‹ Observations sur l'orthographe françaiseChapitre 2 sur 41 · DE LA LETTRE · texte numérisé non relu

DE LA LETTRE

Uols de la langue /ra

Mçaise ou lu leltre y i

?st jigurce par c. ou par c.ii .

Par cil prononcé à la nianicre

l\ir (', le U ayant disparu :

Par cil prononcé k :

française :

acariâtre

achromali(|ue '

Achéloiis

caméléon

anacliorètiî '

Achénin

caractère

anaclironisine '

Achille

Caron

arcliajsme *

alcliimiste

carte

archange '

anarchie

cartulairc

arcliéologie

archidiacre

•colère

ar(liéolo;;ue

arcliidi:c

colérique

archet fipe "

archiinandrilr

colique

(iicliii'piHopiil "

archili'cle

corde

arcliontr *

archives

école

aiitociillione '

archivollc

estomac

liacclianale '

hachii|tir

ci>toinui|ucr

lati cliuiiiène *

l>crhi(|ue

cxar(|uc

chalcograiihie '

liroinliilu

liéréslar(|ue

chaos

lacochyine

kilo

Chaldéc

catéchisme

kil";;r.iiiniu'

(;har\lii1i'

iliarlli'

kiloiiM'tn^

cliflidiiinr "

1 liarine

inécanic|ii(^

chi'rsoni'M-

(hiiih!

mélancolie

chirographairc "

chlliiére

14 OBSRRVATIONS

Pai c, le II ayanl dispurii : Par cli prononcé k :

Par cil prononcé à la nianiàre française :

mélancolique

chhofjraphc "

chimie

métempsycose

cliirolorjie "

chimiste

monacal

chiromancie"

chirurgie

monarque

clilamyde '

chirurgien

monocorde

chlore *

chyle

pascal

chlorure*

exarchie

patriarcal

chd'ur

machiner

patriarcat

choléra-inorbus *

monarchie

Plutarque

choréc *

pachyderme

scolastique

chorége *

Psyché

scoliaste

dioriambe *

rachitisme

sépulcre

choriste'

schisme

stomacal

chorographe* chorus ' chrême * clirestoinathic ' chrétien Christ chrcime " chronologie ' chronomètre * chrysalide ' chrysanthème * cochléarla ' ecclijmose * écho

eucharistie ' exarchat ' iiyiiochondre ' iclilhyoloj;ie ' lilhochroinie ' ochlocratic ' orchestre polytechnique * psychologie * scfiinc** (echnique *

schiste

Ainsi , dans tous ces mots dérivés du grec, on voit figurer à la première colonne ceux qui, écrits d'al)ord par c/i, tels que charactère, charte, ckorde, mélancholic , méchaniquc, etc., au nombre de 34, ont successivement perdu le h et s'écrivent caractère, carte, corde, mélancolie, mécanique, etc., avec le c dur.

Dans la secuiide colonne, les 57 mots qui la composent sont écrits avec c// ; mais le Dictionnaire indique, du moins pour la plupart d'entre eux, que le eh doit être prononcé /.: pour les uns, et che pour les autres.

Dans la troisième colonne, qui contient 33 mots, ce même signe binaire ch se prononce pour tous à la française, che : alchimie^ architecte, archidiacre, charité, etc.

J'ai donc marqué, à la seconde colonne, avec un * les mots qui de\ raient être écrits par un c, a(in de les faire rentrer dans la j)reinière série; ils sont au nombre de 38, et j'ai marqué de deux ** ceux qui pourraient rentrer dans la troisième série en conservant le ch et qui se prononceraient à la française : ils sont au nombre de 8.

En effet, à côté des mots ([iii, à la première colonne, s'écrivent par un c dur : caractère, carte, co/iqae, colère, mécanique, tnélancolic , patriarcal , scolastiqae , exarque, monarque, etc., on peut ranger sans inconvénient arcaïsme, anacronisme, catécumène , clore, dorure, crûme , acromatique, psycoloi/ie, rronolo//ie{[). Pourquoi écrire exarchat et asiarchat, lorsqu'on dcvii exarque Gi patriarcat?

Et l'on i)cut ranger ;i la troisième colomie archétype, archiépiscopal, chiroip-ojthe, chirologie, chélidoine, chiroyraphaire, puis(iu'on écrit el ])rouonce alcJiimiste, archidiacre, archiduc, charité, catéchisme, chirun/ie, chiruryien.

Il ne resterait de difficultés (|ue pour huit ou neuf mots, archéoliiyue, archéoloyie, orchestre, chœur, écho, chaos, rJirème, rhrélioi, le Christ, auxquels on peut conserver le r// en indif|uaMl MU Dicliomiaire (|u'il se prononce k.

