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DU CAPITAL

La transformation la plus remarquable qui ait eu lieu dans le travail depuis cinquante ans résulte de la prépondérance du capital et de l’application des machines. Des réformateurs voient dans ces deux circonstances la cause de la plupart des maux des classes ouvrières. N’osant faire la guerre aux machines, ils attaquent le capital eten demandent, en quelque sorte, la destruction, comme d’un ennemi redoutable qu’il faut combattre par tous les moyens.

Le capital se forme par l’épargne (1), et l’é-

(f) Le cupilal a donné lieu aux définitions les plus diverses, et, il faut le dire, les opinions sont loin d’être d’accord sur ce point fondamental. « Il est, dit M. Itossi, deux faits producteurs du capital et qui dépendent en grande partie de la volonté humaine, deux faits qu’une analyse , quelque peu délicate, ne saurait confondre, l’épargne et la destination; l’épargne, qui ne consomme pas immédiatement ni prochainement (oui ce qui pourrait être consommé, qui réprime le penchant naturel qui nous porte à augmenter nos jouissances immédiates; la destination qui, grâce à la prévoyance dont l’homme est doué , applique celte épargne à un usage qui, au lieu de les détruire, multiplie nos richesses. L’épargne est la cause prochaine , la

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pargne a pour cause première le travail. En faisant la guerre au capital, on attaque par conséquent le travail dans sa source. Suivez un instant la formation des capitaux, et vous verrez comment les premières épargnes naissent par de grands efforts, comment on peut, par l’ordre et l’économie, créer ce puissant instrument de production. L’épargne se grossit par mille canaux divers, et, de notre temps, l’association concentre ces ressources isolées. L’épargne se forme partout, vous la voyez naître

destination, la cause efficiente i le capital est le résultat. Telle est, je erois, l'analyse vraie de ce phénomène économique, la création du capital. Aussi nous est-il impossible de suivre les écrivains, d’ailleurs très-distingués, qui ont voulu substituer au mol de capital le mol d'épargne, parce qu'ils ont cru voir dans ce mol seul, une expression exacte et suflisante du troisième instrument delà production. Il y a, disons-le, quelque chose qui choque dans cette phrase ; l’épargne est un agent de la production. Ne pas faire serait donc agir? L’épargne n’est qu’un fait négatif. Epargner, c’est ne pas consommer; rien de plus. » Cours d’économie politique, vol. 2, p. 167.

Ricardo est un des économistes qui ont le mieux connu les fonctions du capital, et, cependant, la déGnition qu’il donne de cet instrument de la production est fort confuse; on ne trouve pas dans ses Principes d'économie politique les dissertations détaillées sur le capital que nous offre l’ouvrage d’Adam Smith, J. B. Say, lui-même, ne s’occupe, pour ainsi dire, qu’accessoircmenl de la déGnition du capital. L'économiste anglais Chalmers lui consacre, au contraire, des études sérieuses dans son Economie politique * et, sous plusieurs rapports, son analyse est h la fois savante et ingénieuse.

* on PolUical eennomy in connection wilh the moral States and moral prospects of society, by Thomas Chalmera.

entre les mains du plus humble ouvrier comme entre celles du plus intelligent spéculateur; et l’épargne devient un capital dès qu’elle reçoit une application utile. On s’est souvent demandé quelle était la somme qui constituait un capital. La somme la plus faible prend ce nom lorsqu’elle favorise une production ou qu’elle fait naître une industrie nouvelle. La somme la plus considérable renfermée dans un coffre-fort n’est qu’un capital fictif aussi longtemps qu’elle n’a point une destination précise. Le colporteur des rues, dont la balle ne vaut que six francs, y a appliqué un capital de pareille somme. Pour celui-ci comme pour qui engage des millions, l’épargne vient sans cesse grossir le capital, et le capital à son tour développe la production. En l’attaquant, vous atteignez tous les travailleurs, tous les membres utiles du corps social. L’épargne de l’ouvrier contribue à former ces ressources que l’on consacre aux voies de communication, à l’établissement des manufactures, à tous les grands appareils, honneur du talent et du génie.

