MORT DE D’AULNAY
M. Moreau, à la page 241 de son livre, écrit: “ Au milieu de ses luttes et de ses épreuves, d’Aulnay n’avait reçu de la métropole aucune assistance effective. Ni hommes, ni argent, ni munitions, ni approvisionnements d’aucune espèce, rien ne lui avait été donr 5... ” Nous avons là une preuve que son entreprise n’intéressait guère la métropole, qui n’y
voyait apparemment qu'une affaire particulière tout comme celle de Poutrincourt, de Charles-Amador de La Tour, de Denys et de Le Borgne. ‘“ D’Aulney, raconte encore M. Moreau, réduit à ne compter que sur lui-même, avait pourvu cependant aux dépenses de la colonisation, à tous les frais de ses expéditions contre de La Tour, à tous les besoins de ses négociations avec l'Etat du Massachusets. Dès 1643, il évaluait le montant de ses avances à 400,000 livres. .. ” Et c’est là une autre preuve que son entreprise n’intéressait Pas les pouvoirs publics. M. Moreau expose ensuite de quelle manière d’Aulnay fut récompenssé. Le roi lui accorda le titre de lieutenant général pour tout le pays de l’Acadie et les pouvoirs les plus étendus. Mais il ne put jouir de tout cela que trois ans à peine. Le 24 mai 1650, il fut trouvé mort de froid. “ Telle fut la fin, écrit M. Moreau, d’un des hommes qui ont déployé le plus d'énergie, de courage et d’activité dans la fondation de nos colonies américaines. Ses ennemis lui survécurent et l’A- Cadie française euccomba en quelque façon avec lui. Voilà
toute l'explication des erreurs et des calomnies qui se sont attachées à son nom pendant deux siècles. *. Il n’a mérité par aucun endroit là réputation que lui ont faite la crédulité et les ressentiments de Denys. Il n’était ni le tyran que ce dernier accuse avec amertume,ni le trafiquant de pelleteries dont Garneau parle avec dédain. Ses sentiments étaient plus humains, ses vues plus hautes et plus étendues. . .”
Cet éloquent panégyrique n’est pas juste. D’Aulnay ne fut pas aussi désintéressé que cela. D’une façon générale d’abord ces entrepreneurs de colonisation qu’étaient d'Aulnay, de La Tour, Denys et d’autres encvre, cherchaient sûrement avant tout leur intérêt et leur fortune, Pour ce qui Concerne d’Aulnay, déjà possesseur de plusieurs parts dans la compagnie de la Nouvelle-France, il acquit de Claude de Raziliy, héritier du commandeur du même nom, pour la somme de 98,000 livres, tous ses droits en Acadie. : Quant au trafic des fourrures, Denys écrit qu’il vendit jusqu’à 3,000 orignaux par an, sans compter les loutres et les castors. Voilà qui montre assez qu'il &e livrait au commerce tout comme un autre.
La fin tragique de d’Aulnay souleva beaucoup de commentaires en France. Les uns crurent y voir un chôtiment de Dieu contre un homme qui avait commis de trop nombreuses injustices. Les amis de la victime n’y virent qu’un accident. Quoiqu’il en soit, le roi s’émut assez de ces rumeurs pour faire une petite enquête auprès des Capucins. Le Père Ignace relata sa mort. Dans cette relation écrite à Senlis, le Père Ignace fit, selon M. Moreau, cette louange de d’Aulnay, que “ pendant les onze années de sa résidence à Port-Royal, Îl ne lui avait jamais entendu prononcer aucune parole inju-
