‹ Observations du général Clauzel sur quelques actes de son commandement à AlgerChapitre 3 sur 20 · IG · texte numérisé non relu

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Quoique la ville et les environs d'Alger fassent partie du beylick de Tillerie, ils forment un arrondissement séparé et indépendant.

Avant de marcher sur Médéah, je ne pouvais compter que sur Tobéissance et la soumission de la ville d'Alger et de quelques tribus voisines.

L'expédition de l'Atlas assura la domination de la France sur la totalité des tribus de l'arrondissement d'Alger et sur le beylick entier de Tilterie.

Des mon retour à Alger, des cultivateurs purent s'établir à quelque distance de la ville : les relations entre Alger, Blida et Médéah devenaient de jour en jour plus fréquentes et plus faciles.

Cependant les beylicks de Constantine et d'Oran étaient en proie au désordre et à l'anarchie. Le bey de Constantine avait refusé de se soumettre; celui d'Oran, quoiqu'd eût reconnu la domination française, n'avait pas assez de force pour maintenir la tranquillité dans la pro^. vin ce qu'il gouvernait.

C'est dans ces circonstances que je m'occupai des arrangemens qui eurent lieu plus lard avec le bey de Tunis.

> Depuis la fin du mois de septembre , époque à Jaquelle il ne resta plus de doute dans mon esprit sur le succès de la colonisation d'Alger, mes méditations avaient pour principal objet une combinaison qui me permît de soulager le gouvernement d'une partie du fardeau de l'occupation , et de satisfaire à l'honneur national, en établissant la domination française sur toute l'étendue de la régence d'Alger, afin que, dans l'opinion de la France et de l'Europe , la conquête eût tous ses résultats possibles. Je saisis une occasion qui se présenta d'entrer en relation avec le gouvernement Tunisien , inquiété sur ses frontières par le bey de Constantine qui ne s'était pas soumis à l'autorité française , et qui est encore aujourd'hui en état de rébellion , dans l'espoir de devenir le souverain de la province dont le dey d'Alger lui avait confié le gouvernement. Je savais que le bey de Tunis, soigneux de conserver l'amitié de la France , repoussait les offres des principaux habitans du district de Constantine, de se soumettre à sa domination , pour se soustraire à l'anarchie dans laquelle était plongé ce beylick depuis la conquête. Je reçus des communications extraofficielles de M. de Lesseps, notre consul-géné-

rai à Tunis , el d'après les inrorinations qu'il me fit parvenir, j'accueillis les ouverlures qui me lurent faites de nommer l>ey de Constantine un prince de la maison régnante de Tunis. Cette maison est d'origine arabe , ce qui rendait cette nomination agréable aux peuples que je l'appelais h gouverner sous l'autorité de la France , et aux mêmes titres el conditions que les beys nommés par le souverain d'Alger et révocables à volonté. Ce choix devenait une garantie de plus contre le retour des Turcs, mortellement hais par les habilans maures et arabes de la Régence. La nomination d'un prince musulman témoignait denotrc tolérance religieuse, sur laquelle ils ne complaient pas , nous supposant imbus des idées de prosélytisme des Espagnols, dont l'invasion de 17 77 avaitdes témoins encore vivons. Je dois ajouter que, de tous les peuples barbaresques, les Tunisiens sont les plus civilisés , que les princes de la maison régnante protègent ouvertement une amélioration intellectuelle, très-remarquable parmi leuis sujets , et qu'ils s'exposent , en agissant ainsi , aux excès d'un fanatisme qu'ils bravent, non sans quelque danger , pour conserver notre amitiés Un arrangement pui-ement militaire

et adminislratii fut conclu entre ce souverain et moi ; il est conçu dans les termes suivans :

« Au nom de Dieu clément et miséricordieux, souverain arbitre de toutes choses ;

» Le général , commandant en chef l'armée française en Afrique , en vertu des pouvoirs qu'il tient de S. M. le Roi des Français , en sa qualité de général en chef, et Sidi-Mustapha , muni des pleins pouvoirs de Son Altesse le bey de Tunis et de Sidi-Mustapha , son frère , dont copie certifiée reste annexée à l'une des présentes, sont convenus de ce qui suit :

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