XII. — DE l'actualité DE LA PRÉDICATION
contentements, qui même peuvent éclater et entraver pour un temps la carrière. Néanmoins j*ai toujours cru que mon devoir de prédicateur, comme mon droit, allait jusque-là, et je n*ai point reculé devant les opportunités, sans les rechercher. J*ai pris à l'occasion pour sujets de sermons le jubilé de la Réformation en 1817, quoique ce fût une commémoration luthérienne ; une rupture des digues et l'envahissement de la mer dont Amsterdam fut menacé ; la guerre civile dans nos rues en 1832 ; la cessation du choléra ; le crime de Fieschi, la consécration d'une chapelle séparatiste en^l 840, les inondations de 1 846, Touverture du temple de Pentemont, la révolution de Février, les journées de Juin, les élections au synode de 1848 ; à cette occasion, la fusion vainement désirée des deux Églises .réformée et luthérienne et le schisme qui a suivi l'assemblée; la polémique du socialisme (plusieurs discours), l'exposition universelle, la folie irréligieuse de l'évocation des esprits par le mouvement des tables *, l'anniversaire
* A propos de l'actualité de la prédication, j'ai la plas grande peine, je Tavoue, à me figurer ce que les curés des communes rurales mettent dans leurs prônes. Quand on pense à la masse incroyable de préjugés, de crédulités absurdes, de pratiques superstitieuses, qui encombre les esprits des gens de la campagne dans ce prétendu giècte des lumières, les sorts, le mauvais œil, les guérisons par maléfices de mille sortes, les divinations, les apparitions da diable ou des morts, on ne comprend paf
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de la prise de la Rochelle, célébrée dans l'église Notre-Dame-des* Victoires en 1857, la promulgation du dogme de l'immaculée conception, l'affaire Mortara, et plus récemment encore, au sujet dé^ mandements des évéques de France, la séparation du spirituel et du temporel. Je cite ces divers exemples pour qu'on ne se méprenne point sur ce qu'il faut nommer l'actualité de la chaire et pour montrer combien sont rares les conjonctures ou les attaques 'qui méritent d'être prises en considération par la prédication chrétienne. Ces souvenirs, en effet, sont ceux de quarante années de ministère.
Aussi, je crois que nous pouvons aller quelquefois plus loin et consulter un peu plus les circonstances ; je crois que la prédication peut se prendre à des émotions du troupeau ou à des injustices de nos adversaires moins notables, moins retentissantes. Dans le courant de l'automne de 1881, une inquiétude générale agitait les esprits : j'ai prêché sur la question de Jérémie à ses concitoyens lors des désastres de Juda : Qui est-ce qui dit qu'une chose est arrivée et que le Seigneur ne Va point voulu (Lam. m, 37) î Un livre ^ parait, destiné aux établissements d'instruc-
que la prédication rurale ne s'exerce pas à déraciner ces déplorables folies.
^ Catéchisme protestant à Tosage des hommes de bonne foi,