‹ Observations sur la curation des maladies organiques de la langueChapitre 34 sur 40 · VINGT-NEUVIÈME OBSERVATION · texte numérisé non relu

VINGT-NEUVIÈME OBSERVATION

M. G..., de Baccarat, âgé de trente-cinq ans environ, d'un tempérament sec et Ircs-nerveux, fumeur, vient me consulter le 27 novembre 1857, pour une maladie de la langue qui présente les caractères suivants :

Ulcération profonde, à base indurée, à bords renversés en dehors, occupant tout le tiers moyen du côté droit et contournant le bord de l'organe, de façon à atteindre le sillon linguo-gcngival; cette ulcération paraît avoir débuté par un bouton, il y a environ un an ; la moitié droite de la langue est beaucoup plus volumineuse que la moitié gauche; les dents sont marquées sur tout le pourtour droit.

La salivalion est notablement augmentée sans atteindre pourtant des limites extrêmes. Douleurs excessives dans la langue, se propageimt avec intensité dans Toreille du côté malade ; quelques légères hémorrhagies. Ganglions sous-maxillaires volumineux, durs, comme adhérents au maxillaire et très- douloureux. Odeur fétide de la bouche.

Le sommeil est encore passable, ainsi que Tappétit; la nutrition s*opère assez convenablement.

rapplique immédiatement le traitement phéniqué complet : pulvérisations suivies de temps en temps d*une cautérisation légère, sirop phéniqué à rintérieur.

Dès les premiers jours, j'obtiens la disparition des douleurs. Du 27 novembre au 18 février, il se produit une amélioration traversée par des alternatives d*exacerbation, par ces poussées que j*ai décrites dans des généralités de ce mémoire. Dans les premiers jours de février, en particulier, il se manifesta des douleurs très-vives, et le malade voulut suivre le traitement de M.Raspail; il le suivit, en effet, tel que Tauteur rindique dans son Annuaire^ei je ne revis plus M. G... que le 47 mai dernier (1868). L'ulcération s'est modifléc en ce sens qu'elle s'est portée plus en arrière; mais le fond en est toujours grisâtre, les bords renversés; récorce de la langue est entièrement détruite et les muscles sont à nu, dans toute rétendue de Tulcéralion. De plus, la constitution est altérée; le yeux sont cernés ; le malade mange avec difficulté des parcelles de viande hachée. Le malade, après m'avoir remercié, dans une lettre, de Tamélioration obtenue par mon traitement, m'exprime le regret de ne pouvoir le continuer, et il quitta Paris, à cette époque, pour aller suivre en province le traitement d'un empirique; il y suit, après, le traitement d*un ancien pharmacien de Paris, dont il paraît que des jus d'herbes forment la base; enfin, il s*est soumis aujourd'hui (juillet 4868) à la direction d*un nouveau guérisseur, qui applique localement du chlorure d'or et de sodium. Ayant de nouveau vu M. G... à cette époque, je constate l'état suivant :

La langue est détruite dans la moitié droite; une plaie, grisâtre, à bords frangés, à surface sanieuse, à odeur infecte, a envahi toute la moitié droite du plancher de la bouche et les gencives. Le bord postérieur de la plaie, situé tout à fait à la base de la langue et qui touche l'amygdale, a communiqué à celle-ci l'ulcération, qui n'a point envahi la muqueuse intermédiaire à l'amygdale et au bord de la plaie linguale.

Remarques. — L'impression de ce travail sera probablement achevée avant que je ne revoie ce malade, si ie dois le r^^vnîrî î*» ^aic rinnA

BK roQtuiUr de prssecuer qaelqoes remanfoes sur les faits que y al pti ttoti^f ]a*îÂ'à ce jûor. Os reoiarqaes s«root fort courtes. Elles pirt-îr-ct a-îiîifo?»a; §nr ce £àIi,bieD dizne d'être noté, qa'aoe olccrati:a s'et»t éttr^jç^^ sar Tucy^dile droite, aa poiot qui se trouTaii en o^aue; are^ riil:rcra£ijo de la lassue. Cest là uoe sorte de eootazioa qrxe foa okserre socrent aax grandes lèTreseià l'anas infectés par la sTpM^s. cù Foi Toit ose alcêrati .n se (bnner préâsémeot dans les point» deialêrre oa de Li fesse opposée, qui se troaTenleocoDUcI avec ^fII•^l^re iniiûi. Ta: assez insiste sur cette particolarilé, dans les fécéraliiés. ^lUr poaTiir me borner à ce pea de mots.

J^ ne dJ-ài riea ici de cet:e isipaliecce, hélas! bien conrenable et blea parif^!inaLIe. qrii pôuss^ trcp sooTent les malades à courir ap r^ Uas les traitemenls 'iint on leur lait espérer des merreîlles; c'est une dlspositioc qa'on ne pexxt que plaindre, mais qu'on ne saaraie LLlzier. Toat ce qae coqs ea Toalons dire, en ce qui concerne X. G.... c'est que cette impatience re^^rettable loi a été fatale, car non-seolezient le traitement phéai^^aé l'a seul soulagé, mais encore le moins q::e ce traitement aurait faiî, c>ùt été« j^n ai la certitude, de ralentir, sinon d'arrêter complètement la marche de la maladie.

F. S. — J'ii re^ arant llmpression de cette feuille, la nourelle que M. G... est mort le 5 septembre 1868.

TBC^rXIESE OBSEBTATIOX

3f*^ C armt des relations intimes arec un des malades dont je ne

croîs pas dt^o> rarç vtrter robserratioa, éprooTe, dans le courant de tS6T. uae «ensati^n péafb!e à la Ijncue* !e i3 décembre, je constate qoe les paj»iiles d* lorzaae sont tr«-fo!'jniineu5e?, redrîssées, élargies, ap!a!ie> ii 1 fur s-rmmet : l'une d'eUes est le si^^^ d'une ulcération grisâtre. Ja^^uî rs aussi la convirtioa qu'outre les douleurs que la malade a épr>uTf -es, elle s'est apernie que les mouTements de la langue éi.'ient ^n^ «ie^ols ass'?z locrtenips et la déglutition, un peu difGc:le; de p!a> el!e a su que. dès q-'clîe s'end'>raiaît son haleine devenait mauia:>e. Er.Sn. p^niant la mastleition, la douîeur augmerte.

J? pres.?rl? l'acije phénîqu? à lislfirieur. les gargarismes phéniqués. el je prat::ue pres-iie chiqu? jour ose puiT^^rifation forte el prolongée. Au bout d? deti ni.'is, la cucri^'-n -?-î obtenue. En mai 1868. il t a des

apparences de récidive; les papilles grossissent de nouveau; un court traitement semblable eu fait justice. Aujourd'hui [juillet 1868\ aucune (race de récidive ne se manifeslc.

Remarques. — Ce cas est un des plus légers, que j'aie eu à traiter, et paraît, au premier abord, faire assez peu d'honneur au traitement phéniqué, pour que je me fusse dispense de le rapporter, sans les circonstances dans lesquelles il s^est manifesté : ces circonstances sont telles que, chez M^"® C..., comme chez plusieurs malades semblables, j'ai dû croire à une contagion. En outre, on a vu q'ie malgré l'état peu avancé de la maladie, une légère récidive a cependant eu lieu, et cette récidive ne confirme pas peu le diagnostic, el, par conséquent, le mérite de la médication qui a si promptemcnt guéri M-noC...

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