‹ Observations sur la guerre dans les colonies, organisation, exécution: Conférences faites à lChapitre 15 sur 25 · CONDUITE DES OPÉRATIONS · texte numérisé non relu

CONDUITE DES OPÉRATIONS

Généralités. — Objectif. — Concentration des pouvoirs. — Phases successives. — Colonnes multiples. — Conquête du Yen-Thé. — Colonne unique. — Colonnes légères. — Marche de Caboul sur Candahar. — Marche sur Tananarive.

L^étude des questions concernant Torganisalion des expéditions coloniales a fait ressortir Textrôme variété des situations et des moyens à employer pour y faire face. La conduite des opérations offre la même particularité et il est tout à fait inutile de cherclier à poser à ce sujet des règles susceptibles de recevoir toujours leur application.

Cependant, quelles que soient les causes qui motivent les campagnes coloniales, elles présentent généralement ce caractère commun qu'elles mettent en présence d'une part, une troupe inférieure en nombre mais bien armée et régulièrement organisée et, d'autre part, des forces irrégulières ayant une supériorité numérique considérable, mais inférieures par leur armement, leur organisation, leur discipline, n'ayant souvent aucune méthode de combat et peu susceptibles, pour toutes ces raisons, d'opposer une résistance morale sérieuse.

Dans les luttes que les Européens peuvent avoir à soutenir contre les indigènes dans leur propre pays, ces derniers ont pour eux les avantages que donnent la connaissance du terrain, une résistance plus grande aux fatigues, la modicité des besoins, une mobilité supérieure et enfin le courage ré-

sultanl d'un lempérament froid et d'une certaine indifférence devant la mort.

L'Européen, au contraire, bénéficie d'une organisation meilleure, d'une force morale bien plus considérable, d'un armement plus perfectionné et d'une connaissance plus approfondie de l'art de la guerre, qui compensent et au delà l'infériorité résultant pour lui du climat et des impedimenta dont il est obligé de s'encombrer.

Objectif.

Lorsque l'adversaire dispose de troupes dont l'organisation est quelque peu régulière, comme l'armée d'Arabi-pacha en 1882 ou les armées chinoises contre lesquelles nous avous eu à lutter au Tonkin, l'assimilation à la guerre européenne -est possible et l'objectif naturel est. l'armée ennemie. ?i les circonstances permettent d'obliger cette armée à combalirc et de lui infliger un échec sérieux, le résultat sera généralement atteint, car l'effet moral de la défaite est d'autant plus considérable sur des troupes que leur organisation militaire i3st plus défectueuse.

Mais dans la plupart des cas, avons-nous dit, l'armée régulière n'existe pas. L'obstacle est plutôt représenté par un peuple sans institutions fixes, obéissant à un pouvoir militaire central souvent représenté par un chef plus ou moins autoritaire, d'autant mieux obéi qu'il est plus redouté. Tel a été le cas au Dahomey, au pays ashantee, au Zululand, à Madagascar. La prise du centre du gouvernement suffit alors généralement à paralyser la résistance, sans impliquer pour cela la destruction des forces militaire^^ chargées de 'défendre la capitale.

L'effet moral produit par la chute de cette capitale suffit

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pour désorganiser la ri|$i^^c$ el briser le principal obstacle en détruisant le preàligè de^ aut<>nlés ou, du chef.

Cela explique pourquoi, datis les guerreé coloniales, l'ob' jectif est souvent uii objectif géographique : Coomassie. Ulundi, Abomey, Tananarive. Celte particularité, quand elle se présente, facilite beaucoup l'établissement d'un plan d'opérations.

Enfin Taclion militaire peut avoir à s'exercer contre un peuple sauvage qui n'a liï çirmée régulière à défaire, ni capitale à saisir, ni roi à vaincre, nr grand cealr^, de population à occuper. « L'objectif doit. être aïors, dit lord Wolseley, de saisir tout ce qui peut avoir du prix aux yeux de ce peuple, de le détruire ou de l'enlever. C'est la seule manière de hâter l'issue de la campagne. Ne pouvant atteindre l'ennemi ni dans son honneur, ni dans son patriotisme, il faut chercher à l'atteindre dans ses biens. »

Concentration des pouvoirs.

