‹ Observations sur l'orthographe françaiseChapitre 5 sur 41 · III. DES TIRETS OU TRAITS D'UNION · texte numérisé non relu

III. DES TIRETS OU TRAITS D'UNION

Les Grecs et les Latins ne divisent pas les mots qui, composés de plusieurs, n'en forment réellement qu'un seul, tels que, en grec, àvTiuépav, vis à vis; Tïapàiuav, tout à fait; Tîap«[A-/ipi5ia , haut-de-chausses; TCapa^.oyo; , contre-sens; Tuocpay p-ô[Aa , surle-champ; cupiTiav , tout à la fois; s^atcpr/i;, tout aussitôt; TrepipprlS/iv , tout à l'entour. Et de môme en latin : adhuc, jusqu'à présçnt, jusqu'à ce jour; Imcusque, jusqu'ici ; alteriiter, l'un ou l'autre ; propemodum , à peu près ; propediem, jusqu'à ce jour; ejusmodi, de cette façon; quoadusque, jusqu'à ce que ; quantuluscumque, quelque petit qu'il soit ; nihilominus, néanmoins.

Les Grecs, dans la formation des mots composés, avaient souvent recours à la contraction et même à la suppression de la lettre finale : de oi|iov, oil^oçayia, ovj/oTiwV/i; ; de vopç, vo[JioOéT-/i;; dans xopuSaioT^o;, dans iro^apy.-/); , dans [J-om^y-fiç, il y a même suppression de deux lettres. Quelquefois, pour adoucir la prononciation, le v se change eti y, Tray/â'XeTroç. De même les Latins, de postero die, ont {aitpostridie. Usant du même procédé, nous avons fait de ôas bord, bâbord; de bec jaune, béjaime; de contre escarpe, contrescarpe', de contre trouver, controuver; de corps, corsage, corset; de tous jours, toujours; dépasse avant, passavant de néant moins, néanmoins; de plat fond ^

SUR L'OHTllOGKAPHIi FKAINÇAISE. 3.5

plafond; de plus tôt, plutôt; de vaut rien, vaurien; de sous rire, sourire; de sous coupe, soucoupe, etc.

Dans les autres langues, les mots composés ne forment qu'un seul mot, ou, si les traits d'union sont quelquefois admis, ils sont employés de manière à n'offrir aucune difficulté grauunaticale,

La langue italienne, qui de toutes se rapproche le plus de la nôtre, de plusieurs mots n'en forme qu'un seul (1): acquavita, eau-de-vie (2) ; affatto, tout à fait; capodopera, chef-d'œuvre: nulladimeno, néanmoins ; contuttocià, avec tout cela ; conciusiacosachè, conciofossecosuchè , [misque; perlacjualcosa, c'est pourquoi; et en espagnol : guardacostas, garde-côte; contraprueba, contre-épreuve; guardasellos, garde des sceaux, etc.

Dans nos anciens manuscrits on ne voit aucun trait d'union (3), non plus que dans les dictionnaires de Robert Eslienne. C'est dans le Dictionnaire de Nicot que je le vois apparaître pour la première fois, en 1.^73.

Le grand nombre de mots connus sous la dénomination de mots composés, parce (pi'ils n'expriment qu'une seule idée ou (|u'un seul objet avec le concours de plusieurs mots, tantôt sont réunis par un tiret ou trait d'union, tantôt séparés, sans tirets, et tantôt groupés en un mot unique. L'Académie jugera sans doute utile d'adopter une marche |)lus régulière. Quand les mots sont groupés en un seul, la formation du pluriel devient

(1) Je me rapiielle iivoii- lu dans lioccace contullociosiiicosiiclii'.

(2) Clic/, les Kspagiiols, uguaniirnte, coiitraclé de agua aidienle.

