‹ Observations sur l'epidemie dyssenterique qui a regne a l'ecole de Mars, au camp des Sablons, dans l'an II de la RepubliqueChapitre 19 sur 27 · SEPTIÈME OBSERVATION · texte numérisé non relu

SEPTIÈME OBSERVATION

Enfaut de 3 ans. — Plusieurs accès de fièvre intermittente tierce.—

De'veloppement du choiera le 3 octobre Trismus. — Opisllio-

tonos. — Mort le soir. — Traitement. — Sangsues à Pèpigastre. — Émétique. — Opium et castoréum. — Autopsie.

Wilhelmine Kreutzmann, âgée de 3 ans, éprouvait, depuis le 28 septembre, plusieurs accès de fièvre intermittente tierce. Le 2 octobre, elle avait eu le dernier. Le 3 octobre, vers le soir, tous les symptômes du choléra se développèrent. Le à dix heures et demie du matin ^ elle entra à rhôpital : pendant le chemin elle eut pltisieurs vomissemens et plusieurs évacuations diarrhéiques. A son entrée, tous les symptômes du cbolçra étaient très-prononcés.

On lui donna la potion de Rivière^ plus tard, les crampes devinrent très-fortes^ après midi, les mâchoires commencèrent à se serrer, il survint un véritable trismus, suivi bientôt de l’opisthotonos^ le pouls était tendu, petit, peu fréquent; la petite malade présentait un tableau affligeant; elle mourut à huit heures et demie du soir. Traitement. Sangsues à l’épigastre; bain de

vapeur; frictions; tartre slibie'; opium et castoréum à peliles doses.

Ouverlure du cadavre, treize heures après la mort.

Jspect eæt (trieur, Erifant médiocrement potelé', jeux enfoiicels, à demi-ouverts; les pupilles assez dilatées; les conjonctives un peu injectées; les joues gonflées. Les lèvres violettes et fermées; les dents antérieures croisées; le maxillaire inférieur très-raide; les oreilles violettes; les parties postérieures du tronc violettes; les parties antérieures étaient moins colorées; les taches e'taient marbrées. Les doigts des mains fléchis; toutes les articulations raides; les pieds courbés en dedans. Les plis de la peau des doigts étaient peu prononcés.

Tête. Vaisseaux de la dure-mère médiocrement injectés. La substance cérébrale contenait beaucoup de sang; il n’y avait point d’altération appréciable.

Canal rachidien. La dure-mère un peu injectée: nous trouvâmes, à la partie inférieure du canal, entre l’arachnoïde et la dure-mère, une assez grande quantité de fluide. La substance de la moëlle épinière était dans son état normal.

Canal digestif. La bouche et les amygdales présentaient une légère injection capilliforme. Le larynx et la tranchée présentaient la même injection; il y avait de plus un peu de mucosité écumeuse.

Poumons. Le poumon gauche avait contracte des adhérences par des brides celluleuses , formées à ses parties postérieure et antérieure ^ il contenait beaucoup de sang^ la membrane muqueuse des bronches était très-injectée. Le poumon droit se présentait dans le môme état que le poumon gauche , excepte qu’il n’avait pas d adhérence.

Cœur. Le péricarde, très-légèrement injecté, contenait une demi-cuillerée à café de sérosité.

Le cœur , contracté , présentait les veines coronaires distendues par le sangl Dans les deux ventricules, il y avait du sang noir, sans trace de coagulation. L’aorte contenait aussi du sang noir non coagulé.

Le thymus était très-injecté.

Abdomen. L’omentum présentait ses artères et ses veines médiocrement injectées.

Les ganglions du mésentère étaient gonflés et rougeâtres.

L’œsophage était sain.

L’estomac affaissé. Le liquide contenu était brunâtre , fluide , sans flocons , formé eu grande partie par la boisson prise dans les derniers instans de la vie.