1 Le contrat fut passé par les notaires Mercier et Chapelain, au Châtelet de Paris, le 16 janvier 1642.
rieuse ni au moindre de ses gens”. De plus, le Père ‘“ rendait hommage à la rare bonté du gentilhomme et à la piété exemplaire du chrétien”. Cette lettre est sans doute très favorable à d’Aulnay. Mais nous avons le regret de constater que M. Moreau use trop libéralement de l’axiôme théologique favores ampliandi Pour ce qui concerne son héros, en faisant livrer à d’Aulnay, par le bon Père, un certificat de bonne conduite qui couvrirait une période de onze ans, quand à la vérité il est pour un laps de temps de six mois bien comptés! “ Monsieur, je vous assure que, depuis la my novembre 1649 jusques av 22 may de l’an 1650 que je demeuray au Port- Royal... ie luy entendis tout le temps parler de la mort... Je le vis tout ce temps dans une volonté absolue de satisfaire À ceux auxquels il pouvait devoir et que la justice ordonnerait leur estre dû ; ce qui s’entend seulement de M. LeBorgne et de M. Denys, marchands, d’autant qu’il ne croyait pas en conscience leur devoir autant. Ii fut si soigneux, tout ce temps, de sir à sept mois que je demeuray le seul prêtre an Port-Royal, de tenir sa conscience pure, qu’il se confessa toujours de deux jours l’un et bien des fois tous les jours... Les six derniers mois devant sa mort, il assista tous les jours aux litanies... Il était fort zélé pour la foy. Sa charité envers les pauvres sauvages a été rare... Il était entièrement changé de ce qu’il avait été autrefois. ” :
La différence est assez notable, on le voit, entre ce qu’avait écrit le Père Ignace et ce que lui fait dire M. Moreau, Pour que nous en fassions la remarque. Cela montre, une fois de plus, avec quelle prudence on doit vérifier les assertions de cet historien. Il paraît même n’avoir pas vu qu’au milieu de cet éloge se trouve cet aveu tombé de la plume dun Père: “ Il était entièrement Changé de ce qu’il avait été au-
1 Collection de documents et manuscrits, Ier vol., p. 136.
trefois. ” Comment, d’Aulnay n’aurait-il pas toujours mené cette vie exemplaire? C’est ce qui ressort de cette phrase bien Courte mais assurément révélatrice ! D’Aulnay mourut avec la détermination de rendre ce qu’il croyait devoir à Le Borgne et à Denys.’ Espérons que Dieu lui a tenu compte de ses bonnes intentione,
A la page 249, M. Moreau donne un nouvel exemple de sa partialité quand il s'agit de d’Aulnay. “ Sur la traite des pelleteries, écrit-il, nous n’avons que ce Court passage de Denys: “Le sieur d’Aulnay a traité;dans la rivière Saint-Jean, jusques à trois mille orignaux Par an, sans compter les castors et les loutres...” Le ‘Passage de Denys, au témoignage de M. Moreau, est très court. Alors pourquoi ne l’a-t-il pas rapporté en entier? Il n'eut eu à ajouter que' ces quelques mots explicatifs: “ Ce qui fut la cause que d’Aulnay en déposséda le sieur de La Tour...” Le lecteur peut voir que M. Moreau y va prudemment quand il s’agit de citer les textes qui pourraient compromettre son héros. Il ne prend juste que ce qui fait son affaire et passe les charges sous silence. On a vu avec quelle constance M. Moreau s’appliqw à réfuter Denys quand celui-ci témoigne contre d’Auli 47. On se souvient du silence qu’il a gardé sur l’accusation de cruauté portée par Denys contre d’Aulnay envers le capitaine du navire envoyé à la Hève pour y aller chercher le bois destiné à Boston. On vient de voir encore avec quelle habileté il essaie d’affaiblir le témoignage de Denys quand celui-ci ncus donne les raisons qui ont porté d’Aulnay à s’emparer du fort de La Tour. Pour M.
1 À deux reprises Denys fut dépossédé de ses établissements par d’Aulnay. Une première fois à da Hève, une se-onde dans la grande île Miscou. Il est bon ..’ajouter que dans ce dernier cas, l’usurpateur fit les choses honnêtement : il inventoria toutes les marchandises et promit de les payer, ce qui n'empêche que Denys perdit tout. Est-ce là la conduite de l'homme désintéressé, loyal, honnête, que M. Moreau voudrait nous montrer dans d’Aulnay?
