‹ Observations de M. le maréchal-général [Bugeaud, duc d'Isly] sur le projet de colonisation présenté pour la province d'OranChapitre 18 sur 24 · CONDITIONS DES DÉPLACEMENTS · texte numérisé non relu

CONDITIONS DES DÉPLACEMENTS

Terres du Beylik.

Une seule , celle des Sahilia, présente une population de 40 tentes. Elle sera comprise dans le mouvement des Garabas qui sera indi(|ué ultérieurement. Sa nouvelle situation sera définie.

TERRITOIRES MELK. ( propriétés particulières ). Christel.

Cette population est sédentaire : elle peut sans inconvénient cire enclavée dans le territoire de colonisation , elle conservera

>es hal)ilalions, ses janliris avec tous les droits ([lie donne la possession , ses cultures en céréales sont insignilianlcs , celte année mémo elles ont été faites dans Meleta sur des terres prises à loyer ; les gens de Christel ont une centaine de tôles de bœufs el 3 à 400 moutons. En leur laissant le bord de la mer, jusqu'à 2,000°'. en deçà d'Ain-Féranin, el la partie supérieurede l'Oued- Ueni-Ourian, en tout 1,600 hectares, on leur assurera un parcours suHisant. Le parti presque nul qu'ils tirent de leur territoire, excepte à Tazoutoù il existe quelques champs cultivés, nepermel pas d'en estimer la valeuràplus de moitié dans l'achat qu'ils firent entre les mains du Bey Mohamed. Le remboursement à leur faire serait donc de 6,000 francs.

Propriété de Bel-Gaïd, près d'Arzew, (partie de l'Ouest).

Des propositions d'achat ont été faites à Bel-Gaïd. Il élèverait ses prétentions à 7 ou 8,000 francs.

Propriété de Bou-Mèdiam-Ben-lsmaël, à Dika,

L'Administration s'est déjà occupée de l'acquisition de cet immeuble.

Terre des Asamnia.

La plus grande partie so trouve comprise dans le territoire civil el entraînera le reste. S'il survient quelque transaction, le placement des lentes des Asamnia sur un autre point où lÉtat pourra leur donner des terres, ne sera jamais une difficulté d'un instant.

TERRITOIRE SABEGA.

Béteoua.

En raison de leur faiblesse numérique, de leur origine qui les sépare des Arabes, de leur habitation fixe, les Béteoua peuvent être laissés dans la circonscription à coloniser sous les conditions suivanles : ils continuèrent à occuper le village bâti sur la colline. Ils y conserveront les enclos et jardins qu'ils possèdent. Ceux qui s'y trouvent entremêlés et qui ont été repris par l'État, par suite de l'absence de leurs possesseurs, serviront à conclure des échanges dont l'objet sera de rendre disponibles tous les terrains situés au pied de la colline, dans le voisinage des puits. Il sera constitué aux Béteoua un territoire nouveau de 1,600 hectares , en rapport, 1° avec l'étal numérique de la population qui est de 64 familles , 2° avec l'étendue des terres cultivées annuellement (380 hectares), 3° avec le chiffre du bétail qui est de cent léles de bœufs et de 400 moutons environ.

Les Béteoua seront constitués propriétaires de leur territoire. Ces conditions n'admettent aucune indemnité.

Abmian.

Les 12 Mecheta des Ahmian seront réunis dans la partie Est de leur territoire ; une ligne passant par Hassr-el-Ahmod, Aba'itol-Cadi et Djebel-Hadid, jusqu'à la Macla, marquera leur limite N. 0. ; le reste de la limite restant tel qu'il a été indiqué. La

(JireclioD des aiïairos arabes roglora le parUigc du nouveau Icrriloire. Dans col 6Uil, il présente encore une surface de plus de 7 lieues carrées, prés do 12,000 licctarcs.

