CHAPITRE HI
Méthodes d'analyse.
Mes recherches ayant porté à la fois sur le lait de femme et le lait de différentes espèces animales, il m'a été parfois impossible de recueillir des échantillons suffisamment copieux ; aussi, ai-je dû suivre plusieurs méthodes d’analyse suivant la nature et la quantité de lait examiné.
Il était cependant nécessaire d’user de procédés extrèémement rigoureux, tout en étant aussi rapides que possible.
Au cours des chapitres qui suivent, je décrierai la façon dont j'ai procédé au prélèvement des différents laits que J'ai examinés.
En général, jai dosé dans chaque échantillon :
1° L’extrait sec à 100";
2° La matière grasse ;
3° La lactose ;
4° La caséine ;
» Les cendres ;
6° L’extrait sec dégraissé.
Tous les laits de vache ont été examinés au galacthydromètre Perrin. Je n’ai pas porté dans les tableaux que J'ai dressés, les indications données par cet instrument, je me serais répété indéfiniment, car tous les laits que j'ai examinés ont présenté, à quelques degrés près, la même
résistivité, quelle que soit leur teneur en matière grasse. Pour l'appareil, tous ces laits, et c’est la réalité, étaient naturels,
Frc. II. — GALACTHYDROMÈTRE J. er P. PERRIN (Modèle ambulant)
Ce travail ayant pour principal objet l'étude des variations de la matière grasse, lorsque les échantillons se sont trouvés insuffisants pour effectuer le dosage de tous les éléments, j'ai toujours dosé la matière grasse et, chaque fois que cela m'a été possible, l'extrait sec.
Dans les expériences quotidiennes de longue durée, je me suis également contenté de doser chaque jour la matière grasse et l'extrait sec, me bornant à faire, tous les cinq jours, l'analyse complète des divers éléments.
RS
Toutes les pesées ont été faites sur la balance Collot, munie du dispositif de l’amortisseur à liquide et évaluées au dixième de milligramme.
Tous les résultats sont rapportés au litre, parce que c'est l'unité de volume généralement adoptée pour le lait, et parce que les quantités prises pour base dans les analyses ont été mesurées à la pipette.
Pour rapporter les résultats à cent parties en poids, il est nécessaire de tenir compte de la densité. Or, cette dernière, à moins d'être déterminée par la balance hydrostatique, manque de précision et est susceptible d'introduire une cause d'erreur dans les résultats.
Duclaux (1), qui a étudié les divers pèse-laits en usage, dit : « Tous ces instruments ne sont pas exacts et bien construits. La hauteur dont se soulève l'instrument dépend de la nature du lait, de sa richesse en crême et de la température : il en résulte qu’on ne peut guère compter sur le chiffre des millièmes, et que celui des dix millièmes est absolument illusoire ».
Pour ces raisons, j'ai cru pouvoir négliger la détermination de la densité qui m'a semblé sans intérêt dans l'étude que j'ai entreprise.
La méthode du flacon, la seule qui puisse être employée lorsqu'on veut des résultats rigoureux, m’eût demandé beaucoup de soins et de temps. Mes recherches devant porter principalement sur les variations de la matière grasse, et ces dernières influant sur la densité en sens contraire de l'extrait sec, la détermination de la densité ne pouvait donner aucune indication utile.