XVI. — DES SERMONS SANS MÉTHODE
à rimprovisation, elle est toujours praticable, en ce sens qu'on peut toujours articuler des mots ; mais sans méthode, il est impossible qu'elle arrive à obte* nir un succès réel, à produire des fruits durables, à ijraver dans l'esprit des auditeurs des choses qui y restent.
Il est donc de nécessité absolue que les pensées principales forment une série sans interstice, se rattachent les unes aux autres et s'enchaînent par un lien logique; que chaque fragment considérable amenant un repos de Télocution ait son début, son milieu et sa fin ; que l'auditeur captivé puisse suivre aisément le fil du discours, et que, s'élevant ainsi d'idée en idée sans que la succession présente de rupture, il se laisse entraîner vers un dernier appel, un dernier trait qui le relâche et le livre à luimême.
Le fond de la vraie méthode, de celle qui vient d'être définie, est donc une logique naturelle et rigoureuse dans l'exposition générale des idées du discours.
Le moyen le plus efficace est de ne point sortir,
tesse; reDchaiDement des idées sert de guide à la mémoire. « Ma mémoire difficile ne pouvait retenir, dit Reinhart, que » ce qui était bien lié; plus mon sermon était régulièrement » distribué jusque dans ses dernières sous-divisions, et moins » j'avais de peine à l'apprendre {Lettrts, etc., p. 89).. »
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de ne point s'éloigner du plan qu'on s'est tracé. Disposez le plan du discours comme vous l'entendrez, pourvu qu'il soit méthodique; mais restez-y fidèle.
La forme, l'artifice oratoire qui assure la méthode, est dans les finales et les transitions.
Chaque groupe d'idées doit conduire, comme pas à pas, l'attention de l'auditoire et le débit de l'orateur vers une idée finale qui en est le couronnement.
Chaque finale doit toucher, pour ainsi dire, à la transition qui amènera et Tattention et le débit à entamer le groupe d'idées qui suit.
Ce système, on le voit, n'est point de convention ; il est donné, il est régi par les lois mêmes de l'esprit humain. Dans les conceptions de notre esprit et dans nos paroles qui en sont l'expression, rien n'est isolé, détaché, sans précédents et sans conséquences ; tout se succède ; il y a liaison, quand il semble qu'il n'y en a pas. C'est cette loi de notre intelligence qu'il s'agit de suivre dans la composition d'un sermon, et dont l'observation facilite ensuite et favorise le débit.
Et c'est parce que rien dans ce système n'est artificiel et arbitraire qu'il ofire moins de difficulté qu'on ne croit à mettre en pratique. Il demande.