(3) 'I Quant à raticiit enililiiiue (sorte de tiail d'iuiioii), disait Doleteii lâ'iO, il n'est point lecevalile en la lanmie (ram.ovse, ciindiien (|n'aul(uns soient d'aultir opinion. Lesquelz (lisent (pi'il es( het en ces dielions, ir, tu, vnus, nous, nu, ton. I.a lorine de eest aeiciil est telle, ' : par ainsi il/ \onKlroieiit eslre escripl en la sorte (|ni s'cohnNl ; M'adendeioi' ic à vous!' l'mis' tu cela? Quand aiirom' nous iKiix ? fJicl' an Ici eus de mnij ? Voina' tau iamais ces mt'cluinls /)«»(: '/ Dcreclielie t'advisc (|ue cela est superlln en la langui' françojse et toutes anltrcs : car Ici/. pron(Miis demeurent en leur vijjuenr, eneores (|u'il/. .soient pnstposé.s à leurs verhes. Kt qui plus est, l'arecnl enclitiqiu' ne eon\ieiit i|u'en dielions iinlieliualiles, euinme sont en latin, ne, ve, q', nam. Qn'iiinsi M)it, on n'eseripi point en latin en ccstc forme: Frrnm' eiju id iniuri.xP Krii' lu semiier lam uullius consilij? Tiens done pour neur que tel accent n'est propre aneunemenl h nuitrc langue. »

plus facile; ainsi des femmes, des paroles aigredouces, des discours aigredoux, des rouç/egorf/es, des cassccous, des coca- Idnes, des choufleurs, présentent une idée plus nette que des discours aigres-doux ou aigre-doux, des femmes aigres-douces, des rouges-gorges, des casse-cou, des coq-à-fchie (1), des choux-fleurs. Si l'on permettait d'écrire chefdœuvre ou plutôt chédœuvre au singulier et chédœuvres au pluriel, et non chefsd'œuv7'e, comme on le fait maintenant, les poètes n'auraient plus à regretter de ne pas pouvoir dire : c/icdœuci-es éternels, les chédœuvres humains (2).

L'Académie écrivant : aussitôt, aujourd'hui, auparavant, auprès, aplomb, embonpoint (qu'il serait mieux d'écrire enhonpoint, puisqu'on a mal-en-point), pourrait écrire sans tiret, audevant, apropos, aprésent. Pour trouver ces trois mots au Dictionnaire, il faut aller les chercher à devant, propos, présent^

L'Académie écrivant : bientôt, plutôt, plupart (où l's est retranchée) , bienheureux , bienséant , biendisafit , médisant, pourrait écrire sans tiret : bienaimé, bienètre, plusvalue ou

(1) Ces vers de Regnard en sont la preuve :

Pour être un bel esprit, II faut avec dédain écouter ce qu'on dit ; Iléter dans un fauteuil, répondre en eoq-ù-l'dncs Et voir tous les mortels ainsi que des profanes.

Le Disirait, act. IV, se. 7.

(2) L'Académie, pour éviter les controTerses grammaticales, a souvent omis (l'indiquer les pluriels, laissant indécis si l'on doit écrire des clair-obscurs ou drs clairs-obscurs, maitre-aidels on miiUres-outels , briche-denl ou brêc/iedcnts. En lorniaiit un seul mot des deux, ou Iranclierait la difficulté: un clairobscur, des clairobscurs; un maUrautel, des maitrautels.

Un grammairien d'un vrai mérite explique ainsi j'ortlioyraplie académique d'un gobe-mouches et un chasse-mouche. « Vu gobe-mouches ne prendrait pas ce nom s'il n'en avalait qu'une et on écrit sans s un chasse-mouche parce qu'il suffit d'une mouche pour en être importuné. »

En écrivant un gobemoucke , des gobemoiiches , un cliasseinouche et des chassemouches, on soulagerait la grammaire de ces subtiles distinctions.

