L. IX, S
(a) niad. v', 439.
(3) Voy. I«s Observ. sar le v. 736 du cinquième chant de l'Iliade.
(4) Sch. Yen. ir*, 43a.
(5) Iliad. 0', 79.
(6)^nîad. 0', i5o-3.
(7) Sch. Yen., 1. c.
(8) Cf. Heyn. Obaa. in liiad. XYI, 43i, et Knight, Not. m Iliad. ir*, 43a-58, et éd. Wolfiî.
(9) Iliad. o', 356. Yoy. les ObtervatioDS.
(10) Iliad. x't 167. Yoy. les Obaerv. sur le v. 443 du septième, sur le V. 179 du onsicme, et 359 du dix-neuvième chant de TlUade.
Wolf, àanê son édition, indique rinterpobtion depuis le ven 43o jusqu'au vers 469. Dans cette supposition, voici quelle serait la suite du discours : « Ainsi ces deux guerriers s'avancent
■ l'un contre l'autre , en poussant de grands cris ; et , lorsqu'ils sont
• près Fun de l'autre, Patrocle frappe Thrasymède, écuyer de Sar-
• pédon.> Knight ne retranche que depuis le vers 43 1 jusqu'au vers 4S9 » et dans ce cas il faut dire: • A cette vue , le fik de Sa- « tume est ému de pitié ; il répand scu* la terre une rosée sanglante «pour honorer son fils chéri. » Tadmettrais plus volontiers la leçon de Knight , parce que d'après celle de Wolf , les mots liv' dXXiiXoiaiv se trouvent dans deux vers de suite.
[y. 433 — 4-] Hélas ! voici le moment où le destin veut
que Sarpédon, qui m'est le plus cher parmi les hommes,
tombe sous les coups de Patrocle, fils de Mënétîus.
Platon s'exprime ainsi à l'occasion de ces deux vers : • Si nos «jeunes gens, ô mon cher Adimante, écoutent sérieusement de
• tels discours, s'ils ne s'en moquent pas comme indignes de «ceux qui les tiennent, il leur sera difficile, eux qui ne sont
■ que des hommes , de croire que ces paroles sont indignes d'eux , « et de se blâmer lorsqu'il leur arrivera ^le parler ou d'agir ainsi ; « au contraire , ils s'abandonneront sans honte et sans effort à ces «gémissements et à ces plaintes, chaque fois qu'ils éprouveront le « plus léger contre-temps (i). *
Platon traite ici de faiblesse indigne un sentiment très-naturel et très-légitime, puisque les Grecs prêtaient à leurs divinités les passions des hommes. Les regrets d'un père sur la mort de son fils n'ont rien de bien condamnable. J'observerai en outre que Platon ne cite pas le commencement du vers 433, comme il se trouve dans nos éditions: au lieu de à^i j^ùv, Platon écrit Ai Ai t^Y. Quoique cette difTérenoe soit peu de chose, il me semble que l'exclamation qui est dans Homère a plus de dignité et d'élévation que celle de Platon : la première peut se rendre par, malheur à moi! la seconde n'est qu*un cri de douleur assez fréquent dans les chœurs de la tragédie , mais peu convenable de la part d'une divinité ; je ne crois pas que Platon y ait mis de l'intention pour faire prévaloir son idée ; car souvent il cite Homère diflerem-
(t) Reîp. lib. m, t. YI, p. 265 bip.
ment qiM nous ne l'avons fait (i) ;najs il n'en arrive pis moins que le plus léger changement dans Te&pression donne souvent «ne tournure toute difTérente à la pensée.
Pour revenir sur la question d'interpolation rapportée ilans la note précédente 9 je dirai que cette interpolation devait être bien ancienne , puisqu'elle existait déjà du temps de Platon ; cela me ferait croire qu'elle remonte à l'époque même où l'IUade iiit réunie en un seul tout. Elle appartient aux premiers diasqmtimMUt dont j'ai parlé si souvent.
[v. 4^9-] Il répand sur la terre une rosée sanglante.
Les petites scholies expliquent le mot ^Maç par ^pétfouç , rasée , ainsi que je l'ai traduit (s). HéracHde, dans ses Allégories homériques (3) , dit que les anciens racontaient que de semblables prodiges s'opéraient dans les grandes révolutions ; que l'Asope et le Dircé avaient été souillés de sang, et que, selon d'antiques traditions, des gouttes sanglantes tombaient quelquefois des nuages. Il ne faut pas douter que ce ne fût une opinion reçue du temps d'Homère.
