‹ Observations et réflexions sur les phlegmasies de la prostateChapitre 6 sur 25 · IN · texte numérisé non relu

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A trenle-cinq ans coït impur, hienlôl après dartres à la face , au cuir chevelu , etc. — Antisyphilitiques , bains , refroidissement , repercussion de la maladie cutanée , prostatite aiffuë , rétention d’urine , cathétérisme infructueusement répété , ponction de la vessie au dessus des pubis. — A htt ans , deuxième rétention d’urine , nouvelle ponction à l’hypogastre , sonde ci demeure au point ponctionné ; le canal reste obstrué. — Persistance de la phlegmasie à l’état chronique dans les organes génito Urinaires. — ^ 58 ans, recrudescence des acidens , mort. — Altération profonde dans les appareils 'urinaires et spermatiques , etc.

Un milanais , grand , brun , d’un tempérament bilioso-sanguin, bien caractérisé, exerçait le métier de tisserand dans les Cevennes. Jusqu à

l’àge (le 35 ans , il mena une vie sobre et jouit d’une santé parfaite.

A celte époque , coït impur ; 'et , peu de lems anrès , dartres à la face , au cuir chevelu et aux

mains ; traitement anlisypliilitique , bains pendant l’hiver , disparition de l’exanthème , et , immédiatement après J pesanteur , chaleur au périnée, ténesme du rectum et de la vessie , efforts violens pour satisfaire un besoin impérieux d’aller à la selle, gêne du cours des urines, et enfin rétention complète ; frissons alternant avec la chaleur , grande agitation , distension de la vessie , cathétérisme urgent et Impraticable , ponc- , tion au dessus des pubis , sonde en argent , à demeure au point ponctionné.

Cinq mois se passent dans cet état, et, lorsque les chaleurs de l’été arrivent , la gêne de l’émission des urines diminue assez pour qu’on puisse retirer la canule de l’hypogastre ; la fistule guérit.

Pendant huit ans , Yismard urine sans trop de gêne. Au bout de ce tems (44 ans), nouvelle prostatite aiguë, rétention complète , cathétérisme impossible , deuxième ponction à l’hypogastre , réintroduction de la canule qu’on ne retire plus parce que les urines ne s’écoulent pas en suffisante quantité par le canal.

Depuis cette recrudescence de la prostatite , \ismard n’a plus d’érections ni de désirs véné-

riens ; il ressent nuit et jour un froid glacial au dos , un sentiment de lassitude dans tout le corps, une grande faiblesse dans les membres inférieurs ; il devient d\ine irritabilité excessive , capricieux; son appétit est passable , mais des vents , des flatuosités le tourmentent d’autant plus , qu’il est atteint d’une constipation opiniâtre ; son sommeil est troublé par des rêves et peu durable. De tems à autre, un peu d’urine s’écoule par le canal , mais s’il cherche , par des efforts , à en activer le cours , l’émission est complètement arrêtée , et des pesanteurs plus grandes , un sentiment d’ardeur se font sentir dans la prostate et au bout du gland ; les urines sont bourbeuses quoique excrétées par la sonde de l’hypogastre; elles contiennent beaucoup de glaires filantes , quelquefois du sang noir et une matière purulente. Ce n’est qu’à l’âge de 56 ans, le 16 avril 1835 , que Vismard vient réclamer des soins à St-Éloi.‘

Le 17 avril, M. Lallemand introduisit avec facilité une sonde en argent n° 4 ; il ne s’écoula pas d’urine ; on n’en fut pas surpris , attendu que la canule placée à l’hypogasire devait tenir la vessie dans un état habituel de vacuité. Pour savoir si la sonde était pénétrée dans la cavité de cet organe, M. Lallemand y injecta de l’eau qui s’échappa au dehors par la canule de l’hypogastre, ce qui lui fit croire que la sonde était réellement

dans la vessie, aussi ne cliercha-t‘il pas à toucher la canule de l’hypogastre avec la sonde.

JS , la sonde en argent est retirée et remplacée i par une sonde en gomme élastique n° 7 . Des mucosités purulentes , un peu de sang , beaucoup d’urine s’écoulent par celle-ci. La sonde en argents’était obstruée, une grande quantité d’urine s’était accumulée dans la vessie, et rien ne passait par la fistule de l’hypogastre. M. Lallemand cherche à toucher la canule de l’hypogaslre avec la sonde ; il ne peut point y parvenir ; une nouvelle injection est pratiquée dans le réservoir urinaire; le liquide passe par la fistule suspubienne.

19 , une sonde n° 1 1 est introduite facilement. Le 20,1e n*^ 12 la remplace. Ces sondes ne procurent pas de douleur trop vive; le malade éprouve des frissons alternant avec des bouffées de chaleur ; il lui semble que de la neige lui tombe sur le dos ; il a un peu de diarrhée; il ne rend pas du sang ; l’urine s’écoule par la sonde , et entre la sonde et les parois du canal.

I 21 , sonde n° 13 ; l’introduction de celle-ci procure moins de douleur que son séjour ; on la retire. Dans la soirée , la verge rougit et se tuméfie. La sonde est retirée. Bains , lavemens. Les jours suivans , cette phlegmasie ne fait pas de notables progrès.

24 , M. Lallemand cède le service à M. Serres. Celui-ci sonde le malade , introduit le doigt dans

le rectum , et reconnaît que les parties interposées entre son doigt et la sonde sont fort minces.

M. Lallemand répète les mêmes manœuvres , et j trouve au contraire qu’une prostate volumineuse i sépare son doigt du cathéter. On soupçonne une fausse roule. Le même traitement est continué.

Durant les trois derniers jours du mois d’avril, la sécrétion de l’urine est s\ispendue sans avoir été précédée d’aucune douleur aux lombes ou dans les organes génito urinaires. Une douleur vive se fait sentir dans le genou gauche , qui devient le siège d’un léger gonflement, avec rougeur lîérésipélateuse ( sangsues). Tout-à-coup , le 30 avril, peau chaude, pouls petit et fréquent, abattement de forces, décomposition des traits de la face , stupeur, mort dans la nuit.

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