‹ Observations sur la curation des maladies organiques de la langueChapitre 12 sur 40 · TRAITEMENT · texte numérisé non relu

TRAITEMENT

principal but, dans les recherches d'anatomie morbide, dit M. Lebert, est non-seulement d'arriver à la connaissance îniimc des productions pathologiques, mais de reculer en même temps les limites de nos ressources actuelles thérapeutiques. C'est une des raisons pour lesquelles tout ce qui rattache ix la question du cancer a toujours eu pour nous un grand attrait. « [Malad. cancéreuses, pag. 594.)

Je partage enlièrement l'opinion du savant anntoino-palhologîslc; je la partagerais même plus qu'enlièrement, si cela était possible, car je pense que l'extension de nos ressources thérapeutiques doit être le but. non-seulement des recherches d'anatomie morbide, mais de toutes les recherches analomiquea et physiologiques dont l'homme peut être l'objet. Mais j'avoue que, si je comprends et partage les aspirations de

mon digne confrère, je ne saurais comprendre aussi bien les motifs de l'attrait qu'a pour lui tout ce qui se rattache à la question du cancer, ni son apparente satis&ction. H. Lebert a fait de très-nombreuses, de très-délicates, de trè&{>atientes, de très-savantes recherches d'anatomie pathologique, je sois heureux de le proclamer une fois de plus ; quant à rexteosion des limites de nos ressources thérapeutiques, qui ont été le résultat de ces recherches, H. Lebert les a résumées par une espérance sur le traitement d'une localisation cancéreuse en particulier, espérance qu'il exprime dans les termes suivants :

c Nous avons la conviction que le traitement des cancroides de la lèvre inférieure est plein d'avenir, et nous espérons que dUci à quelques années un chirurgien qui traiterait ces affections par les cautérisations légères et superficielles et les excisions insuffisantes, passera pour aussi ignorant qu'aujourd'hui un praticien qui traiterait une hernie étranglée par l'homœopathie. » (Lebert, Mal. cancer., p. 634.)

Les quelques années dont parle H. Lebert sont depuis longtemps écoulées, puisque les lignes qui précèdent sont écrites depuis dix-huit ans, et nous ne voyons pas trop quelle extension les recherches micrographiques ont apportée à nos ressources thérapeutiques contre le cancer de la lèvre inférieure ; il me parait évident que H. Lebert en est, à l'endroit du cancer de la lèvre inférieure, au même point que l'amant de Philis, à cette difiiérence près que les espérances de M. Lebert paraissent durer toujours sans le faire désespérer jamais. Quant au traitement du cancer de la langue, je ne pense pas que M. Lebert eût grand'chose à ajouter, aujourd'hui, à ce qu'il en disait enl850,etcequ'il disait est vraiment trop caractéristique et en même temps assez laconique, pour que nous croyions pon* voir le mettre textuellement sous les yeux de nos lecteurs.

a Le traitement du cancer de la langue peut avoir un but curatif, en enlevant le mal local au moyen d'une opération, ou

se borner à des secours purement pallialil's. Nous savons qu'il y a des chirurgiens qui, frappés par les rechutes fréquentes, on peut dire presque constantes, du cancer après l'opération, ont voulu proscrire toute extirpation du cancer. Nous croyons qu'il est bon d'opérer tant qu'on peut circonscrire le mol el l'enlever en totalité, tant que la constitution n'a pas éprouvé une profonde atteinte, tant que des signes de cancer dans des organes inaccessibles au bistouri, ne se sont pas ntanifeslés. >

M. Lebert décrit ensuite quelques-uns des innombrables procédés imaginés pour amputer la langue, et il ajoute :

a Nous arrivons au traitement palliatif médical. Pour le cancer de la langue, il sera utile et même nécessaire de soumellre les malades au traitement spécifique chaque fois qu'on a le moindre soupçon que l'affection de la langue est due à la syphilis. Il existe assez d'exemples de guêrisons bien constatées d'ulcères syphilitiques de la longue pris pour des cancers, pour qu'on soit très- encouragé à tenter ce traitement avant de recourir au bistouri.