Moreau, cet historien n’a d’autorité que lorsqu'il parle de choses nOn Compromettantes pour d’Aulnay, Le même M. Mo: reau, en effet, au même endroit de son livre, décerne au même auteur un certificat de compétence de première classe, C’est avec la plus entière confiance et sans douter le moins du monde qu’il écrit: “ C’est encore Denys qui nous fournit sur la pêche les détails les plus précis...” A la bonne heure! Mais sur les autres questions, qui sera en mesure de contredire Denye? Qui prouvera que cet historien n’est Pas aussi sûr de ce qu’il avance quand il parle des actes de d’Aulnay et de ses injustices contre de La Tour? Quand on sait que Denys fut le témoin oculaire ou du moins contemporain des faits qu’il a consignés dans son livre, on s'étonne que tant de nos écrivains aient pu ajouter foi aux dénégations dénuées de preuves de M. Moreau, qui base ses arguments sur des écrits dus à l’homme dont il est l’admirateur. D’Aulnay et M. Moreau sont trop intéressés pour qu’on croie à leur impartialité. Veut-on une nouvelle preuve de la partialité de M. Moreau? La voici Hubbard et Winthrop rapportent que, durant le siège du fort Saint-Jean, le flibot de Joseph Grafton, de Boston, fut envoyé par des marchands Pour porter des provisions au fort de La Tour. Le vaisseau fut pris par d’Aulnay,lequel fit débarquer les matelots sur une île déserte où ils demeurèrent dix jours, n'ayant que de misérables baraques pour s’abriter contre les neiges. Il les fit embarquer ensuite sur une vieille chaloupe de deux tonneaux, il leur donna quelques provisions, mais leur refusa des habits, une boussole et des armes, comme il l’avait promis. “ D’où l’on peut conclure, ajoute Winthrop, que son intention était de les faire périr en mer ou de les laisser tomber entre les mains des sauvages, par qui ils furent poursuivis...” M. Moreau dit que ce passage est une fable. Il affirme que les plaintes des mate- ‘lots anglo-américains étaient puériles et qu’il y a lieu d’admi-
rer la charité de ‘l’Aulnay qui poussa la condescendance jusqu’à leur fournir des baraques, des provisions et une chaloupe. Pourtant, cette histoire produisit assez d'effet sur les Anglais de Boston Pour donner lieu, de leur part, à des représentations qu’ils formulèrent en termes assez vifs à d’Aulnay lui-même, :
Hubbard et Winthrop rapportent ensuite que d’Aunay approcha du fort de son ennemi, car Mme de La Tour, à son arrivée, avait expulsé les religieux et quelques alliés, qui lui avaient persuadé qu'il pourrait aisément emporter la place d'assaut. La Tour, qui était à Boston, n'avait pas laissé cinquante hommes chez lui. L’historien américain ajoute que d’Aulnay, dans cette attaque, perdit vingt de ses hommes et qu’il eut treize blessés, qu’enfin il dut jeter son vaisseau der. rière une pointe de terre Pour l'empêcher de couler. Pour M. Moreau, ce Passage, comme !e précédent, n'est qu’une fable. Pourtant Winthrop tenait cette histoire d’un des hommes de d’Aulnay. ? D’où l’on peut conclure que #4. Moreau ne prend chez les auteurs anglo-américains que ce qui fait son affaire. Par exemple, quelques pages plus loin, il racontera avec force détails toutes les pérégrinations de de La Tour, il acceptera avec empressement le témoignage des mêmes historiens angloaméricains quand ils accusent celui-ci d’avoir montré peu de reconnaissance À ceux qui Ini vinrent en aide en forçant cinq matelots bostonnais à quitter un navire que des marchands lui avaient frêté pour faire le commerce. Mais n’anticipons Pas, suivons les événements.
Aux pages 257 et 258 et aux suivantes, M. Moreau raconte que de La Tour vendit son fort au major Gibbons pour le
3 Winthrop: History of New-England, vol. II, pp. 217, 218.
‘Ce passage confirine en tout point la narration de Denys, rapportée à la page 93.
