‹ Observations de M. le maréchal-général [Bugeaud, duc d'Isly] sur le projet de colonisation présenté pour la province d'OranChapitre 19 sur 24 · ZONE PROPOSÉE · texte numérisé non relu

ZONE PROPOSÉE

POl'R ÊTRE COLONISÉE ACTOUR DE MOSTAGANEM.

Autour de Mostaganem et de Mazagran, les terres sont Melk elBeylik. Ces deux villes eurent autrefois une banlieue très-habilée : la guerre l'a dépeuplée : le départ des Turcs, les extinctions et de nombreuses émigrations ont laissé au domaine de 1 Etal beaucoup d'héritages , qui tous encore n'ont pas été recueillis. Sur ces pomts , la population indigène ne peut pas être considérée comme vivante l'état de tribu. Il n'y aura ni déplacemens ni désintéressemens collectifs à réeler. A ce titre la principale opération est déjà faite : c'était l'évacuation de l'enceinte de Mazagran par les Indigènes. Elle date de 1845 elle a eu pour but la formation d'un centre européen. A Mazagran les anciens habilans sont réunis auiourd'hui dans le village arabe

(1) A EI-Gabou, près de la route dOran à Masacra, vers le milieu • le la foret, il existe la trace de troi'!, qui sont comltlds.

de Tigdid ; il compte 100 familles; un autre, celui de Rezezgua, a été formé au S.-E. des jardins près de la route de Mostaganem à Ennara. Ils subsisteront tous deux sans inconvénient au milieu de la colonisation.

Les Deradel, qui comptent en tout 72 familles, * habitaient' la partie Sud du territoire de Mostaganem. Ils n'avaient aucun droit de propriété et devaient être considérés comme Sabega. Récemment ils ont acquis régulièrement d'un Turc un territoire d'environ 700 hectares. Ils peuvent rester dans la position que leur assigne ce Melk.

Près du territoire de Deradel, à l'Ouest, est un terrain de la contenance de 700 hectares, revenant au Domaine au titre d'habous.

Près de là, au sud d'Aïn-Nouisi , le polygone de colonisation fait une entrée chez les Borghia , et y comprend une surface de 600 hectares. Le territoire des Borghia appartient à l'État, qui le leur concède à loyer pour leurs cultures. L'espace est loin d'y manqaer. La partie à prélever ne contient ni puits ni jardins : elle ne peut être l'objet d'aucun embarras.

Reste le territoire des Hachem-Daro , tribu formée des élémens fugitifs d'autres tribus. Ce territoire se partage en biens Melk et on n'y voit pas la société arabe réunie à l'état de douars. Les tentes campent isolément, ou bien au nombre de 3 ou de 4, lorsque plusieurs membres d'une famille ont conservé des intérêts communs sur leur patrimoine; chacun d'ailleurs habite le sol qui lui appartient et rien ne s'opposerait , avec de semblables habitudes, à ce que le gourbi remplaçât la tente, si ce n'était l'avantage qu'a celle-ci de conserver la possibilité de se dérober à l'occasion.

Il est facile de juger par la comparaison du chiffrejde la population des Hachem-Daro avec la surface du territoire qu'ils occupent, que beaucoup de terrain peut devenir disponible. Il|y existe aussi des terres vacantes; on arrivera par des échangés et des achats à faire place à la colonisation. L'État par ses divers agens devra en avoir l'initiative.

Ce travail n'a pu être proposé pour le moment d'une manière plus précise.

Les Hachem-Daro ont pour limitrophes, à l'Est, les Chourfa- Hamadia (medgers) qui ont un territoire Melk.

Il faudra encore régler avec ceux-ci la cession de la partie angulaire qui a servi a former, autour d'Assian-Tounin, un territoire disponible, ce qui ne doit rencontrer aucune difficulté. Il ne s'agit que de 400 hectares environ.

Page 1