il prenait, depuis plus de six mois, un verre de vin de quinquina chaque matin.

Le 26 de ce mois, éprouvant du malaise, de la céphalalgie, il mangea peu. mais il sortit le soir et prit du café et de l’eau-de-vie ; le lendemain, il fut malade toute la journée, resta au lit a|)rès avoir éprouvé du froid et des frissons le matin. Dans la nuit, un de ses camarades l’entendant râler, courut à lui, et l’ayant trouvé/roA/, sans counaissancè, couvert de meurs , fut en toute hâte chercher le chirurgien de garde ; celui-ci administra 1.0 de sulfate de quinine ^car à son arrivée Uiel était déjà revenu à lui; au dlée du ntalàde, cette attaque avait commencé par des crampes dans les membres supérieurs. Il y a une heure environ, il y a eu une nouvelle attaque semblable, ou a appliqué des sinapismes aux cuisses.

A une heure après midi, nous l'evoyons le malade et nous le trouvons dans un état d’amélioration satifaisant, cependant on nous dit qu’à midi, il a encore éprouvé une attaque de nerfs, qui faisait craindre pour sa vie, car il était tout à fait sans connaissance et pâle comme un mort; on a appliqué de nouveaux sinapismes aux jambes , il y a en une selle solide à onze heures.

Étonné du contraste qui existe entre la relation qu’ileu fait et l’état dans lequel nous trouvonsle malade, nous désirons vivement voir une de ces attaques ; à quatre heures du soir, nous sommes appelé à cet effet, nous constatons l’état suivant; Le corps d’une pàleurlivide et gisant dans une résolütion complète, la tête est renversée en arrière , la respiration est bruyante , pénible et stertoreuse à l’extrême, les narines sont fortement dilatées, la bouche arrondie, proéminente, et allongée comme un bec, est couverte d’une écume abondante, la face est cyanosée, les yeux ouverts, les pupilles non contractiles; la perte de connaissance, l’insensibilité de la peau, sont complètes (nous omettons d’essayer la sensibilité des muqueuses), les pouces ne sont pas fléchis dans la paume des mains, le pouls est petit, fréquent, inégal, disparaissant par intervalles; les battements du cœur soulèvent avec force les parois de la poitrine; à l’auscultation, le murmure vésiculaire est entièrement couvert par le bruit du cœur et celui de la respiration dans les fosses

nasales Cependant la cyanose se prononce déplus en plus, les extrerai les se refroidissent, et la peau se couvre d’une sueur visqjieuse -, comme toutes les personnes qui connaissent le malade . et elles sont assez nombreuses , assurent qu’.l n’estpointsujetàrépilepsie, commec’est la quatrième attaque qui se produitainsi depuis environ douze heures, el avec une inlensité croissante, au dire des inbrmiers qui ont été témoins des précédentes , on craint véritablement pour la vie dû sujet ; peu à peu, toutefois , la respiration devient plus facile , la teinte cyanosée disparaît, il est bientôt possible, avant même le retour de la connaissance, d’administrer par cuillerée et sans engouement 1 gramme de sulfate de quinine. Voici, nous dit-on, comment cet accès a commencé; au moment où on passait une chemise au malade, des crampes l’ont pris dans les membres supérieurs, il a dit à un infirmier de lui (enir les mains , mais bientôt il est survenu de violentes secousses convulsives dans les mômes parties, puis a suivi l’état que nous venons de décrire. Cette attaque a duré environ quinze ou vingt minutes; a son déclin, nous vîmes encore des secousses convulsives dans la main gauche.

A' cinq heures du soir, face colorée, peau chaude, halitiieuse, connaissance parfaite, plaintes, respiration suspirieuse, pouls assez fort, à 100; envies de vomir vomissements de matières verdâtres, transparentes, il y a deux ou trois heures. Riel accuse une forte douleur à la tête et à l’épigastre ; quand on etend les avant-bras, on y détermine des crampes. - Pot. antispasmodique.

A dix heures du soir, décubitus dorsal, peau chaude et sechc, meme elat du pouls, respiration fréquente et souffiante, agitation; plain.es, soif, envies de vomir continuelles, plusieurs vomissements verdâires depuis cinq heures. Red accuse de la céphalalgie , une douleur au creux épigastrique; une autre trèsvive au niveau delà septième vertèbre cervicale, cette dernière augmentant par le mouvement mais non par la pression.

Le 29 octobre. Décubitus dorsal, tranquillité, peau chaude et un peu moite, pouls dur, assez fort, à 82, respiration suspirieuse de temps à autre, à 18-20; langue blanche, plate, humide; toujour.s soif, encore de la céphalalgie, plus de douleur au creux épigastrique; là nuit : pas de sommeil, pas de crampes, pas de sueurs, pas de selles, un seul vomissement vers une heure du matin, d’un litre environ de liquide, verdâtre ; raicliou ce matin , urineass.ez foncée; l’intelligence est très-nette toutefois, ce qui est assez remarquable, puisque hier le malade paraissait avoir toute sa connaissance dans l’intervalle des attaques; il ne se rappelle pas bien quand il est entré à l’hôpital, il ne s’est pas aperçu qu’on lui ait mis des sinapismes; il ne savait pas être dans une salle de malades; il affirme a’être point sujet à perdre connaissance; nous nous assurons que dans les attaques d’hier, il ne s’est pas n.ordu la langue. - D. lim. citr., gomm., s. q. 1,0 op.

A quatre heures du soir, chaleur normale, demi-sommeil, face un peu injectee,

pouls faible, à 70; laiigue blaüche et hutnide, soupirs de temps à autre, sentiment de courbature, douleur dans le cou, plus de céphalalgie depuis midi, plus de douleur au creuif épigastrique, pas de crampes , pas de vomissements , pas de selles, urine limpide et un peu foncée.

Le 30. Sentiment de mieux, cependant, la nuit dernière, le sommeil a été troublé par la fuisson des sinapismes; la céphalalgie a recommencé peu intense, mais elle dure encore, fl n’y a pas eu de sueurs; du reste, chaleur normale, pouls régulier, à 70; langue blanche et humide, peu de soif, pas d’appétit, pas de selles. —D. lira. cit. goram., s. q. 0,8.

Le 31. Pas de changement. — Même prescription.

Le 1®’’ novembre. Le malade est tout à fait bien ; peau fraîche ; pouls régulier, peu développé et peu fi-équent; langue nette , une selle chaque jour, plus de céphalalgie, plus de douleur épigastrique. — Même prescription.

Riel entre rapidement eu convalescence; le 2, on lui donne du bouillon, le 3, un potage ; on donne encore, jusqu’au 5 inclusivement, 0,0 , de s. q., chaque matin ; le 6, on cesse tout médicament, et on donne le quart; le 7, la demie; mais le 10, Riel éprouve un accès de fièvre assez bien caractérisé avec frisson suivi de chaleur et sueur. (D. lim. cit., s. q. 1,0.) Le jour suivant, même prescription, pas de nouvel accès de fièvre, mais malaise; céphalalgie continuelle, disparition des accidents, augmentation graduelle du régime ; continuation du sulfate de quinine pendant une dizaine de jours, à dose de 0,8 et 0,6. Sortie le 28 novembre.

Ce malade fut enco're obligé de rentrer à l’hôpital pour la fièvre intermittente simple, cette même année , et il n’en eut pas du tout les deux années suivantes, pendant lesquelles nous ne le perdons pas de vue.

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