Partie mobile : 2 ateliers téléphoniques, 4 postes optiques de
Le matériel technique nécessaire pour là construction des différents postes exigera pour son transport î
V Posle optique : 3 mulets;
2® Poste électrique fixe : 1 mulet;
3" Atelier de construction de ligne (pour 25 kilomètres, dont moitié sur perches en bambou) : des mulets de bât ou des coolies pour porter environ 2.000 kilogrammes;
4" Groupe optique d'avant-garde : le matériel technique sera porté par les télégraphistes;
5® Atelier téléphonique d'avant-garde : le matériel technique sera également porté par les télégraphistes (1).
L'emploi du câble de campagne doit être rejeté ainsi que celui des isolateurs en ébonite à cause de la chaleur : il faut utiliser des isolateurs en porcelaine; on peut aussi, au lieu du fil ordinaire, qui est lourd, employer un câble en fil de bronze qu'il est bon de ternir au moyen d'un vernis pour ne pas tenter la cupidité des indigènes.
Le matériel d'aérostalion militaire réglementaire a été utilisé au Tonkin (marches sur Bac-Ninh, Hong-Hoa, Lang- Son) et en Chine (1900), où un ballon gonflé fut conduit de Tien-Tsin à Pékin, au grand étonnement des indigènes.
A Madagascar, les circonstances ne permirent pas d'utiliser le matériel emporté, attendu que, dans la zone où son transport était possible, l'ennemi ne fit aucune résistance et que, plus tard, on ne disposait plus que de moyens de transport très limités.
C^s expériences ont permis de constater que les tubes à hydrogène compiimé peuvent facilement supporter la travei*sée de la mer Rouge, à condition de les placer sur le pont et de les entourer de paille tressée et arrosée.
(1) Bcvuc âu génie, tome 16 : Etude du capitaine Thomas sur V Emploi de la télégra^ie danê les campa^jnes coloniales. Il paraît prudent de ne compter que sur une distance de 25 kilomètres entre les postes électriques comme entre les postes optiqQes.
230 LA GUERRE DANS LES œLONIES
Matériel des subsistances.
Le service des subsistances doit, comme tous les autres^ être doté très largement en personnel el matériel afin de pouvoir faire face au fractionnement dont il est forcément l'objet.
Le matériel prévu pour ce service en Europe ne pourra souvent pas être utilisé en raison de son poids el doit être remplacé suivant les cas, soit par du matériel plus léger, soit par les mêmes objets différemment groupés de façon à en faire des colis facilement Iransportables.
L'impossibilité absolue d'employer journellement les Européens à des travaux manuels fatigants conduit à l'utilisation d'auxiliaires indigènes pour les emplois de boucher, de boulanger, de manœuvre, etc., l'Européen n'ayant qu'un rôle de direction et de surveillance.
Pour la même raison, on doit employer, partout où cela est possible, des moteurs et des appareils mécaniques, ce qui oblige à prévoir dans le personnel un nombre important d'ouvriers mécaniciens.
Il y a lieu de prévoir un matériel poiir la base de débarquement, un matériel de campagne et une réserve générale.
A la base de débarquement, tous les approvisionnements en vivres du corps expéditionnaire seront emmagasinés, manutentionnés, allotis pour être ensuite transportés vers l'avant et utilisés par les colonnes. Le service des subsistances de la base de débarquement aura donc à remplir une lâche analogue à celle qui incombe en Europe à une station-magasin.
Il faut, par suite, prévoir pour lui des matériels analogues à ceux employés dans les stations-magasins. Le transport
de ces matériels sera relativement facile; apportés par les navires, ils n'auront pas à être transportés au loin dans l'intérieur des terres; leur poids n'aura donc qu'une importance relative.
Il est indispensable de prévoir des abris pour protéger le matériel et les approvisionnements des subsistances contre les intempéries et contre les insectes particulièrement à redouter.
Au début des opérations, on pourra utiliser des tentes, mais il faudra aussitôt que possible les remplacer par des baraques et hangars démontables à doubles toitures.
Afin de mettre les approvisionnements à l'abri des atteintes des insectes, parliculièrement des termites, les hangars seront pourvus, soit de planchers métalliques, soit d'aires en béton. Dans le cas où le temps ferait défaut pour établir une aire en béton, le sol fortement damé peut être recouvert d'un plancher reposant soit directement sur le sol, soit sur des supports en briques ou pierres.
L'approvisionnement à la base de débarquement doit comprendre au moins troi« mois de vivres, ce qui nécessitera
un nombre de hangars suffisant pour abriter environ 6.000
mètres cubes ppur un corps expéditionnaire de 12.000 hommes.
Le matériel de campagne doit comprendre, comme dans la guerre en Europe, un matériel d'officier d'approvisionnement, un matériel de marche et un matériel de boulangerie de campagne.
Le petit outillage à distribution doit être complété par des outils destinés au soudage des caisses en fer-blanc dans lesquelles sont transportées la plupart des denrées.
