I.IMON (boue) : limoneux
LiJiON (de voilure) : limonier, limonière.
.Saumon : saumoné, saumoneau.
Timon : timonier.
Vini.oN : violoniste.
(Unon, canonial, canoni<'at,
noniquc, canoniser.
CvNToN : cantonade, cantonal.
Obdo : ordination , ordinal , ordinaire, ordinant.
l'\Tito\ : patronage, patronal, patronymique.
Son ; dissonance, dissonant, dis- .•lOner, sonore, sonorité, sonate.
Hatio : rational.
Ton : intonation, monotone, to-
nalilc', tonique.
ToNNi-.u : ch'tonatlon, ileloin'r.
■ Ivec deux un :
.\iuNiioN : abandonner, abandon-
iiement.
.\NO.N : ànonner, àuonneinent.
Baii.lon : bâillonner. Bm;o\ : baronnet, liaronnie, lia-
roima^e.
IUton : b;Uoniier, bâtonnier, bastonnade.
CniFFON : chiflonner, cbiffonnier.
Citron : citronnier, citronnelle.
RcuF.LON : échelonner.
Éi'EKON : éperonncr.
Fredon : (redonner.
Gascon : sasconnade, iiasconner.
.Iai.on : jalonner, jaloiineur.
Mki.on, melonnière.
l'AunoN : pardonner, pardonnable.
lUisoN : raisoiuier. raisonnable,
raisonnement, raisonneur.
lUvoN : rayonner.
Sebmon : .sermonnaire, sermonner,
sermonneur.
('\No\ : canonnade, canonnade,
ianoiiner,canonnier, canonnière.
Canton : cantonné, cantonnement,
cantonner, cantonnier, canton -
nière.
Oniio: ordonnance, ordonnateur, etc.
I'athon : patronner.
Son : consonnance , consonnani , consoime, .sonnant, sonner, sonnette, sonnerie, sonneur.
Ratio : rationnel, ratlonnelleinenl.
Ton : di'tcnuier. entonner.
l'iiNMii : Ininierre. lonn.inl,
Tous les dérivés des mots leiiiiiiirs en un ne déviaient pas plus être écrits avec nn double /m que ceux rpii se terminent en iii : dessin, dessiner, destin, destiner ; ou en ini : im/jortiai. importuner ; ou en <ni : /i/nn, /ilmirr.
32 OBSER\ ATIOiNS
Quant aux mots terminés eu io», excepté nation, qui ne douille pas le n dans ses dérivés, national, nationalité et septentrion qui fait septentrional, les autres doublent la consonne dans leurs composés, ce qui est inutile. Ce sont :
Action, addition, affection, caution, cession, collation, commission, concussion, condition, ccjnfession, constitution, convention, correction, démission, diction, division, espion, fraction, friction, intention, légion, mention, million, mission, occasion, pardon, pension, perfection, pétition, proportion, question, ration, rcliyion, sanction, soumission, station, subvention, tradition, vision.
Il est aussi d'autres mots où le double nu devrait être supprimé, et même conformément àl'étymologie, comme dans : honneur [honor){{), ennemi [inimicus) , donner {donare) (2), monnaie [moncta), sonner, résonner [sonare, rcsonare), légionnaire [Icgionurius), rationnel {rationalis) , couronne [corona], personne {persona) (3), et lierre devrait être écrit, comme l'ont fait Henri Estienne et Ronsard , et suivant l'étymologie, Vhicre ihedera) (4).
L'Académie adopte coreligionnaire et codonataire; elle devrait écrire de même corespondant. Ce mot coreligicniunrc devrait s'écrire par un seul n, et de même stationnaire, en latin, stationarius; dictionnaire , sermonnaire , visio?inaire , ne devraient également prendre qu'un //.
(1) On écrit honorer, honorable, lionorabililé, désltonorer .
(2) On écrit donataire, aonaiion. et par contre ordonnateur.
(3) Dans tous ces mots l'orttiograplie (Vançaise est en perpétuelle contradiction avec la prosodie latine :
honneur hotior personne pêrsôna
donner dônâre légionnaire lëgiônâriii»
ennemi inïmîcïis rationnel rîitiônâlis
monnaie moneta couronne <orôna
sonner sonare résoiuianl résbnâns
(4) l'ar une semblable bizarrerie , on écrit /oj.s/c, au lieu de l'oisir, de olrum. d'où nous viennent aussi oisif, oisiveté.
Dans son Dictionnaire de 1740, elle a supprimé le d étymologique de la préposition latine ad dans les mots advocat, advertir, adveu, advoué, advertisseriient, advis, advisé, etc.; elle rendrait un grand service en effaçant le double c, qui représente également le d de la préposition ad dans les mots accablement, accapare7nent , acclimater, accointer, accouchement, accoutrement, accoutumer, accroître, accuser.
Elle écrit abatage, nbatée, abatis; elle pourrait écrire abatoir, et même supprimer le double Wdans abattement, abattre, abattu. Corneille et Bossuet écrivent batu ; et H. Estienne, dans son Traité de la Prccellcnce du lanrjage françois, écrit combatrc, combatu, débatre, dcbatu, rabatre, rabatu.
Il doit en être de même du double^j dans apparaître, appartenir, appliquer, apprêter, apprivoiser, approcher, approbation, approximativement, puisque d'ailleurs elle écrit apaiser, apercevoir, aplanir, apetisser , aplatir, apitoyer, apostcr, apostiller, ajmrer.
Et l'on devrait écrire, conformément à la prononciation : apauvrir, apesantir, aplaudir, aposer, aporter, aparaître , apareiller , apartenir, apartemcnt , aprentissar/e , aprôter , apointcr , aprécier, apri'hender , aprendre, aprouvcr, aprofondir, aproprier, apuyer.
On verrait aussi avec plaisir la suppression du double pp à appeler : la nuance de la prononciation dans certains temps de ce verbe est si faible qu'elle peut être omise, à l'exemple de tant d'autres plus sensibles en d'autres mots; par là on éviterait la difficulté de l'emploi tantôt du double pp et du double//, tantôt du seul/j ou /. Dans les anciens manuscrits, apclcr est écrit avec un seul /;.
Mais le douille pp (l(/it être conservé à appétence, appeler.
Quant au double //, il y a conliadiction à écrire :
«Icmaillotor
et oiniiiaillDltiT
r,irl)p|('r
et ('roiiIIpi-
snii^lDlcr
et inariiiollrr
ia(|ni'li"r
rt rotrettcr
jCllT
cl lliillor
cxpliiitci'
l'I Kori'ull*'!' 3'
tricoter
et trotter
raboter
et regretter
tripoter
et gigotter
souhaiter
et guetter
comploter
et ballotter
souffleter
et acquitter
il épèle
et il appelle
j'époussète
et je rejette
Quelques autres anomalies pourraient disparaître, et puisque l'Académie écrit charretier, gazetier, noisetier, tabletier, desquamation, elle devrait supprimer le double tt dans aiyuillettier et le double m^n dans squammeux , enflammer.