‹ Observations sur l'Histoire de l'Acadie françoise de M. Moreau, Paris 1873 [microforme]Chapitre 12 sur 22 · M PET OR · texte numérisé non relu

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vement, et encore indépendant de d’Aulnay. Et si ce dernier, Comme le dit M. Moreau (page 158), se croyait des droits au Bouvernement de l’Acadie tout entière, il avait tort, comme On vient de le prouver. La suite donna raison à de La Tour. En dépit de ses efforts, d’Aulnay perdit la partie dans cette Contestation. Le roi, le 10 février 1638, lui adressa une lettre lui faisant savoir qu’il voulait que la bonne entente régnât entre les deux gouverneurs. Pour cela, il divisa, cette fois

“ L'indépendance de La Tour était done consacrée pleinement, écrit M. Moreau. 11 ne relevait plus que de la mé-

+ ” C’est précisément ce qu’il avait toujours été, quoiqu'’en dise M. Moreau, qui, en manière de consolation, ajoute que d’Aulnay devait garder une certaine supériorité sur son rival, sinon de commandement, de dignité du moins. Pour preuve de cette assertion gratuite, il dit : “ Le roi, en effet, le chargeait expressément de lui donner Compte des affaires de là... ; il lui attribuaït les privilèges, prérogatives et avantages qui avaient appartenu à Razilly. ” Oui, certainement et, comme du temps de Razilly, tout cela dans les limites de Son gouvernement, Car le roi, dans sa lettre, disait à d’Aulnay : “Vous ne changerez aucun ordre dans l’habitation de la rivière Saint- Jean faite par le sieur de La Tour qui ordonnera de son économie et peuple comme il jugera à Propos, et le dit La Tour ne s’ingérera non plus de rien Changer aux habitations de la Hève et de Port-Royal... ” (page 154). Voilà done un point

bien déterminé et sur lequel ik ne peut Plus rester aucun doute.

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Pour ce qui est du fort Saint-Jean, dont M. Moreau veut fixer la construction après l’année 1636, afin de pouvoir faire coïncider cet événement avec les prétendues agressions faites “ par quelques étrangers sur les côtes où &ouvernait d’Aulnay ” et jeter la responsabilité de ces agressions sur de La Tour, nous Pouvons dire qu’il fait erreur. ‘ Nous avons vu, dit-il (page 152), que dès 1630 le projet de former une habi. tation sur la rivière Saint-Jean avait été Concerté entre les deux de La Tour et le Capitaine Marot de Saint-Jean-de-Luz (et aussi les trois Pères Récollets;que M. Moreau ne mentionne pas). Au rapport de Champlain, de La Tour père devait avoir le commandement de la nouvelle colonie, : mais il était encore auprès de son fils en 1635, Denys l’affirme. “Nous en concluons que l’habitation n'avait pas été fondée et qu’elle ne l'était pas en 1635 ”, dit encore M. Moreau. “ Ne peut-on pas Penser que, las de lutter inutilement contre d’Aulnay dans la presqu'île et de pousser sans succès les sauvages à la révolte, La Tour prit enfin le parti de s'établir sur la rive gauche de la baie française dans le triple dessein de s’ouvrir une contrée alors presque inconnue des Français, de se poster en face de d’Aulnay, et en même temps, de se rapprocher des Anglais de la baie du Massachusetts, avec qui il pouvait lui être utile de se ménager des intelligences? Souvenons-nous, en tout cas, que la lettre du roi parle de quelques étrangers sur les côtes. Une attestation des Pères Capucins, datée du 20 octobre 1643, NOUS apprend que les Anglo-Américains n'avaient cessé de harceler d’Aulnay depuis sept ans, c’est-à-dire depuis 1636, en sorte que la construction du fort de Saint-Jean coïncide avec les premières agressions...” Donc, d’après M. Moreau,