L'Académie écrit eau-forte et eau seconde, eau régale. Comment former le pluriel du premier si l'on ne fait pas de distinction entre une eauforte, épreuve d'une gravure, et Xeau-forte avec laquelle on la obtenue ? On devrait écrire aussi en un mot eau de vie, et aussi belle de jour, belle de nuit.

pluvalue, et, en un seul mot, phisqiieparfait, comme elle écrit imparfait.

Puisqu'elle écrit betterave , pourquoi n'écrirait-elle pas chourave ?

L'Académie, écrivant comme ou prononce bâbord, terme de mer et non bas-bord, pourrait écrire sans tiret bassetai/le, bassecour, ce qui éviterait ce pluriel : des basses-cours, des basses-tailles.

Elle écrit sans tiret clairvoyant, et avec tiret clairsemé.

Elle écrit en un seul mot : contrebande, contrecarrer, contredanse, contredire , contrefaçon, contrescarpe, etc., et devrait écrire aussi sans tiret : contr épreuve ou contrépreuve, contrecoup, contrecœur, contremarque, contretemps, contresens, contrepoids, contrepied, contrelettre , contrefort.

Contre-poison, contre-taille, sont ainsi écrits à leur ordre alphabétique; mais, dans le cours de son Dictionnaire, l'Académie écrit contrepoison , contretaillr.

L'Académie écrit : entrecouper, entrelacer, entrelacs, entremettre, entrelarder, auxquels elle devrait ajouter sans tiret : entredon)ier,entredéchircr, entredeux, entrepont, entresol [i).

L'.'Vcadémie écrit : t/entilhomme, ç/endarme, lieutenant, mninmorte, malhonnête, tnalintentionné, malsain, malpropre ; Elle |i(iiiriait écrire de même sans tiret : fjardemeuble , ma in forte, (jayncpain, ijnrdefeu, ftufnipint.

L'Académie écrit : liant bois (qui serait mieux sous cette forme: liaubois), cl justaucorps ; pourquoi ne pas écrire : hautecontre , haudechausse ci contrebasse?

L'Académie écrit : par tout, par terre, nonparcille, poricballe, porterh(rpe, porlvchonx, porterraipni, portefaix, portefeuille, portenuinteau , postface, passavant ; puur(|uoi écrit-elle avec tiret : passetemps, nonsens, peutètre, portemontre, portecrosse, portedrapeau, porlevoix , passedeboul , /lasseport'! L:i régu-

(I) imiis les mialic l•(lili(>ll^ iircrc'ili'hlrs. rAriidriiiii' iriil f>i/iMii/ (tiMi m'iiI ■nul.

3S OBSERVATIONS

larisation de ces derniers mots supprimerait l'embarras du pluriel. On verra par le tableau des mots composés la difficulté de les former.

L'Académie écrit : outremer, outrecuidant , sauvegarde, souterrain, surenchère, surbaisser, soussigné, soucoupe, soutirer; elle pourrait écrire sans tiret : souslouer ou mieux soulouer, souspréfet ou soupréfet, saufconduit, soi tsen tendu, sousordîT. outrepasser, et devrait écrire soussol, soulocataire, comme elle écrit soucoupe, soutirer, sourire, soubassement, soumission, soulier, mieux écrit autrefois soulié.

L' Académie écrivant surlendemain , surnaturel, surenchérir, pourrait écrire surlechamp , au lieu de sur-le-champ , qui devrait être placé à son rang à côté de siii'lendemain, tandis qu'il faut chercher cet adverbe ou locution adverbiale Ji champ. Surlechamp est un adverbe comme sitôt et aussitôt, lequel est également composé de trois mots : au-si-tôt.

L'Académie écrit : tournebroche, tournebride, tournemain, becfif/ue, vaurien, pourboire, quinte feuille, quintessence.

Elle pourrait écrire sans tiret : songecreux , couvrepied, chausse tr ape , airedent, coupcgorge, quatretemps, quatrevingts.

