‹ Observations sur la fièvre jaune, faites à Cadix, en 1819Chapitre 7 sur 11 · IJ'J · texte numérisé non relu

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à celui qui attend les Européens à la Vera-Crui. De même que cette ville, leur cachot était un séjour empoisonné, sinon pour eux, du moins pour tout nouveau venu; et pour en ressentir la pernicieuse influence, il revenait au même que les juges descendissent dans ce cachot, ou qu'ils le tisseut, pour ainsi dire, monter devant eux dans la personne de ceux qui l'habitaient. C’est ainsi que je conçois comment la Vera-Crux, transportée eu Europe, y frapperait des mêmes traits qu'en Amérique; et ce que je dis de la Vera- Cruz doit s'entendre des Antilles et même des États-Unis; avec cette différence que, la fièvre jaune étant moi os permanente aux États-Unis, les relations que l’Europe entretiendrait avec eux auraient moins de chances de danger. Du reste, le mal qui partirait de cette double source pour se répandre en Europe, y deviendrait facilement épidémique, puisqu'il rencontrerait dans les organisations les mêmes aptitudes, qui, en Amérique, les disposent et les ouvrent, pour ainsi parler, à toute sou activité. Mais serait -il contagieux? Le germe s’eu reproduirait-d par les maladies mêmes qu’il aurait développées? L'expérience seule doit répondre à cette question. Seulement, souvenonsnous de cette remarque de Van - Swieten , que ce qui est endémie dans tel lieu peut être contagion dans tel autre. 11 cite l’exemple de la lèpre, qui, endémique en Orient, avait été contagieuse dans toutes les parties de l’Occident où elle avait pénétré. Mais l’exemple est peut-être mal choisi; car, d’après le témoignage de Moïse et d’Hérodote, la lèpre était à la fois endémique et contagieuse eu Orient.

Quoi qu’il eu soit, pour trancher toutes ces questions, après avoir parlé de l’importation de la fièvre jaune d’Amérique en Europe , comme d'un événement très -possible, il ne s’agirait plus que de démontrer qu'il a été réel, et d’en produire des preuves irrécusables. Mais ces preuves ne peuvent être données que par l'histoire ; et quelle histoire avons - nous des maladies que les Européens ont observées ou souffertes , depuis qu’ils ont formé de grands établissemens dans toutes les parties du monde ? Si ces établisse mens de quelque nation qu’ils fussent, s'étaient avisés dès l'origine de s’informer mutuellement de leur situation , et de lâire de leurs relations de commerce des moyens de science et de conservation publique; si les médecins portugais, espagnols, anglais, français, danois, suédois, etc., eussent seulement imité le zèle des missionnaires; si les gouvernemens eussent protège* de si heureuses communications; s'ils en eussent fait de bonne heure l’objet d'institutions régulières.

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et si, à la fa»enr de ces institutions , l'Asie, l'Afrique, l'Amérique, l’Europe, se fussent réciproquement éclairées, des problèmes qui nous occupent aujourd’hui si péniblement seraient depuis long - temps résolus , et des fléaux meurtriers seraient peut-être anéantis. On eût mis pfijs d’art à fonder des colonies, à bâtir des ville», i régler le cour» des eaux, k nettoyer les terres que l'on destinait à la culture. On s'y fût mieux pris pour ployer les hommes aux grands change mens qu'ils devaient supporter. Enfin nous serions moins ignorons sur une infinité de choses qu’il n’est plus possible de savoir, et particulièrement sur la première apparition de la fièvre jaune , sur les lieux qu’elle a successivement parcourus, et les transformations qu’elle a pu subir en voyageant. Fante de documens plus positifs, on est réduit à des rapprochemens de dates et à des traditions, desquelles résulte une probabilité très-forte qu’en effet la fièvre jaune a été importée eu Europe, et particulièrement en Espagne; car je n’ose dire qu’elle l’ait été en Suisse. Ainsi, dans les ports de l’Andalousie et ailleurs, non-seulement l'origiue de chaque épidémie considérable a été attribuée à des communications précipitées on illicites avec des vaisseaux venant d’Amérique , espagnols ou antres, mais on voit encore, entre les époques des grandes épidémies dans les deux mondes , nne sorte de coïncidence très-propre k . fortifier l'idée de ^importation. Par exemple , la fièvre jaune était à Charles-Towu en 1700; en 1701 elle était à Cadix.

Elle était encore à la Martinique en 1704 et 1 7 o 5 ; et en 1705 elle est venne à Cadix. •

En 17x9 ou 17^0, elle était à Carthagène, à Guatimala, k la Martinique et dans la Louisiane; en 17)0 et 1731, elle a régné k Cadix.

Elle était en 173» à Carthagène; et en 1733 à Cadix.

En 1735 à la Martinique et à New-Haven; en 1736 à Cadix.

En 1740 à Cuyaquil et à Panama; en 1741 à Malaga et à Cadix.

En 1743 au Cap-Français et k New-Yorck; en 1744 k Cadix.

En 1745 A Charles -Town; en «745 et 1746 » Cadix.

En 1763 à Surinam; en 1764 à Cadix

En 1791 k New-Yorck; en «79a k Cadix.

En 1799 à la Vera-Cruz et à Boston; en 1800 k Séville et k Cadix.

En 180a k la Vera-Crux et au Cap - Français ; en « 8 o 3 k Malaga , et par Malaga, en i 8 o 4 , à Majorque, à Gibraltar et i Cadix. ,

Que si l'on se récrie sur ce que les hommes ou les marchandises, propres

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