• Nous arrivons enfin au traitement purement palliatif. Les narcotiques sont les seuls capables de soulager les malades lorsque leurs souffrances préscnlent un certain degré d'intensité. On pourra prescrire un gargarisme narcolique, tel qu'une solution de suc de laitue ou une infusion d'herbe de jusquiamc. En mémo temps on prescrira à rintérieur les narcotiques, la teinture dejusquiame, la belladone el surtout les préparations opiacées. Lorsque le malade peut encore avaler des pilules, oa choisira do prél'crence l'extrait gommeux d'opium, h la dose de 3 il 5 centigrammes le soir, et plusieurs de ces doses dans les TÏngt-qnatre heures, h mesure que le malade s'y habitue. On remplacera les pilules, quand le malade ne pourra plus les avaler, par le sirop de morphine îi la dose de 10 à 16 grammes et au-delà dans les vingt-quatre heures. » {Mal. canci^r.,p. 431 el suivO

- 2*4 - Voici donc k quoi se rèduiseni les réaullals des recherches aaatomo-pnthologiques du laborieux micrographc sur le cancer, el de la « connaissance intime des productions morbides ■ qu'il a acquise :

1" Tvaiument curalif : opération;

2" Traitanenl palliatif médical ; anlisyphiJiliques, — (pi'ii

proscrit sévèrement dans les affections cancéreuses autres que

celles de la langue, mais qu'il conseille contre ces dernières,

\ pour le cas oïl le hasard porterait un meilleur diagnostic que

le microscope ;

3" Traitement purement pa//ia(t/': narcotiques. Ainsi, le iraitemenl patUalif du cancer de la langue, c'6at.-le traitement de la syphilis; le trailomenl purement palliMc'est la médication narcotique.

Quant au traitement turatif, voici comment M. Lebert 1^ juge d'une manière générale dans une autre partie de so"* ouvrage :

■ Quand ou a coupé un membre pour un cancer, on a bî^** enlevé le mal, mais non pas la maladie. L'opération n'fst )a«.^*'~ pour nous qu'un secours palliatif. » (Mal. cancer. , p. 188.)

Ce simple rapprochement de texte donne une idée exacte ^^ la manière dont les micrographes spécificistes traitent à la t'c;^^ la langue et le cancer! En voilà, je crois, plus qu'il n'en fapour me justifier d'avoir choisi une autre voie, el j'espère q les faits me justifieront mieux encore. Je ne me croirai p^* cependant, autorisé, malgré mes succès thérapeutiques, traiter la question d'une façon aussi sommaire que mon bon. rable confrère, et je chercherai à étayer de quelques raisoa la démonstration empirique donnée par les faits.

Nous exposerons donc successivement, et discuterons avi^^ quelques détails ■-

1" Le traitement curalif chirurgical du cancer de la langu^^ lequel traitement se résume dans l'opération par les instr»--' mcius, et la destruction par la ligature ou par les caustiques^'

dans lesquels il Taut comprendre les caustiques éloctriqucs;

2" Le irailemenl curatif médical, qui comprend l'exposé de la iiouvelli! médicalion que nous avons Inaugurée-,

3" La prophylaxie du cancer.

TltAITEMIÎNT CHIRURGICAL

• Malgré les observations de cancers guéris par le mercure, la ciguë, l'acide, les préparations d'or, écrit M. Maisonneuvo, loiw les chirurgiens s'accordent à recoimuitre qu'on ne peut guérir les lumeurs cancéreuses de la langue qu'en les délruilant. » {Ciiniq. citirurg.. t. Il, p. 340.)

