V.™« Cas
Pierre Augustin^ canonnier à cheval de la 5."** compagnie , âgé de 27 ans , d'une constitution
( -o ) robuste et criiii tempérament bilieux , ajant été détenu pendant plusievirs mois dans les prisons, et condamné à cinq ans de réclusion, ce qui affectait extrêmement son moral , entre le 6 juillet 1817 , à riîôpital avec les symptômes d'une affection gastrico-catarrbale contre laquelle il prend d'abord un vomitif qui est suivi d'autres remèdes appropriés à sa situation jusqu'au i5 ; alors la fièvre adjnamique se signale par les symptômes suivans: pouls petit et fréquent, tintement douloureux d'oreilles , soif intense , peau brûlante et aride , langue sale, sèclie et noirâtre, délire violent par iiUervalles , terreur panique , somnolence , pétéclîies, inquiétudes , traits du visage décomposés avec égarement ; le malade est couclié en supination, il est en proie à des bémorragies nasales effrayantes : on lui administre une forte décoction de quinquina avec une bonne dose de camplire et^d'étlier;et pour boisson il prend parties égales d'une légère infusion de gentiane et de vin rouge. — Le 16 et 17, les bémorragies cessent : continuation des mêmes moyens cura tifs. — Le 18, la prostration des forces paraît plus prononcée, les bémorragies se renouvellent, les déjections sont involontaires ; les selles sont d'une odeur putride - cadavéreuse ; une forte décoction de
quinquina dans laquelle sont infusés quelques gros de racine de valériane, avec Textrait de chardon bénit et Téther , est administrée par cuillerées de deux heures en deux heures; et pour boisson le malade prend du vin pur. — Le 19, il est dans la même situation aveccarphologie,soubressauts des tendons, tremblement général du corps, délire continuel , indifférence sur sa position : le malade redouble lusage de la potion de la veille; et la portion de vin est augmentée. — Le 20 point d'autres changemens en mieux que la cessation des hémorragies, je ne me relâche pas des moyens curatifs des 18 et 19. — Le 21 au matin, il y a rémission de la fièvre , la peau est moins brûlante; la carphologiejes soubressauts des tendons, les déjections involontaires et le tremblement ont disparu ; la physionomie seule du malade annonce une grande amélioration : la potion et la boisson du vingt sont continuées; vers le soir une légère exacerbalion delà fièvre a encore lieu. — Le 22, apyrexie notable a\ne^ surdité (i); la langue devient propre et humide , la peau s'humecte ; enfin il y a rémission de tous les symptômes ; mais le malade a lesprit égaré , et sans
(i) J'ai toujours observé que la surdité est d'un bon augure pourvu qu'elle ne soit pas accompagnée d'une difficulté de respirer, d'un délire taciturne , du coma , et du dccubitus.
cesse il est occupe de sa condamnation , preuve que les forces vitales se relèvent : les moyens curatifs de la veille sont répétés. — Le 23 , il va de mieux en mieux ;rappéLit commence, mais Tégarement d'esprit continue : comme la faiblesse est extrême , un électuaire de quinquina rouge, de racine de valériane , extrait de saule et sirop d'écorce d'orange lui est administré ; il est en même tems soumis à un régime analeptique. — Le ^4, le 25 et le 26, il continue d'aller de mieux en mieux; le dérangement des fonctions intellectuelles a cessé; le 27, la convalescence est assurée; le malade fait usage de son électuaire jusqu'au 29; le 7 août, il est entièrement rétabli. YL»^^ Cas.