Il était réservé à notre temps de bien comprendre la puissance du capital et de l’épargne, et leur influence sur l’activité humaine. Mais le capital n’est fécond qu’i\ la condition d’être libre. Imposez-lui des entraves, et aussitôt il disparaît, il s’anéantit comme un instrument dont on abuse, et il ne se rétablit que par

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de nouveaux et d’intelligents efforts. Détournez violemment ses profits en faveur de ceux qui ne le possèdent pas, et ses traces bienfaisantes se perdent au détriment de ceux qui le possédaient et au détriment de ceux qui en ont abusé. Livrez aux hommes la terre la plus fertile, et il faudra encore un capital pour la cultiver. Dotez l’industrie de machines ingénieuses, et il faudra un autre capital pour les faire marcher.

Partout le capital aide le travail, et le travail fait l’épargne. Si vous respectez celui-ci, vous devez aussi votre protection à celui-là ; le premier et le second sont également inviolables, et l’origine du capital rappelle l’intelligence et le labeur des classes ouvrières qui l’ont accumulé, qui en ont profité, qui en profitent et qui en profiteront encore.

La formation des grands capitaux a permis la division du travail, et par cela même les spécialités dans la production. C’est là une des transformations les plus sensibles. Souvent elle a déplacé le travailleur; elle a changé ses habitudes, sa vie et sa destinée. Les machines ont rempli l’office de l’homme, et l’homme s’est trouvé momentanément réduit à l’inaction.

D’un autre côté, la puissance du capital et l’activité des machines ont poussé quelquefois la production au delà des besoins.

Nous n’aborderons pas scientifiquement la question des capitaux et des salaires, et leurs

fonctions dans l’ordre économique, quoique cette, exposition suffirait pour montrer le néant de presque toute les combinaisons philanthropiques et sociales dont on a saturé le public depuis quelque temps. Nous nous placerons au point de vue pratique et dans des hypothèses qui se lieront intimement aux faits économiques : on a vu que ce qu’on appelle l’organisation du travail exige avant tout des capitaux de fondation très-considérables. Supposez que le gouvernement fût disposé à être agréable à tous les utopistes du temps présent: où prendrait-il l’argent? Dans le trésor. Et celui-ci? dans la bourse des contribuables. Et ceux-ci? sur leur revenu. Ce revenu n’a que trois sources, qui sont : la terre, le capital et le travail. Évidemmenlvousne prendrez rien au travailleur, puisque déjà, selon vous, il n’a rien. On frapperait donc la terre et le capital : le propriétaire abandonnerait sa rente, et le capitaliste une portion ou la totalité de son argent. Qu’il n’y eût plus de rentiers, et qu’en réalité le gouvernement devînt possesseur de la terre en s’en appropriant le produit net, cela peut à la rigueur s’admettre, et nous aurions ainsi, jusqu’à un certain point, la loi musulmane. En frappant les capitalistes, ou, pour mieux dire, tous les entrepreneurs d’industrie, de taxes plus élevées, pour appliquer ces impôts à une réorganisation industrielle, l’effet le plus immédiat serait de

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détruire les éléments actuels du travail et de ruiner de fond en comble les entrepreneurs d’industrie. N’importe ! voilà le gouvernement muni d’un capital qu’il a prélevé sur ceux qui possèdent, et qui évidemment ne posséderont plus dans un temps plus ou moins rapproché.

Maintenant il y a deux choses à faire : ou il devient lui-même entrepreneur pour l’exploitation du sol et la fabrication de tous les produits; ou il s’associe à la fortune des utopistes, et, au lieu d’ériger des phalanstères et des ateliers nationaux à son propre compte, il se fait simplement bailleur de fonds vis-à-vis d’autres entrepreneurs. Dans le premier cas, le gouvernement appliquera une des mille utopies qui sont en circulation; il déterminera la part qui reviendra à chaque travailleur ; il fixera les salaires, sauf à se passer de la rente de la terre et des profits du capital. Les travailleurs feront ce qu’ils pourront, et quelquefois ce qu’ils voudront ; ils seront toujours sûrs de vivre largement, si la masse des produits ne diminue pas sous le nouveau régime. Elle augmentera certainement, disent les réformateurs. Elle augmentera? et cependant tous les stimulants qui poussent l’homme au travail, tout ce qui excite son ardeur, touf ce qui développe son intelligence sera détruit. Celui qui fixera les salaires réglera nécessairement l’emploi du temps des ouvriers, et ceux-ci auront de nouveau perdu