H est làclicux (jnc la prononciation du c étant ci'llc dr l'.v devante et / n(! pernicll(! pas d'écrire arcéolot/ue, arréoloy/r, orccslre, ni même, à cause de l'étymologic, de les écrire cœ

(t) Ce nuit M! triiiiM' sdiivi'iil m II il nn'iiii' iiii|iriiiii' >aiis /( : cronologie. Voltaire éerit ailécumànv.

comme dans cœ«/' (autrel'ois on écrivait eue w). Mais pourtjuoi ne pas prononcer ARcnÉolo//ie comme ??îo?L\KcinE, ou bien écrire et prononcer ki\n\:tolo(jue comme on écrit et prononce ?nonARQ€E? On pourrait aussi remplacer dans archéologue et arehéolo<jie le eh par le k, d'un si grand usage chez nos anciens poëtes. Cette lettre k, que regrettait tant Ronsard, et qu'indiquait Théodore de Bèze pour écrire relawil, rekucillir, etc., au lieu de recueil, reeueillir, est admise maintenant dans l'usage ordinaire pour kilo , kilogramme, kilomèlre, kyrielle, mots également dérivés du grec où elle figure le y, comme elle le ferait dans arkéologue, arkcologie, orkestre.

Quant aux noms propres, presque tous dérivés du grec, ils s'écrivent en général avec eh et se prononcent k. Quelques-uns cependant se sont modifiés, tels que Caron, Plutarqiie.

Pour des mots scientifiques, tels que cholédoque, cho- Irdologie, il importe fort peu, à qui sait le grec, qu'ils soient écrits d'une manière ou d'une autre : la science du grec ne saurait d'ailleurs être toujours un guide infaillible. Ainsi, de ce qu'on sait le grec, on croira devoir écrire scholie et scholiaste; cependant l'Académie écrit scolie et scoliaste, tandis que, par amour du grec, on aurait dû distinguer le « commentaire » de la « chanson de table » , en écrivant le conunentaire , scholie, crp'Xiov, et sans h la chanson de table, scolie, (j-/.o)^iov.

Si le doute est permis, même à des hellénistes, quel ne doit pas être l'embarras des artisans, et du nombre immense de ceux qui ne savent ni le grec ni le latin? En 1C94, quand l'Académie composa son Dictionnaire , savoir lire et écrire était un privilège réservé à une classe restreinte de la société. Aujouid'hui c'est le droit et le devoir de tous.

De l'esprit rude.

L'Académie semble vouloir renoncer à ligurer dans l'orthographe l'esprit rude du p grec, qui indique une aspiration

SUR L'ORTHOGRAPHE FRANÇAISK. 17

étrangère à l'harmonie de notre langue, et qui ne se fait2;)as sentir. En elf'et, 17; qui était censé représenter cet esprit rude a disparu de rapsode, vabdologiç, rabdomancie, rétine, cataracte (qui serait, selon l'étymologie, catarrhacte); pourquoi donc maintenir ce signe h dans les mots rhagade, rhapontic, rhinocéros, rhontboïde, rhubarbe, rhume, rhumatisme, rhi/thme, arrhes^ L'Académie écrit eurythmie qu'elle aurait dû écrire eurhijthmie, puisqu'elle écrit rhythme.

Cet h, de])uis longtemps abandonné dans les mots hémorragie, hémorroïdes, doit-il être conservé dans les mots catarrhe, diarrhée, gonorrhée, formés sur le même radical peVj ? 11 serait désirable que l'on écrivit réteur, rétorique, et non rhéteur, rhétorique (1).

J'ai donc eu raison de dire (|ue bien souvent les savants mêmes, et parce (ju'ils sont savants, hésitent et sont forcés de recourir au Dictionnaire pour se guider à tiavers ces bizarres anomalies.

DES LETTRES C-) l^T <l>

HEPRÉSENTÉES EN FRANÇAIS l'AU /// K\ ph.

Déjà Ronsard, mort en i."i8.') , s'exprimait ainsi, dans la préiace de son Abrégé de l'art poétique :

(I Quant aux autres diplitoni;uPs (les lettres (loubles, rli, p/i, lli\, « je les ay laissi'cs en leur vieille corruijtiou, avecques iusuj)- « portable entassement de lettres, signe de nostre ignorance et <i peu de jugement en ce qui est si manifeste et certain. » (lo>/. l'Appendici, li.)

il est regiellahic (juc rAcadémic, dans la |)reuiière édition

(1) ('.oinrni^ un cirit rose cl rosier, conUaiicinnil ii rorMiosiiipl»' Kr"'!'"". "'i''* runriiriiii'iiiriit à irllc îles l.aliiis, rpii ri>|i('niliiiit irriM-nl lihndns. tllr ilr IUioili'>, ili' iiii^ini' (lue (le {.rtvii, \\\ icim'. iiciu>- ;i\(iiis riiniir rhododendron, «c i|mj |i<Mit f'aiii' ( mire tvl iirliiiitlr i>ii|{iiiiilii' dr Itliiulrs.

de son Dictionnaire, en 1694, et plus tard, lors(jui', en 1740, elle supprima en grande partie les traces de l'orthographe latine, n'ait pas réalisé le vœu de Ronsard , et cju'elle ait introduit ou laissé subsister dans notre écriture « le faste pédantesque» qu'elle condamnait dans le poëte.