Sur les parois de l’estomac, se trouvait un mucus gélatineux et visqueux. La membrane muqueuse était rouge dans la plus grande partie 5 cette coloration était formée par des stries et

par des plaques ecchymosëes. Celle couleur ëlait principalement marquée vers le cardia el la grande | courbure, et, dans ce dernier endroit, la mem- | brane muqueuse était ramollie. I

Canal intestinal. La portion ascendante et Uansverse du colon était distendue par des gaz.

Au milieu de la longueur des intestins gi’êles existait une invagination de trois pouces de la partie supérieure dans rinférieure.

Le colon contenait un liquide d’un vert grisâtre.

L’injection intérieure du colon était ramiforme et capilliforme.

La membrane muqueuse était ramollie et facile à détacher^ les follicules étaient très-développés ^ presque tous présentaient leur orifice dilaté ou béant. Ces follicules étaient principalement développés dans l’appendice vermiforme.

Les matières contenues dans l’intestin grêle * étaient liquides, floconneuses, d’un jaune brunâtre: il y avait aussi beaucoup de gaz.

La membrane muqueuse de la partie supérieure 1 était injectée 5 près du duodénum, la rougeur t était pointillée \ cette' rougeur était très-prononcée près de l’invagination. Vers ce point, la membrane était ramollie et facile à enlever par lambeaux.

Les follicules étaient développés dans toute la longueur de l’intestin iléon ^ des plaques nombreuses existaient près de la valvule iléo-cœcale.

Le foie n’offrait point d’alteration. La vésicule biliaire contenait une bile verte, noirâtre et visqueuse.

La rate était volumineuse, et sa membrane était durcie et gonflée dans plusieurs endroits.

Le pancréas, naturel.

La vessie, médiocrement contractée, était un peu injectée autour du col.

Les reins étaient dans l’état naturel.

Le sang contenu dans tous les vaisseaux était noir et non coagulé.

Nous avons déjà signalé la violence des accidens nerveux qui surviennent quelquefois pendant la durée du choléra^ mais il convenait d’y revenir, pour s’occuper de recherches anatoniicopathologiques sur le système nerveux. La petite Kreutzmann paraissait réunir toutes les circonstances favorables à celle exploration, et si l’on devait découvrir quelque lésion notable, l’occasion ne pouvait pas être plus opportune^ tout se trouvait réuni : jeunesse du sujet, violence des accidens, rapidité de la mort, ouverture prompte du cadavre^ et, cependant, l’examen le plus minutieux ne nous a pas permis de rien découvrir d’extraordinaire. Le sang, il est vrai, pénétrait les membranes du cerveau, de la moelle épinière, et le parenchyme même de ces organes- mais il ny avait rien de plus 'prononcé que chez les autres individus morts du choléra, sans phéno-

mènes nerveux extraordinaires. Sans doute, la moelle e'pinière joue un rôle très-important dans la manifestation du tétanos 5 mais quels change^ mens s’opèrent dans son tissu ? C’est là que commence l’hésitation. J’ai très-souvent examiné toutes les parties du système nerveux, et je n’y ai point trouvé de lésions constantes. Une fois j’ai vu le ganglion semi- lunaire ronge et paraissant enflammé ; mais ce cas ne s’est présenté qu’une seule fois. Chez quelques individus, la substance médullaire m’a paru plus molle, et d’autrefois plus dure qu’elle ne l’est habituellement^ mais il n’y a là rien de positif.

J’ai disséqué les nerfs des membres, et surtout ceux des jambes, à cause des crampes qui s’emparent des muscles de cette partie, et je n’y ai jamais rien trouvé.

Ces fails prouvent que, malgré la part active que les nerfs prennent à la manifestation des symptômes du choléra, leur tissu résiste longtemps aux altérations que l’irritation tend à y produire.

Passons maintenant à l’étude d’une nouvelle forme de la maladie, ou plutôt d’une transformation du choléra^ je veux indiquer le choléra typhoïde, ou, mieux, le passage du choléra à l’état typheilx.

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