Les fours démontables en usage dans l'armée de terre (fours à augets, fours Godelle) peuvent être utilisés dans les expéditions coloniales, car ils offrent l'avantage d'être faci-
232 JJL GTJERKE DANS LES COLONIES
lemenl Iransportables à dos de mulet et même à dos d'homme, mais ils présentent Tinconvénient d'exiger un temps assez considérable pour le montage et surtout de nécessiter un maniement de terre important, maniement de terre toujours dangereux poui; les Européens aux colonies. Il serait donc à désirer que les boulangeries légères de campagne coloniales fussent dotées d'un four locomobile léger du poids de 5 à 600 kilos au maximum, pouvant contenir 50 à 60 rations, ne nécessitant aucun montage ni aucun maniement de terre et n'occasionnant par suite aucune fatigue supplémentaire au personnel des boulangers à l'arrivée à l'étape : dans le même ordre d'idées, il serait utile de doter les boulangeries c'e campagne de pétrisseuses mécaniques pour éviter toute fatigue physique aux Européens.
En raison des difficultés de remplacement, aux colonies, des objets composant les différents matériels, il est nécessaire de prévoir une importante réserve de matériel emmagasinée à la base de débarquement. Le nombre des objets composant celte réserve pourrait être fixé au quart du nombre des objets en service.
Elle serait ravitaillée en matériel par un magasin installé au port de rassemblement, dans la métropole, et qui serait constamment pourvu d'une quantité de matériel égale aux trois quarts de celle en service dans le corps expéditionnaire.
Au total donc, il est bon de constituer 'dans la métropole et à la base de dé4)arquement une réserve de matériel égale à la quantité en service. . ^
Les approvisionnements doivent être constitués en tenant compte des ressources qu'il est possible de trouver sur place. Ces ressources permettent, dans la plupart des cas, de pourvoir aux besoins des indigènes et des animaux; mais, pour les Européens, il est nécessaire d'apporter de la métropole la majeure partie des vivres.
XJi QVBBKB DAITS LES COLONIES 233
La composition de la ration est, en général, celle de la ration forte de campagne complétée par des allocations supplémentaires de vin (0 lit. 50), de tTié, de sucre, de café, de condiments.
Le lotissement des approvisionnements doit ctre fait de façon à permettre la conservation des denrées et leur facile transport à la suite des colonnes. Il est certain que le fractionnement en colis de 35 kilos, enveloppe comprise, entraîne -^ le transport d*un poids mort considérable. Mais il y a lieu ^*; -^^ de remarquer qu'il faut aussi tenir compte d'un facteur im^ " * ■«*■ ., portant, la conservation des denrées. Aux colonies, il faut . * \^, en effet autant que possible que, lorsqu'une caisse a été ^ \^ ' ' ouverte, les denrées qui y sont contenues soient consommées' - 0* immédiatement ou dans un délai très court, surtout pour Icsa/ • denrées sensibles aux influences atmosphériques (farine, sticre, sel, thé), qui peuvent être altérées par la chaleur, ITiu^ midité et la poussière. ^ ^ ^ ' ^
L'expérience acquise pendant les expéditions coloniales adémontré la nécessité de renoncer au logement des denrêeSi soit dans des barils en bois, soit dans des caisses en bois blanc, et de les loger dans des caisses ou des barils métalliques bien soudés et mettant ces denrées à l'abri de l'action des agents atmosphériques, de la pluie, de la poussière, des attaques des insectes, et des vols.
A l'heure actuelle^- la farine, le thé,. le jiafé, le sucre, le sel, les légumes secs^ le riz, lés coi^serves envoyés aux colonies sont en général logés dans des récipieniS en zinc ou en fer-blanc étamés et soudés à Tétain fin. :, '.>
Nous trouvons dans les marchés passés par le ministère des colonies des indications intéressantes à cet égard.
Dans un marché pourla iofurnilure 4e farine pour Grand- Bassam figurent les indications, suivantes :
« La farine sera logée dans des caisses de zinc pesant
brut 25 kilos au maximum, parfaitement soudées au moyen de soudure composée de 90 p. 100 d'élain et de 10 p. 100 de plomb. Les soudures seront faites intérieurement et extérieurement pour le fond et les côtés et extérieurement pour le couvercle. »
Dans un marché pour la fourniture du sucre pour le Soudan, nous trouvons les indications suivantes :
<( Sucre cristallisé. — Logé en caisse de fer-blanc XX, armature en bois de 25 kilos net. Le mot sucre sera frappé dans le métal. »
Les caisses en fer-blanc avec armature de bois sont suffisamment résistantes et ont Tavantage, tout nn ne coûtant pas très cher, de mettre les denrées à l'abri des attaques des insectes et des influences atmosphériques.
Les pertes évitées de ce fait compensent largement la dépense faite pour les enveloppes.
I^s caisses métalliciues doivent être entourées de cadres en bois blanc qui en facilitent la manutention. Elles sont, en général, de forme parallélipipédique, la plus favorable pour lemmagasinement et Tarrimage.