C'est tout ce que dit M. Maisonneuve du tratlement médical. fe ne sais ii quelle école l'habile chirurgien a appris h écrire histoire, mais ce n'est certainement pas à l'école de Tacite. l'histoire vraie, c'est que tous ou presque tous h's chirurgiens

aaccordent à reconnaître « qu'on ne peut guirîr les maladies LZicêreuses de la langue, ni en les détruisant, ni sans les Struirc; et ce qui est vrai encore, c'est que les chirurgiens, i-diffîciles sur les faits, nient les guérisons rapportées par autres chirurgiens pourtant Irùs-honorablcs, comme l'a fait, .r exemple, notre judicieux confrf'ro, le docteur A. Richard, propos de deux cas de guérison racontés à la Société de lirurgie. l'un, si nous avons bonne mémoire, par M. le doclur Morel-Lavallée ; l'autre, par M. le docteur Chassaignac. Ce ernier rapportait un fait qui paraissait des plus convaiiicants. l. cependant, M. A. Richard ne se trouva pas convaincu.

Ce qui est vrai encore, et c'est peut-être ce que M. Maisonaeuveavoutu dire, c'est que tous ou presque tous les chirur- ^ena pratiquent l'amputation de la langue pour un cancer. W*it en ne croyant pas à la guérison du cancer. Quant ii cela,

test vrui, quoique cela paraisse bien étrange. Mais, pour tout

*'fe. il faut ajouter que quelques chirurgiens donnent, en

tnveyr de l'opération, des raisons même scientifiques ou, du

moins, prétendues telles (I); ces raisons, nous allons les discuter le plus sommairement qu'il nous sera possible, mai^ pourtant, sons rien retrancher d'essentiel il la discussion.

Voici d'abord l'opinion de ce même professeur Gosseliu. qui a découvert que les tumeurs qui se développent au centre

(1 1 Mnis ces rBisoim stienlifiques ne seraient pas les seules, si l'on en crojail certaines révéUiioDB faites El un iournalisle. peodaat !& grande disctusion à» 18S1, BUT le cancer, à l'Acadâmie de médecine de Paht. Ces raisuos «iiriscienlinques, douk ue voulons ni les Juger ni les discuter, mais nom cnijuni devoir les consigner, ne f&t-ue qu'à titre d'étude pliie ou moins judicieuse eut let mœnrs chirurgicale) contcmporaince. Voici donc le fragment publié par le journaliste en queilion, qui malgré le mérite de sa révdIalioD, a cru deii^ginlcr l'anonyme. On peut remarquer, eeulenient, que M. Broca appréciait lion ladieciosion. dans le joumol où celle étude de mœurs a paru :

VAHiÉTËs scif.ktifioi;es

« Eh bien, cher immortel, disait un intrus A un grave académicien k sàtiaa, depuis longtemps couleur de ncjge, Ates-vous pour l'incnrabilité du cancer?

L'ACÀDimciEN. — Ûhl mol, cela va sans dire : j'appartiens a la palliologte médicale.

l'intbcs. — Qu'est-ce & dire? est-ce qae le catéchisme de la pathologie radicale vous oblige à cruirefi l'incurabilité?

L'iciDËHicisN. — Kon. mais il laisse l'esprit libre de choiair ce qu'il ctoil ftre la vérité.

L'tNTiDs. — Et en quoi la paibologie i-himrgicale ou la méitccine opéntoirt vous enifive-t-elle celte liberté?

■.'ÀCsDKHiciBN. — Mon Dieu! tout simplement en ce que, lorFqu'on proltu l'incurabililé, ou n'o]iére pas de malades, ei que le premier dns principes d'ns opérateur est d'opérer; car, cumine dirait Mercadei, qu'est-«e qu'un opénleiir qui n'opère pas!

L'i!jTRC4. — Voire eiplicalion mo ferait l'riimir, et elle me semblemil singiiliArement friser le Basile, si elle no venait d'un académicien qui ne croit p>* inutile do rappeler qu'on peut être en mâme temps homme d'esprit. Ce qui prouve que cette explication n'est pas fondée, c'est qu'un des premier» orateur» iiw M. Tierdy. doit, dit-on. parler pour l'incurabililé.