Les Ahmian coniplant 211 tontes, c'est donc une moyenne do prés de GO hectares par tente qui leur est faite : d'autre part leurs cultures annuelles, qui sont de 830 hectares, sont dans lo rapport de I à lo avec la terre (pii leur est assignée. Ils ont donc de larges ressources pour nourrir les 600 bœufs et les 4 ,800 à 2,000 moutons qui composent leurs troupeaux. Le marais de la Macta leur offre à cet égard de grandes ressources pendant presque toute l'année.

Toutefoisdanscettcdisposition, ilf.uit tenir compte delà rareté de leau dans cet espace. Lorsque les eaux de la Macta on sabais- .santse salent, el que celles du marais cessent aussi d'être potables, les Ahmian fixés dans la région en question n'ont plus pour pourvoir à leurs besoins en eau (juc les puils de Galfat, celui de Sidi-Mearomar et ceux d'Ei-Ahmod. Il serait donc nécessaire, .sans plus attendre, de procéder à des creusements de puils a la tète d'Aba'it-el-Cadi, à l'Oued Bou-Ralval, et dins le vallon dos Guéranin, en même temps qu'à Assil-Ahmod ou ouvrirait six nouveaux puits, dans l'Est de ceux qui existent , à 200 mètres de distance , lesquels seraient affectés sans partage aux Ahmian : sur ces 6 puits, il faut en compter 3 anciens qu'il suffirait de déboucher.

Les Mecheta à déplacer sont ceux de Brahim-bcn-Chourah , Bol-Réir , Ould-Araar . Bcn-Relrab . Ali-ben-Yoïib . Bel-Aiad , Aissa-ben-Della. Ce sont ceux qui jouissent des meilleursconditions locales : ils ont de belles eaux, des terres d'un bon rapport ; les terres qu'ils devront occuper sont fertiles, mais généralement envahies par les arbustes. Il paraîtrait juste d'accorder à chacun des Mecheta précités une indemnité do 1,000 fr.. soit 6,000 fr.

Les Ahmian ne conserveront toujours sur leur territoire réduit que leurs anciens droits de Sabega : un jour viendra où il sera nécessaire de leur faire opérer un nouveau déplacement. Celui où les marais do la Macta étant desséchés, la région qui les entoure cessera d être fiévreuse. Cette considération est beaucoup moins importante avec les Arabes, qui résistent mieux que nous à linnuence des miasmes et en affrontent volontiers les dangers dans l'intérêt de leurs troupeaux.

Garabas.

Les Mecheta des Garabas , compris dans la circonscription à coloniser et dans les autres mecheta de cette tribu ont une densité de population qui est do 210 individus par lieue carrée : elle empêche déjà de songera exécuter une condensation sur le territoire même delà tribu : il faut donc procéder à un déplacement. La force de l'élément à déplacer permet d'ailleurs ici qu'il ait yine existence propre, et diminue d'autant une tribu qui nous est juxtaposée et que nous no pouvons affaiblir qu'à notre avantage Le lieu immédiat de translation sera le ynyys des Azedj. On trouvera facilement des hommes et des rivalités pour constituer

l'aiitorilodans la nouvelle tribu qui prendra le nom de Garabas des Tessalah. Placée au milieu des Beni-Ahmers, elle consolidera les Oulad-Ali et les autres fractions voisines dont une partie des tentes est restée ; elle donnera le premier exemple de la dépossession des émigrans. Nous avons dit quel rôle devait jouer en même temps Sidi-bel-Abbés.

La direction des aQaires arabes réglera le partage des terres, donnant à chaque Mecbeta à raison de 30 hectares par fa mille. La qualité des terres rend ce chiffre très suffisant pour 1 es labours et les troupeaux. Les Mechelas dont il s'agit comptent 553 familles, c'est 16,590 hectares à prélever, ce qui constitue une densité de population de 331 individus par lieue carrée. Il n'y a point d'indemnités à accorder en cette circonstance. La région assignée offre des terres en plein rapport , l'eau y abonde : des puits , des sources des ruisseaux la fournissent. A cet égard , les Mecheta transplantés seront dans des conditions bien préférables à celles qu'ils auront quittées. Les jardins du pays qui leur est ouvert , les matamores , etc., remplaceront ce qu'ils abandonneront en ce genre. La séparation du sol natal n'en sera pas moins douloureuse , mais elle est nécessaire. L'occupation aura lieu comme Sabega.