L'auteur du Bouclier d'Hercule a imité notre poète ; il dit aussi à l'occasion du combat d'Hercule et de Cycnus :
«Jupiter, du haut du ciel, envoie une rosée sanglante (4). • Théodore Hyrtacène a fait deux fois allusion à ce phénomène , pour exprimer un malheur public (5).
Barnès cite ici l'épitaphe de Sarpédon par le poète Ausone , qui fait aussi allusion à la rosée sanglante :
Sarpédon Lycius , Geoitus Jove numine patris
Sperabam cœlum : sed tegor boc tumulo Sanguineis fletus lacrymis : pro ferrea fata !
Et patitur luctum qui prohibera potest
(i) Voy. les Observ. aar le vers 8 da troisième , et sur les v. 84 et 43i (la quatrième chant de riliade.
(a) Brev. Schol. Iliad. ir', A^p.
(3) C. 43, p. i4i, éd. Schow.
(4) Herc. Seat. 384.
(5) Cf. Anecdota Grsca edenle Boissonade, p. a6o et 276.
[t. 5^0.] Là pérît un homme yaillant parmi les Thes-
saUens.
Mot à mot: • Car an homme qui n'était pas le plus Iflche parmi • les Myrmidona fut frappé. » Pai déjà eu l'occasion de faire obser* ver combien, dans Homère» l'emploi de la négation donnait de force à la pensée, et j'ai dit aussi pourquoi je nommais ThêssaHms, ceux qu'Homère nomme Myrmidons (i).
[y. 6i4 — 5.] Ainsi larme d'Énée pénètre en frémissant dans la pondre, et le trait s'est en vain échappé de sa main vigoureuse.
Ces deux vers ne se trouvent point dans l'édition de Venise , non plus que dans plusieurs manuscrits cités par fiâmes et par Emesti; ils se trouvent au chant XIII'' (a): peut^Ure les aura-t-on mis en marge dans quelques manuscrits, et de là sercmt-ils passés dans le texte, c'est la conjecture probable d'Emesti (3). Ils peuvent être supprimés sans nuire au sens. Knight ne les admet pas dans son édition.
[y. 617 — 8.] Mérion, quoique tu sois un danseur habile, ce fer t'eût pour jamais arrêté, si j'ayais pu t'atteindre.
Athénée observe que ces paroles sont adressées à Mérion , parce qu'il était Cretois, et qu'il y avait une espèce de danse particulière à ce peuple (4) ; cette danse a été décrite par Homère; elle se trouvait £gurée sur l'un des compartiments du bouclier d'Achille (5).
[y. 641 — 2.] De même que dans la bergerie, des
(1) Toyec les Obss. sur le v. 33o et 180 au premier chant de niiade. (s) a. lliwLV, 5o4, 5o5.
(3) Emesti, Not. ad h. v. 614.
(4) Ath«D.Deipa.,lîb.IT,G. *8, p. iSi. B, ed.Caasub.,t. II, p. aig, cd. Schweig.
(5) Toy. les Observ. sur le v. S^ du diz-haitième chant.
9a OBSERVATIONS
essaims de mouches bourdonnent parmi les jattes de lait.
J*a{ rendu par le moi jatus le mot icûXoc du Grec, parce que uoua n'avons point d'expression particulière pour désigner les vases dans lesquek on trait le lait Athénée dit que la pella (iriXXa } était une espèce de vase destiné seulement à recevoir le lait, et qui avait le fond très-large (i). Homère nomme aussi ces vases ^av- Xol et oxa^pt^iç (a).
[y. 677.] Et des montagnes de llda, il s*élance (Apollon ) sur le champ du carnage.
La scholie de Venise, qui se rapporte à ce vers, dit que Zénodote le retranchait pour être d'accord avec luinnéme. Si par-là le scholiaste entend que Zénodote supposait que Jupiter ne devait plus être sur le mont Ida , il y a erreur, car Homère ne dit pas que Jupiter ait quitté le sommet de l'Ida, depuis le moment où il s'unit avec son épouse.