L'jiciDfiMiciiN. — nclle preuve ! H. Gerdy n'opère que dans l'faapital, et c( n'est pas pour l'hApiUI que le priiicrpe dont je vous parl.iiF< a été fait.

de la langue ne sont pas ulcérées à leur début ! Cette opinion ne diffère paa sensiblement de celle qui est généralement adoptée, dans les ouvrages chirurgicaux les plus récents ou dans les traités accrédités sur le cancer; maïs elle se produit, ici, sous une forme et avec des motifs qui montrent bien la louche

Au point de vue ilii libre arbitre. M, Gerdy esX, en te marnent, de ma w«Aioa.

L'iNTRiTâ. — J'espère (tue l'âyénement vous donnera on d^'inenU ; mais, dans tonales cas, cher immortel, si voua di^ici vrai, vous seriei di^soUnt.

L'iciDimcisn. — Uh ! le mol est bien fort, mon jeune ami : ilam vingt ans, TOUS l'adoucirei.

L'iNTBDs. — Je n'ose vous écouter daïnnlBgp. mon cher malirc; j'aime mieux aller entendre M. Velpeau,

L*AriDftMiciEH. — Ne vons dérangez pas pour cela; ce serait peine inutile: H. Velpeau ne parlera pas.

L'iKTRrs. — VouBvoui trompez : il est le premier inscrit.

L'iCADËmciRN. — Il est le premier iosml, mais je ne me trempe pas. Uon ami Velpeau, qnl rbI, non-seulement un grand savant, mais un homme do beaucttup il'rbprlt, est aussi un chrétien orthodoxe, (|iii croii pouvoir .ippliquer aux ordres du Jour académiques la parole de l'Ëvangile : Les premiers seront les derniers pt.....

L'INTRUS. — Quelle raison croyez-cous donc qu'il puisse avoir pour parler à tel moment pluiûl qu'à tel autre?

L**c«DËiiiciRM. — Oh! vous m'en demandai trop, mou ami; je veux bien vous dire des seiirets de tout le monde, en général, mais non pas ceux d'un collègue en particulier,.., d'autant plus que. dans l'espèce, je les ignore. Si vous me derrundici pourquoi, dans une discussion, j'aimerais, moi, t parler le dernier (si j'étais orateur), je vous le dirais sansdétoun mais quanta inlerprCtf.r les moUrsdes autres! nenni, s'il vous plalt. Je suis de ceux qui pensent qu'entre le cuir chevelu el le bonnet, il ne Taut jamais placer l'œil.

l'iiitius. — C'est pourtant ce que vous venei de faire, il n'y a qu'un Instant.

L'ACiDËmciSN. — Je l'ai tait en gêné-al, mon ami, ne contondex pas.

l'intri's. — C'est juste. Eh bien! quelles seraient vos raisons, si vous étiei

l'icadémicibn. — La premiSre, c'est que, quand on parle après toat le inonde, on prollte de ce qne les autres ont dit.

l'intbcs. — Mais vous conviendrcx sans doute que H. Velpeau n'a pas besoin Ae celte ressource.

l.'4Ciuf[](iciB!i. — Si vous oubliez que je parle en mon nom et non pas au nom Je M. Velpeau, vous m'obligerSï ù suspendre celle ti

délicate et la vigueur intellectuelle d*uQ professeur qui ne prend pas, comme le docteur Souberbielle, — Tami de Fouquier-Tinville, — des vessies pour des lanternes» mais qui le? prend pour des pierres... peut-être afin d'avoir l'occasioa de

l'intrus. — J*ea serais désolé, veuillez donc me dire votre second motif.

l'académicien. — Mon second motif serait dans le proverbe qui nous apprend que le dernier qui parle a souvent raison.

l'intrus. <— En avez-vous un troisième ?