Pour les liquides, il est impossible de songer à employer les tonneaux de grandes dimensions dont il est fait usage en Europe; il faut employer des tonnelets en bois, en fer ou en verre (dames-jeannes), suivant la nature des liquides à transporter.
Les tonnelets en bois ont le grave inconvénient d'être rapidement perforés par les insectes, et surtout de se disjoindre sous rinlluence de la chaleur et du soleil, en laissant perdre le liquide qu'ils renferment.
Les tonneaux en fer n'ont pas cet inconvénient, mais ne peuvent être utilisés que pour le transport de Talcool ou de l'huile; le vin et le vinaigre prennent un mauvais goût au contact du métal.
Les dames-jeannes paraissent préférables pour le transport du vin, mais elles ont l'inconvénient d'être fragiles et de se prêter mai à Temmagasinement. Ce sont cependant ces derniers récipients qu'il faut employer de préférence pour le transport du vin. C'est d'ailleurs le système employé à Madagascar et dans le haut Tonkin, où il a donné de bons résultats.
Matériel du service de santé.
L'état sanitaire d'un corps expéditionnaire aux colonies dépend, en grande partie, du matériel médical dont il est pourvu et de l'expérience de ceux qui l'emploient. Les excellents résultats obtenus dans la dernière expédition de Chine sont en effet attribués, par le docteur Jacquemin, directeur du service de santé, d'une part à toutes les mesures hygiéniques qui ont été prises par l'autorité supérieure, et d'autre part à ce que le général Voyron, commandant en chef, ne refusa jamais aucun crédit pour le service de santé, qu'il faisait passer avant tous les autres.
La proportion des malades dans les campagnes coloniales peut devenir énorme sous l'influence de causes impossibles à prévoir : aussi doit-on, dans la constitution des approvisionnements du service de santé, être excessivement large. La commission d'organisation de l'expédition de Madagascar avait basé ses calculs sur une moyenne de 12 p. 100 de malades; les événements ont démontré combien on était audessous de la réalité. Pour rester dans des limites raisonnables, il faut, dans la répartition du matériel entre les corps et les formations sanitaires de l'avant ou de l'arrière, prévoir un chiffre de 25 à 35 p. 100 pour les Européens, et 10 à 15 p. 100 pour les indigènes, soit en moyenne un quart de l'effectif général.
Il semble d'ailleurs que, dans la répartition générale des approvisionnements et du matériel, qui, comme nous Tavons dit, doivent être établis sur ime proportion de malades en traitement pouvant s'élever au quart de Teffectif, soit 25 p. 100, il y ait lieu d'attribuer 10 p. 100 aux services de l'avant et 15 p. 100 aux services de l'arrière.
Le matériel du sei^vice de santé prévu pour la guerre en Europe a été jusqu'à ce jour presque exclusivement employé dans les expéditions coloniales. L'expérience a prouvé que, pour cette destination spéciale, ce matériel est trop lourd, incomplet et mal conditionné.
En effet, le transport à dos d'homme est le seul rationnel; c'est celui qui se prête le mieux aux nécessités du terrain et aux habitudes des indigènes, celui qui est le plus commode et le plus doux aux malades, celui qui s'est imposé au Dahomey, au Soudan, au Tonkin; il importe seulement que les porteurs soient bien organisés et il est indispensable, d'autre part, pour le bon fonctionnement du service, qu'ils soient affectés en propre au service de sant^.
Quand elle est praticable, la voie d'eau est la meilleure pour le transport des malades et blessés; mais, quand la voie de terre s'impose, l'emploi des voitures non suspendues est à rejeter aussi bien que les litières et cacolets sur bêtes de somme, qui sont un piètre moyen de transport pour des blessés et des malades aux colonies.
Les brancards, hamacs, civières, litières employés doivent être rustiques, simples, faciles à monter et à réparer et pouvoir s'approprier au mode de portage, sur la tête ou sur les épaules, usité dans le pays.
Ce matériel spécial, indispensable dans les campagnes d'outre-mer, a été fixé récemment par une commission et adopté par le Ministre des colonies. Sa description détaillée fait l'objet d'une instruction insérée dans les .4nna/es (THygiène et de Médecine coloniales (n** 4 bis de 1900).
Le conseil supérieur de santé des colonies a adopté le brancard palanquin Franck-Fontaine, qui est un peu lourd. Les systèmes Hdbrard et le Mar-Hadour sont tout aussi commodes : le premier, n'ayant aucune pièce métallique, peut facilement être réparé et même improvisé de toutes pièces avec des bambous, des cordes et une toile de fond pourvue de gaines; le second, constitué par une toile en fils métalliques se roulant sur elle-même, fixée par des anneaux à un cadre en tubes d'acier démontables, est très léger.
Le département des colonies a d'ailleurs également décidé l'emploi d'une toile de fond comme brancard de fortune, car, en colonne, les appareils les plus simples sont toujours les meilleurs.