En songeant à l'anarchie orthographique qui régnait dans l'écriture et dans les imprimeries, lorsque l'Académie publia la première édition de son Dictionnaire, on conçoit le motil' qui la porta à recourir aux sources grecques et latines, selon la coutume et les idées du temps ; mais puisque l'usage, invoqué par l'Académie comme sa loi suprême, lui a fait réduire à chaque édition l'emploi des th et des p// dans les mots de la langue vulgaire, le moment est peut-être opportun pour mettre un terme au désordre, accru de jour en jour par l'invasion d'une, foule de mots scientifiques et techniques qui hérissent notre écriture de consonnes inutiles et la défigurent.

Ces mots forgés pai' les médecins, les naturalistes et les chimistes, avec leur parure obligée de c/i, de p/i et de f/i, sont heureusement d'un emploi rare ; j'ai donc cru devoir séparer en deux listes les mots de la langue usuelle de ceux de la langue scientifique et par conséquent peu usités.

Il résulte de ces listes que les mots de la langue usuelle ayant le th et figurant au Dictionnaire sont au nombre de 64.

Ceux d'un usage exceptionnel , admis néanmoins par l'Académie et où figure le (h, sont au nombre de 4i.

Mots d'un usage ordinaire ayant conservé '\\\.

anatlième;

athée

catholi(iue

litliulritie

anlhologie

athénée

dithyrambe

mathématique

.intlirax

athlète

enthousiasme

méthode

antipathie

atlilélique

épithéte

misanthrope

antithèse

authentique

éther

mythe

apathie

auloththone

hypothèque

m>lholo);ie

apolliéosi'

bibhothèque

hypothèse

orthodoxe

apothicaiic

bismuth

isthme

orthopédie

asthme

cathédrale

léthargie

panthéisme

SUR LORTHOGRAPHE FRANÇAISE.

panthéon

pythagoricien

thème (1)

thermes

panthère

pythie

Tliémis

thermomètre

parenthèse

rhylhine

tliéocratic

thésauriser

pathétique

sympathie

théologie

thèse

pathologie

synthèse

théorème

tlmriféraire

pathos

théâtral

théorie

thym

polythéisme

tlieàtre

thermal

thyrse

Mois avec TH d'tai iisafjc exceptionnel.

acanthe

anacolullie

anthère

athlotliète

carthame

calhédrant

calhéréliqiie

cathéter

chrysanthème

enthymème

épithalaiiie

épithème

exanthème

la^ophthalmie

Ictliifère

litharge

lithiasie

litliocollc

lithologie

lithontriptique (t>)

lithofomie

lycanthropie

orthodromie

orlliii;ional

oilhopMce

iirycto^raphie

ostéolitiie

peiitathlc

pyrèlhre

pylhi(|uc

stéthoscope

théisme

lliéodicée

théologal

théorical

thérapeutes

Ihérapeuliipii'

lliériai|iie

thermidor

théurgie

thorax

thoracicpie

thnia

titliMiiale

L'Académie, ayant fait disparaître le h des mots thrésor, tlirrsorier, thrésorerie (elle écrit cependant //?es««mer), l/irunc, délhruner, aut/ieiir, rmthoriser (qui n'aurait jamais dû être écrit i)ar un h), intlironiaution, iîit/iroriiscr, croira [)eul-èlre le moment venu de supprimer, en tout ou en partie, le h dans les soixante-quatre mots de la langue usuelle (|ui ligurent en tête de la liste précédente.

