‹ Observations sur l'orthographe françaiseChapitre 38 sur 41 · SAINTE-BEUVE · texte numérisé non relu

SAINTE-BEUVE

(1) Je faisais tout ce que je pouvais, on le voit, pour enliardir et pour Émoustiller l'Acadômie; mais je crains bien J'en avoir été pour mes frais: on m'assure que, depuis, elle est retomliée à sa timidité naturelle et qu'elle concédera bien peu des réformes désirées. M. Didot n'' obtiendra pas même le minimum de ses demandes. Oh ! le xix' siècle, à en juger du moins par la tète de la société et de la littérature, est bien peu le fils de son père le xviii". Plus il avance en âge, plus il se cotonise et s'affadit. Cela se trahit dans les moindres choses comme dans les plus grandes. Il n'y a de vivace que ce qui est hors cadre. (Sainte-Beuve.)

Voici l'opinion émise par M. Littré , réçamant nommé membre de r.\cadémie française , et dont les travaux lexicografiques sont si remarquables, relalivemant à l'ortografie, dans son Ilisluire de la laïKjue française (1) :

« L'orthographe ancienne fournit des renseignements

utiles soit sur l'élymologie, suit sur la grammaire; elle fournira aussi, quand on le voudra, de bonnes indications pour la réformation de notre orthographe moderne, qui offre tant de surcharges, d'inconséquences et de prali(]iies vicieuses. Ainsi riiabilude commune dans les anciens textes de ne pas écrire les consonnes doublées qui ne se prononcent pas, et de mettre aresler, dotter, apeler, etc., mériterait d'être transportée dans notre orthographe... Ceux qui s'effrayeraient du changement d'orthographe, depuis longtemps ne doivent pas se laisser faire illusion par l'apparente fixité de celle dont ils se servent. On n'a qu'à comparer l'orthographe d'un temps bien peu éloigné, le dix-septième siècle, avec celle du nuire, pour reconnaître combien elle a subi de modifications. Il importe donc, CCS iHudi/uations étant incvilahles , qu'elles se fassent avec système et jugement. Manifestement le jugement veut que

'1) riiu|iiifMni' édiliiiti. p. !I27.

l'orthographe aille en se simplifiant, et le système est de combiner ces simpliflcations de manière qu'elles soient graduelles et qu'elles s'accommodent le mieux possible avec la tradition ^t l'étyraologie. »

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