Lord Wolseley estime que, dans une expédition coloniale, il faut 12 brancards pour 100 Européens, 2 seulement pour 100 indigènes. Les Hollandais, pendant leur expédition d'Atchin, avaient 8 brancards pour 100 hommes; c'est la proportion que nous avons adoptée pour l'expédition du Dahomey en août 1892 (110 brancards pour 1.319 hommes, soit 8,3 p. 100), mais ce nombre fut insuffisant, puisque, après Dogba, on dut en faire confecliçnner sur place.
On peut donc dire que l'approvisionnement en brancards doit être de 10 p. 100 de l'effectif, au minimum.
Il y a lieu de signaler la couchette-palanquin adoptée pour l'ambulance mobile coloniale, en tubes d'acier nickelé, démontable, avec toile de fond, matelas, moustiquaire et couverture en drap imperméabilisé. Cette couchette, munie de hampes de support et d'anneaux à articulations folles, peut être portée sur les épaules ou à bras.
C'est un point sur lequel, d'ailleurs, il y a lieu d'insister, que les moyens de portage préconisés aux colonies doivent pouvoir tous être utihsables pour le couchage des malades et blessés et réciproquement. C'est là une mesure nécessaire
dans rintérêt des malades aussi bien que dans celui de la mobilité des formations sanitaires de Tavant.
L'adoption des appareils de transport à double fin à Tavantage de permettre aux unités détachées de se suffire à ellesmêmes avec les paniers de pansements et de médicaments dont elles sont pourvues et de constituer, le cas échéant, avec leur matériel régimentaire, une formation sanitaire qu'on peut momentanément immobiliser sous des abris de fortune.
Les formations sanitaires de l'arrière devant pouvoir ravitailler celles de l'avant et permettre d'organiser le service de détachements appelés à opérer isolément plus ou moins longtemps, il est indispensable que les approvisionnements en moyens de transport, médicaments et pansements des services de l'avant et de l'arrière soient interchangeables.
Le service de l'arrière dans les expéditions coloniales est souvent constitué en partie par des hôpitaux flottants qui sont toujours plus confortables que les hôpitaux à terre. On les a utilisés au Dahomey, à Madagascar, en Chine : ils présentent, en outre, l'avantage de pouvoir servir à rapatrier les malades les plus gravement atteints.
Epuration de Peau.
L'eau peut servir de véhicule aux germes de la dysenterie, de l'hépatite, de la fièvre typhoïde, du choléra, aux œufs d'ascarides, aux cysticerques divers (ténias, hydatides), aux oeufs des vers de Guinée, aux entozoaires (bilharzia, distome hépatique, ankylastome, filaires de Wucherer et Manson).
Enfin, il n'est pas impossible qu'elle joue un rôle en tant qu'eau de boisson, comme véhicule à Thématozoaire du paludisme, indépendamment de celui qu'elle joue comme réceptacle des larves de moustiques contaminés. Cette énumé-
LA GUERBE DANS LES œLONIES 239
ration des germes susceptibles d'être véhiculés par l'eau fait ressortir l'importance qu'on doit attacher à s'en procurer de bonne qualité.
La recherche d'une eau de bonne qualité devra et pourra être faite avec le plus grand soin pour les troupes en station et pour les garnisons des postes, mais elle est impossible à réaliser pour des colonnes expéditionnaires et pour des troupes en marche.
Celles-ci devront fatalement utiliser les eaux plus ou moins suspectes, plus ou moins riches en matières organiques qu'elles trouveront à leur portée.
La limpidité de l'eau ne sera pas une garantie de sa pureté, ainsi que l'écrivent MM. A. Kermorgant et G. Rcynaud, « car une eau parfaitement limpide peut véhiculer des germes morbides si elle a été souillée par des déjections jetées dans un cours d'eau qui peuvent ensuite polluer des puits ou une nappe d'eau souterraine en s'infiltrant par les fissures du sol.
» Or, en expédition on ne peut songer à pratiquer l'examen bactériologique pour déceler les souillures; aussi doiton avoir pour règle absolue de ne jamais se servir, comme boisson, sans correction préalable, d'eaux de provenance suspecte ou douteuse (1). »
Ainsi que l'écrit M. le médecin inspecteur A. Kermorgant, « la recherche d'une bonne eau et la prohibition de l'alcool constituent le commencement de la sagesse aux pays chauds, et la sagesse, là plus qu'ailleurs, c'est la santé. Un chef d'expédition qui aura soin de donner à ses collaborateurs une eau de bonne qualité les préservera d'une foule de maladies ».
(1) A. Kermorgant et G. Reynaud, Précautions hygiéniques à prendre pour les expéditions coloniales et les explorations aux pays chauds, "(Annoles d^Hygiène et de Médecine coloniales.)
240 LA GUERBE JDANS LES COLONIES
Lors de la préparation dé Texpédition de Chine en 1900, des appareils stérilisateurs de grand modèle du système Vaillard et Desmaroux ont été prévus pour le corps expéditionnaire.