Le Dictionnaire écrit 0.slroi/o/ : pourqnoi écrire i/ot/tii/ue/'

(1) On écrit ah^làme, d'après nne étyinologic bien incertaine, (knnmenl se rappeler cette distinction ■'

{"?.) Celle forme, qui déroge à celle dos autres composés de iiOo;, tilhutrilie, lilhotomic, lithologie, et toute la série des mots composé.s du grec, ne saurait élii' admise, à moins de vouloir, en /cnHcnij, écrire //rec et /o/iH. Si l'on translormad ainsi dans notre langue les dé^inences des génitifs grecs. Il lauilrail écrire odontdnalgie et non odnii/algie, tiipoxtgrnpliic, phgsciilmjir mi plig.seosloijii . etc. (,)uanl il la furnu! assez, harliare de Inpliiitli; elle dérive ici di- x^Anta, Je /rotlr, d'où Tpin:»]; ; mais, pour ipiiconcpie sait le gre.-, l'exemple doiuié au Uictionnaire : médicniHfnls lillioiitriiilnitirs, signiliera des inéilicameuls rpii /nillcnl In pierre (dans la vessie'. l.illiDhjlii/urx (de rjoi) ertt mieux exprime ce qu'on voulait iiidiipier : dix tnidicrimni/s dissnirant la pierre.

L'Académie, après avoir écrit dans sa première édition, par ph, les mots phlegme, phkgmatique, phaiitosme, phantastiqiie, phrenesie, phrenetique, phiole, les a écrits plus tard par un / : flegme, flegmatique, fantôme, fantastique, frénésie, frénétique, fiole, etc., de même quelle ligure par /les mots d'origine grecque, faisan, fameux, fantaisie, fanal, fantasmagorie, fenestre, feuille, frémir, frisson, siffler, greffier et soufre du latin sulphur. Voici les autres mots dérivés ou formés du grec , ou plutôt venus du grec par le latin , aux- (juels elle a conservé le ph au lieu du / (t).

Mots avec PH (Vitn usage ordinaire.

alphabet

épiphanie

pharisien

porj)hyre

amphibie

épitaphe

I]harmacie

projihète

;iin|iliiboloi;iqui.'

géographie

pharmacien

sarcophage

ain|iliore

hémisphère

pharynx

sémaphore

antipbonaire

hiéroglyphe

phase

si]jhon

apliorisme

historiographe

, phéiii\

sophisme

aphrodisiaque

Inilrophohe

phénomène

sophiste

apocnphe

hydrophobie

philharmonie

sphère

apostroplie

logogriphe

pbilhelléne

sphinx

atmosphère

l>nipliati(pie

philippi(pie

sténographe

atmosphérique

melainorpliose

philologie

strophe

autographe

métaphore

philologue

symphonie

bibliographe

métaphysique

philtre

syphilis

biographe

monographie

phoque

tachygraphie

l)lasphème

néophyte

phrase

télégraphe

cacophonie

orphelin

phthisie.

télégraphie

catastrophe

orphique

phthisique

triomphe

dépliant

paragraphe

physicien

typographie

ciuphase

paraphrase

physiologie

t>pljus

emphatique

phaéton

physionomie

uianograj)hie

éphémère

phalange

physi(iue

zéjihyre

épigraphe

phare

polygraphe

zoophjte

(I) A oici d'autres mots latins transmis très-probablement du grec et que les Laliiis ont écrits par un / et non un pli : /agiis, zr,y6i\/allo, azi'i'j u, \ fax , de çâu; fencstra,A% çiivM ; /f ro, de aspu; /iprifj, deorjp ou 6r,p; /ko, /jo, çOw; /(.sc!/i,de siuy.o;; fisliila, de s'jcâv; foUum, de o\iVim; forma, \Lot,^r,\fiater, ofàxtop; frons, spovv'ç; furja, (f-j-^r, ; fitlgeo, çliyiy)-, fiicus, oùzo; ; /(/«JM,?, ssÔYTO; fanus, çôvo; ;/«)•, çwp. On peut ajouter ferelnim, ^éptTpov ; /ortaj;, oopraï frigo, opOyu ou çpOtrw.

Mois avec PU d'un usuye cxccpdonnd.

acépliale

aiiipliictyon

arii|ilii^unn

amiiliitryoïi

atitipliiasc

aritistroplie

aphélie

aphérèse

apbunic

apophyse

atrophie

aulocéplialt'

lalli^raphe

callographe

caryopliylléo

elioré^rapliie

choninraphii'

cosinoi^iapliic'

(liaphra^iiic

i''U'clrnphiiic

encéphale

épiiores

épistolographie

ha^iographe

hiérophante

hydrographie

iconographie

lexiengraphie

monophylle

myographe

naphte

néograplic

nosographie

olograplic

ophlcléiile

oryctogia|iiiie

pantograplie

paranyiiiplie

parapJK'rnal

paraphiiiiosis

pliagéili'ni(|ue

phalène

phaleuce

phallus

plianérogame

pharmacopée

phi'lius

|ilieiiicoptère

pliilciinalhiipie

pliilotechiiic{iie

phimosis

plilébotomie

phlegmon

phlogistique

phlogose

plilyclène

phcrnicure (I)

pholade

phonlipie

phosphate

phraséologie

phri'ni(|ue

ph\ lanière

phylarque

pliyiiognonioni(

physiographe

pliylologie

polyadelphie

porphyrogéiièle

pi'opiivlaf'ti(|cie

sphiicéle

^pliénoidal

sphénoïde

sphériste

sphéristère

sphéristiqne

>phéroïde

sphi'romèire

spliincler

staphUoiii»'

symphyse

synalèphe

lopoiiraphe

/.oographie

Mois avec Tli cl l'II réunis.