! Ce passage de Champlain montre que dès 1630 La Tour reçut trois Pères Récollets, Ils furent de ceux qui proposèrent d'érection du fort Saint-Jean. — Œuvres de Champlain, vol. IV, page 319.

de La Tour était responsable de ces agressions et de ces attaques des Anglo-Américains. C’est ce qu’on doit penser après un tel rapprochement des faits. Le fort de La Tour, sur la rivière Saint-Jean, était déjà bâti en 1635. Dans l'acte de Concession, en date du 15 janvier de cette année, il est dit que la Compagnie de la N ouvelle-France accorde à de La Tour le fort et habitation de Saint-Jean. C’est donc qu'il était construit à cette époque. S'il n’eut été que sur le point de l'être, l’acte de concession l’indiquerait. Car on n’était pas avare de détails, en ce temps-là, dans les concessions et les contrats.

Quelle fut la cause de ce conflit? M. Moreau pense que “ les raisons qui avaient décidé La Tour à prendre position sur les bords de la rivière Saint-Jean avaient dû exciter d’Aulnay à lui contester ce poste ” (page 154). Mais d’Aulnay avait-il raison de contester à de La Tour le poste de la rivière Saint-Jean que celui-ci tenait de la Compagnie de la Nouvelle-France, par titre incontestable, en date du 15 janvier 1635 ? Avait-il raison de s’ingérer dans les affaires de La Tour, après avoir connu la volonté du roi si manifestement exprimée dans la lettre du 10 février 1638 ?. Assurément, non. Si d’Aulnay contestait ce poste à de La Tour, c’est qu’il y allait de son intérêt. Denys dit expressément que c’est l’ambition qui poussa d’Aulnay à convoiter le poste de Saint- Jean : “ Le sieur d’Aulnay y a traité, de son temps, dit-il, jusqu’à trois mille orignaux Par an, sans les castors et les loutres, ce qui fut cause qu’il en déposséda de La Tour.” (Denys, page 49).

M. Rameau, qui a suivi Moreau et le mémoire de d’Aul- Day, a donné une explication très juste de la cause de ce conflit entre les deux lieutenants généraux d’Acadie. Il n’ex- Cuse pas d’Aulnay, mais il cherche à expliquer sa conduite par les nécessités de sa situation. D’Aulnay, d’après M. Rameau,

faisait des dépenses considérabies, qui dépassaient ses ressources personnelles, Quant aux profits qu’il pouvait tirer du trafic privilégié des fourrures, ils étaient insuffisants Pour combler le déficit. Chaque année, il s’endettait de

était donc à craindre que, dans un délai assez court, il ne se trouvât acculé à l'obligation de tout abandonner et à l’impossibilité absolue de satisfaire ses créanciers. La Tour, au contraire, par son fort de J, emsek, dominait positivement tout le bassin du fleuve Saint-Jean, la contrée la plus riche et ja

Tour, qui était un homme babile et un vieux routier dans le Commerce indien, avait su concentrer, sur le fleuve Saint-Jean et sur ses affluente, les apports des nombreuses tribus abénakises, maléchites, qui Peuplaient le continent et fournissaient chaque année une imn:ense quantité de pelleteries, Hubbard prétend qu’il se trouva dans le fort, quand il fut pris par d’Aulnay, pour 10,000 louis de joyaux, d’argenterie, de mobilier, canons et munitions de toute espèce. Mille motifs sollicitaient donc l’esprit de d’Aulnay et le Poussaient à supplanter son rival. Quel ne devait pas être son dépit en voyant de La Tour, qui ne s’imposait aucun sacrifice pour le bon établissement du pays,faire les profits les plus beaux et les plus nets, tandis que lui, qui prodiguait son temps, son argent, ses fatigues, voyait s’accroître chaque jour les dettes considérables

dispositions d’esprit, toute discussion, toute querelle devait s’aisrir aussitôt et s’envenimer dans la suite des événements, Lea Tour d’ailleurs était d’un Caractère agressif, et ses intel. ligences avec les Anglais ainsi que la fâcheuse composition

de son personnel donnaient trop de prise contre lui... ” :