D'après le rapport de fin de campagne de M. le médecin en chef Jacquemin, directeur du service de santé, ces appareils ont rendu de grands services dans les hôpitaux et casernements. C'est sans doute à ces excellentes dispositions que l'on doit attribuer la rareté des cas de dysenterie et de fiè\Te typhoïde parmi no^ troupes stationnées, alors que ces deux affections sévissaient avec intensité parmi les contingents des autres puissances qui ne pouvaient consommer que des eaux impures ou insuffisamment purifiées.
Mais si nos troupes en station avaient à leur disposition des eaux de boisson stérilisées par la chaleur, et se trouvaient, par là même, à l'abri d'affections graves, les troupes en marche et les colonnes ne pouvaient jouir du même bénéfice, et le docteur Jacquemin constate qu'elles ont payé un tribut assez considérable à la dysenterie et à la fièvre typhoïde. De ce qui précède nous pouvons conclure qu'il est aussi indispensable de donner à l'homme de l'eau purifiée que de lui donner de la nourriture, la distribution de l'eau purifiée diminuant le nombre des malades et par conséquent augmentant le nombre des fusils dont le commandement peut disposer.
Il nous paraît en résulter que, si coûteux et si encombrants que soient les appareils destinés à la purification de Teau, on doit en doter les troupes en station et en marche; l'achat de ces appareils sera indiscutablement moins coûteux et leur transport moins difficile que l'hospitalisation, le transport sur la ligne de l'arrière, et le rapatriement de nombreux malades.
La nécessite de l'épuration de Feau de boisson est indiscutable aux colonies, mais elle présente dans les expéditions
LA GUERBE DANS LES œLONIES 241
coloniales des difficultés telles, qu'elle ne peut être abandonnée à l'homme de troupe et qu'il paraît nécessaire de faire procéder à cette épuration soit par le service de santé, soit par le service des subsistances, et de distribuer à ïhomme une ration d'eau potable comme on lui distribue une ration de pain ou de viande.
Les procédés habituellement employés pour stériliser l'eau peuvent se grouper en trois grandes catégories : lîltration, stérilisation chimique, stérilisation par la chaleur. Un rapide examen de ces trois procédés nous permettra de les classer selon les avantages qu'ils présentent dans telles ou telles circonstances.
Filtration, — Filtrer Teau, c'est la dépouiller de toutes les matières qui sont en suspension, sans modifier ni son goût, m ses qualités.
Les appareils construits dans ce but sont nombreux, mais la plupart n'offrent qu'une sécurité relative et ne sont en réalité que des clarificateurs. Toutefois, certains d'entre eux stérilisent l'eau pendant un temps très restreint, mais la difficulté de leur entretien, la nécessité de les stériliser fréquemment, leur fragilité et leur faible débit en font des appareils de laboratoire bien plus que des appareils utilisables en campagne.
La filtration est très lente, n'assure pas toujours la stériUsation complète de l'eau et devient dangereuse si le filtre n'est pas nettoyé fréquemment et stérilisé lui-même. De plus, la plupart des filtres vraiment efficaces (filtres Chamberland, Garros, Berkefeld) construits en matières poreuses sont extrêmement fragiles et ne peuvent être pratiquement utilisés en campagne.
Stérilisation chimique. — Diverses substances chimiques
Guerre col. 16
Vf-
â42 LA GUEBBE DANS LES COLONIES
peuvent êlre utilisées pour stériliser Teau, et remploi de ces substances chimiques paraît devoir être avantageux pour les troupes en campagne, car elles permettent en général d'obtenir rapidement, sans appareils lourds ou délicats, de grandes quantités d'eau débarrassée des germes pathogènes.
La première condition à remplir dans l'emploi des procédés chimiques, c'est, comme l'écrit le médecin-major Lapasset, que « la substance microbicide mélangée à l'eau ne donne pas naissance à des composés toxiques, qu'elle puisse être neutralisée facilement, si elle est employée en excès et qu'elle ne modifie pas les qualités organoleptiques de l'eau » .
Autrefois, l'emploi de certaines substances, de l'alun, de la chaux, du perchlorure de fer, du fer divisé, etc., a été recommandé, mais ces matières n'agissent que par collage des ma-
'^ iières organiques et nécessitent la précipitation lente puis la
: décantation ou la lîltration du liquide.
A l'heure actuelle, les procédés chimiques d'épuration de l'eau sont basés pour la plupart sur l'oxydation de la matière organique et l'action sur elle de certains corps : iode, brome, chlore, ozone, etc.
Nous ne pouvons passer en revue tous ces procédés qui présentent respectivement des avantages et des inconvénients. Ces inconvénients sont tels pour le chlore, le brome, l'ozone, qu'ils font rejeter l'emploi de ces procédés pour les troupes en campagne.
Par contre, l'épuration par les permanganates de potasse et de chaux et surtout par l'iodate ioduré de soude peut, malgré certains petits inconvénients, rendre d'excellents services.