Au début d'une campagne coloniale, une des principales difficultés provient du manque de renseignements précis sur les intentions, les mouvements, les emplacements et les forces de l'adversaire, qui, lui, est toujours beaucoup mieux renseigné.

Or le succès des opérations entreprises dépend en grande partie de la réunion de ces renseignements ainsi que de la mise en œuvre des ressources locales et aussi de l'aide apportée et des contingents auxiliaires fournis par certaines fractions de la population ou par les tribus et peuples voisins dont l'attitude est souvent incertaine.

Aussi est-il de la plus haute importance que tous les pouvoirs civils et militaires soient concentrés dans une seule main et qu'il y ait unité de direction.

Le partage des responsabilités n'est pas admissible là où les actions civiles, politiques et militaires, doivent être dirigées vers un but unique.

Dans les deux colonnes que les Anglais avaient organisées contre les^Lushais, l'exercice du pouvoir politique suprême avait été confié, sur le conseil de lord Napier, aux deux commandants de colonnes séparées et au plus ancien si elles venaient à faire leur jonction.

Au début de la guerre du Zululand, de longs démêlés se produisirent entre le gouverneur général, le lieutenant-gouverneur du Natal et le général en chef lord Chelmsford au sujet de l'organisation et de l'utilisation des contingents indigènes locaux. Le Gouvernement métropolitain dut intervenir et la bonne administration des affaires sur le théâtre de la guerre ne fut obtenue qu'après que le gouvernement eut décidé la réunion entre les mains d'une seule personne des pleins pouvoirs civils et militaires et eut délégué sir Garnet Wolselcy pour agir aussi bien comme agent politique que comme agent militaire.

Des faits analogues se produisirent dans la guerre conlre les Ashantees jusqu'à l'arrivée de sir Garnet Wolseley.

Dans nos dernières expéditions du Dahomey et de Madagascar, nous nous sommes conformés au principe de la concentration des pouvoirs.

Phases successives.

La conduite des opérations dans les campagnes coloniales passe presque toujours par deux phases distinctes.

Dans la première, les forces civilisées mettent en déroute les contingents que les chefs du pays envahi ont réunis pour se défendre. Pour atteindre ce but, il suffit de quelques enga-

gements sérieux parce qu'ils produisent invariablement la dissociation des principaux éléments de résistance.

A cette phase en succède souvent une autre plus longue et parfois plus délicate : c'est la lutte contre les éléments dissociés, quels que soient leurs mobiles, patriotisme ou brigandage; c'est la guerre de surprise et d'embuscade, la lutte contre les guérillas, les pirates, les fahavalos, etc., Técrasement d'une population eh armes, Tétouffement d'une révolte. Cette deuxième phase de la guerre contre des races à demi-civihsées, dans des contrées lointaines et malsaines, est difficile à mener à bien et toujours pénible pour les troupes qui en sont chargées. Elle échappe à toutes prévisions et à toute règle fixe; elle est faite d'imprévu et nécessite, chez celui qui la dirige, des qualités exceptionnelles de ténacité, de sang-froid et de caractère.

Lorsque fut organisée la colonne légère qui se porta du camp de .Mangasoavina sur Tananarive, la situation était critique; on se rendait compte que la marche avait été jusque-là relativement facile; les Hovas, opérant loin de leur centre, n'avaient offert qu'une résistance insignifiante; mais, repoussés sur leurs plateaux, bien approvisionnés en munitions, couverts par la chaîne impraticable des monts Ambohimènes, ils allaient pouvoir combattre dans de bonnes conditions pour sauver leur indépendance et prononcer ensuite une offensive foudroyante qui aurait vite raison de cet amas de malades et de mourants que représentait la petite expédition française.

