XI. — DE LA HARDIESSE DANS LA PRÉDICATION
ville de 300,000 âmes, très-fière de son port, de son commerce, de sa splendeur, de ses églises, de ses canaux et des 17,000 pilotis de bois de Norwége qui servent de fondement à son antique hôtel de ville. En 1823, je prêche un sermon (9* du if Recueil) sur les Dangers des grandes Villes, et ce sermon fut pris de travers; je ne trouve pas d'expression plus juste pour rendre l'étrange effet qu'il produisit. De tous côtés, il me revint que l'opinion publique m'accusait d'avoir prononcé du haut de la chaire une véritable satire... Je pris le seul parti qu'il y avait à prendre; je publiai immédiatement le discours, laissant à la lecture le soin de réformer le jugement de l'audition.
DE l'actualité os LA PRÉDICATION.
Un des caractères de la hardiesse prudente que le pasteur doit porter en chaire, est Tactualité. La prédication n'atteindra pleinement son but d'utilité religieuse que si elle est actuelle» occasionnelle, contemporaine pour ainsi dire.
Certes, elle ne^ doit pas l'être toujours. Les vérités du christianisme, les leçons du christianisme sont étemelles comme la pensée même de Dieu dont elles émanent ; il serait insensé de les laisser là pour ne parler en chaire que des idées et des systèmes, des intérêts et des événements du jour; ce serait oublier la foi et la morale qui ne changent pas, pour suivre dans ses évolutions variées à l'infini l'activité humaine ; ce serait oublier le ciel pour ce monde et Dieu pour l'homme. Évidemment la part