La simplicité, la rapidité et l'efficacité du procédé d'épuration du professeur Vaillard par l'emploi de l'iodate ioduré de soude, sont telles qu'on peut donner à l'emploi de ce pro-
LA GVEBKE DANS LES œLONIES 243
cédé la préférence sur tous les autres pour les troupes en campagne (1).
A défaut de ce procédé, on peut recommander lepuration par le permanganate de potasse (filtre Lapeyrère) ou le permanganate de chaux (filtre Lutèce).
En résumé, il parait avantageux d'employer pour les troupes en marche :
1* Le procédé du professeur Vaillard (iodate ioduré de soude) ;
2* Le filtre Lapeyrère (permanganate de potasse);
3* Le filtre Lutèce (permanganate de chaux).
Comme conclusion, on peut dire que le procédé d épuration chimique est rapide, que son emploi ne nécessite pas d'appareils compliqués et que le transport des produits chimiques utilisés est facile. Ce procédé permet de purifier rapidement une assez grande quantité d'eau, mais il a l'inconvénient d'exiger, en général, une filtration sur un filtre réducteur pour enlever l'excès du produit chimique stérilisateur. En outre la stérilisation n'est pas toujours complète.
Slérilisalion par la chaleur. — Tous les hygiénistes s'accordent pour reconnaître que l'emploi de la chaleur est le seul moyen absolument certain d'épuration de l'eau et de destruction des germes qu'elle contient.
L'épuration de l'eau par la chaleur peut être effectuée de
(1) On se sert de trois comprimés de couleurs différentes dosés pour 10 litres.
Un comprimé d'iodate do soude ioduré.
Un comprimé d'acide tartrique.
Une pastille d'hyposulfite de soude.
On jette les deux premiers comprimés dans Teau; Tiode se dégage, l'eau se colore en jaune brun; après 10 minutes, on ajoute la pastille d'hyposulfite qui réduit l'iode en excès.
différentes façons, soit par ébullition, soit par stérilisation sous pression, soit par distillation.
Faire bouillir Teau pour la purifier est le procédé le plus simple d'épuration par la chaleur. Mais ce procédé, outre qu'il ne détruit pas absolument tous les germes, présente de nombreux inconvénients que signale le professeur Vaillard.
« L'ébullition ne nécessite pas d'autre outillage que les ustensiles de campement, mais il faut avoir le combustible nécessaire sous la main et celui-ci peut faire défaut dans les régions traversées par les troupes. Porter à l'ébullition un volume d'eau de quelque importance réclame déjà un temps assez long, et le moment où le soldat pourra s'abreuver se trouve encore éloigné par Tobligation de soumettre au refroidissement l'eau qui a été bouillie. Ce serait trop demander à l'homme altéré que de le réduire à n'étancher sa soif qu'après plusieurs heures d'attente, pour lui offrir en fin de compte une eau chaude ou tiède, lourde et odorante si elle l'était à l'origine, d'un goût de graillon lorsqu'elle a été cuite dans la marmite destinée à faire la soupe, souvent enfumée et par suite peu encourageante.
» La pratique de l'ébullition oblige à prévoir une source de chaleur pour le cas où le combustible fait défaut, un moyen destiné à clarifier l'eau, un récipient spécial uniquement réservé à sa cuisson (car on ne peut employer alternativement la même marmite à la cuisson des aliments et de l'eau), enfin un ingrédient, thé ou acide citrique, pour améliorer son goût.
« Ce procodé d'apparence si simple, toujours et partout recommandable, est à peu près impraticable en campagne et de fait très rarement appliqué. »
Le médecin-major Lapasset estime également que l'emploi de l'ébullition, s'il est efficace, peut présenter de grandes
difficultés dans certaines circonstances. « S'il est relativement facile à des individus isolés ou à de petits groupes de se procurer le combustible et les récipients nécessaires, il n'en est plus de même lorsqu'il s'agit de troupes nombreuses; le combustible peut faire défaut, le fait a été signalé récemment pour la guerre du Transvaal.
» Dans certains cas, il peut être interdit d'allumer le moindre feu, de crainte d'indiquer à l'ennemi l'emplacement exact des positions, soit par la fumée, soit par la clarté des foyers. L'ébullition n'est également possible qu'autant qu'elle pourra se faire dans des récipients spéciaux et que l'eau sera relativement limpide, non chargée de matières terreuses et surtout de débris organiques; le goût détestable qu'elle prendrait alors la ferait inévitablement rejeter de la consommation. »
Outre les critiques qui viennent d'être faites à l'eau bouillie, il faut ajouter que l'ébullition enlève à l'eau la plus grande partie de ses gaz et la rend indigeste.
Il est donc évident que, si l'usage de l'eau bouillie doit être recommandé en temps d'épidémie à défaut d'autres procédés d'épuration, son emploi est peu pratique pour les troupes en campagne, et forcément restreint.