Que ferait alors la colonne légère quand, après s'être engagée dans les défilés étroits qui mènent aux Ambohimènes, attaquée et repoussée sur son front, elle le serait également sur ses derrières et aurait sa retraite coupée? Que ferait-elle, après avoir mangé ses quinze jours de vivres, si, sur les plateaux de l'Emyrne, les Hovas continuaient, comme ils l'avaient déjà fait depuis Majunga, à brûler tous leurs vil-

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lages sur leur passage pour nous affamer. A celle minule solennelle, le général Duchesne se montra un véritable chef. Il se rendit compte de toutes les difficultés qu'on chucholait tout bas dans les troupes et que son état-major lui énumérail. Un instant, il hésita : avait-il le droit de disposer ainsi de la vie de 3.000 hommes et de courir à un échec certain? Ne valait-il pas mieux resler sur place, prendre ses dispositions pour un hivernage, rapatrier tous les malades, accumuler des ressources nouvelles et, au printemps suivant, avec les renforts reçus, arriver d'un bond à Tananarive? Mais c'était là un aveu d'impuissance qui, dans le pays et en Europe, pouvait avoir un relenlissement fâcheux; l'honneur de la France était engagé et, si les efforts et les sacrifices avaient déjà été énormes, tous les hommes n'avaient pas encore donné jusqu'à leur dernière goutte de sang. Comprenant tout ce qui restait, sinon de force physique, au moins de force morale dans ses troupes qui demandaient à marcher quand même, il décida la marche en avant (1).

L'exercice du commandement dans de telles conditions nécessite bien des qualités exceptionnelles.

Colonnes multiples.

Il arrive parfois que le théâtre de la guerre est voisin d'un pays déjà occupé qui offre par conséquent une base d'opéralions étendue; il est alors possible d'opérer avec plusieurs colonnes concentriques ou non; c'est ainsi que les Anglais ont presque toujours agi dans leurs campagnes en Afghanistan, où Caboul et Candahar ont souvent été des objectifs principaux nécessitant au moins deux lignes d'opérations différentes.

(1) Commandant Roulet,

Il en fut de même pendant la guerre contre les Zulus, où le Natal servit de région de concentration pour les colonnes d'invasion dont le nombre, d'abord fixé à cinq, fut ensuite réduit à quatre :

Colonne Pearson, de la basse Tugela sur Etschowe; Colonne Durnford, de la moyenne Tugela sur Entumeni; Colonne Glyn, de Rorkes-Drift sur Ulundi; Colonne Wood, d'Utrecht vers Inhlazati et Ulundi.

Dans le plan de campagne adopté à Madagascar, on ne prévoyait la marche que sur une seule roule de tout le corps expéditionnaire groupé. Il est permis de se demander si cette tactique, applicable en Europe, était celle qu'il fallait suivre dans ce cas particulier. Bien des routes convergeaient vers Tananarive; quelque maigres que fussent leurs ressources, il était rationnel de les utiliser, de se diviser en un mot pour vivre et de se rassembler pour combattre sous les murs de la capitale.

La marche sur une seule ligne mince de 600 kilomètres de long sur 1 kilomètre de large, sans occupation aucune des pays situés à droite et à gauche, sans l'appui des populations, pouvait devenir très dangereuse si l'ennemi avait organisé une guerre de guérillas. Il aurait fallu, dans ce cas, escorter tous les convois, fortifier chacun des gîtes étapes, résister la nuit à des attaques, ce qui aurait, en peu de temps, ruiné les troupes et rendu la campagne impossible.

Si, au contraire, remarquant que toutes les r^^% occupant les côtes étaient les ennemies séculaires des Hovas, on avait fomenté chez chacune d'elles un soulèvement général pour marcher vers l'ennemi commun, on aurait obtenu des auxiliaires, des porteurs, un ravitaillement assuré en achetant les denrées aux différents chefs qui y auraient trouvé leur profit; enfin la base de l'opération eût été établie non plus sur le point mathématique de Majunga, relié au corps expé-

dilionnaire par une ligne mince, mais elle se serait appuyée sur chacun des pays qui entourent l'Emyrne; au cas où une guerre de guérillas eût été entreprise par Tennemi, on aurait pu, grâce au concours des habitants connaissant le pays, organiser une « contre-guerilla » (1).

La division des forces en plusieurs colonnes est quelquefois nécessitée par le choix de plusieurs objectifs géographiques; mais elle est aussi souvent la conséquence des dif(î« cultes de communications et d^approvisionnemeuts qui s opposent à H marche de fortes colonnes. Elle a parfois l'avantage de permettre de surmonter plus facilement les grosses difficultés que Fennemi a pu accumuler sur la principale route de marche. Enfin elle produit toujours sur Tennemi un efî^t moral considérable en lui faisant sentir son infériorité et en le laissant dans le doute sur les intentions de l'assaillant.