3 Mecheta des Garabas, qui se trouvent compris sur la limite de la foret et de la circonscription coloniale d'Oran , suivront le mouvement des précôdens : ce sont les Mecheta de Oulad Ali ben Moussa , El Rali ben Rahmonn et Hel Abouchi. Ils comptent ensemble 57 tontes et recevront 1710 hectares sur le territoire des Azedj , toujours comme Sabega.

Enfin les Sahilia , destitués de leurs droits de Sabega , recevront encore chez les Azedj, un territoire d'une étendue moyenne de 1,530 hectares , basée sur l'existence de 51 tentes , mais ils y paieront le loyer de la terre qu'ils laboureront annuellement , sans préjudice des impôts de la zekkat et de l'achour.

Ainsi serait réglée l'évacuation de la zone à coloniser autour d'Oran.

Avant déterminer ce chapitre , nous déterminerons immédiatement les conditions à fixer aux Mecheta des Garabas qui entourent la forêt de Muley Ismaëldu côté du S.-E.

Cette forêt appartient à l'État; elle possède plusieurs variétés d'arbres résineux , et particulièrement des oliviers sauvages de la plus grande beauté. Placée entre Oran et St-Denis du Sig , elle prendra nécessairement une importance qui ne permet pas de rester indifférent aux soins de sa conservation que plusieurs causes compromettent.

Ainsi , les Garabas fixés sur la rive gauche du Sig , dont l'état d'insalubrité ne permet pas encore d'ouvrir l'accès à la population européenne , disputent chaque année à la forêt les terres susceptibles d'être labourées. Il en est de même dans le S.-E. et dans l'O. de ce domaine. Dans quelques clairières , on trouve même des cultures. Une délimitation peut seule y mettre ordre, elle aurait le tracé qui va être indiqué : de l'extrémité E. de la saline , suivre le chemin du Sig , jiisqu'à Sidi Chigr, tourner à

TE. el passer succcssiveiueiit par le Djoiib cl Granif , Sidi Hallial , les Matamores de Cada , les Matamores de Hel el Aïd , Sidi Mohamed des Chouelbia , le ravin de Tenguerara , au point où la grande roule le co'ipe ; revenir avec elle , jusqu'au delà de Djoub bou Alem , prendre à gauche le chemin de Sidi Salah et se reformer, sur la circonscription colonisable de la zone d'Oran chez les Féranin. Ce polygone renferme une surface de 7 lieues 1i2 carrées , soit de 12,000 hectares, dont quelques parlies assez rares sont déboisées et où il y aurait à faire des semis.

11 appartient à l'administration forestière de prescrire des mesures nécessaires pour vivifier cette forél. Il faut mettre en première ligne un bon service de garde, pour empêcher les dévastations par les bûcherons, les charbonniers et les incendiaires elpour détruire l'habitude que prend le roulage , au retour de Mascara, de couper au hasard le long de la route pour rapporter à Oran des chargemens de bois; l'ouverture d'un système de routes dans la forêt sera nécessaire pour cette garde et pour l'aménagement; il facilitera la formation de réserves d'oliviers sauvages à louer à long bail pour êtres greffés. La foret de Muley Is» raaël n'a |)as un seul puits (I). Les points où il existe de l'eau potable en sont généralement très éloignés. Il faudra entreprendre des forages elles continuer avec opiniâtreté jusqu'à ce qu'ils aient eu un bon résultat.

On remarquera qu'il existe en dehors de la délimitation', des espaces boisés assez étendus, il fallait faire la part entre les céréales et la forêt , et laisser sur les rives de celle-ci des ressources de bois suilîsanles aux besoins, et même à l'industrie des douars limitrophes , pour se donner vis-à-vis d'eux plus de facilités, si ce n'est plus de droits d'établir le respect de la réserve faite.

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