Ainsi, au témoignage des historiens Denys et Rameau, l'ambition fut le mobile qui poussa d’Aulnay à convoiter les possessions de La Tour. D’Aulnay n’a donc pas été seulement autoritaire et despote, comme le dit M. Moreau (page 147). Il a été en plus ambitieux et cruel et c’est un fait aisé à prouver, puisque, par deux fois, il enleva à Denys ses propriétés tant à la Hève qu’au Cap Breton. Il prit même des engagements envers lui, mais ne put jamais üi payer ce qu’il lui devait. M. Moreau, en parlant de l'établissement de la Hève, passe soigneusement sous silence le fait suivant, qui prouve ce que nous avançons.: “ Mon maître faiseur de bois, écrit Denys (page 100), fut trouver d’Aulnay au Port-Royal. Voyant que cet homme le pressait pour avoir la liberté de faire enlever ses bois, il le luy permit s’il trouvait un navire Pour cela. Pour lors, il y avait une petite barque de Boston qui leur avait apporté quelques victuailles. Il en parla à celui qui la commandait, qui luy dit qu’on luy achèterait à Boston. Il demanda la permission d’y aller, on la luy accorda. D’Aulnay, à son retour, luy fit accroire qu’il les avait trahis sous prétexte de venir quérir du buis, que c’était pour les surprendre. Il le fit mettre dans une basse fosse, où il n’y avait point de jour, avec des fers de cinquante livres aux pieds, et on l’y fit mourir de misères, et tant que d’Aulnay a vécu, sa conduite a toujours été de maltraiter ceux qu’il croyait capable de faire peupler le .ÿys par leur exemple, en sorte que je fus contraint d'abandonner le pays et pour plus ‘ de vingt mille livres de bois tout façonné. Ce qui fait bien

! Rameau, Une colonie féodale en Amérique, vol. I, page 108. M. Beamish-Mundoch (History of Nova-Scotia, p. 88), pense que la contestation du poste de Pentagoët entre les deux rivaux fut aussi une des causes du conflit.

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connaître que quelque bonne que puisse être une terre, il n’est point d'homme qui puisse retirer du fruit s’il est persécuté dans ses entreprises, si on lui lie les mains et qu’on l’empêche de s’en servir, ce qui est bien prouvé par mon exemple. Et en suite des désordres que d’Aulnay causa dans le païs, ses enfants furent bien heureux de trouver asile chez moy après avoir été chassez des Anglais, mon établissement ayant servy non seulement à la subsistance de ma famille, mais à la leur Propre, pendant près d’un an, dans leur besoin, et à tous ceux qui m’ont persécuté... ”

De ce passage il ressort que Denys dénonce ici non seule. ment le despotisme de d’Aulnay, mais en plus son ambition et Sa cruauté; car,pour arriver à ses fins,il ne recula pas, d’après ce témoignage, devant les cruautés les plus raffinées. 11 persécuta Denys, il lui enleva deux de ses établissements précisément parce qu’il désirait £ouverner, régner seul dans toute l’'Acadie. Pourtant Denys ne paraît Pas avoir gardé rancune à son persécuteur, puisqu'il se montra plein de compassion envers les enfants de d’Aulnay et leur offrit l’hospitalité dans les jours malheureux. M. Moreau s’est bien gardé de rappeler ces faits. Ils auraient certes compromis d’Aulnay qu’il représente comme l’homme d'honneur et de parole, désintéressé, patriote. Voilà que ce portrait est pour le moins obscurci : car Denÿs, qui précise ses accusations contre d’Aulnay, disparu de la scène du monde, ne semble Pas, en écrivant ses mémoires, avoir eu le moindre intérêt à rapporter des choses peu conformes à la vérité. De tout cela on peut conclnre avec M. Rameau que d’Aulnay conçut le désir de s’emparer des biens de La Tour le jour où il s’aperçut que celui-ci avait été confirmé par le roi dans la jouissance de ses forts et surtout dans son gouvernement. 11 ne rêva plus dès lors que de supplanter son ennemi.

