ROSSIGNOL
Adjectifs.
Sujet singulier masculin. Douz, souez.
Féminin des deux genres. Vers.
Quant li iver^ fu trespasses
Vint li DUL^ tens e li estez ;
Venta l'aure sueve e quoie ,
Chanta li merles e la treie ,
Bois reverdirent e prael ,
E gent florirent li ramel ;
Parut la rose buen olanz
Et ALTREj- FLORi- de maint semblanz. »
Substantifs.
Sujet singulier. Ivers, estez, merles, flors. Sujet pluriel. Prael , ramel.
Adjectifs.
Sujet singulier, Duls , altres.
Adjectifs des deux genres.
Sujet singulier. Olanz.
Là refunda priamz le rou
Qe tant fu sage^ è cortois
Riches chevaliers fu Dictis.
Archcologia, tome XII , page 3i5.
Et comment li palladion^
Fu del temple Minerve emblez
Et as Gregois dehors livres. '
Substantifs.
Sujet singulier. Priams, rois, chevaliers, palladions.
Adjectifs et participes.
Sujet singulier. Sages, riches, emblez, livrez.
Les vers suivants sont de Guernes du Pont- Sa inte-Maxence .
TuiT li PHYSICIEN ne sont ades bon mire ,
TuiT CLERC ne sevent pas bien chanter ne bien lire. '
Substantifs.
Sujet pluriel. Physicien, mire, clerc.
Jdjectifs.
Sujet pluriel. Bon, tuit.
Benoît de Sainte-Maure dit ailleurs, en parlant de la flotte des Danois :
Li mast dunt numbre^ n'est petiz Ne ressemblont mais plaissiz ; Avis esteit que ftist uN.y bruilz. ^
Nul n'osant aler par chemin
Ne MARCHANT ne PELERIN. ^
' Histoire littéraire de la France, tome XIII, page 425 — 6 — 7. ' Archeologia, page 324-
^ Depping, Histoire des Expéditions maritimes des Normands, tome I, page 12g.
4 Ibid., p. 161.
Le dicton picard, que La Fontaine rapporte Liv. IV, fable i6, est conforme à ces anciennes règles :
BiAux ciiiRE.y LEVvs, n écoutcz mie Mère tenchent chen fieux qui crie. '
' Beau sire Loup, n'écoutez pas
Mère tançant son fils qui crie.
J'indiquerai ici quelques uns des ouvrages imprimés dont Içs textes prouvent que la langue des trouvères fut soumise , non seulement aux règles précédentes , mais encore à d'autres que j'aurai occasion de constater ultérieurement.
Ces principaux ouvrages sont : les Fabliaux et Contes des Poètes français , le Roman de la Rose, le Roman du Renard.
C'est au zèle infatigable de feu M. Méon que le public doit la jouissance de ces anciennes richesses de notre littérature.
M. de Roquefort a fait connaître les Poésies de Marie de France , et en a facilité l'intelligence par une traduction en langage moderne.
Je n'ai pas besoin de nommer le Roman de Rou.
M. Crapelet, éditeur et traducteur en langage moderne du Roman du châtelain de Coucy et de la dame de Fayel, a aussi acquis des droits à notre reconnaissance. D'autres loueront le mérite typographique de l'édition, et l'élégante fidélité de la traduction ; je me borne à dire que, sous le rapport des règles grammaticales, le texte de ce poëme , tel qu'il a pu être imprimé d'après le seul manuscrit qui en restait, présente l'observation la plus constante des principes qui ont constitué la langue des trouvères.
SUR LE ROMAN DE ROU. q3