C. Smidly, soldat du régiment suisse n." 82 , âgé de 21 ans, d'une constitution robuste et d'un tempérament bilioso-ljmphatique , entre le i5 juillet 181 7 à l'hôpital avec tous les symptômes d'une fièvre gastrique qui déjà durait depuis cinq JQurs. La faiblesse dans laquelle il se trouve me semble défendre Témé tique ; je lui prescris une infusion de camomille avec quelques grains d'ipécacuanha afin de relever l'action des organes gastriques (i). — Le 16, même état, mêmes mé-
(i) L'ipécacuaiiha doit occuper le premier rang parmi les racdi-
dicamens. — Le 17, la fièvre aclyiiamique s'aiv nouce par une augmentation de la pjrexie , malaise général, assoupissement, peau brûlante et aride , pouls petit et très-fréquent, toux légère , délire par intervalles, céphalalgie intense, pliotopliobie , soif considérable, respiration difficile, traits du visage décomposés, regard sombre , état de stupeur et d'insensibilité : on lui donne une infusion d'absinthe étherée et pour calmer la soif du vin coupé avec du thé. — Le 18, la chaleur et la sécheresse de la peau et la toux sont plus fortes : je fais ajouter à l'infusion éthérée précédente quelques gros d'acétate d'ammoniaque, et je fais appliquer un large vésicatoire entre les épaules a cause de l'affection pulmonaire. • — Le 19, point d'amélioration ; la langue, les dents et les gencives sont fuligineuses ; la prostration des forces est très-grande; le délire est violent; lé malade veut continuellement se sauver du lit: il prend une forte décoction de quinquina dans laquelle est infusée la racine de valériane, avec l'extrait de saule et Féther; et du vin pur lui est donné pour boisson (ce même jour il a pris seize onces de bon vin rouge.) — Le 21 , apyrexie ; la
ûamens qni augmentent l'action de l'estomac. Rien ne convient mieux dans les aifections asthéniques du sjstime gastrique que l'ipe* ûacuanha donné en petite dose.
langue et la peau sont humides; plus de délire , plus de toux ; le pouls se développe ; il y a une amélioration qui semble arriver par enchantement : les moyens curatifs de la veille sont continués. — Le 22 , continuation de mieux en mieux; Tappétit commence : le malade est soumis à un régime fortifiant mais sévère. — Le 23 , je lui prescris un électuaire de quinquina rouge avec la racine d'angelique , lextrait de saule et le sirop d'écorce d'orange ; cet électuaire joint à une nourriture succulente achève bientôt la convalescence. Le 5 août, le malade est sorti parfaitement guéri de Thôpital.
YII.™^ Cas.
Pierre Ma zuchelly ^soiàdit an régiment suisse n." 32, âgé de 19 ans, d'une constitution assez faible et d'un tempérament nerveux entre le i5 juillet 1817 , à riîôpital avec tous les indices d'une fièvre gastrique : on lui fait prendre un émétique. — Le 16 , il ejst dans le même état ; et comme d'après mes obsrvations le traitement tonique précédé d'un vomitif combat également avec tous les avantages la fièvre gastrique , on administre au malade une infusion de racines d'agelique avec l'extrait de chardon bénit et l'élixir d'orange composé. — Le 17 , la langue est
sècjie et noirâtre , la peau chaude et aride , Tlialeine fort puante et les excrëmens d'une odeur très-fetide , le pouls petit et fréquent , le cerveau fortement affecte avec une douleur violente de tête , délire opiniâtre , somnolence , ëblouisseinens des jeux , physionomie sinistre , etc. ; ajoutez à tout cela une soif ardente ; le malade prend une forte décoction de quinquina avec l'acétate d'ammoniaque , et pour boisson du via et du thé. — Le i8, les symptômes sont plus intenses ; je prescris au malade la décoction de quinquina précédente en y faisant infuser quelques gros de racine de valériane et un gros et demi fleurs d'arnique, à laquelle on ajoute deux gros d'éther ; il boit ce même jour du vin largement. — Le 19 , le pouls est plus développé et moins fréquent ; le délire est passé ; la soif et le mal de tête diminuent; la physionomie annonce un chaneement salutaire : les moyens cu-
moyei
ratifs du 18 sont continués. — Le 20, la chaleur et la sécheresse de la peau ont cessé ; la langue est humide et se nettoyé ; enfin il y a remission très-marquée de tous les symptômes : les mêmes remèdes sont répétés. — Le 21 , apyrexie. — Le 22 , l'appétit commence ; l'état du malade s'améliore de plus en plus : je lui près-
cris un électuaire avec le quinquina rouge , la racine d'angélique, l'extrait de saule et le sirop d'écorce d'orange; et il fait usage en même tems de bouillons fortifians. — Le 26 , la convalescence est assurée ; un régime analeptique est sui-» vi ; et le 5 août, la guérison est parfaite. VIII.-- Cas.