leur indépendance et la libre disposition de leurs facultés. Que la masse des produits augmente sous ce régime d’entraves, sous cette hiérarchie despotique où la mort des intérêts individuels n’a pas mêmeengendré le sentiment des intérêts collectifs, cela nous paraît impossible. Que ce soit maintenant le gouvernement, ou que ce soient les réformateurs qui nous transforment ainsi la société, le résultat est tou jours le même ; seulement, comme dans le deuxième cas, on fera cent expériences d’après des systèmes divers, la ruine sera plus rapide et plus complète.

Avant d’aller plus loin, répétons que le capital se forme par l’épargne, et que l’épargne est un fait absolument sans signification pour un homme qui est assuré d’avoir invariablement le nécessaire par les soins du gouvernement ou de l’atelier national ; il consommera autant qu’il pourra sans jamais songer au lendemain, et toute la population vivra sous l’empire des mêmes habitudes. Les capitaux qu’on aura enlevés primitivement aux propriétaires , aux rentiers et aux chefs d’entreprise, seront bientôt détruits, et alors un des trois instruments de la production manquera. Cette circonstance ne tardera pas à affecter les salaires, qu’ils se fassent en argent ou en nature , et , par une conséquence forcée, le travail ne sera plus appliqué, ni à la terre, ni à la transformation de ce qu’on appelle matières premières. Ce phénomène se réalise

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tous les jours sur différents lieux du globe, et les observations les plus vulgaires suffisent pour le constater. Le capital joue un rôle immense dans la production : dès qu’il s’affaiblit, celle-ci décline; au contraire, quand il augmente, la demande de travail s’anime, les profits baissent en général, et les salaires augmentent.

Dans les villes manufacturières où l’on accumule d’immenses capitaux, le prix de la maind’œuvre est ordinairement plusélevéquedans les campagnes. Transportez une industrie nouvelle au milieu d’un village, et aussitôt les salaires augmenteront, et la progression fera diminuer fréquemment les profits du capital. Certes, il y a dans tout cela des abus ; mais ils n’infirment pas l’excellence des lois de la production appliquées sous l’empire de la liberté. Une entreprise hasardée est un écart dont les conséquences peuvent rejaillir à la fois sur l’entrepreneur et l’ouvrier ; ce ne sera point la faute du capital, mais celle de l’amour excessif du gain ou de l’incapacité du travailleur. Or, quel est le régime économique qui anéantirait les passions et donnerait à tous les entrepreneurs un coup d’œil infaillible? — Il y a des gens qui prétendent avoir trouvé ce régime, et ils en ont exposé les principes dans de volumineux ouvrages ; cependant le public , en général , ne s’en est pas ému, et si ces livres ont contribué à agiter les classes inférieures, on n’a toutefois

pu les convaincre, ni faire pénétrer chez elles les réformes proposées.

Les capitaux ont continué à suivre la même direction, et les économies des travailleurs n’ont pas cessé de s’accumuler dans les caisses d’épargne. Avec 400 millions que contiennent ces caisses, il eût cependant été facile de fonder un de ces établissements modèles imaginés par les novateurs : eh bien! voyez; les ouvriers, auxquels les réformateurs eux-mêmes ne refusent pas les instincts de leurs intérêts, ne goûtent point au fond ces projets qui devraient si radicalement changer leur situation et faire disparaître toutes les misères qui affligent l’humanité. Comment lorsqu’il est question de chemins de fer, d’entreprises commerciales et industrielles, les capitaux se donnent-ils rendez-vousavec une merveilleuse entente, etle public adopte-t-il sans hésiter ces opérations? C’est qu’elles reposent sur des lois économiques qui ont la sanction de l’expérience et dont il est facile d’apprécier les effets. Dans les combinaisons socialistes, tout est au contraire problématique, et ces théories ne séduisent ni la raison ni l’imagination, puisqu’elles laissent insensibles ceux-là mêmes qui devraient trouver dans leur réalisation un bonheur qu’ils cherchent en vain par les moyens ordinaires. L’atelier national et le phalanstère n’ont ému personne ; les capitalistes n’ont pas voulu y mettre leur argent,