Knight retranche tout ce qui est relatif aux ordres que Jupiter donne à Apollon pour enlever Sarpédon , et aussi tout ce qui est relatif à l'exécution de ces ordres ; c'est4-dire qu'il retranche dixueuf vers. Tavoue que dans ce passage l'interpolation est probable , si l'on admet celle dont j'ai parlé plus haut (3) : peut-être même l'observation de Zénodote portait-elle sur les dix-neuf vers supprimés par Knight, et non pas seulement sur le vers cité en tête de la note; alors je concevrais le sens de ces mots: pour être JC accord avec àU^méme, rnpwv t6 ou(i.^ttvov iaurû du scholiaste, parce que Zénodote était d'avis de supprimer l'entretien de Jupiter et de Junon comme nous l'avons vu (4). Dans le cas du retranchement , voici quelle serait la suite de la narration : « Les Grecs aus- « sitôt dépouillent Sarpédon de son armure. Alors Patrocle , exci- « tant Automédon et ses coursiers, poursuivait les Troyens.., •
(1) Alb. Deip., lib. XI, c. i3, p. 4g5, C. (s) Cf. Od. i', aa3.
(3) L*eDtratien d« Jupiter et de Jonoo, voir IcsObaerv. aor le v. 43 1 de ce chant.
(4) Endroit cité des Observ.
[v. 689*— 90.] C'est ce dieu qui met en fuite un guerrier courageux et lai ravit aisément la victoire, lors même quil l'excite à combattre.
Ces deux vers n'existent point dans l'édition de Venise , et on les retrouve au chant XVn"(i)y où ils sont plus convenablement placés, et d'où sans doute ils auront été tirés poiur être transportés ici f parce que le vers précédent est le même dans les deux passages. En admettant le retranchement , voici quelle est la suite de la narration: «Toujours la pensée de Jupiter l'emporte sur la « pensée des hommes , et c'est lui qui remplit Tame du héros. » L'interpolation des deux vers ne fait qu'embarrasser la marche des idées. Knight les a supprimés dans son édition.
[v. 6921.] Quel fut le premier, quel fut le dernier qui périt sous tes coups ^ o Patrocle.
Cette même tournure, quel est le premier, quel est le dernier^ se trouve aussi au Y* chant de l'Iliade (s) ; mais ici le poète s'adresse à Patrocle lui-même, au lieu qu'au V chant, où il est question d'Hector, il s'exprime à la troisième personne. Le poète emploie rarement cette figure nommée apostrophe et dont j'ai déjà parlé (3).
[v. 717 — 9.] Asius, oncle maternel du noble Hector; il était frère d'Hécube, fils de Dymas, et demeurait dans la Pbiygie sur les rivages du Sangarius.
Il parait par ce passage qu'Hécube était fille de Dymas , puisqu' Asius, son frère, est dit ici être le fils de Dymas. Cependant plusieurs auteurs font Hécube fille de Cyssée. Euripide dit, en parlant de Polydore, qu'i/ était fils d^Hécuhe, la fille de Cyssée (4). Virgile a suivi la même tradition et la nomme Cjsséîs, fille de Cys^
(i) lUâd. p', 177, 178.
(s) Iliad. 1', 703.
(3) Toy . les observ. sur le ▼. i §7 do quatrième chant de l'IUade.
(4) Hecnb., v. 3.
sée (i). Enstathe rapporte qu'Athéoion et Téléclide avaient adopté TopinioD d'Euripide (i). Heyne peose qu'Hécube pouvait bieo être sœur d*A8ius d*une même mère , mais d'un père différent. Ainsi, quoique Homère dise qu'Asius fût le fils de Dymas , Hécube, sa sœur, pouvait bien être la fiUe de Cysaée (3). Toutefois plusieurs auteurs ont pensé qu'elle était fille de Dymas, tels que Suidas (4)» et le grand étymologbte (5); Ovide , en deux endroits des Métamorphoses , la nomme aussi fille de Dymas (6). ApoUodore donne les deux traditions; il en ajoute même une troisième, c'est qa*Hé« cube était fille du fleuve Sangarius et de Métope (7). Quant à cette dernière opinion , elle est inconciliable avec ce que dit Homère.
[v. 74^0 Grands dieux , comme ce guerrier est agile ! comme il plonge facilement !