L'ACADÉMICIEN. — Oui, certainement, et même un quatrième; d'abord, en parlant le dernier, je n'aurais à remplir que le rôle de critique, et franchement...., (regardant autour de lui) il n'y a pas de journaliste ici... (1) Non... franchement, c'est le plus commode. On reprend tout ce que les autres ont dit de risqué, et ce qu'on peut risquer soi-même reste sans réponse; c'est fort agréable. Et puis, croyez -vous qu'étant orateur, je serais dépouillé de toute coquetterie? Point. N'est -il pas agréablement chatouillant d'entendre dire autour de soi : Quand donc parlera M. X...? J'étais allé acgourd*hui à l'Académie pour entendre M. X..., j'ai été bien désappointé; c'est M. G... qui a parlé, etc., etc.

l'intrus. — Je persiste à croire, mon cher immortel, que vous avez trop lu Balzac; à l'avenir, je me défierai de vous. Je vais entendre M. Robert.

L'ACADÉMICIEN. — Vous u'cntcndrez pas plus M. Robert que M. Velpean.

l'intrus. — Et pourquoi cela?

l'académicien. — Par la raison bien simple que M. Velpeau étant l'allié, M. Robert ne veut pas être le Rusàe ; il veut reconnaître le point de débar^ quement avant de braquer son arUUerie (2).

l'intrus. — a ce compte, la discussion, les orateurs et l'Académie vont rester en panne.

l'académicien. — Oh ! ne craignez rien ; en dehors des premiers emplois qui se toisent et cherchent à saisir le moment pour se jeter en bas de la rampe, il y a d'honorables utilités qui n'ont d'autre préoccupation que de jouer consciencieusement leur rôle et de satisfaire le public. S'ils mettent moins d'art dans leur jeu, il y a peut-être plus de solide ; si l'on y trouve moins à admirer, il y a plus à prendre ; entrez, écoutez, et vous m'en direz des nouvelles.

L'i.VTRUS. ^ J'obéis, mais ce ne sera pas sans vous avoir exprimé toute ma gratitude pour m'avoir initié à cette façon toute nouvelle et fort ingénieuse...

L'ACADÉMICIEN. — Dites : toute vraie...

(1) Ilélat! le vénérable immortel a donc oublié ton Britannieus :

Cet murt même, seigneur

(<I) La dttcuftion fur le eaneer avait lieu au début de la guerre de Crimée ; c*Mt suna doato k cette ciroonitance que \e \ouTii«\\aV« U\\ «\\>i%\«u. — KoU de Vaultut.

s'en faire bâtir uu hôiel ou un piédestal (1). Le susdit

professeur de chirurgie commence, d'abord, par consiaier, comme tout le inonde, l'incurabililé du cancer de la langue, même du cancer épithélial, bien entendu ; car, ainsi que nous t'avons dit à satiété, tout le monde est revenu aujourd'hui des illusions de la microscopie, y compris les microscopisles,

L'iNTRt:» — Soit; 1 C

ie d'apjjrijcier les discussions acadâaiique

t' ACADEMICIEN. — Ne crojiez pas que cette façoD-là soit seuteiaeiit k l'usage des académiciens. Si les leçons àt ma vieille expérience peuvent vous Aire ibles, ne vous génei pas. Tous les mardis, je viens l>àlllcr ici k iroîs Traites pour nne heare (car je n'y reste jamais pins, vu que les heures suivantes ne sont I>up4yé<B} : ù voua voulez venir me dislrairc pendant ces soixante minutes, je vons les oflie de grand cœur-, [leut-ètre ne perdrei'Vous pas enlliïreme ni votre lempt.

L'inmns. — Mille grlccs pour vos bontés, cber immortel, je ne suis pas aaset «inetni de mon (éducation pour refuser. Adieu ! mais au revoir.