aTnphilhé'Atre diphtiiongne (?) Iilljii;;raplie phylliliie

anlliropophai^e ichthyoplia;:e lillmpliyte phytolithe

aphllM! icthyigraphle orlhograpiie phtliUie

apiiphlliegme lagoplilhahnie pliilanllinipe Iriphlhongue

philosophie photographie

Mois avec deux IMI ou deux TH.

phosphate phosphore

iehthyolithe Ihéophllanihrope

Dans la iioiivclli^ ùclilioii iju'cIIl' préparc, si l'Académie, lout cil adoptant les modilicatioiis le plti.s géiiéraleiiieiit féclatiiées, croyait d('\oir rcslnindrc le nombre de celles <pri'llf jugerait moins importantes ou encore inopportune.^, elle pourrait, ainsi (pi'ello l'a lait (pichiiicfois dans la ciiKiiii^nu' édi-

(1) Qn'on devrait écrire /)/i(?niiHic, comme /(/ii'nij.

i'I) l/Acadénile dans sa pn^mièn cdilioii écrivait iliiililoinjiie.

tion, et oonforméiiient à la première observation de ses Cahierx de 1694 (1), ouvrir la voie à leur adoption future au moyen de la formule : fji4elqxie!t-uns écrivent... ou se servir de cette autre locution : on -pourrait écrire... Par cette simple indication, chacun ne se croirait pas irrévocablement enchaîné et pourrai! tenter quelques modifications dans l'écriture et dans l'impression des livres.

Les changements , lorsqu'ils s'introduisent successivement dans l'orthographe, ne sauraient causer un grave préjudice aux éditions récentes. Ces modifications de détail n'atteignent en général que des mots dont l'usage est très-restreint ; elles passent inaperçues d'une partie du public et se perdent dans la masse.

On peut d'ailleurs en juger par les éditions récentes des classl((ues, où la manière d'écrire, modifiée déjà du vi\'ant même de leurs auteurs et successivement par l'orthographe académique elle-même, diffère aujourd'hui sensiblement de celle des textes primitife. Aucun trouble cependant n'en est résulté dans les habitudes, et nous lisons sans diihculté nos anciens écrivains dans leurs éditions originales. Leur antiquité leur prête même un charme de plus.

Toute innovation, sans doute, surprend et paraît même c/«ocante (2) au premier abord; mais, une fois introduite, elle devient aussitôt familière. C'est une véritable conquête qui, dès lors et d'un consentement unanime, -fait partie du domaine public.

(1) Voy. l'Aiipendice A.

(2) C'est par un c et non par jm (pie j'écris ce mot cAocnH^c (|ui, étant adjecliljdériveilu substantif cAoc, car l'Académie écrit avec toute raison les adjectifs communiqiiant, confiscan/, convaincant * et le substantif /aftcicon/. Klle devrait écrire de même uu traficant, pour distinguer ce substantif du parliciiie présent Irafiquant, et un déUncanl.

* Ce mol convaincant ne dcvrail-il pas être écrit, confonnéinent à rétymologie, rt>;ii-ineant, par in, puisque PAcadéniie l'crit invincible'/ Le XMinvinccre, l'irtor, exigerait qu'on écrivit vincre, vinqucur; par là on éviterait l'anomalie orlhogiapluque de ce vcis : Ton bras est invaincu, mais non pas invincible.

Théodore de Béze demandait que dans ce mot Ve fût supprimé (il remplaçait alors l'a, non moins inutile , et qu'an lieu d'écrire veincrc, on écrivit vincre, dont l'origine est vinceie.

SUR L'ORTHOGRAPHE FRANÇAISK. 23

Kl, en elïel, qui voudrait aujourd'hui écrire, conformémeni au Uictionnaire de 1694 : odveit, ochoué, ahysmer, aisné, al- Ifiicter, authein-, bienfacteiir, cJiresme, phlerim(',,phantosme; ou bien : chrestien, costeau, desc/iaisnement , dethrotier, eschole^ espy, mechanique, monachal, novxissewe, ptisumic, throne, thresor, thresorier, stomachal (1) ?

Avec la seconde édition, celle de 1718 : nhestir, (idjoiister, fidvis, advoué, asne, aspre, bestise, beveiie, crai, rstincoU.e, estain, inthroniscr, leveure, pluije, poiirveii, obmettre, quariiirf, yelicure, rr/ii/semblanre, etc. '?

