CHAPITRE VI
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Quelques essais d’expérimentation.
‘M Je Médecin-Major JOUSSET à essayé de contrôler expé-. rimentalement le pouvoir toxique des flèches recueillies dans divers villages de la région révoltée. En raison des ; conditions précaires de la colonne, ces essais n’ont pu avoir ‘toute la précision voulue; nous croyons cependant pouvoir relater les résultats constatés. | Cr = Seize inoculations furent pratiquées sur des chèvr es. Dans la presque totalité des cas (14 fois), les flèches furent enfoncées dans les muscles de la fesse et la pénétration en fut poussée jusqu'à ce que les barbelures pénètrent dans la
plaie; de cette façon les rigoles latérales des flèches, c ’est-
à-dire la partie du fer qui contient le plus de Po étaient
. en contact avec les liquides organiques.
e La flèche fut laissée en place pendant un temps variant entre 30 secondes et une demi-heure. Puis, suivant le cas, Ja chèvre fut abandonnée à elle-même ou immobilisée de
façon à mettre ces animaux dans des conditions identiques
à celles de nos différents blessés.
Dans un autre cas, on utilisa une injection de cinq cen-
timètres cubes d'alcool dans lequel avait séjourné une
pointe de flèche empoisonnée.
Enfin dans le dernier cas, l’inoculation fut faite avec une
pointe de sagaie empoisonnée (cette arme lancée par un
- fusil est l’arme habituelle des chasseurs d'éléphants de la région. Elle a été très rarèment employée par les indigènes
au cours de cette colonne). :
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. Au point de vue clinique, les résultats furent les suivants : je treize cas de mort rapide en un temps variant entre ‘trente minutes et quatre heures ; une mort au sixième jour; enfin deux cas de guérison après que l'animal eut présenté des phénomènes d'intoxication. nt En ce qui concerne les tr eize premiers, quel que soit le temps pendant lequel la flèche est restée en contact avec. les tissus, que l’on ait employé des moyens hépetqne pour entraver l'intoxication ou que l'on se soit abstenu, les phénomènes cliniques présentés par les animaux furent à he peu de chose près identiques. Les seules modifications
observées furent, suivant le cas, le temps plus ou moins long que met le poison à révéler sa présence dans le sang
ou que mettaient à évoluer les diverses manifestations cliniques. SE ee
Chez les animaux en expérience, le premier signe observé ‘fut la dyspnée se révélant par un battement des ailes du
nez. Ce symptôme est apparu au plus tôt dix minutes (un. cas) et au plus tard une heure et demie après l’inoculation. À peu Près en même temps on voit la chèvre se lécher les lèvres : ce qui nous laisse à penser que le poison est passé dans la salive. L'animal inquiété par cette saveur amère à cherche à s’en débarrasser en se léchant.
ES TRES apparaît un autre signe important de l’'intoxication : c'est l'agitation. L'animal, qui jusqu'alors semblait indifférent, commence à s'agiter : il frappe le sol avec ses pieds, fait plusieurs pas ‘enfavant, se met sur les genoux, se. relève, en poussant des bêlèéments plaintifs. Il cherche un abri, mais en change à chaque instant, ne se trouvant bien nulle part, Les muscles du dos et du cou sont généralement en opistothonos. Parfois l'agitation est plus marquée “Jane chèvre donne des coups violents contre les murs. Après un temps plus ou moins long surviennent les convulsions et la mort suit à bref délai. À Pautopsie, on trouve une hémolyse presque complète. |
Dans les deux cas qui ont été suivis de guérison, les :
symptômes sont beaucoup plus faibles. Les ut manifes-
‘auxquelles s'ajoute un symptôme constaté seulement dans a ces deux cas (et jamais retrouvé dans les empoisonnements
bilieux. | 4 PR $ é a
“HER à forme rapide) : les vomissements DAex et. quelquefois
tations « constatées sont un peu de dyspnée et d'agitation
. Gependant le vomissement ne doit pas être pris « en. consi- 2 C0 | dération pour pronostiquer une guérison, Car il a été.
observé dans presque tous les cas mortels chez nos blessés.
| signes d'empoisonnement (agitation, dyspnée), il semblait complètement guéri de l'intoxication : il persistait simplement un peu d'inappétence. Le sixième jour après l'inoculation, la chèvre succombait assez rapidement avec de V'œdème delastéte et:des membres rer me
… L’autopsie révélait de très nombreux noyaux de dépens.
Quant au dernier animal observé, après quelques légers
rescence d'apparence amyloïde dans le foie, les reins et le …
| myocarde. Enfin, dans toutes les artères se trouvaient de # nombreux caillots sanguins très résistants. 3 Tous ces phénomènes sont assez comparables à ceux
signalés par le Docteur MENVIELLE. dans sa thèse : dyspnée,
vomissements, phénomènes convulsifs, trois symptômes qui se retrouvent régulièrement dans son expérimentation.
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