‹ Observations pratiques sur la prédicationChapitre 70 sur 90 · DES SERMONS EN CHAIRE · texte numérisé non relu

DES SERMONS EN CHAIRE

temps le leur permet, lisent ce qu'ils ont écrit et improvisent ce qui manque ; d'autres apprennent par cœur la plus grande longueur qu'il se peut et lisent ou improvisent le reste. Ces allées et venues d'une manière à l'autre m'ont toujours paru la ressource la plus incertaine et la plus mauvaise, au point que je n'oserais en aucun cas conseiller d'y recourir. Sans nul doute, l'éloquence, l'élocution sont choses toutes personnelles et je crois m'en être montré assez convaincu ; mais s'il s'agit d'indiquer à un débutant la meilleure voie à suivre dans ses premiers essais, il m'est impossible de ne pas considérer comme un échec et non comme système ces abandons soudains d'un procédé pour passer à un autre et reprendre bientôt le premier. Une seule remarque suffit pour appuyer ces doutes : avec ces changements subits et répétés, il est inévitable que le sermon et pour le fond et pour le style, ainsi que le débit, pour la pose, le geste, le regard, ne présentent une succession de disparates sensibles. Le discours n'est plus un ; il suit les variantes de l'élocution, qui varie à son tour avec les phrases et les parties récitées ou lues, ou improvisées, et l'auditoire peut se croire en présence de prédicateurs différents qui se relayent pour une seule prédication. J'ai essayé de ce mélange» et je ne suis jamais parvenu à en être content.

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