XVIII. — DE LA LECTURE
d'avoir un manuscrit facilement lisible et dûment assujetti sur le devant de la chaire; puis, d'en tourner les feuillets sans affecter un déguisement inutile et peu digne. H faut tenir pour certain qu'on ne trompe pas sur ce point les auditeurs; ils reconnaissent toujours qu'uQ orateur lit; la main ne l'indiquerait pas que le regard l'indique assez.
Le système de la lecture, il estvrai, n'a pas empêché quelques prédicateurs de se placer au nombre des plus éloquents de leur église ; j'en ai vu de frappants exemples en Hollande ; à Amsterdam, Teissèdre L'Ange ; à Leyde, Van der Palm, et en ce moment même Genève peut citer contre ces remarques un de ses noms les plus célèbres et les plus chers. Cependant il m'est impossible de rétracter ces observations ; les succès remportés malgré ces désavantages ne prouvent que l'immense mérite de ceux qui les obtiennent ; ils ont triomphé à force de talent d'un obstacle qui a fait trébucher un grand nombre de leurs émules, et en les écoutant on ne peut se défendre de dire : Que serait-ce, s'ils ne lisaient pas ?
Quoique adversaire décidé de cette méthode de débit, je la crois moins préjudicielle que le mélange de la lecture avec la mémorisation ou l'improvisation. Quelques prédicateurs écrivent tant que le