Ce discours ironique de Patrocle n'est point dans nos mceurs , et madame Dacier observe avec raison que Patrocle aurait dû se rappeler ce qu'il vient de dire à Mérion:
«C'est dans nos bras que réside le destin des batailles, les • discours sont pour le conseil. » Madame Dacier est même tellement choquée de ce passage qu'elle le suppose interpolé (9). Cette opinion est arbitraire et n'a pour elle aucune autorité ; il ne faut pas toujours juger des mœurs des siècles héroïques d'après nos moeurs élégantes et polies. Aucun critique moderne n'adopte cette conjecture de madame Dacier; au reste, Virgile n'est pas moins amer lorsque son héros, après avoir immolé Lucagus, lui dit avec ironie :
(i) AII.TII, 3so.
(a) P. io8a, 1. 63.
(3) Heyo. Obss.in Iliad. X^I, 718.
(4) Ad ▼. àOiasç.
(5) Ad V. Èxa6vi.
(6) Ub. XI, p. 761 ; lib. XIII, 690.
(7) ApoUod. bib., I. III, c. la, $ 5.
(8) Iliad.' ir', 63o.
(9) Trad. de madame Dacier, t. III, p. 429. — 1711.
Lucage, nolla toM carras fofgà legnit equoram Prodidit , aat vaiue vertere ex hostibus umbnB; Ipse lotis saliens juga deseris (i).
J*ai déjà fait observer que c'est le seul endroit où Homère parle de coquillages pour un repas (a); cela, plus que tout le reste, rendrait à mes yeux ce passage suspect d'interpolation.
[v. 765 — 7.] Lorsque TEurus et le Notus, en se heurtant l'un lautre dans les Talions de la montagne , tourmentent, au sein de la forêt profonde, le hêtre, le frêne et le cornouiller à l'écorce épaisse.
Macrobe (3) compare à ce passage celui de l'Enéide.
Adversi rupto ceu quondam turbine wenti Gonfligunt , Zepbynisque , Notusque, et lœtus Eoîs Eliras equis; stridant sylvtt(4).
Virgile rend par ces deux mots seulement, stridtmt sjrha , la superbe description d'Homère, pleine d'harmonie imitative. Toutes ka fois qu'il est question de peindre les objets physiques, Homère est beaucoup plus riche et plus abondant. Virgile donne des chevaux à l'Eurus, ce qui n'appartient point à la mythologie d'Homère, mais à celle des tragiques. Euripide a dit :
ZtçOpou nvooûc bnriuoavTOÇ ht oùpavû (5).
«Au souffle du Zéphyre g^alopant dans le ciel.* De même Horace:
Eurus.
Per siculas equitavU uodas (6).
Heyne compare aussi au passage ci-dessus ces vers de Virgile:
Magno discordes sthere venti
Pralia cea tollunt animis et viribus asquis :
(i) JBb. X, 59a.
(a) Voyez les obaerv. sur le v. 487 du einquième ohaat de riliade.
(3) Lib. V, c. xiii.
(4) JBo.II,4i6.
(5) InPhcD. aao.
(6) Lib. IV, Od. IV, v. 43.
Noo ipit inter ae, non nubila, non mtre eedunt : Aooeps pugni diu ; stant obnixi , oDoîa contra (i).
Dana ce second exemple , le poète btîn ne peint pas comme Homère le fracas des arbres brisés par les vents , mais il donne anx choses inanimées les sentiments des personnes qui sont Tobjet de la comparaison. De là ces expressions : aaimu et virihus mquU : — non ipti inter m.. . . ceduiu^-^aneept pugna» Tai déjà eu l'occasion de faire observer ce caractère particulier à la poésie de Virgile (a).
[y. 776,] Son corps immense occupe un grand es* paoe.
Virgile a dit avec moins de précision :
Fientes ingentem, atque ingenti vulnere victuin (3).
Le poète latin rapproche ingentem et mgenti^ comme Homère fiffflic et fir^foXMtfri. La même expression est appliquée à Achille au XVnr chant de Vlliade (4).
[▼. 779.] Mais quand cet astre décline vers l'heure ou Ton délie les boeufs.
Les interprètes latins rendent ëouXu-rov^i par occasum , ie soir ; ëouXurbc est proprement Cheure ou Von délie Us bœufs ^ c'est-à-dire f heure on Von cesse les travaux, comme l'expliquent les petites scholies et le lexique homérique (S). Apollonius de Rhodes s'est servi de cette même expression pour exprimer la fin de la journée :
xxXtouat iï xixjtnûTiç
ip'Y^Ttvat ^Xvxtpcv o^iv dl^ap 6ouXut^v Uio6at (6).
