‹ Observations sur l'Histoire de l'Acadie françoise de M. Moreau, Paris 1873 [microforme]Chapitre 18 sur 22 · RÉHABILITATION DE CHARLES-AMADOR DE LA TOUR · texte numérisé non relu

RÉHABILITATION DE CHARLES-AMADOR DE LA TOUR

En apprenant la mort de d’Aulnay, de La Tour, bien que sous le coup de la condamnation, passe en France. Il plaide Sa Cause en personne auprès du roi et de la reine, qui, de leur Propre autorité, lui font tenir des lettres de grâce le 16 février 1651. Voilà qui nous paraît fort remarquable, Bien plus, pour rendre plus complète la réhabilitation de de La Tour, le roi et la reine, sans demander l'agrément de la Compagnie, dont des parents et des amis de d’Aulnay faisaient encore partie, le réintègrent dans son titre de lieutenant général, cette fois pour tout le pays de l’Acadie. Ce défaut de formalité {la non-intervention de la Compagnie) sera plus tard invoquée pour faire tomber le gouvernement du pays des mains de de La Tour en celles de Le Borgne.

Ces lettres se lisent ainei : “ Louis, par la grâce de Dieu, roi de France et de N avarre, à tous présens et à venir, Salut. Etant bien informés et assurés de la louable et recommandable affection, peine et diligence, que notre cher et bien-aimé Charles de Saint-Etienne, chevalier, sieur de La Tour, qui était ci-devant institué et établi par le feu roi de très heureuse mémoire, nostre honoré Seigneur et père... Gouverneur et notre Lieutenant général au pays et costes de l’Acadie, en la Nouvelle-France, et lequel depuis quarante-deux ans en ça a apporté et utilement employé tous ses soins, tant à la conversion des Sauvages du dit pays à la foi et religion chrétienne,

qu’à l'établissement de notre autorité en toute l'étendue du dit pays, ayant construit deux forts, et contribué de tout son possible pour l'instruction des enfants sauvages, et par son courage et sa valeur, chassé les étrangers religionnaires des dits forts, desquels ils s'étaient emparés au préjudice des droits et autorités de notre Couronne, ce qu’il aurait continué de faire, s’il n’en eût été empêché par Charles de Menou, sieur d’Aulnay Charnisay, lequel aurait favorisé ses ennemis en des accusations et suppositions qu’ils n’ont pu vérifier, et desquelles le dit de Saint-Etienne a été absous le seisième février dernier... sçavoir faisons que nous en pleine confiance du zèle, soin, industrie, courage, valeur, bonne et sage conduite du dict Saint-Etienne, et voulant, comme il est bien raisonnable, reconnoïistre ses bons et fidèles services, avons par l’avis de la reine régente, nostre très honorée Dame et mère, et de nos certaines science, pleine puissance et autorité royale ice-luy sieur de Saint-Etienne confirmé et confirmons de nouveau, en tant que besoin est ou seroit, ordonné et établi, ordonnons et établissons, par ces présentes, signées de nostre main, Gouverneur et Lieutenant-Général, représentant nostre personne en tous les pays, territoires, côtes et confins de l’Acadie, suivant et conformément aux patentes qui si dûment lui ont été expédiées... ” Cette lettre fut signée par le roi et la reine régente sa mère, le 25 février, et contresigné par Le Tellier. *

M. Mvreau, né soupçonneux pour tout ce qui touche de La Tour, dit que cette lettre est suspecte, et il consacre toute

1 Mémoire des Commissaires, p. 576 et suivantes. Cette pièce porte : “ Collationné à l'original, par moi, conseiller, secrétaire du roy et de ses finances. signé: Coupeau. ” Puis cette autre déclaration: “ Je certifie que cet écrit est une véritable copie, collationnée à l'original, qui est dans le registre de ce Bureau des Plantations, à Whitehall, le 12 juillet 1750. signé: Thomas Hill.

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