Avec la troisième édition, celle de 1740 : clujmie^ fdrliymie, rhymiste, etc. , frire, mrre, qiianqimm (pour cancan) , patilarrlial, pasclial, des qualitoz, des airs affectez, etc."?

Avec la qiKitrième édition : foiblr. faiblesse, enfans , parens, qu'il paroisse , écrit comme la paroisse, je voulais, ils étoicnt (écrit auparavant e.«<Oie«/, puis enfin étaient)'!

Si l'orthographe étymologique a l'avantage, i)ien laihle ;i mon avis , d'indiquer la trace des racines et d'aider ainsi à reirouver la signification du mot quand on possède à fond les langues anciennes, ce système ne saurait admettre ni transaction ni di'iiii-parli, sans risquer de mettre en échec le sa\oir |)liil(ilogi(|ue. D'ailleurs il n'est souvent qu'un guide peu sur |)0ur découM'ir le sens actuel des vocables dont la signification s'est modiliée dans le cours des âges, ainsi que M. N'illemain l'a si bien démontré (2).

Si, dans la ciiiqnièiMc édlllon, l'Académie a cru devoir rapprocher certains mots de leur élymologie grec(|ue, cet essai n'a ])as été heureux. Ainsi le mot ([ui, dans la précédente édition, était écrit aphte, a reparu avec un // de plus,

(1) l.'Araili'inic» l'irivail ; il.iiis s,i piciiiirii' nlitlnii, s/oiiinclial, il.iii<i In sccniiilo slumanil, <l:nis la ln)i>ièriie slomaclial, dans la (|iialiic'iiie ol la ('iiii|tiliMiii' slovtactil.

^îl l'ic'f'.iii' lin Diclionnaiir dr l'Arail^mii- ilc IS.l.., p \\i\.

24 OBSERVATIOiNS

nphthe. L'Académie, dès sa première édition, écrivait diphtojigtie , que depuis elle a écrit diphthonçjue ; elle écrivait emphage ^ qui est devenu dans la cinquième, œsophage, ce qui n'apprend rien à ceux qui savent le grec et offre un aspect étrange.

Œnologie (oiwloyia.) offre aussi un aspect pédantesque et même anomal, puisque de vin {vinum, olvoç) dérivent le composés vinicole et innicidtiire : il sei-ait donc mieux d'écrire vinilogie.

Un helléniste reconnaîtra tout aussi bien dans une orthographe française simplifiée les vestiges grecs ou latins, que dans la sienne un Italien ou un Espagnol. Qu'on écrive plimoniène ou fénomène, fantôme ou phantome, orthographe ou ortografe , diphthonguc ou di [longue , mélvm psychose on métempsycose^ ce sont toujours des mots grecs pour celui qui sait le grec : mais il s'étonnera de voir certains mots ainsi accoutrés tandis que d'autres de même provenance ne le sont pas. Quant aux personnes, en si grand nombre, qui ne savent pas le grec, l'orthographe étymologique ne peut leur être d'aucun secours. Doit-on faire apprendre le grec dans les écoles primaires ? Il faudrait même alors que cette étude, aussi bien que celle du latin, précédât l'enseignement du français. D'ailleurs, l'orthographe de ces mots nous est transmise presque toujours par le latin , qui leur a fait subir déjà les altérations propres à sa nature. Fameux, dérivé de ^r^u.-/), en éolien ©«y-a, transformé par les Latins en fama, d'où fcunosus, n'a pas été écrit par eux a\ecpk parce qu'ils prononçaient avec une différence marquée le / et le p/t : il en est de même pour le mot fratria, en grec cppa-rpia, dont nous avons fait frairie. Quiiltilien nous dit que les Latins, en prononçant fordeum (pour hordeum) et fœdus, faisaient entendre un son doucement aspiré, mais qu'au contraire les Grecs donnaient à leur <!> une aspiration très-forte, au point que Gicéron se moquait d'un témoin qui, ayant à prononcer le nom de Fundanius. ne pou-

SUR L'ORTHOGRAPHIi KRAISÇAISE. 25

vait eu proférer la première lettre (1). Comment établir ces distinctions plus ou moins arbitraires, et en tout cas sujettes à des discussions interminables, maintenant surtout que les origines sanscrites sont invoquées en étymologie? Ce n'est pas d'ailleurs dans un Dictiormaire de la langue usuelle qu'elles doivent s'offrir. L'anomalie, la bizarrerie de notre orthographe, est le premier objet qui frappe les yeux aussi bien des nationaux que des étrangers, et contredit l'esprit net, clair et logique de notre langue. En butte depuis longtemps aux justes réclamations de tant de bons esprits, rAcadémie, dès 1740, n'hésita pas à y faire droit même dans une large proportion, et par cette réforme sage et hardie qu'elle ne craignit |)as d'apporter à la troisième édition de son Dictionnaire, elle rendit un grand service à l'orthographe française en lui ou- \rant une nouvelle voie.

