UTILITE DES CONSEILS
De ces considérations, une importante conséquence est àdéduirequi en forme le corollaire. Autant les modèles sont dangereux, perfides, impossibles, autant les conseils sont utiles, sont indispensables. Encore une fois, aucun prédicateur ne sait comment il prêche ; il faut donc qu'on le lui dise. Si les péchés d'ignorance sont rares en morale, ils sont trèscommuns en éloquence ; on ne peut se les reprocher à soi-même, et quand on essaye de les corriger, on ne sait pas si on les a corrigés en effet.
Ces défauts que l'orateur contracte à son insu, sont d'ordinaire ce que l'on nomme très-justement des défauts naturels, de sorte qu'on en vient avec une déplorable facilité à y retomber à tout moment, et qu'il faut ensuite une longue et pénible vigilance.