Elle n'a généralement pas de graves inconvénients, car Tennemi ne sait pas profiter de cette division : troublé par l'apparition de plusieurs colonnes envahissantes, il demeure inquiet et ne possède ni Tesprit de décision, ni les qualités manœuvrières nécessaires pour s'opposer à leur marche d'une manière efficace.

Il faut toutefois veiller à ce que chaque fraction séparée soit suffisamment forte pour ne pas courir le risque d'un échec sérieux.

Un exemple remarquable des résultats qu'on obtient par des marches convergentes même en pays excessivement difficile nous est fourni par l'expédition de 1892 au Yen-The.

(1) Commandant Roulet.

Opératioiis dirigées par le général de brigade Voyron dans

le Yen-Thé (Tonkin, mars 1892).

La région du Yen-Thé est une vallée faiblement mamelonnée, couverte en toutes ses parties d'une végétation épaisse et touffue masquant entièrement les accidents du sol, forêt et massifs de bambous épineux inextricables sur les collines, fourrés de hautes herbes coupantes dans les bas-fonds humides. Partout, la vue est arrêtée à quelques pas par ime muraille de verdure. Quelques étroits et mauvais sentiers permettaient de pénétrer dans la région sud; dans la partie nord encore inexplorée, aucune piste frayée n'existait, du moms à notre connaissance.

C'est dans ce massif, traversé du nord-ouest au sud-est par le Song-Soi, que les rebelles annamites avaient édifié trois groupes de forts casemates, .solidement construits à Taide d'épais parapets à trois étages de feux, bien flanqués et protégés en avant par d'importantes défenses accessoires. La caractéristique de ces fortifications était d'être placées, contrairement aux usages, dans des bas-fonds et de n'être précédées d'aucun champ de tir dégagé. D'où impossibilité, pour les troupes assaillantes cheminant au hasard à travers la forêt, de découvrir ces ouvrages avant d'en toucher le parapet de la main, c'est-à-dire avant d'être décimées à bout portant par un ennemi invisible.

Ces forts constituaient trois groupes principaux :

A l'est, le grand fort du De-Nam, entouré de six fortins; Au sud, le fort de De-Dzuong, entouré de trois ouvrages; Au nord-ouest, le fort de Ba-Phuc.

En arrière du fort de De-Dzuong et à hauteur du groupe de De-Nam, un long retranchement de 2 kilomètres, précédé par un marais dont les bords étaient hérissés de petits pi-

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quels. L'ensemble de ces défenses était surtout tourné vers le*sUd. Les défenseurs étaient nombreux et bien armés; nous ne possédions, au moment où s'engagèrent les opérations, que des renseignements très imprécis sur l'importance de ces forts et surtout sur leur position exacte. Les seules indications qu'il avait été possible d'obtenir d'un prisonnier les représentaient comme très redoutables. Ce prisonnier fît cependant découvrir, à la lisière est du Yen-Thé, une montagne dénudée très élevée d'où la vue embrassait l'ensemble de la vallée et d'où Ton pouvait entrevoir, dans les bois, quelques toitures de cases appartenant au grand fort du De- Nam.

Une ligne de postes français, Nha-Nam, Luoc-Ha, Bo-Ha, bordait la lisière sud du Yen-Thé.

Deux fois déjà, des opérations avaient été dirigées contre les rebelles du Yen-Thé et n'avaient eu qu'un succès relatif parce qu'elles n'avaient pas été faites concentriquement.

Le 7 décembre 1891, le général Voyron, chargé de diriger de nouvelles opérations contre ces rebelles, reçut la mission suivante :

V Enlever et détruire les ouvrages fortifiés des forts du De-Nam et de Ba-Phuc;

2** Poursuivre les bandes, les disloquer, les anéantir si cela était possible;

3** Prendre possession effective du pays pour empêcher le retour des bandes rebelles.