« Les laboureurs fatigués implorent le retour du soir qui leur est « si doux. »
(2) Voyez les Obu. sur le vers 48a da quatrième chant de l'Iliade.
(3) JEn.X,84a.
(5) Brev* Sch. Uiad. ir', 779, et Od. i', 59, et Apollon. Icx. ad t.
^UXVTOÇ.
(6) Arg. m, X 340.
[y. 8o3.] Le bouclier qui le couvrait tout entier.
Tai rendu l'épithète Ttp{ii9eooa par cette périphrase, qui le cou» ^raii tout entier , parce que c'est là le vrai sens, et que je n'aurais pas pu le faire comprendre autrement : les petites scholies l'expliquent ainsi (i). Pai déjà dit que plus littéralement ce mot signifiait y^aioMiyra^u'aïu^ie^ (1). En eflet, il est formé de Ti^^ti^pied. Selon Hésychius(3), les anciens disaient le terme pour le pied, comme nous disons Us extrémités pour signifier quelquefois les pieds et les mams, •
[▼. 807.] Un Dardanien s'approche.
Il y a dans le grec , Aap^avoç àvrip pour Àap^avioç àyrip , héros Dardanien. Dans Homère , Dardanien est exprimé ordinairement par AoÉp^givoç (4) y comme le nom propre de Dardanus (5). Virgile imite Homère quand il dit :
Hauriat himc oculis ignem crudelis ab allô Dardanus (6)
pour Dardanius; c'est ainsi qu'il s'est servi de Dardana pour Dar» dania (7).
Au reste, il faut observer qu'il existe d'autres exemples dans Homère , où le substantif est pris adjectivement : au IX* chant de rilîade , on trouve xnavfrnvoio ço'yoïo (8) pour xaaryvnnxoo çoyou , du meurtre fraternel; et au XXIV*, pvaiw« fAoCbv pour ifuvaixttov putCàv , muHebrem (9).
(f ) ÔXov Tov flIvOpttffOv ox^irouaa, in II. tt*, 8o3.
(9) Yoy. les Observ. sor le v. 1&7 da sixième chant de miade. Ce mot est souvent renda par iro^iqpYi. — Cf. Brev. Sch., I. c, et in Od. r', a 43' Batm. Schol. Ambrosian.
(3) In voc. Wppii(.
(4) Cf. Indic. Homeric. Seberi.
(5) Cf.Iliad.u', 1x9.
(6) JEn. lY, 661.
(7} JEn., lib. II, 618.
(8) Cf. niad. t', 567.
(9) Iliad. •*', 58.
îà. 7
[v. 8o8.] Euphorbe, 1« fik de Panthus.
Uéraclide de Pont, cité par Diogène Laèrce, racoote que Pytha^ore, pour prouver la vérité de la métempsycoae, prétendait se ressouvenir d'avoir été l'Euphorbe dont il est ici question (i). Cette opinion même est tellement répandue dans l'antiquité, que plusieurs auteurs ne donnent à Pjtha^ore que le ûom d'Euphorbe. Horace le désigne par l'épithète de Pmmikoîdes (9). Dans les Dialogues des morts de Lucien , loraqu'iEaque présente Pytfaagore à Ménippe, celui-ci reprend à l'instant : x^9h ^ Bftfsp^, Je te saiue. Euphorbe (3). Ovide fait ainsi parler Pythagore :
Ipse ego , nam memiDÎ , trojani tempore belli Panlhoïdes Euphorbus eram (4)^
Cette superstition était encore si fort accréditée dans les premiers siècles de l'Église que quelques auteurs chrétiens ont cru devoir la combattre (5).
Diogène Laêrce donne les diverses migrations de 1*ame de Pythagore (6). Aulu-Gelle les rapporte aussi, mais tout dilTéremment (7).
[v. 85 1 — a.] Toutefois I je te le p)*é(Iis, grave meâ paroles au fond de ton ame : toi-même , tu n'as pas longtemps à yivre.