Frédéric Furer ^ soldat au régiment suisse n.' 82, âgé de 11 ans, d'une constitution faible et d'un tempérament lymphatique , entre le 18 juil^ let 1 8 1 7 à riiôpital , étant atteint depuis cinq jours , d'une forte affection gastrico-catarrhale , avec un pouls mou et fréquent , des douleurs sourdes à la poitrine , des frissonnemens suivis d'un sentiment irrégulier de chaleur, et avec un mal-aise général : à cause de raffection pulmonaire , le malade prend une potion éraolliente oximelée ; et un bon vésicatoire lui est appliqué entre les épaules. — Le 19, la peau est très-cliaude et sèche ; la langue est extrêmement chargée ; la fièvre est très-forte avec céphalalgie et soif vives. le pouls est petit (i 10 pulsations par minute ) ; léger délire par intervalle : par rapport à la gas- , tricité, une infusion de camomille avec quelques grains d'ipécacuanha est donnée. Le malade prend une décoction d'orbe vineuse en boisson»
lie 30 , les symptômes sont plus alarmans , la lan^ gue est sèche et noirâtre / les jeux sont chassieux ; le délire est furieux avec inquiétude; des pétëchies paraissent ; la respiration est très-gënée: une bonne décoction de quinquina éthérée est admistrée , et pour boisson le malade prend du vin pur. — Le 22, diminution prononcée de la fièvre avec remission marquée de tous les symptômes : la décoction de quinquina éthérée est continuée. — Le ^3 , apyrexie ; tous les symp* tomes morbenx ont disparu : je prescris au malade un électuaire de quinquina. Le 24 , l'appétit commence : le malade est soumis à une régime fortifiant. Le ^5 et le 26 , il continue encore l'usage de son électuaire. Le 2 août, il retourne guéri à son régiment.
IX.""^ Cas. • Joseph Cauwenberg , chasseur au 27. *" bataillon de ligne, âgé de 16 ans , d'une constitution faible et d'un tempérament nerveux, ayant été détenu , depuis trois mois , dans une prison peu aérée et sale où il respirait un air altéré dans sa composition , chargé de miasmes , vient sous mon traitement, le 20 juillet 18 17, avec les symptômes d'une forte fièvre gastrique, étant au 6.* jour de la maladie, contre laquelle il avait déjà pris
un vomitif. — Le 21 , la langue est sèche et noirâtre, la peau est très-brulante et aride, la soif intense , pouls petit, fréquent et déprime , le cerveau fortement affecte avec un délire continuel, baleine puante, soubressauts des tendons, etc. : une forte décoction de quinquina dans laquelle sont infusées des fleurs d'arnique , avec Téther est donnée , et du vin pur en boisson. — Le 22 et 28 , même état, mêmes remèdes. — Le 24, la langue s'humecte et se nettoje, la peau est humide, le pouls se relève , enfin tous les symptômes se calment. — Le 25 au matin, il J a apjrexie qui dure jusqu'au soir : continuation des mêmes moyens curatifs. — Le 26 ^ de mieux en mieux : le malade fait usage d'un électuaire de quinquina , de racines de gentiane et dangelique; et il suit un régime analeptique. — Le 28, il est en pleine convalescence. — Le 2 août, il est guéri et sort de l'hôpital .