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prix de 2,084 livres sterling (52,000 frs), qu’il tenta d'entrer en affaires avec David Kertk, qu’il n’y put réussir, qu’il revint à Boston et que là des marchands l’employèrent à faire la traite. Nous n’avons pas à faire l'apologie de de La Tour sur ces faits mentionnés dans les oeuvres d’Hubbard et de Winthrop. Cependant nous faisons nôtres les explications que fournit Hannay. Quelques historiens ont rendu, sur la conduite de de La Tour, dans ces circonstances, un jugement si sévère que nous le croyons injuste. Pour ce qui est de la vente du fort Saint-Jean, elle s’explique par ie fait que de La Tour était déjà redevable d’une somme considérable au major Gibbons, Cette transaction avait plutôt la forme d’une hypothèque que de La Tour donna sur son fort et qu’il s’engagea à rembourser avec les intérêts le 20 février 1652. Comme ce contrat fut passé le 13 mai 1645, “ on présume, dit Hannay, qu’à Boston, la nouvelle de la prise de Saint-Jean n’était pas encore parvenue ”. Par ce moyen, de La Tour espérait peutêtre obtenir de nouveaux secours contre son ennemi qui, de son côté, hypothéquait en faveur de Le Borgne tous ses biens dans le même but: soutenir la lutte contre de La Tour et pourvoir à ses établissements. Le crédit de de La Tour auprès des Anglo-Américains était, on le voit considérable, et cela réfute l’assertion que M. Moreau a faite précédemment (p. 127), que les “ historiens américains n’ont qu’une médiocre opinion de sa valeur et de sa probité”. En effet, la prise de son fort ayant été la cause de la ruine de plusieurs marchands, de La Tour trouve chez eux de la pitié et de la sympathie. Après avoir vainement sollicité des secours de David Kertk, il revint à Boston et passa l’hiver chez M. Samuel Maverick, à Nottles Island, dit Winthrop. Au printemps, des marchands lui équipèrent un navire de la valeur de 500 louis, pour faire un voyage au cours duquel il put faire la traite. Le capitaine
de ce vaisseau était un étranger, l’équipage comptait cinq
Français et cinq Anglais de Boston. Au mois de mai, ces derniers arrivèrent chez eux et racontèrent l’histoire de leur malheur et de leurs souffrances. Ils rapportèrent que de La Tour, étant parvenu au Cap de Sable, en plein hiver, conspira avec le capitaine et les Français et força les Anglais à quitter le navire, qu’il en tua un d’un coup de pistolet qu'il lui tira en pleine figure. Ils dirent encore qu'après avoir erré durant quinze jours, ils rencontrèrent quelques sauvages qui leur donnèrent une chaloupe et des provisions avec un pilote, et qu’ainsi ils purent arriver à Boston. “ I1 est impossible, écrit Hannay,à la distance où nous sommes de ces événements, de dire quelle foi on peut ajouter à cette histoire, laquelle, si elle était vraie, Prouverait que de La Tour fut le plus vil des hommes, Elle repose sur l'autorité de Winthrop, l’un des écrivains les plus consciencieux de son temps. Mais lui, au reste, dut se contenter du rapport des matelots qui se disaient victimes de la cruauté de de La Tour. Nous pouvons opposer à cette histoire la conduite qu’il th : durant quarante ans... puis ce fait admis que, quand il parut absolument ruiné, les marchands avec qui il trafiquait ne perdirent pas confiance en sa probité. Ajoutons à cela qu’il était certainement tenu en considération par le gouvernement anglais... D’où nous sommes forcé de conclure que cette histoire de violence et de piraterie racontée par les matelots, qui a donné à quelques écrivains l’occasion de noircir le caractère de de La Tour, aurait été inventée par les matelots eux-mêmes pour justifier leur propre conduite séditieuse et se gagner ainsi des sympathies pour les souffrances qu’ils s'étaient attirées eux- ‘mêmes par leur propre faute... :
Cette explication vaut bien celle de M. Moreau. On peut se demander maintenant comment des historiens sérieux ont
* Hannay: History of Acadia, p. 178.
pu ajouter une aussi grande crédulité aux conclusions qu'il en a tirées. S'il lui est permis de regarder comme une fable ce que Winthrop a écrit sur d’Aulnay quelques pages auparavant, nous ne voyons pas pourquoi le sentiment de Hannay ne lui serait pas préféré. Au surplus, le fait suivant montre que de La Tour par la suite demeura toujours en bons termes avec les Anglo-Américains. Beamieh Murdoch écrit : qu'en 1651 l’Angleterre déclara la guerre à la Hollande, Comme il était rumeur que les Indiens se soulevaient et que la jalousie des Acadiens grandissoit, l'assemblée générale du Massachusetts défendit le transport des provisicns,soit aux Frarçais,soit aux Danois, sous peine de confiscation des Cargaisons et des navires. De La Tour fit des remontrances à la cour et la défense fut si relâchée en sa faveur qu’on permit d’affrêter un petit navire avec des provisions pour venir à son secours. . .”