L'Académie écrivant tapecu, il en devrait être de même pour torchecul ou torchecu, et bien qu'elle écrive des contrevents et des abat-vent; des brise-vent et à&s paravents ; des casse-tête et des hausse-cols; des passe-poils et des passe-ports; un gobe-mouches et un chasse-mouche, ces mots, de même formation, devi-aient tous prendre une figure orthographique uniforme.

Comment fixer les pluriels des mots suivants, que chacun ' forme à sa manière :

Des ayants-cause, des c/iasse-marëe, des tête-à-tête, des souffre- (loideur, des contre-vérité, des coq-à-t'ùne, des dame-jeanne, des croc-en-jambe , des arcs-en-ciel , des rouges- gorges , des rougequeue des rouges-trognes, des rouges-bords, des garde-forêt , des garde-rohes, des cure-dent, des cure-oreille, des c/iausse-pied , des

enlre-côtes, des essicie-maiii , des appui-main . des fesse-cahier, des porte-hache, despiecl-d'a/ouettc, despasse-rotanls, des hautes-contres, des culs-de-sac, des loiips-garous, des guet-apens, des pince-maille, desaprès-di'nees, desaprès-midi, des gardes-marine, des pei-ce-oreitle, des trouljte-fi'te, des ponts-neufs, des messire-Jean, des bains-Marie, (les colin-mnitlard , des revenant-bon, des porte-étendard, des serret('le, des serre- fi le, etc. ?

Pour lever toute difficulté, ne pourrait-on pas, dès à présent, ramener comme il suit à une orthographe uniforme ces mots composés :

Ahajour, aijavant, appuimain, arancoureur, avanmain, avanscéne, hassecour, boute feu, brèchedent , lirisecou, brûletout, cassenoisette, chapecitule, chnssemarée , chassemouche, cerrolant , chaufepied, rhaussepied , chaussetrape , chou/leur, contrecoup, coiipegorqe, courrefpu, rrèrecœur, curedent, damejeanne, entracte, entrecôte, entreligne, essuimain,gagnepain, gardcchasse, gardecôte, gardemagasin, gardemanger, gardemine, garderobe, gdtemétier, gorgechaude, haussecol, haubois, hautecontre, messirejean, miltepied, mouillebouc/ie, nuïdire, passedebmit, pnssedroit , jiassepartout , passepasse, perceneige, portemontre, portecrosse, reineclaude, reiiiemarguerite , réncit/ematin, saufconduit , serre file , serrcpapier , serretéte , tailtedouce, terreplein, tirebottc, t rouble f('te, ratout, viceroi, et enfin un ranupied, etc. (Voir Appendice V.)

On place entre deux tirets la lettre euphonique /, et c'est avec raison (ju'oii écrit : // (i-l-il; iru-l-il; mais pourquoi ne pas en faire autant pour l'.v qui aie uièmo emploi? On ne devrait pas écrii-p, connue on le lait, donnrx-en, poscs-i/, cuci7les-p?i, dnniies-y, tnanr/es-en, ce qui donne lieu ;\ l'erreur fréquente (|u(' l'on coiimict en s'imaginant cpie, dans toutes les conjugaisons, la seconde personne de l'impératif doit avoir un s. H faut donc de toute nécessité écrire clonnc-s-e)i . por/c-s-i/, rn-s-rn rliercher, va-s-i/, cueille-s-ei}, 7mini/e-s-en.

I)oil-on, |)oiii' l;i division (1rs mots au bout des lignes, se conforiiiiT II l'étymologic ou bien à l'éppllalion, qui favorise mieux la lecture à haute voix'i^ L'Académie, dans son Dictionnaire, n'a adopté niimne régie (i\e à cet égard : il conviendrait

de faire cesser cette incertitude qui embarrasse les correcteurs d'imprimerie. Ainsi , dans la même page , on trouve écrit : souscrire conformément à l'étymologie, et sous-crire, conformément à l'épellation. Il en est de même pour souscripteur et sous-criptew\atmo-sphèreeiatmos-phère,hcmi-sphèreeihoroscope, catastrophe et cho-révêque , mono-ptère et coléop-tère.

