‹ Observations sur la curation des maladies organiques de la langueChapitre 21 sur 40 · ONZIÈME OBSERVATION · texte numérisé non relu

ONZIÈME OBSERVATION

M"« M...., femme du précédent, me consulte le 28 septembre pour une maladie semblable à celle de son mari, et dont elle a commencé à souffrir il y a irois mois. Elle se croit certaine qu'elle a contracté la maladie de son mari, et se préoccupe beaucoup de ses suites. Le pourtour et le dessus

de la langue sont lisses, et comme très-légèrement enfoncés; il semble que répithélium seul ait été aminci, si Ton peut ainsi dire. La douleur est supportable; il y a une légère salivation.

Je pratique une première cautérisation à Tacidc phénique, le 2S septembre même, avec pulvérisation préalable; je renouvelle les mêmes pulvérisations tous les douze ou quinze jours pendant trois mois, et je prescris l'acide phénique à l'intérieur.

Au bout de ce temps, toute apparence morbide a disparu, et la guérison a été déGnitive jusqu'à ce jour (juin 1868).

Remarques. — Les cas comme celui de M"»* M...., quoique légers» n'en sont pas moins dignes de la plus grande attention. Les circonstances dans lesquelles la maladie se développe dans ces cas, semblent, d*abord, mettre hors de doute ou tout au moins rendre très-probable la contagion du cancer épithélial, dans certaines conditions; ensuite, et par cela même que, dans ces cas, l'origine de la maladie, — et par conséquent sa nature cancéreuse, — ne sont guère contestables, les résultats thérapeutiques obtenus semblent aussi donner la preuve, à peu près péremptoire, qu'on arrêterait promptement, au moins dans la plupart des cas, la maladie, si l'on appliquait le traitement phénique, dès que les premiers symptômes du mal apparaissent. A tous ces points de vue, je crois pouvoir appeler la plus sérieuse attention de mes confrères sur le fait qui précède, et sur les trois autres faits semblables que renferme ce travail.

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