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Ces faits sont confirmés par le Mémoire présenté au roi par les enfants de Charles de La Tour et de Mme d’Aulnay : “ Dès que le sieur d’Aulnay se vit propriétaire du Port-Royal et de tous les autres forts et habitations qui avaient été concédés au sieur de Razilly, il souffrit avec peiue que le sieur de La Tour y commandât en qualité de gouverneur et de lieutenant général pour le Roy. Cette jalousie causa une grarde mésintelligence entr’eux, qui alla si loin qu'ils se firent une guerre ouverte. ” :

D’Aulnay employa la ruse et surtout les intrigues. “ La guerre commença, écrit M. Moreau, guerre à la fois de pirate et de procureur, guerre où les ruses de la procédure se mêlèrent aux violences des combats... ” et nous devons ajouter avec M. Pascal Poirier “ guerre où les armes de la calomnie furent largement mises à contribution ”,

M. Moreau s’occupe ensuite du mariage de d’Aulnay et de celui de Charles-Amador de La Tour. “ Cependant, écrit-il (page 156), de La Tour songea à se marier. C'était apparemment un gage qu’il jugeait utile de donner au gouvernement de la métropole et à la population de la colonie. ” L'auteur a une prédilection déconcertante pour les expressions apparemment, On peut croire, on suppose. Il affirme ici que de La Tour avait mené une ie de débauches..… A la page 126, il avait cru prudent de prévenir le lecteur que les accusations de d'Aulnay pouvaient être exagérées dans la forme. Et c’est d’Aulnay qui a porté contre de La Tour ces accusations que nous avons réfutées. Dix pages plus loin, l’auteur les réédite et les amplifie. Mais elles ne tiennent pas debout, fondées cw’elles sont sur le témoignage d’un homme qui avait tant à coeur de supplanter son rival. “En conséquence, dit M. Mo-

* Documents et manuscrits, vol. II, p. 355.

reau, il chargea Desjardins de lui amener de France une femme. Celle qu’il reçut en 1640 s'appelait Marie Jaquelin. D’Aulnay dit qu’elle était fille d’un barbier du Mans, c’est possible ; que ses moeurs n’avaient pas été toujours pures, il n’y aurait pas lieu de s’en étonner; on sait assez dans quelles conditions étaient prises les femmes qui allaient en Amérique courir la fortune d’ane union légitime. .. ”

M. Moreau, toujours fidèle à sa pratique de dénigrement, cite d’Aulnay et accompagne son texte de nouvelles suppositions aussi odieuses que les premières, Pour lui d’Aulnay est un maître, et tout en constatant que les accusations qu’il porte contre de La Tour sont exagérées, il se fait un devoir d’y souscrire. Il y a plus: pour faire accepter cette nouvelle calomnie et lui donner quelque vraisemblance, il ne craint pas de fausser l’histoire et de lancer l’insulte à toutes nos premières mères canadiennes, Quand on sait que les femmes qui venaient au Canada étaient choisies avec soin parmi les plus honnêtes et les plus chrétiennes, on s’indigne contre un homme qui publie de semblables faussetés. M. Poirier écrit: “ Chacun reconnaîtra la basse animosité qui le poussait (d' Aulnay). Non satisfait d’avoir calomnié La Tour dans sa vie privée et publique, d’avoir souillé sa réputation, il pénètre dans le foyer intime de la famille et a l’effronterie Wd’accuser sa femme, celle qui a défendu si héroïquement contre d’Aulnay lui-même le fort de son époux, d’être de basse extraction et de mauvaises moeurs. Lorsqu'un chef de guerre, pour détruire son rival, s’abaisse à ces viles imputations sur Phonneur d’une femme, fût-elle coupable, cet homme n’est pas loyal...” Et nous ajouterons que lorsqu'un homme, qui se propose de rétablir la vérité dans l’histoire, s'appuie sur des documents dont il e voit forcé d’avouer la partialité, cet homme est malhonnête ou a perdu le bon sens.

