XII. — DE L ACTUALITÉ DE LA PRÉDICATION
de beaucoup la plus grande appartient dans une prédication régulière à FËvangile, à ses doctrines, ses préceptes, ses espérances, et les bruits du siècle ne doivent jamais couvrir sa voix.
Avec la même force, je serais le premier à m'élever contre l'imprudence qui ferait de la prédication un écho des gazettes et la laisserait tomber au niveau des petites circonstances, des petites passions du moment, d*attaques infimes qu'elle doit dédaigner de toute sa hauteur, de mondanités honteuses qu'elle doit passer sous silence, et de ces mobiles caprices de la mode indignes de son attention. Il y aurait folie à tenter d'imiter aujourd'hui les excès des orateurs de la Ligue en France ou de l'époque de Charles et de Cromwell en Angleterre, qui parlaient bien moins en prédicateurs qu'en, tribuns. U y aurait une autre genre de folie à critiquer en chaire les vêtements des femmes, l'un des sujets favoris des orateurs catholiques du xvi* siècle. D'un côté, nos lois ont sagement coupé court à ces fureurs politiques qui compromettaient à la fois les deux domaines, le spirituel et le temporel S et, de l'autre, la délicatesse du goût moderne ne saurait tolérer ces mesquines inconvenances. Quelques essais des deux
4 Gode pénal, art. )0t-}07.