‹ Observations pratiques sur la prédicationChapitre 13 sur 90 · IV. — DE L*ÉLOQU£NGE PARLEMENTAIRE, ETC · texte numérisé non relu

IV. — DE L*ÉLOQU£NGE PARLEMENTAIRE, ETC

Quelques-uns des caractères que je viens de discuter appartiennent aussi à l'éloquence parlementaire. Il y aurait à ce sujet bien des considérations à présenter ; je les réduis à deux remarques que je crois très-graves.

Ces improvisations fameuses de la tribune de nos assemblées législatives, qu'on lisait si avidement le lendemain des séances, étaient remaniées et corrigées à loisir sur les épreuves du journal officiel. C'était là un usage et un droit ; c'était même une nécessité, après avoir traité des points si importants et si délicats au milieu du bruit, de l'inattention, de l'impatience et souvent d'interruptions de toute sorte.

En second lieu, l'homme d'État devant un parlement a deux auditoires, et quelquefois trois : l'assemblée réunie à la portée de sa voix ; la nation, son parti et ses adversaires, les agents divers du gouvernement, qui liront le lendemain, et en

tient (cbap. i) an parallèle des divers genres d'éloquence convenables au barreau, dans les sénats et en chaire, tracé de main de maître. Les conclusions sont celles que je défeoria icj-

M. le professeur J.-J. Cbenevière» dans ses Obstrmtioni iur VÉloquence de la chaire (Genève, 18f4), icdique (p. lË @£ suiv,) les différences qui la distinguent de réloqueDce du barreau, et quoique nous aurions à en appeler de quetques-une^ dt^ ces remarques fines et ingénieuses, elles sont trôs*digries d'étr» laes et méditées.

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36 IV. — DE l'éloquence parlementaire, etc.

troisième lieu quelquefois Tétranger, intéressé et ardent à épier des paroles qui tombent de si haut, qui retentissent si loin. Certes, parler dans ces conditions est une difficile tâche; une des gloires de notre pays est que souvent elles aient aiguillonné Téloquence, au lieu de Tentraver, et que longtemps elles n'aient rien enlevé à sa splendeur. Seulement, il faut reconnaître que ces conditions sont aux antipodes, si j'ose le dire, de l'éloquence de la chaire ; c'est une éloquence du monde, et celle de la chaire n'en est pas. La différence eût été moins sensible peut-être pour les grands orateurs de la cour de Louis XIV, qui n'en sortaient pas, pour ainsi dire, quand ils montaient en chaire, appelés à préeher un Avent ou un Capême entre les scandales un moment contenus de ses brillants adultères, et forcés de commencer leurs sermons par le mot : Sire !... mais nous qui ne permettons pas aux choses temporelles de nous enserrer de si près; nous, presbytériens, qui, préchant devant une famille royale réunie dans sa tribune, commençons simplement en disant : Mes Frères!... nous croyons pouvoir affirmer que la prédication est un art oratoire à part qui s'éloigne de l'éloquence parlementaire autant que leurs domaines diffèrent.

On a dit avec raison qu'au barreau l'autorité ré-

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