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“Tout ce que nous Pouvons dire, écrit M. Moreau, c’est que Mme de La Tour avait un caractère résolu, qu’elle était hardie jusqu’à la témérité, emportée jusqu’à la violence, qu’elle ne craignait pas le danger et qu’elle savait déployer dans les occasions une vigueur tout à fait virile. Elle partagea aisément les passions de son mari. Elle les irrita souvent : elle les seconda toujours. Les extrémités sanglantes d’un siège et d’un assaut, non plus que les fatigues et les périls de la mer, ne trouvèrent Pas son courage inégal à ses conseils, et, pour assouvir leurs communs ressentiments, elle ne recula ni devant la trahison, ni devant Vapostasie. ” M. Moreau a placé ces derniers mots à dessein pour embellir sans doute la série de ses périodes ronflantes et rabaisser de nouveau la

est prié de remarquer que ce qui est ici une affirmation devient, à la page 201, un simple soupçon. “On l’accus même, écrit M. Moreau, et ce n’est pas sans grande apparence, on l’accuse d’avoir, pour complaire aux Anglo-Américains, abjuré le catholicisme. ” On l’accuse ! Terme vague. Qui l’accuse? Ce sont d’Aulnay et M. Moreau. Quelles preuves donnent-ils pour établir cette accusation ? le procès-verbal rédigé par André Certain, dû à la plume de l’un des hommes de d’Aulnay, s’il n’est Pas de d’Aulnay luimême. On l'accuse! Il est bien facile d’accuser, même les innocents, mais il n’est pas toujours aussi facile de prouver, et dans le cas qui nous occupe cette accusation à tout l'air d’une perfide calomnie.

A la page 211, M. Moreau affirme que “ pour se gagner. les Anglo-Américains, Mme de Le Tour aurait obligé son mari d’ailer à Boston pour y embrasser le protestantisme, dont ellemême avait fait profession à Boston ”. Enfin, à la page 226, il écrit que “ quelques jours avant sa mort, Mme de La Tour

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avait abjuré publiquement, dans la chapelle du fort, l’hérésie, qu’elle avait, on s’en souvient, embrassée à Boston, pour se concilier la faveur des Anglais. Et voilà comment, par un . habile tour de force, M. Moreau finit par croire à l'existence de choses qu’il n’a fait que supposer tout d’abord.

Cette histoire d’apostasie est relatée, il est vrai, tel que dit plus haut, dans le procès-verbal d'André Certain. Mais l'authenticité de cette pièce est fort douteuse. Elle n’offre pas, d’ailleurs, de garanties d’impartialité, puisqu'elle fut rédigée au lendemain de la victoire de d’Aulnay et sous sa dictée. Comm» il employa tous les moyens pour faire accréditer à la cour les accusations de diverses natures qu’il formula contre son ennemi, cette pièce, comme les autres de même source, ne saurait être acceptée d'emblée. M. Moreau lui-même relate cette accusation, tantôt comme une simple hypothèse, tantôt comme un fait certain. Parkman, qui a suivi le manuscrit de Menou, ne croit pas à cette légende : “ Her enemies say that she had some time before renounced her faith to gain favors of the puritans, but there is reason to believe that she had been a huguenot from the first. — Ses ennemis ont affirmé que peu de temps auparavant elle avait renoncé à sa foi, mais il y a des raisons de croire qu’elle était d’origine protestante. ” C’est aussi l’opinion de tous les historiens anglo-américains et acadiens.

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