II
semaine ,
du 9 au i5 novembre
semaine ,
du i6 au 33 novembre
semaine ,
du 33 au 39 novembre
ai
semaine ,
du 3o nov. au 6 décembre...
semaine ,
di^.,7 déc. au i3 décembre....
semaine,
du i4 au 20 décembre
i4ia
Négligeons, pour un instant, les faits que nous olfrent ces tableaux, pour continuer nos recherches sur la marche générale de la maladie.
Le choléra , qui d’abord avait éclaté sur la rivière, se montra bientôt dans les rues envi-
Tonnantes , et envahit successivement et rapide-^ ment toute la ville. Les maisons des cjuais Turent les premières infectées, puis celles des rues adjacentes. Toutefois, le choléra , dans sa marche, semblait choisir ses victimes^ il se répandait avec une sorte de prédilection dans tel quartier, tandis qu’il épargnait tel autre quartier, cpii paraissait réunir, au plus haut degré, les causes propres à son développement. Ce sont là des anomalies qu’il n’est pas facile d’expliquer. Ainsi le choléra, après s’être montre' sur le quai de la Schleuss , et y avoir attaqué plusieurs maisons l’une après l’autre, disparut subitement, tandis que la rue Unter Wasser (sous l’eau), qui se trouve vis-à-vis, n’a pas eu un seul cas de choléra.
Le côté gauche de la rivière, dirigé vers le nord, a été fortement infecté, tandis que la rive droite, sans c|u’on puisse en expliquer la cause, n’a éprouvé que des atteintes légères.
Le quai Frédéric, situé au sud, et la rue du Pêcheur ( Fischer - Gasse ) , ont été si vivement infectés, que quelques maisons seulement ont échappé aux ravages du choléra : la rive opposée n’a présenté , au contraire , qu’un seul 'cas de maladie^ c’est à Neucaln, près de l’eau, maison n° i6.
Au milieu de ces difficultés, il faut reconnaître cependant que c’est dans les lieux bas, humides et mal aérés, que la maladie a fait les plus grands ravages^ la rue du Pêcheur ( Fischer - Gasse )
rue
en offre un exemple frappant *. dans cette étroite, humide, où le soleil pénétrera peine, la mortalité a été considérable.
Les beaux quartiers de Berlin n’ont éprouvé que fort peu de pertes, et encore arrivaient-elles presque constamment chez les malheureux privés des choses les plus nécessaires à la vie, ou chez ceux qui se livraient fréquemment aux excès et à la débauche.
Revenons maintenant aux tableaux statistiques de la marche de la maladie.
Le début de l’épidémie de Berlin est remarquable par le petit nombre de malades et la fréquence de la mort^ nous vo}mns en effet, dans la première semaine, qu’il n’y a eu que 64 malades, et un seul homme guéri. Ne nous empressons pas de conclure de ce fait isolé, que telle est la marche constante du choléra^ plusieurs exemples attesteraient bientôt le contraire. A Vienne, firruption du choléra a été très-violente^ dans les huit premiers jours, 665 personnes ont été frappées; il a fallu près de quatre semaines à Berlin, pour que ce nombre fût atteint.
C’est le quatorzième jour qu’il y a eu le plus de malades; leur nombre est de 63. Le choléra a atteint son maximum d’intensité dans la troisième semaine; le nombre des malades s’est élevé à 336; depuis lors il a continué à sévir avec activité pendant cinq semaines, et tout-à-coup
il s’esl alïaibli considérablement : il y avait eu 289 malades dans la huitième semaine, et il n’y en eut plus que i35 dans la semaine suivante 5 enfin, dans la treizième semaine, il n’y a eu que 22 malades.
Ainsi, trois périodes sont bien marquées dans l’épidémie de Berlin: 1° début lent, suivi bientôt d’un accroissement rapide^ 2° état stationnaire durant cinq semaines^ 3'’ décroissement d’abord très -prononcé, mais qui se prolonge ensuite d’une manière presque interminable.
Les variations atmosphériques ont-elles eu un elFet prononcé sur la marche de la maladie? Oui, leur influence s’est fait sentir^ mais comme beaucoup d’autres causes venaient concourir avec elles au développement de la maladie, il n’est pas possible de leur assigner exactement la part qu’elles y ont prise. Toutefois, remarquons que, depuis le 9 septembre jusqu’au 16 du même mois, la température a été froide et humide, que de fortes pluies tombèrent du 1 1 au j4, et que, peu de temps après, le nombre des malades s’est accru considérablement. Depuis le 21 septembre jusqu’au 25 octobre, le temps a toujours été fort beau, la température à-peu-près égale, et le nombre des malades a peu varié; le maximum a été de 271, et le minimum de 217.
Mais, depuis la fin d’octobre, l’atmosphère s’est refroidie, les pluies sont devenues très-fréquentes,
et cependant raclivité du cliolera a diminue' sensiblement: l’efTet contraire n’aiirait-il pas du avoir lieu, si les variations atmosphériques jouaient un aussi grand rôle qu.’on le suppose communément?
Un fait important ressort encore de nos tableaux statistiques, c’est que le danger du choléra diminue à mesure cju’on s’éloigne du moment de l’irruj^lion: dans la première semaine, sur 6.j malades, 36 sont morts, un seul a guéri ^ dans la troisième semaine, sur 336 malades, 162 sont morts, et 36 seulement se sont rétablis. Ce n’est que vers la huitième semaine^ que la mortalité a diminué très - sensiblement ; dans la dixième, l’équilibre s’est établi^ dans la onzième, le nombre des hommes guéris a surpassé celui des morts , et cette marche a été croissant jusc[u’à la fin de l’épidémie.
De VinJlLience des professions , de Vâge et du sexe sur le développement du choléra.
Aucune profession n’a paru se soustraire aux atteintes du clioléra ^ cependant, toutes n’y sont pas également exposées. Voici un tableau indiquant la profession des 1,000 premiers malades^ il donne un aperçu, à-peu-près exact, des chances qui menacent chacune d’elles.