l'our les mots que nous empruntons aux langues vivantes, plutôt (|ue de, conserver leur figure originaire, nous cherchons à franciser leur orthographe. Pourquoi ne pas agir de même à l'égard des langues mortes? On s'est accordé à écrire, à la satisfaction de tous, vaijon et non ifiiii(jon, valse et non irahe, chèque et non c/iec/c, cipaye et non sipahi, fjiijiie et non ifig, loustic et non Inatii/, roupie et non rupcc, stuc et non stiicco. Uc ridiiKj canton a lait /ediiif/ole, de hccfstahe, bifteck, ([u'il serait mieux d'écrire biftec, de packet bout, paquebot, etc. l'()ur(inoi n'en serait-il jias de même pour les mots où les

(I) '■ (,)iiiii (onUiim Jifilusiiue |iri> a^piralioiie M'I simili liltcra iilciili'S : nain contra (Jiaici aspirare soient, ut pro Knnilanio CiciTn Icsicni, qui piiniani pjns lillerani ilicorc non possct, irridet. » linlit. oral., I, 4, li. 'n'rcntiaiuis Manrus «lit ipn- la liîtlie / cil lalin avait nn son douv et faible : « Cujns (lilcia'/) a (çniM'u (litcra ;p) rec.edit lenis alquc lic.bts soitiis, » p. îiOl , éd. ruliii'li.

Piiscicii, p. :>'i'}., dit ipie dans liraucoup il' mots le ? a i-lr reiiiplai i- par le/ /«Hin,/u(/rt,/Mr (ji.)Ç.),/('ro, cil., ri ipic ilnns d'autres on ;;ardc /;/!.■. lloi laiiicn scirc dclicnuis i|uiiil non Inm fuis liihii.i pronnntiaiida /, ipioinodo /i/i, atipic hoc soliiiii inicrcst inlcr/i'l /i/i. » Aillcms, p. .i4H, il iijonlc ; •• r.st aliipia in proniintialloiii' liliTa'/diUcii'iitia /d'avec celle du 9) , ut ostendil ipsiun palali pulsiis et liii^ua' et lalirui'uiii. "

///, lesyy/i liguient aussi désagréableuii'iii dans noire sjstènie orthographique que les ic et les k des Saxons et des Germains, tandis que nos mots dérivés des Grecs et des Latins reprendraient si bien leur figure française avec des / et des /?

L'Académie, d'ailleurs, par un moyen simple et adopté aujourd'hui dans tous les dictiomiaires, peut maintenir la tradition étymologique, bien plus eflicacement que par la conservation accidentelle de quehpies lettres qui troublent la simplicité de notre orthographe : il snfiirait dans la prochaine édition de placer en regard du mot français le mot grec d'où il dérive immédiatement. Si, dans la première édition de son Uictioimaire et même dans les suivantes, l'Académie fit acte de haute sagesse en n'admettant pas les étymologies, attendu que la science, alors incertaine, faisait souvent fausse route, aujourd'hui les bases des étymologies sont trop assurées pour que l'addition des mots racines puisse être un sujet de controverse. D'ailleurs on pourrait se borner uniquement à les indiquer aux seuls mots du Dictionnaire dans lesquels figuraient tk et ph.

Renchérir sur le premier Dictionnaire de l'Académie et réintégrer dans la langue française l'orthographe étymologique grecque et latine dans des milliers de mots d'où l'usage et l'Académie les ont bannis, est une impossibilité ; tandis que la modification qui atteindrait les th et ph des mots de la langue usuelle ne porterait pas sur plus de deux cents mots (1).

(1) Les mois delalaiigue?<Stte//eay:inluii /// sont iiu iioiiibrt» dVnvii on soixantedix ; ceux, un pen plus nombreux, ayant iin /;// sont au nombiT de qnativ-vinsthuit. Ceux-ci, pour la plupart, sont desternies de médecine, decldrurf^ie ou des aris, ipii s'écrivent rarement , et ne sont employés que dans la profession spéciale où li's personnes qui l'exercent en connaissent l'origine et la si^nilicatiou. Jl est donc assez inulile de les revêtir d'une (orme étrangère et bizarre que les Grecs, amis du simple ctdubeau.ne reconuaitraiejit pas : icli/lii/otjinpliie, triplitlion- (jue, apophlliegme , etc. Toutefois, pour les mots (pii ne sont pas de la langui' usuelle, on pourrait leur conserver leur appareil scienlilique.

