‹ Observations sur l'ouvrage de Mr. le comte Ph. de Ségur, Histoire de Napoléon et de la grande-armée pendant l'année 1812Chapitre 5 sur 20 · DES RAPPORTS · texte numérisé non relu

DES RAPPORTS

sans cesse ses attaques. Enfin, les grenades mirent, à six heures du soir, le feu à la partie avancée du village; ce qui empêcha l'ennemi de poursuivre sa principale attaque sur ce point. Le maréchal Duc de Reggio ayant été alors blessé, le colonel -général comte Gouvion-Saint-Cyr , qui avait précédement été blessé d'un boulet à ricochet , sans cependant avoir quitté le champ de bataille, prit le commandement en chef du 2^me et du 6^me corps.

A l'entrée de la nuit, l'ennemi cessa son feu, et s'occupa d'enlever le grand nombre de ses morts et de ses blessés. Le général, Prince de Wittgenstein, établit son quartier- général à Przesimience, qui n'est qu'à un quart de lieue du village de Spass.

Le 18, à quatre heures du matin , le corps du général d'infanterie Deroy releva celui du général Wréde, qui était très fatigué par les combats des jours précédens. L'ennemi se tint tranquille pendant le matin ; mais le général comte de Saint- Cyr, convaincu que l'ennemi renouvellerait bientôt ses attaques , resoJut de l'attaquer à quatre heures après-midi, et fit ses dispositions en conséquence. L'ennemi avait rassemblé ses forces dans la nuit du 1 7 au 18, et il avait augmenté le nombre de ses canons jusqu'à cent. Le 18, entre trois et quatre heures , une batterie de 3 1 canons bavarois fut établie sur une hauteur près du village de Spass, et une pièce de 12 devait donner le signal de l'attaque. Lorsqu'il fut donné, cette batterie foudroya à coups de mitraille les rangs ennemis; des boulets tombèrent sur le château de Przesiemience , où était le quartier-général du Prince de Wittgenstein. Après que l'avant- garde ennemie fut chassée, l'artillerie russe, postée sur les hauteurs de Przesiemience, commença

Ift Klsumé des rapports.

à jouer. Alors les 3ème et Tèmc régiments d'infanterie de ligne bavaroise, commandés par le généralmajor comte Beckers, fondirent sur l'ennemi avec la baïonnette. Le bataillon la Roche prit le village Hamcrnia , situé à un quart de lieue de Spâss , pour menacer l'aile gauche de l'ennemi. Le combat devint général : le général Raglovich fut blessé grièvement, et le colonel de Zollern le remplaça dans le commandement de sa brigade. Le général Deroy, après avoir commandé à plusieurs bataillons d'attaquer l'ennemi à la baïonnette , fut blessé dans le bas -ventre par une balle de fusil; on l'emmena du champ de bataille. Le feu devint de plus en plus vif, et très meurtrier des deux cotés. Le général comte de Wréde prit le commandement de toutes les troupes bavaroises : il envoya la brigade commandée par le général de Siebein pour soutenir la division du général Legrand. Le général Siebein et le colonel de Zollern combattirent avec la plus grande bravoure. Le gème régiment d'infanterie de ligne bavaroise attaqua , par ordre du général Comte Saint -Cyr, le château de Przesimience, défendu par de l'infanterie et de l'artillerie, l'ennemi en fut chassé ; l'armée russe commença à se retirer vers huit heures du soir , et la victoire était complète. Vingt et un canons, beaucoup de voitures, de bagages et de munitions, et 1,500 prisonniers tombèrent en notre pouvoir; 4,00 0 blessés et morts restèrent sur le champ de bataille; mais les jours suivans on a ramené des forêts voisines tant de blessés et de prisonniers, que l'on peut estimer la perte des ennemis dans les journées du 1" et du 18 à 9,000 hommes.

Extrait. \g

E XTR AIT

du XFeme bulletin de la grande - armée date du 27 Août 1812.

Lia déroute de l'ennemi a été complète au combat de Polotsk, du 18. Le brave général bavarois Deroy a été blessé sur le champ d'honneur, âgé de soixante-douze ans, et ayant près de soixante ans de service: S. M. l'a nommé Comte de l'Empire, avec une dotation de 30,000 fr. de revenu. Le corps bavarois s'étant comporté avec beaucoup de bravoure, S. M. a accordé des récompenses et des décorations à ce corps d'armée.

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