L'Académie ayant admis la division i-nadmissihilifé, i-néga- Ulé, su-raniié, pros-terner, prostituer, semblerait autoriser cette division conforme à l'épellation pour des-truction, destitution, dés-union, pres-cription; cependant elle écrit aussi inspecter, inspirer, obstruction, proscrire, télescope, conformément à l'étymologie.

Cette question , futile en apparence , a une application incessante dans la pratique.

DE l'orthographe ET liE LA PRONONCIATION fiES MOTS TERMINÉS

EN mit ou ent.

Selon les graunnaires, nous avons d'abord dans cette catégorie tous les participes présents, terminés sans aucune exception en ant, et invariables quand ils expriment une action ; ils peuvent cependant , ajoutent les grammaires , quand ils expriment un état, se transformer en adjectifs verbaux et s'accorder en genre et en nombre avec leur sujet. Cet adjectif verbal , extension du participe présent, conserve au singulier masculin la forme ant de ce participe présent dont il dérive. Il devient même quelquefois un substantif, que j'appellerai alors substantif verbal; tels sont : les étudiants, les complaisants , les opposants , les gérants , les correspondants , etc. Et d'abord, remarquons que les adjectifs et substantifs de ce genre existant dans notre langue et qui proviennent d'une autre source que le latin, sont terminés exclusivement en ant.

Mots frnnçcm furmés d'un verbe terminés en ANT et ne provenant pas du latin.

agaçant attachant blancliissaiit brisant

arrogant attifant bouffant bruyant

■Il

clioquant

étouflant

grimaçant

piquant

croupissant

étourdissant

grimpant

plongeant

éblouissant

frappant

guerroyant

rafraicliissant

éclatant

gagnant

jappant

ronflant

écrasant

galant

jaunissant

tannant

écumant

garant

inarquant

tombant

effrayant

j^lapissant

navrant

trébucliant

engageant

glissant

pantelant

tuant

Nous avons en outre les adjectifs et les substantifs des verbes formés sur la pnMuièie conjugaison latine , tels que amant, chanlant., mendbnU, suppliant^ dont le nombre est considérable, et qui tous, sans exception, sont , connue le participe présent et le gérondif, terminés en ant.

Mais il n'eu est pas de même pour les adjectifs et substantifs formés sur les trois autres conjugaisons latines ; sans aucun motif apparent , les uns sont terminés en ant , les autres en eut. 11 en résulte une grande incertitude orthographique, la prononciation ne pouvant servir de guide, puisque tous se prononcent également par notre an nasal.

Bien plus, il est quelques-uns de cas mots, au nombre de

17, qui, au masculin singulier, présentent une homographie

com])lète avec la ti'oisième personne du pluriel du présent de

l'indicatif, également terminée en ciil, et se prononçant diffé-

reiinnent : exemple un af/ftient, ils affluent; un expédient,

ils expédient. (Voir la liste, |). 43.)

Voici le tai)leau des mots en ant et en ent provenant d'niie

conjugaison latine autre que la première :

Mots formés de partieipes latins en ENS {haute, tnoi/enne et basse latinité, provenant de ta 2", ;j° ou Y conjugaison^

LCft un>i lernilni'ii ru ANT.