L'opinion des andens était que l'ame » au moment de se dé|gager des liens du corps , avait une puissance prophétique» u r&ppti>tàmu alors ^ dit Eustathe, de sa nature divine, Atta tfùatx éf^'¥»^(9). Gicéron dit de même, en parlant de l'esprit de l'homme, Idque. . . . faeiUus epenit appropinqiuuUe morte^ ui animifutura OMêgureninr ^^. So-
(i) Lib. Tni, S 4 et 5.
(a) Lib. I, od. zxviii, v. 10.
(3) Dlal. XX.
(4) Bietamorph. XV, 160.
(5) Laount. Epit. Instit. Div., c. zxxvi, et Tertul. m lib. de Anima.
(6) Le.
(7} Noot. Att., Ub. IV, cap. ii, in fin
(9) DiviDSt. I, 3o.
cnle dîaMt , ijcielqiie temps avant sa mort ? • Je toncfae ao moment « cm les homanes ont surtout la faculté de prophétiser, c'est-à-dire, • kwsqn'îls sont près de mourir (i). » Diodore de Sicile fait entendre que cette opinion est due à Pythagore : « Pythagore de Samos, dit^ « il, et quelques-uns des anciens physiciens ont démontré claire- «neot que Tame de l'homme est immortelle; ce qui est conforme « à ce dogme, qu'elle connaissait l'avenir à cette heure suprême où « elle va se séparer du corps (s). » Virgile a imité cette partie des mœnn de Flliade, et de même Orode, en expirant, dit à Mécence :
non me , quicumque es , ioulto ,
Tictor, neé longum lietabere: te quoque fiita Prospectant paris , atque eadem mox arva tenebis (3).
[▼. 856 — 7.] Son ame, s envolant de son corps » descend dans les enfers, et déplore son destin, en abandonnant la force et la jeunesse^
Voici comment Platon s'exprime à l'occasion de ce passage : « Nous supplions Homère, et les autres poètes, de ne point s'irriter « si nous retranchons ces vers, ainsi que tous ceux qui expriment « de semblables pensées ; non qu'ils ne soient très-poétiques et
• fort agréables à entendre; mais plus ils ont de poésie, moins il
• faut les réciter à des enfants et à des hommes qui doivent pré-
• férer la mort à l'esclavage (4). » Il n'est pas question ici de préférer l'esclavage à la mort, puisque tout au contraire les Troyens ne se battent et n'affrontent la mort que pour éviter l'esclavage; mais, malgré cet héroïsme, n'est-il pas naturel qu'un guerrier plein de force et de jeunesse regrette une vie qui peut être encore utile à son pays? Homère, encore une fois, ne composait pas de vains traités de philosophie ; il peignait les hommes avec toutes leurs passions; il les prenait tels qu'ils sont, et jamais son expression ne manque de vérité.
Au vers 857, j'écris à^porîiTa, avec Wolf et M. Boissonade.
(i) Apolog. Socr., 1. 1, p. ^ bip.
(a) Lib. XYin in init., t. H, p. 357, éd. Wesacl.
(3) Ma. X, 739.
(4) Reipiib., 1. m, t. YI, p. aGs— 3 bip.
loo OBSERVATIONS
Presque toutes les autres éditions, oiéBe celle de Veoiae, porfeni M^tmvvtt: comme à^^o-noc vient âlfo'c, grmd, fort, et Mpornç d*Av^pttoc, courageux^ wûMant, le moiiS^^xfiç me parait préférable, parce qu'il exprime une qualité physique; toutefois, je dois dire que Knight supprime ce second vers; il observe que ni l'adjectif é^pôc, ni Tadjectif dcv^piîoc , ne sont des mots homériques, et que par conséquent il n*a pu employer le substantif qui en résulte (i). Nous venons de voir que Platon admettait ce vers. Athénée le cite (i), de sorte que si Ton veut supposer l'interpolation, il faut convenir au moins qu'elle remonte à une haute antiquité. Inavoué cependant que la conjecture de Knight n'est pas dénuée de probalnlité, et que sa critique n'est pas sans fondement. Virgile, sans doute , a voulu imiter ce passage d'Homère quand il a dit :
Titaque cum gemitu fugit iodignaU sub umbras (3).
(x) Knight, Not. in nUd. ir*, 856.
(9) Ath. Deip. XI, c. i5, p. 507. E.
(3) JEn. Xly 83 1 et XII, 95a.
SUR LE CHANT XVII. lOf
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