Au commencement de 1646, écrit M. Moreau, üe La Tour se réfugia à Québec. Il y fut salué par le canon de la place à son entrée dans le port et logé au château Saint-Louis. “Nons ne devinons pas la raison des honneurs rendus à un aventurier rebelle et fugitif, dit-il, M. Garneau ne s’en explique pas. Nous le soupçonnerions volontiers d’avoir été trompé. ” M. Moreau fait ici une nouvelle erreur. Garneau a eu raison. Il s'appuie sur le Journal des Jésuites, qui note les allées et venues de de La Tour. Voici : “Le 8 août 1646, sur le soir, parurent le navire du capitaine Poullet et le phlibot de M. de La Tour qui se venoit réfugier ici; ils arrivèrent icy le lendemain. On tira à l’arrivée du dit sieur de La Tour, et à sa descente il fut logé au fort.Le gouverneur le 1er jour lui donne le devant ; il l’accepta pour le 1er jour, et le refusa ensuite, comme il devoit (page 61). M. Moreau et ceux qui l’ont suivi ne peuvent
* History of Nova-Scotia, I, Williamson, Maine, 359, 360. Hutchison, . Mass., 179.
s'evoliquer que M. de Montmagny, le gouverneur de Québec, ai. “endu de si grands honneurs à de La Tour, jugé et déclaré rebelle en France? Il est accueilli avec toutes les marques de sympathie, avec tous les honneurs dus au gouverneur, et pourquoi cela? C’est que M. de Montmagny et la population de Québec d’alors, qui vivaient à l’époque où se passaient ces événements, comprirent que de La Tour avait été la victime de d’Aulnay et qu’il ne méritait pas la condamnation que l’on avait prononcée contre lui. Autrement, M. de Montmagny en donnant une si large hospitalité à un homme qui eût été traitre et rebelle se fût rendu coupable lui aussi. Il eût mérité le mépris des honnêtes gens et les reproches des autorités de France. ,
Si de La Tour put jouir d’un peu de tranquillité et de repos, on voit, par ailleurs, qu’il ne fut pas inactif et que la population de Québec le tint en haute estime. Il suffit, pour s’en convaincre, de lire le Journal des Jésuites. “ Le 15 février 1647, le Père de Quen alla chez M. de Chavigny avec M. de La Tour et autres franç. is; on y devoit baptiser une fille venue nouvellement au monde. Ils en retournèrent le 20. ” “ Le dernier juin 1647, partit le Père Bailloquet pour Montréal dans une chaloupe conduite par M. de La Tour. ” Avril 1648, “ Les feste de Pasque, Amiot s’en retourna avec les hurons et M. de La Tour qui alla en chaloupe pour faire la guerre ; je donné à Amyot l’arquebuse de Chastillon, selon ce qu’il m’en avoit écrit; ils ne partirent que jeudi, 16 du mois d'avril. ” Juin le 11, 1648: A la procession de la Fête-Dieu : “ portaient le daiz M. de Chavigny, M. de La Tour, M. Bourdon, et Jean-Baptiste le Sauvage. May 1652: “ Le 4, la frégate part pour Tadoussac, le P. de Quen et le P. Albanel pour leur mission. M. Denys pour aller trouver M. de La Tour, afin de se rétablir vers Miscou. ” “ Août 1652, le 17, arrivent des lettres de Lacadie, de M. de La Tour. Juin 1653: “ Le 5,
on fait partir un canot pour donnr secours et conseil à M. Bourdon; le P. de Quen, M. de La Tour, Guillaume Couillart, Simon Guyon et St Claude Soldat. Le 9, le P. Richard ar. rive avec le sieur Des Groseliers, de l’Acadie, d'avec M. de La Tour. ”
Comme on le voit, de La Tour de 1646 à 1648 fit de fré. quentes apparitions à Québec, à Montréal, aux Trois-Rivières, tantôt avec les Jésuites, tantôt avec Denys. Il était, certes, en assez bonne compagnie pour un aventurier, car les gens qu’il fréquentait faisaient partie de la meilleure société de la Nouvelle-France. Remarquons en passant que l’on rencontre certains historiens assez prévenus contre de La Tour pour taxer d’hypocrite la conduite qu’il tint dans la colonie de Québec, où il était de toutes les fêtes tant religieuses que civiles. Mais n’insistons pas.