absorbant

avenant

oomincttant

coiisiAlanl

ainigeanl

avilissant

compatissaiil

constituant

aKissant

bidligérant

coin|H)sant

eonsultani

ainollissanl

bii'iifaisant

coiiiproniettaiil

contenant

ascendant

bienséant

concertant

conlendant

assistant

eéilani

concluant

convaincant

assujettiNsaid

(■Iair\(i)ant

confiant

('on\enaiU

attenant

ronibatlant

c^inqurrarit

i'iiparta;;i'.iiil

attrayant

e^mplaisant

ronsenlanl

i'<irn''.|i,iiid.iril

OBSKRVATIONS

croissant

imposant

olïensani

l'evenanf

croyant

impuissant

opposant

riant

cuisant

inconvenant

outrageant

rugissant

décevant

indépendant

pâlissant

savant '

iléfiant

insuffisant

partageant

séant

<lélini|uant

infendant

pendant

séduisant

déponilant

intervenant

perdant

servant

desservant

languissant

persécutant

souffrant

dirigeant

luisant

pesant

souriant

entreprenant

malfaisant

plaisant

suant

étudiant

méconnaissant

poursuivant

suffisant

excédant

mécréant

prenant

suivant

exigeant

médisant

pressant

surprenant

existant

méliant

préfendant

survenant

exposant

mordant

prévenant

survivant

flagellant

mordicant

prévoyant

tendant

lleurissanl

mourant

puissant

transcendant

llorissanl

naissant

ravissant

vaillant

tuyant

nourrissant

reconnaissant

versant

gémissant

obéissant

répondant

vivant

gérant

odoriférant

resplendissant

voyaid

Les aiilres

Irrnilnés en EIMT.

absent

convergent

impertinent

négligent

abstinent

(fécent

impotent

occident

accident

dé[ionent

imprudent

()l>ulent

adhérent

différent

impudent

orient

adjacent

diligent

incident

liafent

adolescent

dissident

incohérent

patient

affluent

divcrgerd

incompétent

pénitent

agent

dolent

inconscient

pi'rmanent

antécédent

efficient

incon^é(pienf

précédent

apparent

é'lo(|ucnt

incontinent

prééminent

ardent

émergent

inconvénient

président

astringent

éminent

indécent

prudent

coïncident

émollient

indigent

ré'cipient

compétent

éqnipollenf

indulgent

réfringent

concurrent

équivalent

inhérent

régent

confident

escient

innocent

résirlent

continent

évident

insolent

sul)séquent

conscient

excellent

intelligent

succulent

conséquent

expédient

intermittent

siiréniiuent

content

fervent

jacent

turbulent

continent

imminent

latent

urgent

contingent

impatient

niéconfeuf

violent

Les mots teniiiiiés en ant, et cela cotitrairemeiit à leur dérivation latiue en ens, sont, comme on voit, les plus nombieux.

Si l'on compare ces mots en les ramenant à lem- conjugaison latine respective, on voit qu'aucune règle fixe n"a présidé à leur formation ; exemple :

V CONJUGAISON : plaisant, répondant et abstinent, permanent

contenant et continent

ascendant, bellisérant et antécédent, inlelliaent

3' Conjugaison : confiant et confident

suivant et conséquent

déposant et déponent

4« CoNnir.MSON : avenant, inconvenant et inconvénient, expédient

amollissant et émollient

MoU en ent prononcés différemment, bien qu'écrits de même.

affluent, ndj.

un expédient

convei};eut,adj.

un équivalent

excellent, adj.

négligent, adj.

émergent, adj.

un président un résidciit

ils afiluent ils expédient ils convergent ils équivalent ils excellent ils négligent ils émergent ils président ils résident

violent, adj.

un couvent un confluent

évident, adj.

divergent, adj.

nn parent

coïncident, adj.

content, adj.

ils violent elles couvent ils coniluent ils évident ils divergent ils parent ils coïncident ils content

Bossuet, lors des discussions préliminaires pour le Dictionnaire de l'année lfi9i (voir App. G, p. 70\ frappé déjà de l'incohérence de l'orthographe des adjectifs et des substantifs terminés les uns en nnl^ les autres en ent, cherchait le moyen de parvenir à une sorte de régidarité. 11 proposait à cet effet de maintenir au participe présent, ainsi qu'au gérondif, l.i forme exclusive ant (j) et de donner à tous les autres, qui lui .semblaient provenir |)our la plupart de participes latins eu ens, la forme ent.

