POUR ÊTRE COLONISÉE SUR LE SIG
Cette zone embrasse :
La terre du Sig proprement dite, rive droite et rive gauche; celle des Zmélas et à l'Est, celle des Ouled-ben-Aïcha. Elle com-
prenil encore un angle du territoire Sabe'gn des Taallail. lùifin , sur la rive i:;iuche, la Meclieta des El-Aïd cl encore l'extrémité sud du Meclieta de Aaleiuia.
Nous allons examiner successivement ce qui se rapporte à ces désignations.
Terre du Sig.
Elle est limitée du côté du Sud par la ligne supérieure d'arrosage déterminée sur les deux rives du Sig par le grand barrage supérieur. Les Turcs, lorscjue le leur fut emporté, en construisirent un autre en branchages, un peu au-dessous du marabout de Larba, et dès-lors ils s'attribuèrent les terrains qu'il pouvait arroser, abandonnant les terrains supérieurs qui n'avaient plus d'eau pour les fertiliser. Nous avons trouvé les Garabas en jouissance de ces terres du deuxième barrage , dont il conviendra pour l'extension de St-Denys de faire reprise, sauf désiiitéressemenl.
Le canal d'irrigation de la rive droite est encore le seul achevé et déjà il produit ses résultats. Le canal de la rive gauche est en voie d'exécution; la surface arrosée est approximativement de 4,000 hectares.
Les Taallait cultivaient la terre du Sig , pour le compte de l'État. Cette tribu a un territoire suflisant pour qu'on n'ait pas à se préoccuper du sort de ses laboureurs avec lesquels nous rompons nécessairement l'ancien contrat.
Terre des Zmélas.
Elle est située au nord de la route d'Oran à Mascara au-dessous du Chrouf, dont le ravin la traverse et l'inonde, lorsqu'il vient à se remplir d'eau.
Cette terre fut donnée en jouissance par le Bey Hasscn à trois hommes principaux des Zmélas, entr'autres à un homme très important nommé Morselly. Ils y mirent quelques lentes pour la culture. Celles-ci , après la chute du gouvernement turc, et jusqu'à ])ré£enl, sont restées sur la terre et y ont labouré pour leur compte; l'État en fera la reprise avec toute justice, et renverra les détenteurs aux douars des Zmélas dont ils sont respectivement sortis.
La surface de celte terre est de 600 hectares environ. Le terrain est excellent et, presque annuellement, le Chrouf y jette les eaux pluviales dont il se grossit et assure au sol une fertilité remarquable. Il n'exisle pas d'eau plus rapprochée de celte terre que le Sig par le canal d'irrigation.
Terre des OuIad-ben-Aicha.
11 n'y restait plus qu'un douar de quatre tentes ; finalement il s'est séparé. Troisièmes onl rallié les Ferragas, une les Zmélas ; cette terre est montagneuse dans la partie sud , dans la partie
nord, elle offre des terrains favorables, dont la surface est de 250 hectares. On y boit du Sig. Le rapprochement de Teau par les conduits d'arrosage rendra à cette localité une valeur que la difficulté d'y boire lui avait fait perdre : elle peut être englobée avec la terre des Zmélas dans les concessions à faire aux entreprises agricoles dont le Sig sera le centre.
Territoire des Taallait.
Le territoire des Taallait est Sabega.
Un angle de ce territoire d'une surface de 150 hectares se trouve compris dans la circonscription à coloniser. L'étendue générale du territoire des Taallait permet d'y faire ce prélèvement, sans qu'il en résulte d'inconvénient.
Mecheta des El-Aïd.
Ce Mecheta sur lequel le grand barrage jettera des eaux doit revenir à l'État. Il est placé de manière à ce que le rayon de culture du Sig doive l'embrasser. Les El-Aïd, comptent 116 tentes et cultivent 350 hectares; le territoire vacant des Sahilia sur la rive droite du Tlélate , sous Quénan , présente une surface approximative de 1 ,600 hectares qui suffira pour les recevoir.
Mechetas des Aalemia.
La famille de Labib-bou-Alem , se partage en plusieurs Mechetas sur la riche plaine qui s'étend le long de l'Arich , sur la rive gauche du Sig , jusqu'au point où il disparaît dans un marais. Pour fertiliser cette plaine , ces Mecheta au-dessous de Larba et sur une distance d'une lieue , ont construit une douzaine de barrages, dont huit encore jettent les eaux à droite et à gauche sur les rives. Cette eau n'est que le surplus des eaux de la rivière , non déviées dans les canaux d'irrigation du barrage supérieur ; toutefois il s'en trouve assez encore , si peu que l'année soit pluvieuse, pour inonder de gands espaces , au lieu de les arroser, ce qui tient à ce que les canaux d'irrigation sont sans écluses et que rien ne suspend ou modère l'afïluence de l'eau. La conséquence en est de convertir les bords du Sig en marécages improductifs et malsains. Il semblerait bon que l'État prit possession de ce système imparfait , et pour dédommager les Aalemia de la surface de terrain qu'il embrasse et dont il faudrait s'assurer la possession , il leur serait donné à titre de Sabega la petite terre de Ben-Begga située près Sidi- Abd-el-Kader-bou-Adjemi , sur la route d'Arzew au Sig. Elle appartient au Beylik ; sa surface est de 60 hectares; les Oulad- Sidi-Mansour l'ont cultivée pendant plusieurs années. Aujourd'hui elle est en location.
Cette dernière adjonction au territoire du Sig aurait pour objet principal d'assurer sa salubrité en se rendant maître des causes qui peuvent la compromettre.