‹ Observations grammaticales sur des chartes françaises d'Aire en ArtoisChapitre 3 sur 14 · On Irouve di\xss,i pramet (M · texte numérisé non relu

On Irouve di\xss,i pramet (M

en dehors de toute raison étymologique, la lettre h aurait été introduite dans un si grand nombre de mots, si elle n'avait pas dû indiquer une modification quelconque dans l'articulation du c. Au contraire, il est naturel que des copistes aieiit pu écrire c au lieu de ch, puisqu'il leur arrivait aussi d'écrire ch au lieu de h dans eskevin, ou au lieu de c dans chascun et dans choses. Il en faut conclure que les différentes formes du pronom démonstratif qui s'écrivaient parfois sans /i «cil, cel, celi, cens, ces, » ce^ cest, » devaient se prononcer de même que lorsqu'on avait écrit « chil, chel, chelui, cheus, ches, che, chest; » car il faut toujours supposer que l'unité de prononciation existait sous les variétés de l'orthographe. Cela n'empêche pas que l'articulation du c doux ne pût exister dans certains mots, si cette consonne n'y était jamais combinée avec Y h. Je citerai par exemple le nom de nombre cens qui se représente dans un grand nombre de chartes avec une orthographe toujours conforme à la nôtre. D'autres mots sont aussi écrits avec le c simple ', mais les exemples en sont trop peu nombreux pour qu'on ait la certitude que cette orthographe fût seule en usage.

Il résulte des observations recueillies dans les chartes de Joinville que Yi parasite s'employait après les lettres ch et après le g, puis après les consonnes cl, r, s, t, z, quand ces consomies étaient immédiatement précédées d'un autre i. Les mêmes faits se trouvent constatés dans les chartes d'Aire, notamment par les mots « dechiès (A 39), jugier (G 13), aidier (A 21), demisiele » (B 12). » Les mots Mikiel (G 56), markié (H 14), touMer (J 70), prouvent que Yi parasite s'employait aussi après le k lorsque cette consonne tenait lieu des lettres cli. J'ai à citer en outre des emplois de Yi parasite dont les chartes de Joinville ne fournissent pas d'exemple, et d'où l'on peut conclure que cette voyelle se combinait dans le dialecte picard avec la plupart des consonnes : « Robiers (D 1), gracie (A 1), cief (J 44), cienc (E » 10), cieunc (F 7), ciencquante {E 10), cieuncquante (F 7), » iestre (J 23, etc.), fiestes (A 19), moliesté (N^62), apielé (A » 10), apièle (K 8), apieleront (J 85), Pietteghe (S 32), Walon- » capiele (B 5), priés (J 55), apriès (A 11), luminarie (A 36),

1. Par exemple, les substantifs cens (F 34) et exception (G 48, H 72); quant à l'adverbe ancienement (G 17), on le trouve écrit dans d'autres textes anchienemenl.

» Arie (Ail), siet ^ (Q 32), Cassiel (K 8), tiere (C etc.), tierage » (H 7), tieroir (E 11), tiesmoingnons (N 86), tiesmoingnage » (N 95), Thierowaue (A 1), Tiernois (H 6), enviers (G 43), » nouviel (P 7), viestir (J 64), viertu (J 102). » Un emploi aussi fréquent de 1'/ parasite devait être la conséquence de certaines habitudes de prononciation - ; mais connue il était parfois supprimé dans plusieurs des mots qui précèdent, on doit croire que le son de cette voj^elle était peu distinct, et qu'il se confondait plus ou moins avec celui de la voyelle suivante. Je donne ici la liste des variantes où Vi jjarasite n'a pas été marqué : « dechès » (S 52), grâce (H 89), estre (A ISj, apelé (C 16), Peteghe (S » 4), après (B 20), Aire (C 4), terre (B 9), tere (C 6), ter^ge » (M 11), teroir (F 8), tesmoingnage (0 24), Terouwane (M 6), » Ternois (L 9).

Il y a dans les chartes d'Aire un autre emploi de Viqni mérite d'être noté, c'est le redoublement de cette voyelle dans l'intérieur d'un mot. Ainsi, en même temps qu'on écrivait « seel (D etc.), » seaus (F 42), seals (H 88;, saiel (B 2i;, seiel (C 31), saiaus » (A 42j, » formes qui se retrouvent presque toutes dans les chartes de Joinville ; on écrivait aussi saiiaus (G 43), ou bien encore « doiien (E 16), otroiié (E 27), paiié (G 6), paiier (S 52), » paiis (S 79), priiere (N 94), proiiere (E 19), priier (J 19), » Juhien (J 12), Mariien (R 10).» Les chartes de Joinville n'offrent qu'un seul exemple de Vi redoublé dans aiide; hors de là on n'y trouve que Yi simple, comme dans jî^/er, j^cas, proiere, ou Xy connue dans aycles, abaye, doyen. On y rencontre au contraire dans boins et pluisours une espèce d'^ parasite dont les chartes d'Aire fournissent également l'exemple: hoinement (E21), boin (R 19) et })lidseurs (Eli). Ce qui est aussi commun aux deux dialectes, c'est l'emploi alternatif des finales ageeiaige; mais au lieu du partage à peu près égal qui existe dans les chartes de Joinville entre ces deux finales, les chartes d'Aire fournissent seulement deux exemples, de la seconde: « damaige (G 34), yretaige V (G 11), » tandi^s qu'on y trouve, (Aitre «yretage (S 47), iretage » (0 10, P 30),1]iretage (0 13, Q 17, etc.) » neuf autres substantifs où la finale âge est seule employée.

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