Contrairement k ce .sage avis de Bossuet, ([ui voulait l'uniformité, l'Académie inscrivait dans son Dictionnaire près de la moitié des adjectifs et substantifs verbaux (voir le tableau

(I) Dans les quelques pages autographes de llossnet , ipie j'ai parcourues à la llit)liolliéqu(' iiMprMlaii', (in remarque, an coiilr.iiie, une tendance nalinelle à remplacer l> par Vn, coiifiiiinément a la prononri.ilinn. .\lnsi . prc^ipie tonjcnirs il écril, coiMine Corneille, ranger, vangeiincr, aliinlioii, (iliitilif,alanlats, ceiuiiidiiiil , amimancer, etc. l'éiielun, à tontes ses éditions, écrit les Avantiires de 'J'flnnoi/ue, et Racine irrit aussi avanlurr, ranger, rangriinte.

page 41) avec la désinence ant, bien qu'ils fussent de formation en cns, tels que : affliçjeant, (u/issant, ascendant, assistant^ assujettissant , attenant, attrai/ant, avenant, bieiidisant, bienfaisant, hienséant, cédant, etc.

Mais comme dès cette époque l'adjectif verbal et ce qu'on peut appeler le substantif verbal se formaient ainsi, au fur et à mesure du besoin, sur le participe présent français, toujours en ant, et que depuis presque tous les mots semblables, de nouvelle formation, ont pris constamment cette même terminaison en ant, il en résulte que le nombre des mots de ce genre terminés en ant est devenu et devient de jour en jour de plus en plus dominant.

On peut donc se croire fondé à les ramener tous à un seul et même type en ant, ce qui épargnerait l'obligation, souvent si pénible, d'établir une distinction entre l'orthographe du participe présent et celle de l'adjectif verbal ou du substantif verlial.

Le petit nombre de mots en ent , formés directement du latin comme ç/ent de gens, ou de neutres en entum, connue testament, monument, de testamentum , moniimentiim , et nos ad\'erbes en 7nent tous par e, à cause de la racine mente, feraient seuls exception à la règle de l'a remplaçant e.

Enfin l'Académie examinera s'il ne conviendrait pas de ramener à une seule et même orthographe les mots ayant leur désinence en ance et ence.

Tous les substantifs dérivés des verbes de la première conjugaison latine se terminent par ance : abondance, assonance, consonaiice, extravagance, etc.

Pour les mots dérivés des verbes de la deuxième conjugaison, le plus grand nombre se termine en ence; cependant l'Acamie écrit : abstinence et clairvoyance, adhérence et bienséance, évidence et condoléance, éminence et complaisance, dissidence et dépendance, déshérence et déplaisance, présidence et surséance; enfin elle écrit diversement les dérivés d'un même verbe {tenere, tenens), contenance et continence.

SUR LORÏHOGRAPHE FRANÇAISE. 45

l'oiir les mots dérivés de la troisième conjugaison, la moitié s'écrivent par «?2ce et par ence, sans motif apparent : adof.atrence et assistance, concupiscence et concomitance , confidence ei confiance, conséquence et consistance, convalescence et descendance, crédence et cfoijatice, conférence et croissance, décadence et déchéance, désinence et défiance.

Pour les mots dérivés de la cjuatrième conjugaison, ils se bornent à 0 ou 8 et présentent la même anomalie : audience et convenance, conscience et disconvenance, expérience et souvenance.

Ainsi, par ces modifications ou plutôt ces rectifications, la grammaire, débarrassée d'une foule d'exceptions et de fatigantes minuties, deviendra plus facile à apprendre, et rendra plus facile à l'Académie l'obligation d'en rédiger une. C'est peut-être aux fastidieux détails qui surchargent encore cette œuvre, confiée d'abord à Régnier des Marais, qu'on doit, du moins en partie, attribuer son ajournement.

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