INTRODUCTION
11 suffit d'observer la marche suivie par le gouvernement, depuis la prise d'Alger, pour ne pas raellre en doute ses vues ultérieures sur l'Afrique. En effet , comment ne pas voir dans une occupation de sept mois le prélude d'une colonisation? Si le châtiment du Dey eût été l'unique but de l'expédition, son expulsion devait en être le terme ; et puisqu'il n'en a pas été ainsi , comment supposer que le gouvernement se soit engagé dans une dépense d'hommes et d'argent purement gratuite? Et , ce qui serait bien plus grave sous le rapport politique, comment abandonner ce qu'on a eu l'intention de retenir, sans encourir la défaveur d'y avoir été contraint par les exigences de la politique? Dira-t-on que les événemens militaires dont l'Europe semble menacée nous en font la loi? Mais à qui persuader que quelques milliers de soldats de moins et quelques millions de plus
^ 9G — puissent occasioner un mécompte dans le déploiement des forces militaires d'une nation qui tient quinze cent mille hommes sous les armes? Et puis, doit-on compter pour peu de chose cette partie de la population, qui est venue à nous sur la foi des garanties que nous lui avons offertes, et qui se trouverait compromise dans son repos et sa sécurité? H n'en est pas d'un ig^ouvefnement comme d'un particulier, qui peut révoquer le lendemain sa résolution de la veille.
<^ette digression n'est pas hoi*s de propos : elle tend à faire ressortir l'invraisemblance des bruits qui se sont répandus sur l'entière évacuation de l'Afrique, et qui n'ont trouvé que tt*op d'échos. Il est bon que l'on sache que le général en chef est invariable datis 4a marche qu'il s'est tracée; que, ce qui est en fait, ne saurait être reimis en question ; et que ceux qui sont appelés à concourir à l'accomplissement de ses vues , doivent redoubler de zèle et de persévérance pour atteindre le but proposé.
Il a fallu établir un mode quelconque de gouvernement ; celui dont on a fait choix n'est peut-être pas le meilleur en soi; mais il est le mieiix adapte aux circonstances , et il est ekact de dii'e que, dans Télat actuel des c^osfe», le
— 97 ^ meilleur est celui qui est établi. Ainsi, le général en chef ne saurait trop recommander, à ceux à qui le maniement des affaires va être confié, de rester fidèles , sinon servilement à la lettre des actes de ce gouvernement , du moins à l'esprit qui a présidé à leur rédaction ; car, sans la fixité dans les idées , il n'est aucun succès possible, C.ette Notice a pour objet de présenter une analyse succincte de ces actes pour en faire connaître le véritable esprit, et de constater la situation des choses au moment où leur direction a changé de main.