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pas plus que les ouvriers n’ont été disposés à faire entrer leurs épargnes dans ce labyrinthe industriel. Qu’est-ce qu’une doctrine qui promet de fabuleux résultats et laisse tout le monde froid, qui ne peut se faire adopter ni par le gouvernement, ni par les capitalistes, ni même par ceux pour lesquels elle a été spécialement fondée? Cette répulsion ne prendrait-elle pas sa source dans le bon sens public et dans les intérêts menacés de tous? L’explication sans doute n’est pas admise par les novateurs qui prétendent que chacun se trompe, eux exceptés. C’est là un argument d’inspirés, qui a d’autant moins besoin de réfutation, qu’il s’applique à des faits matériels, en général fort bien appréciés par l’intérêt individuel.

Revenons au capital. Dans l’opinion commune, l’argent seul est un capital. C’est là une erreur depuis longtemps rectifiée par la science. L’argent n’est qu’un moyen qui facilite les transactions, et qui ne constitue en définitive qu’une partie du capital circulant. L’emploi de celui-ci n’est que la conséquence pratique de l’existence du capital fixe. Ce dernier se compose des bâtiments d’exploitation, d’appareils mécaniques, d’instruments et d’outils de tout genre. L’autre est représenté par l'argent, par les matières premières, par les fonds de marchandises manufacturées, etc. L’argent est un moyen pour faire circuler tous les genres de

capitaux, pour les faire passer d’une main dans une autre, et quoique ses fonctions soient de la plus haute importance, il ne figure cependant, nous le répétons, que pour une faible proportion dans la masse des capitaux considérés comme instrument de production. Mais en donnant une destination improductive à cette portion du capital, l’influence destructive arriverait rapidement de proche en proche à toutes les autres espèces de capitaux.

En effet, supprimez le capital circulant ou une des parties seulement de ce capital, et aussitôt l’action du capital fixe est paralysée. Il importe de bien faire ressortir cette solidarité, car souvent les novateurs s’imaginent qu’en détournant une portion du capital circulant au profit des ouvriers , on ne changerait pas les conditions générales de la production, et ils attribuent au capital fixe une existence propre et indépendante capable de supporter de pareilles atteintes. Il n’en est point ainsi, et le détournement violent d’une portion du capital circulant produirait le même effet que la suppression d’une pièce essentielle d’une machine à vapeur, par exemple. Le capital cesserait de fonctionner aussi instantanément que l’appareil mécanique dont nous venons de parler.

11 n’y a rien d’arbitraire dans les proportions d’après lesquelles le capital se divise et se subdivise, et la répartition en capital fixe et en ca-

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pital circulant est réglée par des lois aussi inflexibles que celles qui déterminent les relations entre le capital et le travail. Le capital circulant est la source et l’origine du capital fixe, et, au fur et à mesure qu’il s’accroît et qu’il se grossit par l’épargne, il reflue vers ce dernier, et donne sans cesse plus d’action à cet instrument de production. En étudiant avec attention ce phénomène, on comprendra aisément que le capital, pour conserver toute son énergie productive, doit se mouvoir dans une sphère parfaitement libre, qu’on le considère dans son ensemble ou dans les différentes parties qui le composent.

M. Hoffmann (1) a proposé d’imposer le capi-

(1) Die Macht des Geldes. La puissance de l’argent, investigation sur les causes du paupérisme et la décadence morale d'un grand nombre de nos frères , avec indication des moyens de réforme, par J. G. Hoffmann, inspecteur royal des fabriques, en Prusse. Brochure in-8«. 1845. — l.’auteur de cet écrit trouve aussi, dans des mesures fiscales, les moyens de faire rentrer l’ouvrier sous le toit et dans la famille du maître afin de préserver le premier des inconvénienls de la vie d’auberge. Il voudrait que, dans l’industrie parcellaire, l’entrepreneur pavât pour chaque ouvrier qui ne logerait pas dans sa maison, un impôt qui augmenterait proportionnellement avec le nombre des ouvriers. L’auteur pense qu’on reviendrait ainsi aux anciennes traditions et que l’on reconstituerait la vie de famille dans la manufacture. Les chefs d’atelier seraient, dans sa pensée, chargés de loger et de nourrir les ouvriers, et si cet arrangement n’avait pas lieu, l’entrepreneur serait aslreintàl’impôt progressif dont nous avons parlé. On sent que de semblables propositions sont tout h fait inapplicables dans un pays où règne laliberlé de

