‹ Observations sur la curation des maladies organiques de la langueChapitre 27 sur 40 · DIX-NEUVIEME OBSERVATION · texte numérisé non relu

DIX-NEUVIEME OBSERVATION

Le 18 octobre 1866, je me rendis chez M. M.-D..., âgé de Irente-cinq ans environ, lieutenant de vaisseau dans la marine de l'État, pour une affection de la langue à peu près absolument identique à celle du malade de l'observation 27, dans sa période ultime, et que cette ressemblance peut me dispenser de décrire. Cette affection avait débuté, au dire du malade, par une ulcération sur le côté de la langue. La salivation était si abondante, que le malade couchait sur des nappes de caoutchouc. Il ne pouvait sortir de sa chambre.

Cependant la constitution se maintenait encore; rallmentalion était substantielle et bien supportée, le malade dormait, malgré la salivation, gr&ce aux nappes de caoutchouc, et tout faisait présumer au moins une assez longue résistance au mal terrible dont le malade était atteint. Il n*en fut rien. Comme d'habitude, le traitement phéniqué diminua la salivation et Gt disparaître la fétidité des sécrétions buccales, mais le malade mourut quasi-subitement, le 26 novembre, après un mois de traitement, sans que rien pût faire présumer un événement aussi prochain.

Remarques. — C'est surtout cette circonstance d'une mort si prompte et si imprévue qui m'a fait rapporter cette observation, laquelle confirme la remarque générale que j'ai précédemment fa'tc sur ce genre de mort, assez fréquente dans le cancer de la langue et que je ne sais à quoi attribuer.

Au point de vue qui m'occupe spécialement dans ce travail, celui delà curation, l'observation précédente est à peu près sans intérêt, puisque ce malade a pu commencer à peine le traitement phéniqué, lequel, du reste, a produit quelque bien, mais dont la gravité du cas ne nous permettait guère d'espérer de meilleur résultat.

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