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Je lis clans un des écrits les plus sages sur la réforme de l'orthographe le passage suivant (1) :

« Si l'on veut conserver l'étimologie, il faut remèlre des consones sans valeur dans plus de dis mile mots d'où on les a banies depuis long-temps. Quelque sisièrae qu'on veuille adopter, il faut tâcher d'être conséquent. L'usage actuel et le sistême des étimologies sont trop souvent en contradiction pour qu'on puisse alier ensemble les principes de l'un et de l'autre. Ainsi, puisque la prononciation nous a fait abandonner l'étimologie dans une partie de nos mots, la même raison nous invite à l'abandonner dans les létres étimologiques ne se prononçant point. »

Parmi les notesque mon père avaitécrites en 1820, lorsque, avec MM. Raynouard, Andrieux et quelques autres de ses amis, on discutait les principes que l'Académie ci'oirail devoir adopter pour l'orthographe, je transcris celle-ci :

« Je crois qu'on doit chercher ;i mettre le plus de simplicité possible dans l'orthographe. Je sais qu'on a de la peine à abandonnei'la nii'tlKjde qu'on a longtemps suivie et, comnic le dit Ihu'ace:

. qUiC

Uniieibi iliJicerc, senes |ier(Ii'iula l'alcri;

mais Texpc^rience me démontre que la simplicité dans l'oilbographe est nécessaire. Je suis déjà avancé eu âge. .'Vprès avoii' fait une étude constante de la langue française, au moment de quitter la carrière typographique, je suis las de feuilleter sans cesse des dictioimaircs qui se contredisent entre eu.\ et se contredisent eux-mêmes. J'oserai le dire, bien ipi'en hésitant encore : je voudrais qu'on écrivît le mot p/iiliisn/jln' non-seulement avec un /"à la dernière syllabe, comme le |)ro|)Osait de Wailly, mais je mettr.ii> cet / même ii la première >ylialie, comme font les Italiens et les Kspagnols. Mais, dira-t-on , rAcad(''mi<' française sera accusée

(1) /)r l'OrlIinijriipliv, un dfs moijrin simples vl laisoinirs de (limiiiiirr li\ imiinfcclioiis de iin/te iirlliiiijrnpiie. de In rendre lieaurinip plus iiiser, pinir sereir de supplenicn/ imx diffrrniles edi/iiins de la i/romiiniire friineuise de M. de Wiiilhj. INiiis, ll:irliiiii, 1771, iii-H,

d'ignorance. Ce ne sont point les érudits, au moins, qui l'en accuseront. Ils savent bien que cet f est le pigamma éolioue dont faisaient usage non-seulement les Koliens et les anciens Grecs, mais les inscriptions latines et les bons écrivains latins comme (latuUe, Tércnce, etc. (t).

«On a crié beaucoup la première fois qu'on a écrit le moi phanlôme avec un digamma colique ou /. Alors les dictionnaires modernes ont commencé à insérer ce iwoi fantôme à la lettre F. mais en renvoyant au moi phantôme par un^;/t pour la délinition et les exemples ; ensuite on a écrit le mot fantôme avec la définition et les exemples à la lettre F, et on a seulement inscrit le mot phantôme avec le ph en renvoyant au mot fantôme par un/; zi maintenant on ne trouve plus le mot phantôme par ph dans le Dictionnaire de l'Académie. »

Les améliorations introduites dans la dernière édition, malgré l'opposition qu'elles avaient d'abord rencontrée, n'eurent plus un seul contradicteur, du moment qu'elles furent admises au Dictionnaire. 11 en sera de même de toutes celles que l'Académie croira devoir approuver. Sans rien violenter , elles auront l'avantage d'épargner du temps et de la fatigue d'esprit : elles seront conformes aux tendances que l'on remarque dans les éditions successives de l'Académie, tendances qui sont celles de l'esprit humain et qui datent de loin, puisque, nous dit M. Villeraain, «Auguste, homme de goût, écrivain précis, <( et de plus empereur, ce qui donne toujours une certaine « influence, jugeait que l'orthographe devaitètre l'image fidèle « de la prononciation : Orthographiam, id est formulam ratio- « nemque scribendi, a grammaticis institutam, non adeo cu- « stodiit ; ac videtur eorum potius sequi opinionem, qui per- (i inde scribendum, ac loquanuir, existiment (2). »

(1) Seulement cette lettre parait avoir été chez les anciens le signe ilune aspiration, tandis que chez nous elle est douce et euphonique et convient ainsi parfaitement à l'emploi qu'on lui destine.

(2) Suétone, Vie d'Auguste, Lwwiri. Ce mot Augusttis est un exemple frappant

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