Pasteur a établi que, lorsque l'eau est portée à des températures de 110 à 120**, aucun élément vivant ne résiste et que tous les germes sont détruits. Les appareils à ce destinés sont construits en se basant sur les principes suivants :
« Pour amener l'eau à 120"*, il faut la chauffer en vase clos jusqu'à une pression de 2 atmosphères, puis on la maintient à cette pression pendant le temps nécessaire, environ dix à quinze minutes : c'est là une question de dimensions d'appareils.
» Par une coïncidence heureuse, il se trouve que la nécessité de maintenir l'eau sous pression est la cause de sa qualité
comestible. Sous la pression elle ne peut pas, en effet, se réduire en vapeur et par conséquent, ne changeant pas d'état, elle n'abandonne en principe ni les gaz, ni les sels qu'elle contient en dissolution.
» En outre, cette absence de production de vapeur présente l'avantage considérable de conduire à des appareils d'un emploi très économique; car éviter le changement d'état, c'est, comme l'on sait, réduire considérablement la quantité de chaleur nécessaire.
» Aussi, avec une construction méthodique, on arrive à réduire la consommation de combustible à être si petite, qu'en pratique on stérilise 100 litres d'eau avec un 1 kilogramme de charbon. »
On peut dire, d'une manière générale, que la stérilisation de l'eau par la chaleur à 115** est parfaite (aucun germe pathogène ne résiste à cette température), mais elle nécessite l'emploi d'appareils assez compliqués (appareils Geneste- Herscher, appareils Vaillard-Desmaroux) d'un poids assez élevé pour un débit un peu important et, par suite, d'un transport difficile aux colonies. Ces appareils semblent, pour le moment du moins, ne pouvoir être utilisés qu'en station. Cependant la maison Lefebvre a réalisé récemment un type de voiture slérilisatricc qui paraît susceptible de rendre de bons services aux colonies, partout où une voiture légère peut circuler. Cette voiture comporte un réservoir, une pompe, un clarificateur et un petit appareil stérilisateur du système Vaillard-Desmaroux, pouvant donner 100 litres d'eau stérilisée à l'heure. L'eau sort de l'appareil sans aucun mauvais goût et à la température qu'elle avait à son entrée. Ce résultat est obtenu en utilisant la chaleur de l'eau stérilisée pour réchauffer l'eau à stériliser qui arrive ainsi dans l'appareil à une température déjà très élevée; la consommation du
LA GUEREE DANS LES COLOXIES 247
fl
combustible (alcool) est donc très faible (1 litre d'alcool pour 1.000 litres d'eau stérilisée).
Des considérations qui précèdent nous tirerons les conclusions suivantes :
En marche ou en station de courte durée, le meilleur procédé à employer, le plus pratique et le plus simple est le procédé chimique (filtre Lapeyrère ou procédé à l'iodate ioduré de soude du médecin inspecteur Yaillard): '^
En station de longue durée ou en installatioii fixe, on adoptera la stérilisation par la chaleur (grands appareils Vait;> lard et Desmaroux ou Geneste et Herscher). •^.;
Pour les petits postes où le transport dés gw.s appareil^ stérilisateurs ne sera pas possible, on pourra utiliser les voitures stérilisatrices Lefebvre.
Enfin, dans des cas spéciaux (eau saumàtre ou eau fortement minéralisée), on emploiera des appareils distillatoires appropriés à la nature de l'eau à distiller et du combustible qu'on pourra trouvci^isur place.
Appareils à glace.
Les récentes expéditions coloniales en Indo-Chine, dans le Centre africain, au Soudan, à Madagascar, au Transvaal et en Chine ont nettement mis en évidence l'intérêt considérable qu'il y aui:ait à munir les troupes opérant sous les climats tropicaux d'appareils mobiles facilement transportables, permettant de fournir très rapidement de la glace dans les cas urgents et de rafraîchir, à l'étape, en un espace de temps relativement très court, les eaux de boisson préalablement épurées chimiquement ou stérilisées par la chaleur.
Nous n'avons pas à énumérer ici les précieux services que la glace rendrait dans ces conditions climatologiques spé-
248 LA GUERRE DANS LES œLONIES
ciales, soit au point de vue thérapeutique ou prophylactique, dans les ambulances, soit simplement au point de vue du confort.
S'il est certain que Tingestion directe de la glace ou Tabus des liquides glacés sont dangereux à tous égards, il n'en est pas moins acquis que la réfrigération à 15 ou 16 degrés des boissons alimentaires est, au contraire, incontestablement hygiénique, ainsi que l'atteste d'ailleurs surabondamment l'énorme consommation de glace pour les usages domestiques faite par les Européens résidant sous la zone Iropicale. Nous nous bornerons donc à constater que les navires de guerre, les paquebots, les transports, les établissements à ferre, à proximité des côtes sont déjà dotés de machines à glace plus ou moins puissantes et que les hygiénistes sont unanimes pour reconnaître la nécessité de rafraîchir l'eau de boisson dont font usage les troupes en service sous les climats tropicaux.
