TBANSFORWATION FIBREUSE PE LA PROSTATE
L’irritation , lorsqu’elle est légère et de longue durée, produit quelquefois chez l’adulte, raais plus souvent chez le vieillard, un endurcissement du tissu de la prostate. Celle transformation en une substance plus dure, moins colorée que le tissu prostatique normal , est aussi la conséquence fréquente des progrès de l’àge. Les prostates qui l’ont suivie sont dures, unifornjéuîent tuméfiées, insensibles pendant l’émission des urineset l’exploration à travers le rectum ; elles ne procurent au malade d’autre incommodité que celle qui dépend du resf serrement du canal.
Il ne faut pas confondre ce mode d’altération avec la dégénérescence squirrheuse de la prostate , dont je ne m’occuperai nullement,
ENGORGE-VEiNS VARIQUEUX PE LA PROSTATE,
Les engorgemens variqueux de la prostate sont le résultat de la dilatation des veines qui rampent dans le tissu cellulaire de cet organe , sous son enveloppe fibreuse et au-dessous de la membrane muqueuse du col de la vessie.
Les hommes bruns et secs , chez lesquels on voit , au dessous de la peau , des veines grosses» molles et roulantes^ sont ceux qui sont le plus
souvent alleins de ce mode d’engorgement. Dans ■beaucoup de cas , les hémorroïdes le précèdent ; dans d’autres circonstances, elles se manifestent postérieurement à lui. La coïncidence fréquente de l’affection hémorroïdale avec la dilatation variqueuse des veines prostatiques , l’état variqueux des veines qui rampent entre le rectum et la prostate et dont les ramuscules émanent de ces deux organes , l’égale faculté qu’ont certaines causes de produire ces deux affections , sont autant de circonstances qui tendent à démontrer qu’elles découlent d’un même état pathologique, et que les différences qu’elles présentent sont l’effet de la structure des organes qui en sont le siège.
Tout ce qui peut gêner la circulation dans les gros troncs veineux de l’abdomen, détermine la stase du sang noir dans l’excavation pelvienne , et devient cause d’engorgement variqueux de la prostate ', surtout si depuis long-tems l’Irritation entretient une fluxion dans les organes génitourinaires De toutes ces causes , les plus puissantes sont les efforts de la défécation , l’équitation , les excès de table.
Les engorgemens variqueux poursuivent leur développement avec beaucoup de lenteur , et ne procurent aucune souffrance pendant l’émission des urines. Examinées à travers le rectum dans l’intervalle des évacuations alvines , ces masses vari- <queuscs sont molles, spongieuses , depressibles ,
indolentes; mais si des efforts de défécation viennent d’avoir lieu , on les trouve dures et quelquefois augmentées de volume, au point de produire immédiatement la rétention complète
A la longue, les parois de ces veines variqueuses s’affaiblissent, la fatigue occasionée par la marche , l’équitation, les voyages en voiture, provoque des hématuries, des épanchemens sanguins dans le tissu de la prostate, d’où résultent son augmentation de volume et une plus grande gêne dans l’émission. Dans les cas de cette nature , le cathétérisme produit d’autant plus aisément ces hémorragies, qu’il existe presque toujours , au dessous de la muqueuse du col vésical, des nodosités variqueuses qui se trouvent sur le passage du bec de l’instrument.