La tâche était ardue. Les diverses colonnes qui devaient prendre part à ces opérations, noyées dans la forêt, sans vues en avant ni sur leurs flancs, sans communications entre elles, devaient exécuter, par une marche lente et prudente, en tâtonnant, une reconnaissance du pays et des forts ennemis, exposées avant toute attaque combinée possible, à des embuscades constantes : il faudrait trouver des moyens de

les relier, de coordonner leurs efforts, de les mettre à même de se soutenir et d'utiliser sans délai, pour le but final, les renseignements recueillis au jour le jour par chacune d'elles. Pour atteindre le but fixé, le général Voyron conçut le plan suivant :

A) Compléter l'investissement extérieur de la région du Yen-Thé (déjà effectué au sud par la ligne des postes de Nha- Nam, Luoc-Ha, Bo-Ha) par des troupes d'observation formées de colonnes mobiles, appuyées chacune sur un fortin, solidement retranché, construit pour la circonstance et destiné, non seulement à garder une série de sentiers, mais à contenir les approvisionnements de réserve (vivres et munitions) des colonnes. La ligne des postes du Sud fut en outre renforcée par l'édification du blokhaus de Suoi-Sal.

jB) Former deux colonnes d'attaque : la première, sur la rive droite du Song-Soi, devait partir de la ligne de Nha- Nam, Luoc-Ha et remonter au nord vers les positions rebelles; elle devait se subdiviser en trois groupes et n'agir que démons trativement,

La seconde, concentrée à Bo-Ha (subdivisée en deux groupes renforcés plus tard d'un des groupes d'observation) devait opérer sur la rive gauche du Song-Soi, se porter sur la montagne dénudée indiquée par le prisonnier (et qui fut appelée point A), par la route de Bo-Ha, Na-Sa et, de ce point, après prépara tioii par l'artillerie, prononcer Y attaque décisive.

Le mouvement de la deuxième colonne ne devait s'effectuer que plusieurs jours après les premiers mouvements des troupes d'observation et de démonstration, pour tromper le plus longtemps possible l'ennemi sur le point d'attaque choisi.

A. — Troupes d'observation,

P Un groupe (commandant Courot) devait se porter de Cho-Phong sur Mo-Sat et surveiller la lisière est du Yen-Thé.

Effectif : 1 peloton de légion (60 hommes), 1 peloton de tirailleurs tonkinois (100 hommes), soit 160 fusils. (Par la suite, ce groupe fut joint au corps d*attaque décisive, le point A étant dans sa zone de surveillance).

2* Un groupe venant de Thaï-Nguyen (commandant Bérard) vint construire à Mo-Na-Luong un fortin pour 50 hommes, base de ravitaillement, et garda la lisière nord et nordouest du Yen-Thé.

Effectif : 1 compagnie de légion (100 hommes), 1 compagnie de tirailleurs tonkinois (175 hommes), soit 275 fusils.

3* Un groupe, venant également de Thaï-Nguyen (capitaine Ronget), vint construire à Quinh-Lau un fortin pour 50 hommes, base de ravitaillement, et surveiller la lisière ouest et sud-ouest entre Quinh-Lau et Nha-Nam.

Effectif : 1 compagnie de légion (100 hommes), 1 fort peloton de tirailleurs tonkinois (150 hommes), soit 250 fusils.

Les groupes Bérard et Courot devaient chercher à se mettre en relation par le chemin Mo-Trang, Na-Sa pour compléter l'investissement au nord et au nord-est.

B. — Troupes d'attaque démonstrative.

(Rive droite du Song-Soi.)

Colonel Bouguié, commandant la colonne.

Groupe du commandant Henry : 1 compagnie d*infanterie de marine, 1 compagnie de tirailleurs tonkinois, (340 fusils).

Groupe du commandant Berlin : 1 compagnie de légion, 1 compagnie de tirailleurs tonkinois (350 fusils).

Groupe du commandant Vandenbrock : 1 compagnie d*infanlerie de marine, 1 compagnie de tirailleurs tonkinois (340 fusils).

1 batterie de montagne de 4 pièces.

2 mortiers de 15^"*.

LA QUEBSB DANS LES COLOniES ZK>

(Les 6 pièces furenl réparties entre les groupes d'infanterie à raison de deux pièces par groupe.)

1 section du génie (1 oflicier, 32 hommes).

Cette colonne se concentra à Nha-Nam, qui joua le rOIe de lète d'étapes pour les ravitaillements et les évacuations.

OpcnlloDi dans le Yea-Ttie

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