CREATION DUN COMITE DE GOUVERNEMENT
Dans les guerres d'invasion, dont nous avons donné de si fréquens exemples qui , malheureusement , ont fini par trouver des imitateurs, on a vu des souverains déserter leur capitale ; le cours des affaires pouvait en être troublé , mais il n'était jamais interrompu. Les rouages secondaires restant en place, la machine administrative n'était pas totalement privée de mou-" vement. Il n'en é(ail pas ainsi à Alger ; le pou-»
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voir résidant dans un seul homme el toutes \e% forces motrices dans sa volonté, avec un homme de ipoins, il y avait absence absolue de gouvernement. Que devait faire le général en chef dans cet étal (je choses ? Se mettre purement et simplement à lii place du dey, el aft'ecter toutes les rigueiH's de son despotisme? Mais l'exercice d'une autorité illimitée répugne autant à nos raceurs qu'à nos principes. Laisser le pays en piToie à l'anarchie et au désordre qui en est la conséquence, et se contenter d'en être le spectateur oisif? Mais tout ce qu'un pareil état de choses a d'odieux et de repoussant fût retombé, h juste litre, sur l'armée française qui l'eût toléré par son indifférence. Ainsi, le général en chef a élé conduit, par les nécessités même de sa position , h substituer à un pouvoir désordonné et farouche un régime avoué par la raison publique et de nature cependant à ne pas heurter trop violemment les mœurs, les usages et les préjugés du pays. Cette nécessité était tellement impérieuse, qu'elle se fit sentir dès les premiers jours de l'occupation, puisqu'elle porta M. de Bourmont à instituer une commission , sous le titre de commission de gouvernement. Cette commission , vicieuse dans sa constitu-
lion primitive, après avoir essayé sans succès quelques moyens de {gouvernement, s'est éteinte d'elle-même, sans laisser aucune trace de son existence trop courte pour être féconde en résultats.
Dans les gouvernemens naissans qui sont encore sans relations extérieures, et qui n'ont ni armées ni marine (et c'est la condition actuelle du royaume d'Alger), l'administration publique se divise en trois grandes sections principales qui embrassent tous les intérêts publics et privés, l'intérieur, la justice et les finances. Ainsi, le comité du gouvernement fut composé de trois membres correspondant à ces trois sections. Ce comité s'assemble sous la présidence de l'intendant du royaume qui, sous l'autorité du général en chef, décide des affaires mises en délibération au comité. Un secrétaire général tient la plume, rédige et enregistre les délibérations , notifie les arrêtés du général en chef, par ampliation, à chacun des membres du comité, et est dépositah'e des archives. Tous les arrêtés préparés par les membres du comité, chacun dans leurs attributions respectives, discutés et délibérés en conseil , sont pris par le général en chef sur la proposition et d'après Texposé de l'intendant
fHii esl chargé d'en suivre l'exécution. Cefl^ centralisation de pouvoirs dans les mains d\ni seul , résultant d'ailleurs du mandat primitif conféré à l'intendant par le Roi , était indispensable à la marche et à la conduite des alTaires, cl il importe de la maintenir. Du reste, les attributions de chacun des membres des trois sections ont été définies de manière à évitei' la confusion des pouvoirs et tout conflit d'autorité. La preuve la plus évidente que ce mode de gouvernement était convenablemeiït adapté aux circonstances, se tire des succès qu'il a obtenus en peu de temps; succès qui garantissent ceux qu'il obtiendrait par la suite, lorsque, par un plus long usage, il serait parvenu à se consolider.