Voilà, cher lecteur, comment les discussions se jugent dans les coulisses, par ceux même* qui paurraient s'j mfier, et qui doivent nécessairement porter leur part de la respoosabilîté académique. Tout cela n'est point un conie fait à plaisir. eVtt une reproducUon teituelle, conime le seront du reste toutes celles que je

■ai avoir l'honneur de vous transmettre, si les portas enlr'ouverles cooiimunt & se montrer propices. Personnellement, je n'apprécierai point : je racon'

.et voQs abandonnerai sans ritserve le champ des interprfitations, (Jfonil.dci Bôpitavx.l octobre 1834.)

Il nous semble que ce fragment peut se pisser de commentaires; nous ne nous tenions pas d'ailleurs de force à en faire qui soient dignes du texte, et d'autant moins que les coulisses de l'Acadùmie de médecine ne nous sont cnn-

iBi que de répulalion.

(1) On comprend bien qu'il ne se peut agir, dans cette allusion, du professeur DeDonvUiiers, — l'autre auteur du Compeadium de chirurgie, — qui, du reste, a déjl, si nous lorames bien informÉ, rompu depuis longtemps te joug qui l'altaehïit k son baroque collègue, mais bien de ce collègue lui-mi^me. Nous dirons un jour dans quels ca.* il prend des vessies pour des pierres, et nous nous act|niltcrons avec lui comme avec- tous ceux envers (|ui nous sommes redevables, ponr le bien qu'ils nous ont fait ou qu'ils ont eu l'Intenlion de nous faire, dans une sirconstaïKe que personne n'a oubliée, mais que nous lâcherons de faire oublier moins encore, s'il est possible.

pour les appeler du nom qu'ils se donnent ou qu'on leur donne ofliciellemenl, maintenant.

a Le cancer de la langue est souvent irès-grave, quelles que soient sa forme et sa composition microscopique. Tocs ceux, c'esi-à-dire tous les cancers, — qoe nous avons opéréi ou vu opérer ont m des récidives promptes qui ont entraîné la mort, et CEUX, — toujours les cancers, — chez lesquels l'opération a été considérée comme impossible, ont également succombé asseï vite (1). Pourquoi la langue diffère-l-elle. sous ce rapport, du certains autres organes, tels que les lèvres et le col utérin, sur lesquels nous voyons quelquorois le cancroïde guérir ou ue récidiver que Irès-lardivcment? il nous est impossible de donner rexplication de celte difficulté. » (Compend. de ekir., t. ni, p. 708.)

Ainsi, pour le proresseur Gosselin. comme pour tout le monde, tous les cancers de la tangue, et probablement aussi tous les malades qui en étaient alleinls, — qu'il a opérés ou va opérer, ont succombé — (et les malades aussi, probableraeiil) — promplement, ii la page 708 de son ouvrage; mais à la page 712, c'est autre chose, et l'on voit qu'une distance du quatre pages a une grande influence sur la mémoire et sur la conduite de cet élégant chirurgien :

« Doit-on se laisser arfèler, dit-il, ii la page 712, par la possibilité d'accidents consécutifs graves? » — (Accident asseï grave, en effet, que celui de la mort !) — Sans doute il a dfi arriver quelquefois des hémorrhagies consécutives, qui oui entraîné la mort, ou des infections purulentes et putrides, ou des inflammations œdémateuses du larynx, qui ont amené lo môme résultat; mais le chiffre des guMsons est encore a«« considérable pour qu'on soit autorisé à passer outre, en pré-

(I ) Comprenez -vous des cancers cubï lesquels l'opération « été conildit* comme irapossible et qdi sdccohsbnt 3smi vilel Pai^vre M, Oenonvllllera, iw* p<iclHur gi>niHa1 de l'emeignement supérieur, et i\ni est obli^. par IraiU pcDi»' blemeol, de subir un pareil accouplemeui, et de porter sa paît de r»poimbillU d'un pnrdi style et d'une pareille Itçiiiiic!

Page 1