Etant donné Tincessante mobilité des diverses unités composant une colonne expéditionnaire et les difficultés de ravitaillement de certains postes dont le réapprovisionnement ne peut parfois avoir lieu que tous les ans, est-il possible de donner satisfaction à ce desideratum? En un mot exisle-t-il des appareils frigorifiques de poids réduit, actionnés à bras ou au manège, d'un fonctionnement simple et sûr, n'exigeant pas l'emploi d'acide ou autres produits d'un maniement dangereux ou ne pouvant être rénovés sur place.
A priori, si nous pouvons dire que ce très intéressant mais difficile problème de science appliquée est susceptible de solutions pratiques acceptables, nous devons ajouter immédiatement que ces solutions sont actuellement en nombre très restreint, notamment en ce qui concerne les petites machines à glace à détente de vapeurs liquéfiables, dont l'étude, pour l'objet qui nous occupe, n'a été abordée avec succès que depuis peu d'années par les ingénieurs et constructeurs spé-
LA GUEBBE DAXS LES COLONIES 249
ciaux, à la suite d'un concours institué par le ministère des colonies pour la fourniture d'appareils fixes destinés à son département.
La création de machines frigorifiques « locomobiles w'ne présente en effet aucun intérêt au point de vue industriel et, d'autre part, aux difficultés déjà grandes inhérentes au transport d'un matériel relativement lourd et encombrant, ne pouvant être divisé en petites fractions, viennent s'ajouter celles d'un autre ordre, mais tout aussi sérieuses, provenant de la température élevée des eaux superficielles disponibles au point de stationnement des troupes et indispensables cependant à la marche normale des appareils à compression mécanique; on comprend, en effet, que celte température soit un des facteurs les plus importants du rendement et que, conformément à la théorie, le rendement en glace de ces machines diminue pratiquement dans de très fortes proportions et s'annule même presque entièrement pour certains liquides volatils, lorsque l'eau de refroidissement, au lieu de circuler au condenseur à 10 ou 12 degrés comme dans les climats tempérés, y pénèfre à 30 ou 35 degrés, cas fréquent aux colonies.
Les procédés mis pratiquement en œuvre pour la production artificielle du froid et de la glace sont assez nombreux et ont presque tous pour origine des phénomènes d'ordre physique; on peut classer les appareils auxquels ils ont donné naissance en trois catégories.
a) Appareils basés sur l'ulilisalion de la chaleur latente de fusion d'un corps solide rapidement dissous dans un liquide, c'est-à-dire appareils à mélanges réfrigérants.
L'emploi des mélanges réfrigérants, malgré d'ingénieuses tentatives, est resté limité aux usages domestiques ou médicaux, à la production de petites quantités de glace ou à celle des basses températures dans les laboratoires, en un mol,
dans tous les cas où le prix de revient est secondaire. Un de ces mélanges, formé à parties égales d'azotate d'ammoniac et d'eau, rend de réels services aux colonies, car ce sef inofîensif, reconstitué après chaque opération par simple évaporation au soleil, peut servir presque indéfiniment el sa dissolution rapide permet d'obtenir en quelques minutes un poids suffisant de glace pour assurer les premiers secours en cas d'insolation, d'accès de fièvre, etc.
6) Appareils basés sur l'utilisation de la chaleur latente de vaporisation des liquides plus ou moins volatils (eau, éther, acide sulfureux, chlorure de méthyle, solution ammoniacale, acide carbonique).
Ces procédés permettent de constituer des sources puissantes de froid obtenues pratiquement, régulièrement et à peu de frais.
c) Appareils basés sur l'utilisation de la détente d'un gaz préalablement compriijûié et ramené à la température ambiante avant l'expansion. . . ? .
Les appareils pouvant produire de la glace en grande quantité sont d'un poids et d'un volume tels, exigent une telle quantité de combustible ç,t d'eau de refrpidissement, qu'ils ne peuvent être utilisés qu'en station et installés que sur des points particuliers par des ouvriers spéciaux. Il serait cependant désirable de doter les ambulûH<:es et les hôpitaux de campagne, ainsi que les postes, d'appareils pouvant produire une petite quantité de glace exclusivement réser\'ée aux besoins des malades.
Le problème est évidemment très difficile et les solutions pratiques sont en nombre très restreint.
Dans les installations fixes, on peut utiliser la plupart des appareils transportables et par ordre de préférence, d'abord
les machines à chlorure de mélhyle, puis celles à acide sulfureux et à ammoniac.
Dans les établissements temporaires, les petites machines Douane, Delion et Lepeu ou Rouart, mues par manège, pourraient être utilement employées, ainsi que les appareils inlermiftents de Carré, à absorption.
En ce qui concerne les troupes en marche, il n existe actuellement que trois types d'appareils qui pourraient, malgré leur faible production, suffire pour le service de santé : petite machine à cartouche instantanée n** 00 au chlorure de méthyle, mue à bras, de M. Douane; glacières à azotate d'ammoniaque du type Schaller; appareil intermittent à affinité de Carré (H. Rouart), malgré la lenteur de sa production.
Ces appareils sont à faible production, mais suffiraient pour le service de santé.