tal et de lui faire supporter une partie des charges publiques. Dedeux choses l’une : ou cet impôt viendrait s’ajouter aux contributions déjà existantes, et il constituerait une nouvelle charge, ou on réduirait d’autres branches du revenu pour aggraver la situation du capital. Dans le premier cas, on rendrait les conditions de la production plus onéreuses, car les impôts s’ajoutent toujours aux frais de production, et plus ils sont élevés et plus ces frais s’accroissent naturellement. Si d’ailleurs le capital était trop affecté par le nouvel impôt, il disparaîtrait et quitterait le terrain sur lequel on lui fait une guerre fiscale. Dans le deuxième cas, en dégrévant les propriétés et en réduisant les impôts indirects pour charger le capital, les possesseurs de celui-ci demanderaient immédiatement un

l’industrie et où lu contrainte, lors même qu’elle profilerait aux deux parties contractantes, serait en opposition avec les lois et les moeurs.

Puisque nous avons parlé de M. Hoffmann, uous signalerons encore un autre de tes écrits qu’il a présenté naguère à l’Académie royale des sciences de Berlin, et dans lequel il a passé en revue les rapports économiques les plus généraux, déterminés par la différence de la culture intellectuelle et de la possession du sol C). Ce mémoire contient plusieurs vues ingénieuses, et l’auteur y signale surtout les causes qui altèrent la situation économique des différentes classes de la société et engendrent la misère chez les classes inférieures.

* Vebern'chtder tillgemeinttenilnaUvirthschafllichen Vtrhaellnitie , welche die Versehiedenheit derBildung und des Besitistandes anter den Sustsangehœrigen eneugt, Berlin, IMS.

intérêt plus élevé aux agriculteurs et aux manufacturiers, et à moins d’un accroissement inattendu de la masse des capitaux, les profits réels de ces derniers ne baisseraient pas : les agriculteurs et les manufacturiers payeraient par voie détournée la plus grande partie, sinon la totalité de l’impôt dont on aurait frappé les capitaux.

On ne pourrait d’ailleurs jamais imposer que les capitaux fixes; le capital circulant est insaisissable et sans cesse confondu avec la production elle-même. Et encore faudrait-il un système passablement inquisitorial pour atteindre les capitaux fixes dans leur véritable expression, si toutefois il était possible d’arriver à des appréciations exactes. Déjà les usines, les manufactures et les fabriques avec leurs appareils et leurs machines sont soumis à l’impôt. Augmenter cet impôt serait moins frapper le capital qu’aggraver les conditions de la production. En prélevant au profit du fisc une portion des revenus du capital, on produit absolument le même effet que si l’on prélevait cette part pour l’ajouter au salaire de l’ouvrier. En d’autres termes, on détruit l’équilibre naturel qui doit exister entre le capital et les autres instruments de production. Qu’arrive-t-il alors? Le capital inquiété sur un point se porte ailleurs ; il cherche à échapper à la pression fiscale, et sa disparition atteint peu à peu les industries dans

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lesquelles il était engagé. Le capital faisant défaut, le travail ne trouve plus d’aliment : les salaires commencent par se réduire, et ce premier degré de dépérissement conduit bientôt à une inaction complète. En général la rareté des capitaux fait décliner le taux des salaires, et réciproquement l’abondance des capitaux employés dans la production, imprime un mouvement ascensionnel aux salaires.

Parune singulière contradiction, les novateurs qui font la guerre au capital invoquent incessamment son appui, et toutes leurs conceptions ont le capital pour pierre angulaire. Quand dans leurs projets il n’apparaît pas sur le premier plan, il s’y trouve à l’état latent, disséminé, voilé, mais toujours avec assez de puissance pour soutenir la combinaison quelle qu’elle soit. Cette inconséquence est une des preuves les plus manifestes de la nécessité de respecter le capital, de lui laisser toute sa liberté d’action et de n’en pas gêner le jeu multiple dans l’œuvre de la production.

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