DIX-HUITIÈME OBSERVATION
M. C..., âgé de trente-sept ans, négociant, d*un tempérament lymphatico-sanguin, d'une bonne santé habituelle, sans antécédents héréditaires supposables, fumant habituellement, vient me voir le i2 mai 4866. 11 porte sur la langue des plaques blanches déprimées, comme si le tissu de la langue avait été légèrement refoulé par un corps dur qui aurait laissé son empreinte; néanmoins, les bords de ces dépressions sont légèrement frangés; leur base, ou pour mieux dire le tissu qui les supporte, est induré; sur d'autres points, la langue est lisse et comme glacée; çà et là existent des rigoles étroites et profondes séparant la langue en divers îlots; toutes ces parties, déprimées ou non déprimées, sont très- douloureuses; il y a une salivation abondante; la salive coule en parlant; la couleur des plaques paraît duc à ce qu'elles sont couvertes d'une sorte de mycellium ; gène considérable de la mastication. Les digestions sont bonnes cependant; il y a seulement une constipation opiniâtre.
J'appliquai à M. G... le traitement ordinaire complet et énergique en lui associant, à certains moments, l'usage de la poudre antihémorrholdale, et pendant quelques jours l'addition du sublimé corrosif au liquide des pulvérisations pour détruire les champignons de la langue, qui ne cédaient que difficilement à l'acide phénique seul. Après diverses améliorations, suivies de récidives, la cure parut enfin définitive, le 18 décembre 1866. Depuis celte époque, en effet, je n'ai plus revu le malade qui, étant mon voisin, n'aurait probablement pas manqué de venir me voir, si le mal avait reparu.